smoothie culturel mars devenir michelle obama en finir avec eddy bellegueule edouard louis philippe jaroussky académie jaroussky au bout des doigts film culture lecture blog maman blog famille recomposée blog les petits ruisseaux font les grandes rivieres blog PRGR https://prgr.fr
au fil des jours,  Lecture

Le smoothie culturel de Mars : Eddy, Michelle et Philippe

Smoothie, je trouve cela pas mal, non ? Un cocktail un peu bizarre mais bon quand même d’épinards, banane et chou kale. Moi je le fais plutôt avec des livres et de la musique au lieu des fruits et des légumes. Allez hop, smoothie culturel, je m’auto-valide l’appellation. Peut-être que par méprise je ferai venir des foodistas sur mon blog. C’est bon pour mes statistiques.

Quand je suis partie au ski, j’avais été si occupée à compter les passe-montagnes des gnomes que j’en ai oublié de prendre un peu de lecture distrayante pour le train (comme, par exemple, la somme théologique de Saint Thomas d’Aquin, ou Tom-Tom et Nana). C’est pourquoi je me suis ruée sur le premier tabac-presse de la station pour me ravitailler. Je suis tombée sur « En finir avec Eddy Bellegueule », d’Édouard Louis, dont j’avais beaucoup entendu parler lors de sa sortie. Comme toujours, je prends connaissance des nouveautés avec un décalage de deux ans (sauf les films de Colin Firth, évidemment).

« En finir avec Eddy Bellegueule », d’Edouard Louis (Seuil)

« De mon enfance je n’ai aucun souvenir heureux. » Ainsi commence ce roman très largement autobiographique.

Eddy Bellegueule est le troisième enfant d’une famille ouvrière. Le cadre : la Somme, les champs de colza à perte de vue, un petit village sinistré par le chômage, l’alcool et la misère. Les seules occupations proposées aux enfants sont de regarder la télé, ou de jouer au foot, puis de faire des tours en mobylette et de se bourrer la gueule quand ils sont (un peu, mais guère) plus grands. Être un homme consiste à se saouler, à se battre, et à être un dur : c’est très important, d’être un dur, de cogner et de museler ses sentiments. Il faut séduire des femmes, aussi (enfin si tant est qu’il puisse être question de séduction dans ce type de rapports). Eddy se sait, depuis tout petit, homosexuel. Enfant vif et intelligent, il est très vite stigmatisé comme le garçon efféminé et différent dans un contexte social où la seule voie et le seul modèle offerts à un homme sont l’affirmation de la virilité dans ce qu’elle a de plus brutal. Il subira le harcèlement et la persécution par ses pairs au cours de sa scolarité. Paradoxalement, c’est son homosexualité qui le sauvera puisque cette différence qu’il a tentée en vain de réprimer, le poussera à quitter sa famille et son milieu social pour devenir interne en lycée, puis normalien, et romancier. C’est à ce moment qu’il obtiendra officiellement son changement de nom et de prénom et deviendra Édouard Louis.

Ce qui est incroyable dans ce livre, c’est la sensation que j’ai eue de me retrouver dans un roman de Zola, alors qu’Édouard Louis est né dans les années 90 et narre donc des événements tout à fait contemporains. La misère (sociale, économique, intellectuelle, spirituelle, affective), sue à chaque ligne du roman. Le destin de chaque enfant est tracé quasiment dès le berceau : collège jusqu’à la 3e, puis décrochage scolaire, travail en usine dans le meilleurs des cas, ou chômage et minima sociaux, et reproduction du modèle parental, sans que jamais personne ne parvienne à sortir de ce sinistre cercle vicieux. Les relations sont frustres, comme les personnalités, l’absence de dialogue règne, la pornographie pour seule éducation affective et une proximité parfois malsaine entre parents et enfants sont flagrantes. Leur vie est prédestinée à l’échec.

