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éducation,  Lecture

Enfants, écrans, réseaux sociaux

Attention, sujet explosif s’il en est. Nous allons parler de l’effet des écrans sur nos mignons petits enfants. Et aussi et des réseaux sociaux qui peu à peu, prennent le contrôle de nos cerveaux. Ouille ouille ouille ! À dire vrai, mon opinion était déjà à peu près faite, quand je suis tombée sur deux livres passionnants : « la Fabrique du Crétin Digital » de Michel Desmurget (Editions du Seuil), et « la Civilisation du Poisson Rouge » de Bruno Patino (Editions Grasset), qui caracolent en tête des essais depuis plusieurs semaines. Sans doute les avez-vous déjà lus.

Pour couper court à toute polémique : bien sûr, certains enfants passent 4h par jour devant leur console de jeux, et sont très bons à l’école. D’autres n’ont jamais vu un écran de leur vie, et se payent des tôles quand même. Mais que voulez-vous, en statistiques, c’est comme cela : on parle de la moyenne des individus.

la fabrique du crétin digital michel desmurget

Chercheur en neurosciences, Michel Desmurget, auteur de « La Fabrique du Crétin Digital » a la plume plutôt acide, ce qui rend la lecture de son livre extrêmement agréable. Il décortique les études scientifiques, et la présentation partielle et partiale (voire totalement fausse) qui en est faite, dans le détail.

La génération des jeunes est-elle vraiment « digital native » ?

Il court le bruit que ces enfants biberonnés aux écrans plasmatiques dès le berceau, auraient un cerveau mutant, hyper-performant, à la limite de la créature transhumaniste.

enfant écran smartphone

Dans les faits, l’écrasante majorité des enfants, n’utilisent les écrans que dans un but purement distractif : messagerie, jeux, musique ou vidéos. 3% des utilisations sont réellement créatives (écriture de blog, programmation, codage, montage vidéo, etc). Les jeunes se servent de multiples applications en même temps mais ne sont pas plus doués que pépé Robert pour comprendre comment fonctionnent les applis. Ce qui en soit n’est pas si grave, (on n’a pas forcément besoin de savoir cuisiner pour apprécier une soirée à la Tour d’Argent), mais vient invalider la soi-disant suprématie digitale des jeunes.

Ce que met en évidence Michel Desmurget, c’est que si un adulte ayant appris à lire et écrire à l’ancienne, plume Sergent-major aux doigts, pourra sans aucune peine se mettre en quelques heures aux outils numériques, l’inverse ne sera pas vrai : un enfant qui commencera sa vie par une exposition aux écrans, au détriment des acquisitions vraiment importantes, accumulera un retard qui sera très difficilement comblé.

La laide vérité, c’est que les applications et jeux que l’on trouve sur tablettes ont été conçus pour ne nécessiter absolument aucune compétence. Avoir un QI d’huître suffit à pouvoir les utiliser. En revanche, les développeurs et créatifs du web sont plutôt des personnes au-delà de 45 ans, des vieux donc, qui sont tombé dedans à l’époque où tout devait se programmer sous DOS ou Linux : la préhistoire de l’informatique, celle qui demandait une véritable intelligence.

Une autre problématique concerne le tri des quantités colossales de données trouvées sur le web. Une étude des chercheurs de Standford a montré à quel point les étudiants manquent de recul et d’esprit critique sur les informations récoltées sur internet. Pas forcément étonnant, puisque l’analyse de ces données nécessite un peu de culture afin de démêler le vrai du faux (et que la culture et l’esprit d’analyse ne s’acquièrent que rarement sur Facebook).

Les jeux vidéos améliorent-ils les capacités de repérage dans l’espace ou de stratégie ?

Certains jeux demandent en effet des capacités de repérage dans l’espace, comme Super Mario, parait-il. Mais cette compétence n’est pas transférable à la vraie vie. On peut être une bête à Super Mario et se perdre dans Paris. C’est tout à fait compatible. Michel Desmurget fait la comparaison avec un chauffeur de taxi : il va se construire peu à peu une carte mentale de sa ville, qui ne lui sera d’aucune utilité pour s’orienter dans New-York : il s’agit d’une compétence trop spécifique pour être étendue à d’autres contextes.

carte orientation repérage dans l'espace

De même, les jeux de stratégie n’aident pas à acquérir les compétences requises pour mener à bien des négociations commerciales, ou monter une entreprise, résoudre des conflits, etc…

La conclusion, c’est qu’en jouant à un jeu vidéo, on devient bon à ce jeu vidéo. C’est tout !

Le mythe du cerveau plus développé des nouvelles générations

Il a été montré que chez certains gamers, le cortex cérébral était plus volumineux. La presse s’en est parfois fait l’écho avec des titres alléchants du style « Jouer à Super Mario augmente le volume de matière grise ». Sauf que… Avoir un cortex plus épais n’est pas un signe d’intelligence supérieure. Au contraire, une plus grande intelligence se traduit par une suppression des connexions neuronales inutiles et in fine, un amincissement du cortex cérébral.

cerveau écrans

Par ailleurs, toutes les situations de la vie qui amènent à une adaptation, vont modifier le cerveau : c’est le propre de la plasticité cérébrale. Comme le dit Michel Desmurget, se faire amputer d’un bras ou fumer des joints modifie également le cerveau. Ce n’est pas pour autant bénéfique, bien au contraire.

