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	<title>Lecture Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>Eduquer sans s&#8217;épuiser ! la méthode Kazdin enfin traduite en français.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 08:45:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai le grand plaisir de vous annoncer la parution de la méthode Kazdin, « The Everyday Parenting Toolkit », en français, sous le titre « Eduquer sans s&#8217;épuiser ! Les outils pour une éducation positive qui pose des limites ». Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Alan Kazdin est professeur de psychologie à l&#8217;Université de Yale, aux Etats-Unis. Spécialisé en thérapie comportementale et cognitive, il a fondé le « Yale Parenting Center », au sein duquel il aide des parents à résoudre des problématiques de comportement tout à fait banales que vous avez, j&#8217;en suis certaine, déjà rencontrées : Marius, se roule par terre de colère car vous avez osé lui demander d&#8217;aller au bain pour la huitième fois. Leïla et Kamel passent leur temps à faire les clowns à table, ce qui rend l&#8217;ambiance des repas éminement électrique. Manon, qui traverse la phase critique de l&#8217;adolescence, ne parle à ses parents que par des borborygmes dédaigneux. Ethan rechigne chaque jour à faire ses devoirs, ce qui aboutit inévitablement à de sombres prédictions quant à son avenir, assénées par ses parents exaspérés et révoltés par tant d&#8217;ingratitude. Vous vous dites :  » La méthode d&#8217;Alan Kazdin peut-elle réellement faire quelque chose pour moi, qui vis peu ou prou (ou pas encore mais bientôt) ces diverses situations ?  » Eh bien oui, elle le peut. Pourquoi je vous en parle ? Parce que je co-préface cet ouvrage avec le Docteur Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS et chercheur en sciences cognitives, et que je suis très heureuse d&#8217;avoir proposé ce projet de traduction à Solar, ma maison d&#8217;édition. Je suis convaincue que ce livre sera réellement utile aux parents qui se sentent démunis et ont l&#8217;impression d&#8217;avoir tout tenté sans que rien ne marche vraiment longtemps. Des preuves, vous me demandez des preuves ? Sachez que grâce à la méthode Kazdin, j&#8217;ai pu obtenir de Lapin qu&#8217;il arrête de roter à table, entre autres, ce qui le faisait beaucoup rire (nous, beaucoup moins car il n&#8217;a pas encore compris que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures). Afin de vous donner un avant-goût de cette méthode, vous pouvez découvrir ci-dessous ma préface, et celle de Franck Ramus sur son propre blog, en cliquant sur ce lien. « Eduquer sans s&#8217;épuiser » d&#8217;Alan Kazdin est disponible en vente chez votre libraire habituel ou en ligne, ce jeudi 31 août 2023. Bonne lecture ! « Comme toute maman soucieuse du bien-être de ses enfants, je m’efforce d’éduquer les miens en privilégiant la douceur et la coopération. Et comme toute maman, je me rends bien compte que parfois, il n’y a rien à faire : j’arrive au bout de toutes les solutions diplomatiques. Malgré mes demandes, malgré mon désir profond de laisser une grande latitude à mes enfants, malgré ma raisonnable flexibilité, je ne rencontre pas toujours le succès escompté. Pour parler vrai : je ne le rencontre que rarement. Et c’est alors que bien malgré moi, et bien trop souvent à mon goût, il m’arrive de hurler des phrases du type « ça suffit maintenant, tu vas au bain tout de suite ! » ou « combien de fois je t’ai dit de ne pas manger avec tes doigts ! » L’efficacité de cette technique ? Evidemment, elle est nulle sur le long terme. Même si j’observe sur le coup un petit effet booster, les habitudes reviennent au grand galop, et quelques jours plus tard, rebelote : mes enfants semblent de nouveau atteints de surdité. La tentation est grande de monter le volume à nouveau. Quel soulagement ce serait de pouvoir ancrer en eux ces habitudes que je considère comme importantes ! Chaque