Alors clairement, je vous déconseille cette lecture si vous êtes un peu tristoune. C’est joyeux comme une usine désaffectée un soir de novembre. Mais je trouve ce roman réellement remarquable par le témoignage social qu’il donne sur un pan de la réalité que je (et sans doute la plupart de nous) ne côtoie strictement jamais, comme deux couches étanches dans le monde qui glisseraient l’une sur l’autre sans jamais interagir ensemble. C’est cela aussi la France, cette réalité à laquelle sont confrontés les enseignants, le personnel hospitalier et les forces de l’ordre. A côté de cela, il parait qu’après la parution du roman, le village d’origine d’Edouard Louis a vu défiler des hordes de journalistes venus les inspecter comme des bêtes exotiques. Il semblerait que ce ne soit pas si la zone que cela. Ouf, ai-je pensé, tant mieux parce que cela faisait vraiment peur. Rendez-vous compte, à 150 km seulement de Paris, il y a de quoi avoir la frousse. Mais totalement factuel ou non, ce livre est la manifestation du manque profond vécu par un enfant affamé affectivement et intellectuellement. Il apporte de l’eau au moulin, si besoin était, que ce qui sauve est l’éducation et que l’enfant a besoin au moins autant de nourritures intellectuelles que de légumes sans pesticides.

« Devenir », de Michelle Obama (Fayard)

Après avoir fini ce roman, j’avais bien besoin d’un lecture un peu plus optimiste. J’attendais Poupette à la gare pour la ramener sur les pistes enneigées, et ayant une heure à tuer, je me suis naturellement dirigée vers la librairie. Sur qui tombai-je ? Sur le beau visage intelligent de Michelle Obama. Enfin, pas en chair et en os dans la gare de Grenoble, non, sur la couverture de son livre « Devenir », déjà talentueusement chroniqué par notre coach nationale Sophie. Un bouquin tout à fait adéquat pour accompagner mon grand café, mon croissant et mon jus d’orange. Et ouais ! C’était matinée de fête seule dans la gare, sans nain hyperactif à surveiller. Et ça, je vous prie de croire que ça fait du bien par où ça passe.

Michelle Robinson vient d’un milieu simple : son père était technicien en entretien de stations d’épuration. Sa mère était mère au foyer. Comme tous les afro-américains, les ancêtres de Michelle étaient esclaves et leurs descendants se sont heurtés au plafond de verre (semi-opaque) de la ségrégation, qui a limité leurs ambitions. Mais la grande chance de Michelle, ce fut ses parents,  convaincus que le savoir et la culture étaient le sésame qui permettrait à leurs enfants de s’élever socialement. C’est la chance que n’a pas eue Eddy Bellegueule et qu’il a du aller chercher ailleurs dans le sang et dans les larmes.

Michelle était amie avec la fille du pasteur Jesse Jackson, un activiste politique qui défendait les droits des Afro-Américains défavorisés et faisait de l’éducation son cheval de bataille. Un de ses slogans était « Personne n’est trop pauvre pour éteindre la télévision deux heures tous les soirs ! » A l’heure où la télévision débite des hectolitres de merde en continu, on aurait bien besoin d’entendre une personnalité politique le crier haut et fort.

On découvre donc ici une femme qui bien avant d’être la First Lady du très charmant Barack, s’est battue contre les préjugés des américains blancs et a lutté pour rentrer dans des universités où les Noirs n’étaient pas vraiment bienvenus; Elle explique très bien d’ailleurs à quel point la spirale de l’échec peut arriver à dissuader les Afro-Américains de tenter de s’en sortir -exactement comme les habitants du village d’Eddy Bellegueule. C’est un autre point de vue qui vient de nouveau me démontrer combien moi, blanche issue d’une famille cultivée où l’éducation a une place évidente, je ne pourrai jamais vraiment saisir les efforts demandés à un enfant issu d’un milieu défavorisé et/ou de l’immigration, qui part avec un handicap considérable alors que je n’aurais sans doute même pas conscience de l’avance considérable que me confère ma seule condition sociale. 