Le potentiel éducatif mensonger des jeux ou programmes adaptés aux enfants

Qui n’a pas rêvé que son enfant soit polyglotte, rien qu’en regardant un programme enfantin 10 minutes par jour ?

Hélas, aucun programme n’a démontré d’effet positif sur l’acquisition de compétences. Non, votre enfant ne deviendra pas trilingue anglais-espagnol-français en regardant Dora l’exploratrice. Le contenu de ces programmes est en réalité extrêmement pauvre et n’amène rien de plus (et même, plutôt beaucoup moins) que des jeux et des échanges avec les parents. Chantonner « 1, 2, 3 » ou « A, B, C », nommer des couleurs ou des animaux, claironner « Happy Birthday »… Ouais, bof. Pas vraiment besoin de tablette pour cela.

enfant écran pas avant 3 ans

La concentration : dispersion versus focalisation

Sans trop de surprises, passer du temps sur les écrans ne favorise pas la concentration. Le principe des jeux de console est qu’ils délivrent en même temps de nombreux stimuli, et forcent donc à être attentif à tout, dans tout l’espace de l’écran, pour réagir le plus vite possible. L’attention est donc dispersée. Tout le contraire de la concentration, qui vise à focaliser entièrement l’attention sur une phrase, un texte, un seul stimulus. On voit tout de suite l’impact sur les apprentissages.

Les effets de l’exposition aux écrans sur les résultats scolaires.

Des études ont démontré l’impact de l’exposition aux écrans (télé, tablette, consoles de jeux, smartphone etc..) sur les capacités de mémorisations et de restitution des connaissances. Premier effet : l’impact sur le sommeil, les écrans entraînant un retard au coucher et une difficulté d’endormissement. Or le processus de mémorisation des connaissances s’effectue surtout durant le sommeil.

Beaucoup de maîtresses d’école sont capables de dire quels élèves ont regardé des dessins animés avant d’arriver en classe : les élèves sont plus agités et ont perdu toute capacité d’attention (très courte chez les petits : environ 20 minutes). Les plus grands sont également concernés. En particulier, est pointée du doigt l’habitude qu’ont les étudiants de prendre des notes sur leur PC et non plus sur un bloc-notes à l’ancienne. Les études montrent que les étudiants utilisent, durant environ 30 à 45% du temps, leur PC pour faire autre chose (Facebook, jeux, messagerie). Leurs capacités de mémorisation du cours sont –logiquement- considérablement impactées.

enfant école écrire

En Angleterre, une étude a mis en évidence un effet à long terme : la consommation d’écran était mesurée à 14 ans, et l’impact sur les résultats scolaires était mesuré 18 mois plus tard. Il en ressort qu’un même élève qui ne serait pas exposé du tout aux écrans obtiendrait une note A ; avec une heure d’écran quotidienne, B ; avec 2 heures d’écran, C ; 3 heures d’écran, D : soit une chute de 9 points.

Cet effet est également chiffrable pour le concours de médecine, par exemple : un étudiant qui se classerait à la 240e place sur 2000 sans smartphone, passerait à la 400e place avec 2 heures quotidiennes de smartphone, et serait donc recalé.

Des campagnes d’alphabétisation à grand coup de tablettes dans certains pays d’Afrique, ont montré des conséquences au mieux très décevantes, au pire nuisibles. La numérisation n’apporte absolument aucun bénéfice à l’acquisition des compétences langagières. Car à la fin, c’est toujours l’usage abêtissant qui gagne.

Sur la numérisation de l’école

Dans vos collèges aussi, j’imagine, il a été question de passer les manuels sur tablette. Parce que les livres, c’est lourd, parce que les programmes changent à chaque nouveau gouvernement ou presque, et parce que c’est à la mode (et parce que ça rapporte un maximum d’argent à certains, quand même).

Pour Poupette, fort heureusement nous sommes passés au travers. Dans le collège de Loulou, les manuels ont été remplacés par une tablette. Catastrophe : entre les codes pas reçus, les bugs innombrables, la connexion qui ne marche pas, on ne peut pas dire que nous ayons été séduits par le numérique scolaire. Avec en plus, le gros défaut qu’on ne feuillette pas une tablette, qu’on n’a guère accès aux pages avant et après, pour se replacer dans le contexte, et qu’on ne peut pas voir une pleine page au format A4 dedans (surtout quand on est un peu presbyte). Bref, la tablette scolaire qui avait été survendue par nos gouvernants, s’avère bien décevante.

Par ailleurs, il me semble assez incohérent que les parents reçoivent des recommandations sur les dangers de l’exposition précoce au numérique, et que dans le même temps, on colle les enfants toute la journée sur tablette au collège. Mais on n’est plus à une contradiction près ! Dans de nombreux collèges, la tendance est maintenant à la dé-numérisation tant les résultats ont été décevants.

La règle des 3-6-9-12 : au fait, pourquoi pas d’écran avant 3 ans ?

Je vous rappelle, la règle des 3-6-9-12, c’est :

la télé, pas avant 3 ans.
La console personnelle, pas avant 6 ans.
Internet, après 9 ans.
Les réseaux sociaux, après 12 ans.

Cette règle a été élaborée par Serge Tisseron, psychiatre, qui fut en son temps, un ardent défenseur des écrans éducatifs pour les bébés ! Incroyable mais vrai, il a tourné et retourné sa veste un certain nombre de fois. Mais bon, c’est toujours mieux que rien.

