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au fil des jours

Carte postale des bords de Seine

Des enfants qui courent et crient, cheveux au vent et petites dents de perle, des amoureux qui s’embrassent langoureusement, des jeunes femmes rêveuses, assises au bord des quais, qui balancent leurs jambes au-dessus de l’eau verte, des musiciens qui répètent, guitare à la main, des amis qui boivent des bières et mordent dans des sandwichs. Puis la fraîcheur subite, au passage d’un pont.

Des touristes sympathiques, des retraités bruyants, des dormeurs au soleil sur la rive, des drapeaux qui flottent et claquent au vent, la coupole de la bibliothèque Mazarine. Amarrées, de vieilles péniches en bois aux jardinières fleuries, le linge qui sèche sur le ponton ; des pakistanais à la tête enturbannée, les volées d’escaliers qui grimpent vers les avenues, des poubelles éventrées, puis le Pont Neuf, sa blancheur qui enjambe la Seine, l’obscurité, et l’éblouissement du soleil.

Les boîtes vert sombre des bouquinistes, les platanes d’un vert plus clair qui agitent doucement leurs branches, Notre-Dame surmontée de l’entrelacs d’échafaudages soudés par l’incendie, les smartphones qui se lèvent pour l’immortaliser, les commentaires des touristes, le vent dans mes cheveux.

Les gens qui font coucou depuis le bateau, ceux qui répondent depuis les quais, lancent des baisers parfois, ou font semblant de ne rien voir, car c’est le dixième bateau-mouche qu’ils voient passer depuis leur arrivée. Encore un pont, Sainte Geneviève qui veille sur la Seine.

Les jardins au bord de l’eau de l’Institut du Monde Arabe, des couples qui dansent le tango, l’odeur des sardines grillées d’un barbecue clandestin. Le virage au bout de l’Ile Saint-Louis, les remous écumeux dans la Seine, la devanture de Berthillon entraperçue et ses souvenirs de glace chocolat-mendiants.

Le pimpon des sirènes de police. Les palmiers en caisse devant l’Hôtel de Ville, les trottinettes qui filent, les cyclistes aux cuisses nues ou en pantalon, les chapeaux en paille, les lunettes de soleil, en écaille, ou aux reflets métallisés. Des livres qui cachent des visages, des journaux déployés, les restaurants de plein air sur les quais de Seine, les badauds qui flânent, les tractopelles et les engins de travaux publics un peu partout.

Les peupliers frissonnants des bords de Seine. La plus petite maison de Paris, serrée entre une grande façade blanche et une demeure cossue de briques rouges. La silhouette majestueuse du Musée d’Orsay, l’immense verrière du Grand Palais, la pointe dorée de l’Obélisque de la Concorde et la voûte noire du pont de l’Assemblée Nationale.

Les chevaux triomphants du Pont Alexandre III qui s’élancent vers le ciel, l’eau sombre et verte qui tournoie, les coupoles étincelantes de Saint Vladimir le Grand, comme des œufs de Pâques posés devant la Tour Eiffel solidement campée sur ses quatre jambes de fer, une mariée chinoise dans une robe de princesse qui prend la pose sur le quai.

Papi et ses deux fils, en chemise, accoudés au bastingage, Chaton et Lapin sur le ponton inférieur qui martyrisent les audioguides en tirant sur l’espèce de tuyau de douche qui les relie au banquettes, l’embarcadère qui se rapproche, le bateau qui freine, vire, et s’amarre.

J’avais oublié à quel point ce Paris de carte postale était magnifique, et combien il est agréable de jouer à la touriste, parfois.