« A Princeton, j’avais besoin de mes amis noirs. Nous nous apportions réconfort et soutien. […] Ça pompe de l’énergie d’être le seul Noir dans une salle de cours ou l’un des rares non-Blancs à passer une audition pour une pièce ou à être admis dans une équipe de sport. Prendre la parole dans ces conditions et imposer sa présence exige un effort supplémentaire et une solide confiance en soi. Voilà pourquoi, quand nous nous retrouvions, mes amis et moi, pour dîner ensemble tous les soirs, nous éprouvions un certain soulagement. » (page 99)

Cela me fait également penser à l’excellent blog « Merci maîtresse », dans lequel une institutrice de REP relate son quotidien auprès d’enfants qui partent dans la vie scolaire avec un nombre impressionnant de boulets au pied. Comment trouver la force de surmonter de telles difficultés si les parents ne sont pas derrière pour épauler leur enfant ?

Les parcours contrastés d’Eddy et de Michelle m’amènent à un troisième point : Édouard Louis a vécu une enfance dénuée de beauté et de sentiments, sans rien autour de lui qui puisse l’élever, sauf son envie de fuir. Michelle Obama a eu la chance d’avoir des parents attirés par la culture et l’ouverture, et un grand-père amateur de musique. Et pour faire le pont entre les deux, il y a…

Philippe Jaroussky, le contre-ténor à la voix d’ange.

Vous le connaissez ? Écouter chanter Jaroussky, c’est prendre un aller simple pour le Paradis. Échantillon de poudre d’ange dans les oreilles, garanti sans effet secondaire nocif à long terme (le morceau ci-dessous est le Pie Jesu de Fauré, rien à voir avec les cantates de Vivaldi. Mais il est plutôt beau gosse sur cette pochette CD, non ?): 

 

Et donc cet homme (car oui, c’est vraiment un homme qui est doté de cette voix) a fondé il y a deux ans une académie de musique, destinée à offrir aux enfants culturellement éloignés de la musique classique la possibilité d’étudier et de faire éclore leur talent pour un instrument. C’est ainsi que l’on peut admirer sur son site, les mignonnes frimousses de tout un tas de petits gamins qui sans cela n’alimenteraient leur vie artistique qu’avec la musique de générique de TPMP et les couacs nasillards du soprano Hanouna. Ce qui, vous en conviendrez, suffirait à faire succomber n’importe quel jeune aux attraits de la drogue et de la délinquance. Et puis c’est prouvé scientifiquement : à chaque mot prononcé par Hanouna, un neurone meurt quelque part dans le monde.

Alors que là, ces petits choupinous vont pouvoir s’immerger durant trois ans dans le baroque et l’opéra, apprendre un instrument, travailler en orchestre, et cette expérience – quand bien même ils n’en feraient pas un métier plus tard – changera sans doute radicalement le cours de leur vie par l’ouverture sur la beauté qu’ils auront entrevue. Puisque nous en sommes à la musique classique, je ne saurais trop vous recommander de voir si ce n’est déjà fait, le film « Au bout des doigts ». Il raconte l’histoire d’un jeune à la dérive, sauvé par la musique. Une véritable splendeur d’émotion et d’espérance (Et puis il y a Lambert Wilson dedans. Il est beau Lambert, et comme Colin et Georges, il vieillit merveilleusement bien).

Les livres, et la musique. Les mots qui s’envolent, les notes et les pensées qui s’égrènent, le cœur et l’âme qui s’éveillent et prennent de la hauteur, c’est ce que je retiens d’Eddy, Michelle et Philippe qui sont parvenus à s’élever, chacun par leur chemin, du plus tortueux ou plus serein.

Il faut absolument que tout le monde le sache ! je partage :

30 commentaires

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Natha ! C’est bien le but, donner un petit goût de reviens-y !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      et ce n’était qu’un petit apéritif ! je me suis restreinte pour que vous ne fassiez pas d’indigestion 😉

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Charlotte ! Le livre de Michelle regorge de questionnements sur la place de la mère et la culpabilité maternelle, je suis certaine que cela t’intéresserait beaucoup !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      C’est au moins le 3e article sur le bouquin de Michelle Obama qui passe dans ton cercle de blogs ! si tu arrives à y échapper, tu es forte 😉 bises Marie !