Alors pourquoi pas avant 3 ans, au fait ? et pas 4, ou 5 ?

Pour une raison extrêmement cynique : avant 3 ans, un enfant n’est pas très sensible à la publicité. En revanche, au-delà de 3 ans, l’enfant absorbe les contenus marketings qui lui sont proposés, et va exprimer des souhaits d’achats (à 75% liés à une exposition publicitaire). Souhaits qui, à 85%, seront exaucés pour les parents. On comprend mieux pourquoi l’enfant de 3 ans devient une cible commerciale et a tout intérêt à avoir accès aux petits programmes pour enfants. C’est pas mignon, comme raison ?!

super mario produits dérivés

L’impact sur la santé des écrans est également profond

A côté des altérations neurologiques, il y a aussi des conséquences physiologiques. Les écrans constituent un facteur favorisant de l’obésité, par l’exposition très grande aux publicités pour la junk-food et par la sédentarité induite.

Par la dette de sommeil qu’ils entraînent, ils augmentent la dépression, les troubles de la mémorisation, la faculté à prendre des décisions.

Les stéréotypes physiques qu’ils véhiculent –femmes grandes et minces, hommes musclés- favorisent l’apparition de complexes et de dysmorphophobie.

Par les contenus mis en avant (violence, contenus sexuels explicites, consommation de tabac et d’alcool, etc… Par exemple dans Grand Theft Auto) ils augmentent le passage à l’acte vers des conduites à risques. L’exposition répétée à des contenus violents désensibilise les circuits émotionnels cérébraux, réduit l’empathie et augmente le risque de conduites hostiles ou violentes. Il a également été démontré que l’exposition à des contenus sexuels (dont des clips de raps) par des adolescentes, augmentait le risque de grossesse précoce et de maladie sexuellement transmissibles chez ces jeunes filles.

Les aspects financiers des écrans

Cet ouvrage est passionnant et montre bien quels sont les enjeux financiers de l’exposition aux écrans : experts médiatiques bourrés de conflits d’intérêt, qui sont consultants rémunérés dans des sociétés de jeux vidéos ou de télécommunication; contrats financiers destinés à donner une vision positive du tabagisme dans les films (Stallone a signé un contrat de 500.000$ pour fumer des Marlboro dans Rocky et Rambo, afin que l’acte de fumer soit associé à une notion de force et de pouvoir, par exemple) ou de l’alcool (James Bond et ses Martini, puis ses bières Heineken); abêtissement programmé des jeunes, destinés à les amener vers des emplois peu qualifiés ; volonté de remplacer les enseignants diplômés par des animateurs munis de programmes informatiques –qu’on paierait encore moins cher; etc…

Quelles sont donc les recommandations de Michel Desmurget ?

Il prévient dans sa conclusion, qu’il va passer pour un vilain réactionnaire alarmiste. Il est vrai que ce n’est pas une lecture très réconfortante, mais elle est passionnante, abondamment référencée et représente un colossal travail de synthèse sur la littérature scientifique (la vraie). Il édicte donc quelques règles :

  • Pas d’écrans avant 6 ans.
  • A partir de 6 ans, pas plus d’une demi-heure à une heure par jour en moyenne.
  • Pas dans la chambre.
  • Pas de contenu inadapté.
  • Pas le matin avant l’école.
  • Pas le soir avant de dormir.
  • On fait une seule chose à la fois : pas de devoir avec smartphone, par exemple. (N’est-ce pas ma chérie)

Chez nous, comment ça se passe ?

Je ne suis pas parfaite, bien sûre. Il m’arrive de mettre mes enfants devant un dessin animé, comme tout le monde, pour souffler un peu.  Par contre, j’ai affiné avec les années mon comportement avec les écrans. Initialement je ne voyais pas de mal à leur laisser regarder des vidéos d’animaux, des comptines animées. Et insidieusement, je me suis rendu compte que nous étions sur une pente savonnée. Désormais, il n’y a aucun écran pour les petits en semaine en période scolaire. Et le week-end, un dessin animé par jour. Sinon, cela devenait des crises à n’en plus finir, et nous avions franchement l’impression qu’ils devenaient… Comment dire ? Très cons, voilà. Des junkies en manque de leur dose, qui se roulaient par terre, la bave aux lèvres. Donc j’ai appliqué la méthode du sevrage total avant de réintroduire parcimonieusement les dessins animés. Tous les enfants n’ont pas la même appétence pour les écrans. Mais beaucoup sont totalement fascinés et incapables de s’en détacher. Il faut donc les en protéger.

Pour les grands et leur smartphone : je ne parlerai que de ma grande, parce que c’est ma fille à moi. Et bien cela dépend. Dès que le relevé de notes connaît un creux, je deviens plus restrictive. Je prends le téléphone le soir la plupart du temps, ainsi que pendant les devoirs, souvent. Il nous est même arrivé, en concertation avec son père, d’opérer un retrait total de l’objet, avec le retour au vieux téléphone nul à clapet, pendant plus d’un mois : trop la honte. Cela ne m’a posé aucun problème de conscience, et non, ma fille n’a pas été exclue parce qu’elle n’avait pas eu de smartphone pendant quelques semaines. Mon but éducatif n’est de toute façon pas de faire de mes enfants des moutons soumis à la dictature du groupe.