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Il faut absolument que tout le monde le sache ! je partage :

36 commentaires

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Oui, cela faisait bien longtemps ! Et j’ai été très agréablement surprise par l’évolution des quais de Seine, en terme de qualité d’environnement pour les piétons. Il y a plein d’activités sympas maintenant.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Charlotte, c’est exactement cela. Je ne m’attendais pas à avoir autant de choses à admirer durant ce petit périple fluvial 🙂

  • Grm

    Merci pour la visite accompagnée, je m’y suis vue (mais sans être une retraitée bruyante…) et j’aurais fait un petit saut pour voir Notre-Dame sinistrée !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      tous les retraités ne sont pas bruyants ! j’ai discuté avec un charmant monsieur de Nantes, c’était un autre aspect agréable de cette promenade sur la Seine. Notre-Dama est quand même bien abimée. Ils ont commencé les travaux de consolidation, démonté des vitraux, ce qui rend les dégâts du feu plus visibles.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Qui ne se sent pas touriste à Paris au mois d’août ? J’aime beaucoup travailler en août, c’est la période idéale pour une parisienne 😉

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Tu y as vécu ? J’aime beaucoup Paris maintenant que j’ai déménagé en banlieue, car je n’y viens que par plaisir et je ne profite que de ses bons côtés.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci Marie, il y a tellement de vie, et de gens heureux aussi, dès que l’on s’éloigne des quais du métro ! Tu as raison, Paris en août est un bonheur 🙂

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Exactement. Tout ce bonheur simple des gens qui vivent, s’amusent et habitent vraiment leur ville (ce que je suis philosophe ce soir)

    • Marcounet

      Charles Aznavour chantait « J’aime Paris au mois de mai ». La musique en moins, tu fais aussi bien : beaucoup de poésie et de douceur dans ton texte. Quant à moi, pour des raisons essentiellement professionnelles, les mois de mai et juin ne m’encouragent pas à la communication. D’où mon silence de ces dernières semaines.
      Des gros bisous à toi !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Merci mon Marco. Je me doute que la période est chargée pour toi ! Tes commentaires me manquaient bien un peu, mais je t’absous 😉

  • Le Lutin d'Ecouves

    C’est très joliment décrit et si exotique quand on lit cela au milieu d’un havre désert et sans fin du Cotentin.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Même depuis le Cotentin, une petite virée parisienne est vite faite ! Et puis le Cotentin, ses forêts brumeuses et ses lutins, ne sont pas dénués d’un exotisme un peu plus nordique sans doute, mais bien réel…

  • MamanDe4

    C’est chouette de lire le Paris que l’on vit et auquel on ne fait plus attention ! 🙂
    Oui, il faut garder notre regard d’enfant Pour continuer de s’emerveiller !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Il faut dire que les quais de Seine sont un angle de vue plutôt agréable 🙂 mais je suis certaine que l’on peut faire la même expérience depuis un bus !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      😀 je crois que nous sommes nombreux à aimer Paris vide de ses parisiens !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Je comprends, j’apprécie bien plus Paris depuis que je n’y vis plus !

  • Marcounet

    Lorsque je suis revenu de mon premier séjour parisien, quelques mois après mon déménagement ici, j’ai posé mon sac dans l’entrée et je suis ressorti dans le jardin pour admirer la nature, respirer l’air frais et écouter le silence. Ensuite, les parisiens sont arrivés pour les vacances…;-)

    • Marcounet

      Pour être tout à fait honnête, je garde aussi de beaux souvenirs de Montmartre sous la neige ou d’après-midi d’automne au(x) pied(s) (il y en a quatre) de la tour Eiffel. J’y avais des amis et de la famille. J’y avais aussi un petit appartement juste assez grand pour moi, idéalement placé, a proximité de commerces en tous genres, d’espaces verts, de restaurants et de cinémas. On est très loin de l’idée qu’on peut se faire de l’enfer des grandes villes.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Paris est une ville superbe quand on travaille pas trop loin de sa maison, qu’on n’a pas d’enfants et qu’on a suffisamment d’argent. Le point le plus désagréable pour moi est le transport, sale et sous-dimensionné pour la population. Mais j’ai gardé un souvenir enchanté de mes années à Montmartre 🙂

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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