  • 3kleinegrenouilles

    Belle coïncidence, j’ai écouté hier une chronique littéraire sur le dernier roman d’Édouard Louis (« Qui a tué mon père ? » ou un titre ressemblant car la chronique était en allemand, radio allemande oblige ;-)). Je n’ai toujours pas lu son roman, j’en ai eu envie pourtant. Apparemment, ce roman court (80 pages) est un peu comme une réponse à son premier roman.
    Je ne connaissais pas du tout ce contre-ténor mais il a une voix superbe (en plus, d’être très beau !). Je n’ai pas non plus lu le livre de Michelle Obama mais il a aussi l’air très intéressant. Mais, actuellement, j’aurais surtout peur qu’il rejoigne ma pile poussiéreuse de livres à lire…
    Merci pour ce smoothie bien meilleur que ces immondes mixtures à l’épinard !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Quelle connexion franco-germanique ! incroyable 🙂 Oui, son dernier roman est sur ma ouicheliste aussi ! il parait qu’il est très beau.
      J’ai encore plein d’autres morceaux chantés par Jaroussky dans ma playlist deezer, il est vraiment exceptionnel et comme je racontais à Marcounet, il m’émeut. En contre-ténor splendide, il y a aussi Andreas Scholl (un allemand) mais il est un peu plus vieux, il a chanté une version sublime du Stabat Mater de Vivaldi (RV621) avec l’ensemble de Chiara Bianchini, que tu dois trouver sans peine sur youtube. Il a une belle vois chaude, plus ronde et pleine que celle de Jaroussky qui est très aérienne. Il faut savoir varier les plaisirs 😉

  • Miss Zen

    Délicieux ce smoothie…mélange incongru certes mais très bien mixé.
    Tu me pardonneras mes considérations bêtement terre à terre mais je n’avais jamais fait le rapprochement entre le so charming Colin et le si charmant Lambert, ils pourraient être cousins ces deux là.
    Bon voila, je n’ai pas su élever mon commentaire au niveau de ton billet que j’ai vraiment trouvé très intéressant et bien écrit… (l’éducation et l’accès à la culture ne peuvent pas toujours nous sauver de nos bas instincts)

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      l’incongruité du mélange est ce à quoi l’on reconnaît un bon smoothie 😉
      Je comprends que tu bloques sur Lambert, que veux-tu, le cerveau a parfois ses priorités !
      merci de ton gentil commentaire 🙂

  • maman délire

    rahhh !! merci ma belle. Je suis heureuse que le livre de Michelle t’aies plu ! tu en parles tellement bien… je pense que je vais passer mon tour sur le premier, j’avoue que même si ce style de livres est d’une importance capitale, j’aurais du mal.. Pour ce qui est de la musique, je mettrais ça ce week end à fond ! j’adore comme tu parles de Hanouna, c’est tellement ça…

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Oui c’est vraiment une femme inspirante ! je n’ai pas abordé tout ce que j’avais en tête bien sûr, puisque tu l’as très bien fait avant moi 😉 et puis je voulais garder mon fil rouge culture / télé / loose ou niaque.
      Mais il y aurait encore tant de choses sur tant d’aspects à en dire !

  • Marcounet

    Anecdote apocryphe sur la vie de couple de Barack et Michelle Obama. Barack apprend qu’un ex petit ami de Michelle est devenu chauffeur de taxi et dit à sa femme : « Tu te rends compte ? si tu étais restée avec lui, aujourd’hui, tu serais l’épouse d’un chauffeur de taxi. » Et Michelle répond : « Si j’étais restée avec lui, c’est lui qui serait devenu président ! »