L’autre méthode, est l’installation sur son portable (et le mien) d’une petite application de contrôle du temps d’écran : Action Dash (mais il en existe plein d’autres). Juste pour prendre conscience du temps que nous passons sur notre téléphone. C’est très instructif ! L’application permet également de fixer une limite de temps d’accès aux réseaux sociaux, si cela est nécessaire.

J’ai du mal à évaluer le bien-fondé de l’assertion « il va être exclu si… (il n’a pas de smartphone, il ne joue pas à ce jeu, etc…) ». J’ai tendance à penser que c’est un argument que les adolescents savent manipuler à plaisir auprès de leurs parents pour négocier avec eux. Mais franchement… Perdre des amis parce qu’on ne joue pas à un jeu en réseau… Sont-ce vraiment des amis ? Cela interroge quand même sur ce que peuvent (ne) partager (pas) des jeunes ensemble. Je reste dubitative sur ce point.

la civilisation du poisson rouge bruno patino

Dans ce contexte, « La civilisation du poisson rouge », ouvrage de Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte France, apporte des informations cohérentes et complémentaires. Il se penche davantage sur les réseaux sociaux.

Les algorithmes des réseaux sociaux sont conçus pour alterner la présentation d’informations tantôt inintéressantes, tantôt pertinentes. Et pourquoi donc ? Parce qu’il a été démontré que cette alternance créé une addiction pour obtenir à tout prix le contenu intéressant.

Voilà l’expérience de base :

Expérience 1 : une souris est dans une cage, avec un distributeur de croquettes. Pour que la souris obtienne une croquette, elle doit actionner une pédale. Au début, la souris appuie comme une dingue pour faire tomber les croquettes, et quand elle s’aperçoit que la croquette tombe à chaque fois, elle se désintéresse du distributeur et ne vient actionner la pédale que quand elle a faim.

Expérience 2 : une souris est dans une cage, avec un distributeur de croquettes. Pour que la souris obtienne une croquette, elle doit actionner une pédale. MAIS cette fois-ci, le distributeur fonctionne de manière aléatoire. Une fois, elle aura une croquette. Puis dix fois de suite, rien. Puis deux croquettes d’un coup. Et ainsi de suite. Alors, la souris se met à appuyer frénétiquement, sans cesse, sur la pédale. Elle se sent insécurisée par le comportement aléatoire du distributeur. De peur de rater une croquette, elle ne le lâche plus.

souris

Les algorithmes qui régissent les fils d’actualité des réseaux sociaux fonctionnent exactement sur le même principe. Au lieu de proposer un contenu adapté à vos attentes, ils vont mélanger des contenus pertinents, avec des contenus sans intérêt. Le tout, afin d’inciter les utilisateurs à faire défiler sans cesse leur fil d’actualité, et à le contrôler fréquemment pour vérifier qu’ils n’ont rien raté d’intéressant.

Comme le dit Bruno Patino, ce besoin incessant de vérifier de nouvelles informations nous vole notre temps, et « le temps qui nous a été volé est celui du manque, et donc du désir. Celui de l’amour, de l’autre, et de l’absolu. »

Il ne faut pas oublier que le fonctionnement des réseaux sociaux est établi par des équipes comportant des psychologues, afin de générer des applications suffisamment addictives pour accrocher les utilisateurs (comme les jeux de la Française des Jeux, d’ailleurs).

Par exemple, Instagram est conçu pour faire levier sur le besoin de reconnaissance : acquérir des likes, des commentaires, des followers. Susciter l’adhésion et l’intérêt pour satisfaire, en réalité, son besoin d’être aimé. Ce circuit cérébral induit la sécrétion de dopamine, le neurotransmetteur du plaisir. Une petite vidéo très bien faite explique le fonctionnement de l’application.

Et puis, l’algorithme favorise les interactions avec des personnes qui vous ressemblent : d’où la possibilité de croire, que tout le monde pense comme vous. Les réseaux sociaux fonctionnent donc plutôt sur le mode du cloisonnement entre les groupes sociaux.

Un contenu qui ne sort pas de votre zone de confort

Les suggestions de vidéos sur Youtube ou de musique sur Deezer, sont prévues pour que nous restions dans notre zone de confort : pas de contenus trop bousculants, trop nouveaux. Pas de grosses découvertes. Si vous avez vraiment envie de nouveauté et de rupture, il ne faudra pas compter sur les suggestions de ces applications !

La parole est aux cons

Vous l’avez sûrement remarqué : sur les réseaux sociaux ou les espaces de commentaires des journaux en ligne, la majorité des commentaires sont outranciers, racistes, injurieux, excessifs. Et cela a été théorisé en psychologie, cela s’appelle l’effet Dunning-Kreuger : plus on est con, plus on est grande gueule. (Pour de vrai, ils utilisent les termes châtiés d’ignorance et de confiance en soi). Alors on l’ouvre large comme un four, et on y va de sa tartine de caca, avec fierté et assurance. Puis, au fur et à mesure que l’on s’instruit, saisi par l’abîme de son ignorance, on devient plus humble jusqu’à atteindre le silence mortifié, ce qui est dénommé « la vallée du désespoir ». Et il faut vraiment atteindre un très bon niveau de connaissance sur le sujet pour avoir de nouveau confiance en soi, et oser s’exprimer, mais toujours beaucoup moins fort que les cons. D’où cette impression que le monde est peuplé d’abrutis racistes, réactionnaires, dysorthographiques. Mais en fait, c’est faux. Enfin… j’espère.