famille a ses propres standards éducatifs, en fonction de sa structure, sa culture familiale, son milieu social et son origine géographique. Au-delà de l’amour et du respect partagé qui forment le socle de toute éducation, chaque famille est unique et considérera qu’il est important de respecter certaines règles. Apprendre à ranger ses affaires, participer aux tâches ménagères, bien se tenir à table, converser paisiblement avec ses frères et sœurs… Nous avons tous notre top 3 des incontournables valeurs éducatives. Comment parvenir à y faire adhérer nos enfants ? Il y a bientôt deux ans, je discutais avec mon amie Camille, psychologue spécialisée en thérapie comportementale et cognitive. Elle me parlait des outils qu’elle utilise quotidiennement dans sa pratique clinique, auprès d’enfants atteints de troubles du comportement. Ces mêmes outils sont entièrement applicables à des enfants sans problème particulier : ce sont ceux explicités dans la méthode Kazdin, qui était alors publiée dans à peu près toutes les langues, sauf le français. Toutes les deux très actives sur les réseaux sociaux et en particulier dans le domaine de la parentalité, nous recevions de nombreux messages de femmes découragées, vivant de grandes difficultés avec leur enfant, et en recherche de solutions réellement efficaces. Une bonne part d’entre elles avaient scrupuleusement suivi les préceptes de l’éducation positive. Malheureusement, elles peinaient à trouver dans leurs lectures des solutions concrètes pour faire disparaître des comportements inadaptés, en dehors de vagues « ça passera, son cerveau est immature » et autres « il extériorise ses émotions, c’est normal ».  Au quotidien, ces explications n’étaient d’aucune aide pour rendre l’atmosphère familiale plus paisible; l’épuisement et l’exaspération de ces femmes grandissaient, avec à la clé, l’altération de leur relation avec leur enfant. En voyant à quel point ces parents se trouvaient démunis, nous avons regretté, encore une fois, que la méthode Kazdin ne soit toujours pas traduite en français. Car vraiment, ce livre recèle des trésors pour guider les enfants et enraciner en eux des comportements bénéfiques à leur insertion dans la société. C’est alors que j’ai envoyé un petit message à Bérénice, mon éditrice, pour lui proposer de travailler à ce projet, avec le secret espoir que peut-être… Et voilà ! Nous y sommes. La boîte à outils du Docteur Alan Kazdin est enfin à disposition des parents francophones. J’ai relu cet ouvrage avec toujours autant d’intérêt, et apprécié ses outils très concrets. Des outils que j’utilise, occasionnellement, quand je note que certains comportements peu souhaitables reviennent subrepticement chez mes enfants. Certains s’offusqueront du fait que les outils d’Alan Kazdin, issus de la psychologie comportementale, sont du conditionnement, voire du « dressage » comme le prétendent les plus indignés. C’est oublier qu’un enfant ne grandit pas tout seul. Que nous, parents, en soyons conscients ou non, chacun de nos gestes, chacune de nos paroles et de nos attitudes, va conditionner le comportement de nos enfants. La différence est que les outils proposés par le Docteur Kazdin vont permettre aux parents d’utiliser à bon escient ces leviers de conditionnement, dans le but d’encourager les comportements prosociaux de nos enfants, afin d’instaurer un climat familial serein.  Renforcement positif et retrait de renforcement positif, tels sont les deux balanciers explorés dans la méthode Kazdin et déclinés en plusieurs outils. L’un est à visée de prévention et d’encouragement (le renforcement positif), l’autre est à visée de sanction et d&#8217;extinction des comportements non souhaitables (le retrait de renforcement positif). Utiliser l’un sans l’autre n’a pas de sens. Tout comme, compter uniquement sur les panneaux de limitation de vitesse et l’appel au sens civique; ou au contraire, se contenter de fleurir les routes de radars et assommer les conducteurs d‘amendes, ne