    A part ça, pas fan pour deux sous du sieur Wilson sauf quand il a joué les touristes nocturnes au Louvres il y a quelques mois dans le cadre de la série « une nuit au musée » sur France 5. J’ai beaucoup apprécié sa culture, sa préparation de l’émission et le grand respect qu’il a montré aux téléspectateurs.
    Je connaissais le bouquin d’Edouard Louis. Ca me donnait déjà pas l’impression d’être joyeux, c’est gentil de confirmer ! Certains artistes lyriques deviennent célèbres mais le plus grand nombre reste dans l’ombre. Et pourtant, pour le profane que je suis, ce n’est pas le talent qui leur manque (voir le « psaume de David » par Battista Acquaviva par exemple). Mais les plus connus, dont Jarousski ont LE petit truc en plus qui les rend uniques.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      ooooooooooh, Lambert Wilson, mais c’est la sexitude à la française incarnée ! Franchement, Marco !
      Non le bouquin n’est pas gai c’est vrai. Mais il parait que son troisième opus est magnifique et je vais le lire asap (même s’il ne promet pas d’être très gai non plus).
      Je crois surtout que ce qui compte dans une voix, c’est l’émotion qu’elle suscite. Et Jaroussky a une voix très pure, très émouvante. Je peux être conquise par un morceau chanté par un artiste, et rebutée par le même morceau « massacré » à mes oreilles, par un autre. Comme quoi l’interprète est aussi important que l’auteur ! Je ne connaissais pas ta demoiselle. Je reconnais une belle performance vocale, mais la fréquence de sa voix ne me fait pas vibrer, par contre. C’est mystérieux tout cela !

  • mamanchambouletout

    Merci pour le smoothie !
    Malheureusement les villages de campagne pas si éloignés de Paris que cela mais où règne la misère sociale sont bien plus répandus qu’on ne le pense. Une partie de ma famille maternelle y vit. Au programme : bouche édentées, fautes de français, VEO à gogo (pas un petit cris de temps en temps mais plutôt des grosses torgnoles !). Et bien entendu, quand on est franchement alcoolisé les torgnoles tombent bien plus vite et bien plus fort. Ma mère a réussi à y échapper, mais je dirais que sur 9 enfants il n’y en que 3 qui s’en sont sortis…

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Amélie pour ton témoignage. Oui, la misère sociale est toute proche de nous… J’imagine à quel point c’est dur de s’échapper d’un milieu aussi plombant et comme on doit se sentir tiraillé entre ce milieu d’origine et ce que l’on aspire à être…

  • Maman Lempicka

    Je suis absolument fan de ta sélection, et pas parce que tu as débattu du premier bouquin avec Agnès pendant la moitié de notre dernière entrevue. Je suis fan parce que ça me parle. Parce que je me suis frottée à tout ce que tu décris, à travers mon mari, à travers mon métier, à travers des rencontres à la fac aussi, et que bien souvent, je m’interroge sur les circonstances qui amènent certains à s’élever, et d’autres non. Il fut un temps où je t’aurais dit: il faut que les parents croient en l’école. Mais c’est bien plus complexe. Il faut une stabilité financière et éducative. Il faut des rencontres. Il faut avoir de la hauteur sur sa propre condition pour avoir envie d’en sortir. Il faut avoir des ambitions concrètes qui t’évitent les désillusions. Il faut être certain, au fond de toi, que tu vaux quelque chose.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      la moitié, la moitié, t’es marseillaise toi ! 😀 Merci ma belle 🙂
      Oui je pense bien que tu es doublement concernée par cette problématique.
      Il y a de multiples facteurs : les parents comme tu le dis, leur état d’esprit largement autant que la taille de leur bagage culturel, leur (in)-satisfaction ou non dans leur condition sociale, leur révolte ou non face à cela, etc… Quand les parents n’ont pas la niaque, comment avoir l’exemple de la volonté ?
      Par ailleurs, comme on parlait VEO à propos de l’article de Frau Pruno l’autre jour, je regardais ces histoires de stress toxique etc (effet du cortisol sur le cortex). La promiscuité et le bruit font plus de dégâts sur le cerveau d’un enfant que de se faire gronder par les parents. Ce qui veut dire que quand tu as vécu ta toute petite enfance avec des parents dans une grande misère sociale et intellectuelle, ton cerveau est déjà affecté, et ce de manière irréversible. C’est terrible 🙁
      Et puis il y a une tendance aujourd’hui à absolument maintenir des enfants en état de maltraitance dans leur famille d’origine, au nom de l’amooooooour, et je crois vraiment que c’est une grave erreur tant la famille peut être profondément toxique. Mais bon, c’est un autre débat.