Malgré cela, il y a aussi des contenus pertinents sur tous les réseaux sociaux. On peut apprendre des choses passionnantes sur Youtube. Il peut y en avoir un usage intelligent. Mais le plus souvent, les contenus intéressants sont noyés dans une telle masse de médiocrité qu’il est compliqué, déjà pour un adulte, mais encore plus pour un enfant, d’y opérer un tri.

Voilà pour un résumé rapide de ces deux ouvrages, tous les deux passionnants et éclairants. Je vous recommande vraiment leur lecture, qui peut susciter une vraie prise de conscience sur les risques liés aux écrans, chez les enfants, mais aussi chez nous, adultes. D’ailleurs, une collègue blogueuse The Happily Tired Mama, raconte sa prise de conscience sur son rapport fusionnel avec son smartphone. C’est instructif !

enfants danger ecrans réseaux sociaux

Il faut absolument que tout le monde le sache ! je partage :

43 commentaires

  • Léa

    Super article, super résumé de ces deux livres que j’ai vraiment vraiment envie de lire maintenant !
    Nos enfant ont 1.5 et 3.5 ans. Seul le plus grand peut regarder un peu la tv, mais nous aussi avons du mettre des règles en place. 15-20min seulement le week-end et le mercredi, pas avant une certaine heure le matin, etc. Parce qu’effectivement on remarque très vite le côté addictif de l’écran sur ces petits… et dès qu’on lâche du leste c’est crises à gogo. Contrairement à ce que certains partisans non VEO voudrait nous faire croire… non un enfant de 3 ans ne peut pas se réguler tout seul et c’est notre devoir de ne pas le laisser s’abrutir ! Idem les dessins animés c’est à la tv et je me refuse à mettre des vidéos sur mon téléphone en cas d’attente à l’extérieur, j’ai trop peur de mettre le doigt dans un engrenage dont je ne sortirais plus (même si desfois j’avoue que c’est vraiment tentant !)
    J’ajouterais juste que je trouve que nous aussi les adultes sommes devenus dépendant de nos smartphones et que la aussi il y a un effort à faire pour montrer l’exemple…

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      je mets tout à fait les mêmes règles que toi à mes enfants : ils n’utilisent jamais mon smartphone, et je régule les dessins animés. Sinon c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi. Après c’est vrai que c’est dur en tant que parent de devoir répondre non, non, non, encore non. Je comprends carrément que l’on se serve des dessins animés pour canaliser des enfants quand on a vraiment besoin d’un moment de calme. L’essentiel est d’être conscient que c’est un pis-aller et que ça ne doit pas devenir une routine.
      Pour le smartphone, tu as entièrement raison, et j’y travaille également !

  • Maman Lempicka

    La fabrique du crétin est sur ma liste depuis des mois. Je le trouvais un peu cher, le mari devrait me l’offrir incessamment sous peu. Je suis sûre qu’il me plaira et ton super résumé ne fait que me le confirmer. Tu prêches une convaincue, de bout en bout, tu t’en doutes, même si je suis plus renseignée sur les méfaits des réseaux que des écrans. Les faux bienfaits énoncés sont risibles, je trouve ça dingue qu’on puisse y croire. Tu as oublié de citer l’explosion effarante des cas d’autisme chez les enfants totalement normaux. Mes collègues et moi-même en avons vu les effets année après année, flippant, vraiment flippant. Merci pour cet article très instructif!

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Moi je l’ai emprunté à la bibliothèque, j’étais 7e sur liste d’attente, autant te dire que quand je l’ai eu j’en ai bien profité 😉
      je me doute que tu connais bien les effets sur les petits et c’est justement en pensant à toi que je parlais des enseignants de maternelle. Malheureusement je crois que les enjeux financiers sont tellement colossaux que ces fables du bénéfice éducatif ont encore de beaux jour devant elles. Mais à force d’en parler, qui sait ?

    • Maman Lempicka

      Oui, je me doute qu’il est très emprunté, le livre a bénéficié d’une bonne publicité!
      Nous pouvons tous déconstruire à notre échelle un peu de ces fables, j’en parle régulièrement autour de moi, et force est de constater que mes amis sont très vigilants sur le sujet.

  • Workingmutti

    Comme d’habitude un article bien construit et avec plein d’études scientifiques (<3) pour soutenir tout ça.

    Ca l'interroge aussi sur les effets que les écrans ont eu sur ma génération (celle des années 80/90 biberonnée à la télévision sans limite). Mais je ne pense pas que ça puisse être mesuré aujourd'hui (peut-être en regardant le nombre de votants pour Donald Trump ? .. Je m'égare).

    Je suis aussi très étonnée de lire les effets des écrans sur les étudiants qui prennent leurs notes sur PC. C'était la norme en fac de droit et à Sciences Po même à mon époque de dinosaure (2008-2013). Par contre, effectivement, c'était dur de résister aux distractions dans les amphis où on captait le wifi (époque de dinosaure je vous dis). Par contre, j'ai pris mes cours à la main en première année de droit, et j'ai fais mes fiches de concours avec mon bon vieux stylo bic. Une info à passer aux jeunes étudiants ?