règlera pas la question de la sécurité sur les routes : les deux sont nécessaires. Vous trouverez donc dans ce livre des conseils concrets pour favoriser la survenue de comportements souhaités chez votre enfant, et pour diminuer la probabilité de survenue de comportements indésirables. Comment vous y prendre, comment le dire, pendant combien de temps… à vous de choisir dans votre boîte à outils celui qui vous semble le plus adapté, pour passer d’une atmosphère électrique remplie de décibels, à une ambiance familiale sereine propice aux câlins et aux doux moments partagés, beaucoup plus intéressants et gratifiants que des ordres cent fois répétés ! Merci à Camille Masegosa pour sa relecture attentive du manuscrit final et son soutien lors des différentes étapes de ce projet. Merci à Bérénice Taveau d’y avoir cru et de l’avoir défendu ! » Marie Chetrit « Eduquer sans s&#8217;épuiser ! Les outils pour une éducation positive qui pose des limites », d&#8217;Alan Kazdin, préfaces de Franck Ramus et Marie Chetrit, éditions Solar, 2023. 18€90.</p>
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		<title>Chasseur Cueilleur Parent, de Michaeleen Doucleff</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2022 04:30:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>CHASSEUR CUEILLEUR PARENT, LE LIVRE PHENOMENE clame le bandeau vert au bas de l&#8217;ouvrage. LES CULTURES ANCESTRALES EXCELLENT DANS L&#8217;ART D&#8217;ELEVER DES HUMAINS HEUREUX. QU&#8217;ONT-ELLES A NOUS APPRENDRE  ? Telle est la question. Je ne pouvais pas ne pas lire cet ouvrage, qui plus est préfacé par l&#8217;incontournable Isabelle Filliozat. Ce qui, une fois que j&#8217;ai lu l&#8217;ouvrage, me fait doucement marrer mais bref, je ne vais pas spoiler trop vite. Donc, Michaeleen Doucleff est une jeune maman dotée d&#8217;une enfant atroce qu&#8217;elle ne peut plus supporter, au point de faire des crises d&#8217;angoisse à l&#8217;aube, à l&#8217;idée d&#8217;affronter Rosy, 3 ans, colérique, violente. Michaeleen est une mère concernée, présente, anxieuse et désireuse de bien faire. Mais visiblement, il y a un os dans le potage. Rien de ce qu&#8217;elle ne tente ne fonctionne avec cette petite fille irascible. Michaeleen est journaliste scientifique pour une radio américaine et amenée à se déplacer fréquemment sur tous les continents. Un jour, elle prend sa fille son le bras et part pour un long périple qui la mènera en Amérique Centrale chez les Mayas (Petite musique d&#8217;ambiance sur l&#8217;air de el condor pasa), puis chez les Inuits à Kugaaruk (Humez-moi cette bonne odeur de hareng fumé) et enfin, chez les Hadza en Tanzanie (Sur fond de girafe broutant des acacias.) Elle y découvrira les secrets séculaires de l&#8217;éducation telle qu&#8217;elle est pratiquée Depuis La Nuit Des Temps Par Les Tribus Les Plus Authentiques Et Proches De La Nature, les Chasseurs Cueilleurs (paraît-il, parce que pour certains, ce n&#8217;est pas vraiment flagrant). Bon. Alors en préambule, il y a des choses que j&#8217;ai appréciées dans « Chasseur Cueilleur Parent » : Michaeleen est touchante, elle avoue qu&#8217;elle se trouve dans une merde complète. On perçoit, au fur et à mesure du livre, qu&#8217;elle est une mère dite « hélicoptère », c&#8217;est à dire en permanence sur le dos de son enfant : fais ci, fais pas ça, attention, ne va pas là, bravo c&#8217;est génial ma chérie, waouh, amazing, great ! Attends-moi, reviens, mais que se passe-t-il, raconte-moi ce que tu ressens, tu es en colère car tu veux décider toi-même, que préfères-tu ma chérie, un cookie au chocolat ou un muffin aux myrtilles ? Aller à la piscine ou faire du vélo ? Et on imagine son grand sourire carré hyperpositif plein de dents, bref, une mère chiante, étouffante, insupportable à force d&#8217;être présente. La pauvre. Et c&#8217;est émouvant de voir qu&#8217;elle en est pleinement (devenue) consciente, et qu&#8217;elle reconnaît avoir été, au fond, involontairement toxique