  • Quatre Poussins

    Très belle sélection dis moi ! Et c’est intéressant, parce que j’ai entendu quelques critiques assez négatives du bouquin de Michelle (comme si elle avait mangé à la maison hier…). Du coup ça me redonne envie de le lire !
    Jaroussky, j’ai offert son dernier cd il y a 2 mois à ma tante qui est une grande fan. J’ai du coup fait une écoute un peu rapide et oui, il a une voix incroyable. Même si j’admets qu’il ne fait pas partie de ma playlist quotidienne 🙂

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      QUOI ? des critiques négatives du livre de Michelle ? WTF !
      Ecoute franchement, moi je trouve que c’est un bon livre qui montre l’envers du décor de la politique (je n’en ai pas parlé, mais c’est tout un pan très intéressant du livre, comment faire survivre sa famille à une vie politique), elle raconte qu’elle a choisi une voie professionnelle qui lui a permis de s’élever socialement, mais qui ne l’épanouissait pas, elle parle beaucoup de la condition des noirs aux US, bref, plein d’aspects très intéressants, vraiment.
      Moi je suis devenue accro à Jaroussky ! je l’écoute tous les jours ou presque, entre Daft Punk et Coldplay 😀
      je file chez toi lire ton dernier article 😉

  • cyann

    Il est génial cet article, merci beaucoup !
    Ma maman vient du même milieu qu’Eddy Bellegueule, mais sa chance fut sa propre mère. Elle leur a inculqué de force que tout s’acquiert grâce au travail et en particulier la liberté. Femme divorcée dans les années 60, elle leur a montré le chemin. Mais comme le commentaire de mamanchambouletout, cela n’a pas porté ses fruits pour tous ses enfants. C’est complexe de comprendre comment chacun a intégré, dirigé, refusé ou accepté l’héritage de ma grand mère.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci beaucoup Cyann pour ton commentaire ! Oui comme tu le dis il y a plusieurs facteurs qui agissent dans la réussite, même avec un exemple parental positif. Sans doute que certains enfants auront été rebutés par les difficultés d’une femme divorcée à cette époque, ou auront pris partie pour l’autre parent et rejeté du coup le modèle éducatif proposé par ta grand-mère; ou simplement les difficultés relationnelles entre certains et ta grand-mère les auront orienté ailleurs. C’est si mystérieux de voir que parfois, certaines personnes « refusent » de s’en sortir, il y a tant d’enjeux psychologiques et de croyances derrière.
      En tout cas quand on a réussi à franchir le pas, quelle fierté !

  • alinetterunnette

    Edouard Louis est sur ma liste deouis quelques temps…mais ils ne l ont pas en stock à ma bibliothèque 🙁 ceci dit je vais attendre un peu avant de l’acheter et surtout de le lire, vu le bourdon que m’ont filé mes dernières lectures Fief de David Lopez et Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu. Tellement réaliste, et tellement proche de ce que je connais et/ou voit autour de moi…
    Et comme toi j’ai eu besoin de relire quelque chose de plus léger/optimiste après.

    Par contre Michèle Obama, il va falloir que j’aille lire ça 🙂

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      J’avais pensé à lire le Nicolas Mathieu, mais au vu du contenu j’ai préféré attendre un peu pour les mêmes raisons que toi… Besoin de lire des contenus positifs de temps en temps !
      Je viens de terminer complètement le livre de Michelle Obama et vraiment, c’est très intéressant de bout en bout sur plein de thèmes (politique, société, place de la femme). Merci de ton commentaire ! ☀️

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

%d blogueurs aiment cette page :