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Un ami m’a fait la même réflexion que toi sur la génération télé sur ma page FB. Mais je crois que les programmes étaient différents, moins crétins sans doute ? moins violents aussi, il n’y avait pas de chaînes de dessins animés 24/24 donc moins de risques de rester scotchés devant des heures durant.
      Par rapport au wifi, il n’a pas été déployé au même tempo partout dans les facs, du coup je pense que jusqu’à récemment les dégâts étaient limités.
      Ce qui est intéressant c’est qu’il est démontré que la simple vue d’un smartphone, même inactif et silencieux, est distractive en soi. Car on pense à tout ce qu’il y a dedans.
      Apprendre à ranger son smartphone, se couper du besoin de l’avoir toujours avec soi est un premier pas. Quand je consulte mon action Dash, je me rends compte que 80% des déverrouillages de mon téléphone, sont des réflexes, il n’y a rien mais ça devient un automatisme. C’est là-dessus qu’il faut commencer à travailler pour se défaire de ce réflexe toxique.

  • Quatre enfants

    Merci beaucoup pour ces 2 résumes !!! Rien de bien neuf sous le soleil, les écrans chez les enfants, c’est le mal, mais impossible de faire sans. Un peu comme le nutella. Chez nous, pas de TV classique pour éviter toutes les pub et les envies irrépressibles de poupées licornes en plastique moches et pas de YouTube pour enfants debiles non plus. Ça c’est pour les plus jeunes. Les plus grands ont plus de liberté de choix. On interdit également les écrans quand on fait autre chose en même temps. Manger, ses devoirs, discuter … une chose à la fois, pour pouvoir s’y consacrer pleinement. Tout ça reste évidemment à ajuster en fonction du môme, de son niveau d’addiction, de ses activités extérieures, de ses capacités, de son entourage, de son signe astrologique chinois. Bref, tu l’as compris, on fait comme on peut, comme toujours !!!

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Exactement ! On fait comme on peut, et fixer les règles qui sont les vôtres, c’est déjà énorme. Et c’est indispensable. Nous avons fixé les mêmes règles que vous. Cette semaine ma fille était seule à la maison, je bossais, on a regardé ce que donnait sa consommation de portable : de 5 à 9h par jour… Comme quoi si les parents ne mettent pas le ho-là, les enfants ne sont pas capables de le faire seuls, c’est trop leur demander. Et de bonne foi, ils ne se rendent pas compte. D’ailleurs c’est de là que viennent la majorité des problèmes d’écran : les parents renoncent (ou refusent, ou s’en fichent, ou sont dans la même dépendance) à mettre des limites. Docteur Doudou parlait de cet aspect là dans sa thèse.

  • tobemummysite

    Merci pour ton article qui tombe à point nommé. Après la lecture de quelques extraits de la Fabrique du Crétin digital dans tes stories, je l’ai emprunté à ma bibliothèque municipale. Mais je n’ai pas assez de concentration actuellement pour le lire et je suis atterrée de devoir le rendre aujourd’hui en ayant lu quelque trente pages. Au moins, ton article clair et complet comble en partie la perte. Hélas, je n’y apprends pas grand chose. J’enseigne depuis neuf ans seulement et je vois l’impact terrible du numérique toujours plus présent sur une portion grandissante de mes élèves. Je vois leur niveau scolaire décroître de manière alarmante en parallèle. C’est terrifiant et l’est encore plus l’absence d’inquiétude à ce sujet de bien des parents qui semblent estimer qu’il faut « vivre avec son temps ». Ces dernières années, j’ai eu des formations sur le numérique (bien que mon collège n’ait absolument pas suffisamment de moyens pour y passer, ouf) et cela m’a toujours laissée extrêmement dubitative. Moi je garde mes bons vieux livres papier, ils écrivent sur des feuilles, il n’y a que le vidéoprojecteur qui me sert à taper les cours en gardant un oeil sur eux plutôt que d’écrire dos aux classes. Rien de plus.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci de ton témoignage de professionnelle de l’éducation, qui rejoint celui de maman Lempicka.
      Autant je trouve positif que les enfants apprennent à se servir du pack Office, autant l’usage tout azimut d’internet est effectivement nuisible. Je m’attendais à ce qui est démontré dans ce livre, mais je ne savais pas que les liens étaient aussi clairement établis.
      Après l’avoir lu, il est clair que mes deux derniers n’auront pas de tablette, et un smartphone le plus tard possible.

  • Ariane

    Excellente article Marie, bien résumé et documenté ! Mon avis sur la question n’a pas changé, ici c’est restriction au maximum. Juste un ou deux dessins animés aux vacances (plutôt un cinéma en famille d’ailleurs, pour le moment de fête ensemble) et un documentaire animalier une fois par mois je dirais. Quand ils sont habitués à s’en passer, les enfants ne réclament plus… Et l’idée ne nous vient pas à l’esprit du tout en fait, nous sommes nous aussi habitués à les occuper autrement. Le multiplicité des études sur le sujet (je suis justement sur La fabrique du crétin digital !) m’a persuadée depuis déjà un moment du bien-fondé de la démarche et comme toi, j’observe – même à faible dose – l’impact des écrans sur ma progéniture en terme d’excitation… Une amie me disait cette semaine que dans la classe de son fils (CP), sondée en début d’année par la maîtresse, les enfants consomment des écrans 30 à 40h par semaine !! Mais comment est-ce possible ? Ils ne dorment pas ?! C’est effarant.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Ariane 🙂 Malheureusement ce volume horaire ne m’étonne pas, dans les familles où la télévision est allumée en permanence, les enfants doivent déjà ingurgiter au moins 4h par jour en semaine, et avec le week-end en plus…

  • celestine

    Effarant, c’est le mot.
    Surtout la remise en cause de certaines idées reçues sur l’épaisseur du cortex et la soi-disant valeur éducative des jeux video…
    Merci pour cet article que je vais partager avec mes enfants
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  • Latmospherique

    Il est passé de ma liste d’envies à mon panier! Le voilà commandé, depuis le temps que je voulais le lire, après les quelques passages que tu avais partagé sur Insta.
    Super article Marie, comme toujours! Clair et instructif.

    A la maison, pas de télé la semaine en général. Fut un temps il la regardait un peu le soir et au bout de quelques semaines j’ai dit stop. C’était des crises à n’en plus finir.
    Le weekend, on se fait un film / dessin animé le samedi soir avec plateau télé – notre petit moment cocooning. Ou sinon on va aussi au cinéma de temps en temps.
    Il arrive qu’il regarde un peu plus en vacances….
    Pas de téléphone ou de tablette, même en voyage. Il demande, je résiste et je résisterai encore longtemps.

    Mon loulou a une petite fille dans sa classe qui a des problèmes d’apprentissage et la psy scolaire a demandé aux parents si elle regardait la télé. 4h par jour le weekend! Ca m’a paru insensé…Et encore on est loin de ce que d’autres engloutissent par jour.
    La psy leur a clairement dit: diminuez déjà la télé.

    Comme tu le dis à part les gamins qui s’intéressent au coding ou d’autres trucs dans le genre, je veux bien que les nouvelles technologies aient un intérêt. Pour le reste, j’ai l’impression que ça abrutit les gens plus qu’autre chose.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci beaucoup Marie 🙂
      oui je crois aussi que c’est abrutissant. Comme tu le dis justement avec ton fils, on voit rapidement si la demande d’écran devient une source de problèmes ou non. Tous les enfants ne réagissent pas pareil. Mais nous avons eu le cas avec nos derniers, du réveil de plus en plus matinal le week-end, jusqu’à ce qu’ils se pointent à 6h30 le samedi en réclamant leur dessin animé. Depuis qu’ils savent qu’ils ont l’interdiction d’en demander avant au moins 8h, et que ce sera un seul, ils redorment. Incroyable, non ? 😀

  • 3 enfants en 3ans

    « Des junkies en manque de leur dose, qui se roulaient par terre, la bave aux lèvres. »
    Pour avoir la paix en WE, on avait pris l’habitude de mettre les enfants devant un dessin animé, histoire de gagner du temps de dodo…
    Puis on est parti en vacances au milieu de nulle part et sans écran : les enfants ont progressivement gagné 1h de sommeil, ils ne se réveillaient plus les uns les autres à l’aube pour aller réclamer le DA.
    Depuis, ils jouent le matin, seuls ou en groupe, dans leurs chambres ou sur le palier de l’étage. Notre maison est un gros bordel mais y’a plus ces disputes/caprices pour la télé.
    La télé, c’est un DVD en fin de journée les jours de pluie du WE… et pas tout les jours de pluie des WE. L’occasion pour eux de découvrir Charlot, Laurel et Hardy, histoire de changer des Disney & co
    #maman réac inside

    Le coup de l’algorythme, je ne le savais pas aussi travaillé… effectivement cela fonctionne parfaitement sur moi, je vais donc cesser de regarder frénétiquement et avancer dans ma désintoxication grâce à toi. Ceci dit, en réduisant le nb de pages auxquelles je suis abonnée, j’ai beaucoup réduit le nb d’article inintéressant dans mon fil RS

    Merci pour cet article bien fouillé et édifiant (comme toujours) !

    • MadameLavande

      Merci pour cet article extrêmement bien documenté ! Tu me donnes envie de lire ces 2 ouvrages et cela me conforte dans l’opinion que j’avais des écrans. Ici les filles n’ont pas accès à la télé qui est dans notre chambre. La petite c’est zéro écran et la grande (presque 4 ans) c’est un dessin animé de temps en temps. Au final elle réclame même moins que ce que nous serions prêts à lui accorder : moins d’1 fois par semaine; parfois plusieurs semaines sans demande.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      C’est super ! Je crois vraiment qu’à partir du moment où les parents sont conscients des risques, le danger est en grande partie écarté !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Ah, je répondais exactement la même chose que toi, au commentaire de Marie : la dérive du dessin animé de plus en plus matinal.
      Les réseaux sociaux c’est effectivement un vrai combat, je me détache assez bien de FB, en revanche Insta est vraiment très très addictif du coup je me mets des limites, même si c’est encore trop. En être consciente est déjà un premier pas !
      Merci ! 😉

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Cécilia ! je n’ai plus la télé, convaincue que je suis de sa nuisance et de la vacuité grandissante des programmes. Mais je crois que le smartphone est encore plus dangereux car insidieux.

  • MamanDe4

    Merci pour cet article qui me conforte déjà dans ce que je pensais. Les passages mis en Story m’avaient déjà interpellée, maintenant tu me donnes envie d’aller plus loin en lisant les livres !
    Après tout ça, je ne suis pas prête à lâcher du lest à la maison au sujet des écrans !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      je t’approuve entièrement et leur lecture m’a fait le même effet qu’à toi !

    • marieko7

      Bonjour Marie,

      Merci pour cet article avec lequel je suis complètement d’accord. A la maison, on a plutôt reculé : on avait autorisé quelques jeux et un smartphone pour le grand, puis on a eu les  » junkies qui se roulent par terre la bave aux lèvres » et on a dit halte au sketch. Depuis c’est un film en famille de temps en temps et les grands ont un téléphone à clapet.

      Ceci dit, j’essaie de me détacher de mon smartphone pour montrer l’exemple et je me rends compte que c’est un vrai combat. Je pense que c’est un signal pour nous, parents, que nos enfants ne peuvent pas être autonomes à ce sujet.

      Marie

  • Carinette

    Salut ! Merci, super article. Je suis fascinée de ta capacité à me faire mourir de rire ou à poster un article de fond hyper riche et puissant : balaise de Marie:)
    Ici pas de télé mais des dessins animés « choisis » mais oui, pente savonneuse aussi, crises existentielles pour regarder Winnie l’ourson, Minuscule etc. du coup, il se calme et tente de négocier Ernest et Celestine car c’est court et qu’il sait que ça passera peut être mieux…(hin hin hin ce renard!), mais non, mode sevrage activé 🙂

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci beaucoup Carine ! Nous sommes beaucoup dans ce cas apparemment de lutter contre des crises d’enfants petits pour des dessins animés ! On ne lâche rien 😀

  • Grm

    Trop contente d’avoir tout ça derrière moi… et surtout de ne pas avoir été confrontée à vos soucis actuels… bon courage et tenez bon, vos enfants vous diront MERCI plus tard! 👍🤩

  • Docteur Mamangue

    Merci pour cet article super complet.
    Je me rends compte que je n’en parle pas beaucoup en consultation alors que je pourrais faire plus de prévention à mon échelle.
    A titre personnel, Goyave regarde un dessin animé de quelques minutes une à deux fois par semaine depuis le début de l’année seulement. Et pour l’instant elle ne réclame pas plus mais nous restons attentifs.
    De mon côté, c’est clairement le smartphone que je peux encore diminuer. J’ai déjà désactivé toutes les notifications d Instagram, des mails… mais je suis sûre que je l’ouvre encore par réflexe parfois pour ne rien y faire!

  • Virginie Neleditesapersonne

    Géniale cette synthèse ! J’aime beaucoup ton dernier paragraphe en tout cas – moi qui m’abstiens la plupart du temps de l’ouvrir sur les sujets polémiques ^^ (bon c’est pas l’envie qui manque cela dit !)
    Pas de grosses surprises sur les enfants, mais toujours un petit gasp quand je vois « pas d’écran avant 6 ans » => je n’ai pas encore d’enfants de 6 ans, et j’ai un placard rempli de dvd disney ^^. On essaie de limiter mais je dois reconnaitre que c’est aussi la facilité parfois pour les parents en mal de calme !
    Perso je garde ce simple fait qui me semble résumer à lui seul le danger des écrans et du reste : Les enfants de Marc Zuckenberg, ceux du pdg de Google et de Bill gates me semblent-ils n’ont tout simplement pas accès aux réseaux, ou un accès ultra limité… Inutile de se demander pourquoi !

  • mamanchambouletout

    Merci pour cet article particulièrement clair ! J’ai très envie de lire ces deux ouvrages, je vais tenter de les empreinter à la médiathèque.
    J’ai grandi sans télé, nous n’en avions pas. Par moment j’en ai un peu voulu à ma mère et mon beau-père pour ce décallage que je ressentais par rapport à mes camarades mais je pense que je leur dois ma passion pour la lecture. Et oui, quand on a pas la tété on lit !
    Aujourd’hui nous avons la télé, c’est vital pour l’homme, absolument pas pour moi, je ne l’allume presque jamais. En revanche mon fils ne l’a regardé que trois fois en 3 ans, lorsqu’il était vraiment malade et quoi ne savait pas comment l’occuper tout en lui faisant penser à autre chose. Résultat ? Je ne recommencerais plus avant plusieurs années, à chaque fois il a réclamé la télé pendant deux semaines après et cela a donné lieu à des crises que nous n’aurions jamais eu si il n’y avait pas goûter.
    Pour l’instant on attend encore d’autant qu’il sen passe très bien et joue bien tout seul. Quand il grandira on regardera des dessins animés de qualité et des films adaptés à son âge mais une chose est certaine, pas d’écran en semaine, quelque soit l’âge !

  • 3kleinegrenouilles

    Merci pour cet excellent article ! Tu prêches une convaincue. Nous n’avons pas la télé et les enfants demandent rarement à regarder des dessins animés ou des reportages sur internet. Ce week-end, on a regardé tous les quatre / cinq un DVD d’Astérix et Obélix et les deux grands ont adoré, la petite venait se coller entre les deux grands, regardait un peu puis s’ennuyait et repartait. On regarde parfois une émission de C’est pas sorcier (maman fan d’histoire et de géo…) ou un dessin animé le week-end et éventuellement en semaine si ce n’est pas trop tard et s’il n’y a pas de devoirs pour le lendemain.
    Pour le smartphone, c’est plus compliqué. J’essaie de ne pas trop l’avoir devant les enfants mais entre le groupe WhatsApp avec mes frères, sœur et nièces, les messages de mon mari et les notifications Insta, j’ai du mal à l’oublier.

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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