pour son enfant. Elle a également l&#8217;honnêteté intellectuelle de prévenir, en préambule, que les recettes qu&#8217;elles donnent ne sont pas miraculeuses, et que les parents chasseurs cueilleurs font des boulettes aussi et ratent des trucs avec leur gamins. On apprécie ce sain rappel que la perfection parentale n&#8217;existe nulle part sur ce globe et qu&#8217;aucune méthode n&#8217;est infaillible. Là-bas aussi, il existe aussi sûrement des sales gosses. MAIS il faut bien prendre cet ouvrage pour ce qu&#8217;il est : le livre d&#8217;une Américaine, très Américaine. C&#8217;est-à-dire, focalisée de manière étouffante sur son enfant, ce qui ne peut pas manquer de produire des résultats catastrophiques. À ce titre, je trouve que la majorité des Secrets Ancestraux qu&#8217;elle découvre avec émerveillement sont du bon sens élémentaire, un peu comme mamie Georgette qui te dirait « mais fiche-z-y donc la paix à ce gamin et laisse-le courir, même s&#8217;il tombe et se fait mal ça s&#8217;ra pas ben grave. » Etait-il nécessaire de se farcir des milliers de kilomètres pour entendre des trucs que sa grand-mère aurait pu lui dire ? Ensuite, le livre est TRÈS long, il y a beaucoup de redites et il pourrait faire 200 pages de moins. Mais au moins, le message rentre car il est martelé de face, de dos et de profil. Pourquoi pas. Enfin, je n&#8217;ai pas vu en quoi ces Secrets Ancestraux étaient réellement spécifiques des ethnies de chasseurs-cueilleurs, et cela sent quand même le coup de marketing exotique et proche de la natûûûre qui va bien pour faire prendre la mayonnaise : une sorte de green-washing de la parentalité. L&#8217;appel à la nature et au retour aux traditions de ces peuplades sauvages, grrrr, est très tendance en ce moment, particulièrement dans le milieu de la parentalité. Beaucoup se basent là-dessus pour prôner le retour à l&#8217;accouchement à l&#8217;ancienne, dans les bois, sans péridurale, et en bouffant son placenta tout cru pour se requinquer après, faute de steack, car l&#8217;homo modernicus ne sait plus chasser. Oui, c&#8217;est hors sujet mais j&#8217;avais envie de le dire quand même. Cela étant dit, je vais vous faire un petit retour sur les différentes parties du bouquin, que je dois rendre incessamment sous peu à la bibliothèque (il y a une semaine ou deux, quoi), donc je me magne de le finir. Michaeleen Doucleff commence par une introduction assez intéressante. l&#8217;essentiel de la littérature en psychologie (96% d&#8217;après elle) concerne des études réalisées sur des populations d&#8217;ascendance européenne, qui ne représentent pourtant que 12% de la population mondiale. Cela pose forcément question sur l&#8217;universalité desdits mécanismes psychologiques démontrés. Elle cite l&#8217;exemple de cette fameuse illusion d&#8217;optique (ci-dessous). A la question « Quelle flèche est la plus longue ? », vous comme moi répondons d&#8217;un seul coeur, avec l&#8217;immense majorité de nos semblables : « celle du haut bien sûr ! » Alors qu&#8217;en fait, elles sont de longueur identique. Sauf que si on montre ce dessin à un membre de l&#8217;ethnie Hadza, il ne va pas dire que celle du haut est la plus longue. Il va dire qu&#8217;elles sont pareilles, et il a raison. Cela illustre les biais psychologiques qui sont à l&#8217;oeuvre chez les Occidentaux, mais pas chez des personnes ayant un mode de vie bien différent du nôtre : nos modes de pensées sont radicalement différents. Par conséquent, nos manières d&#8217;appréhender les relations en général, et la parentalité en particulier, n&#8217;ont pas grand chose à voir. Sur certains aspects, Michaeleen Doucleff établit des constats que je partage (d&#8217;ailleurs à certains endroits nous avons cité les mêmes anthropologues dans nos livres respectifs) sur la manière de concevoir la cellule familiale en Occident : nucléaire, réduite aux parents et aux enfants, en excluant progressivement les autres membres de la famille, grands-parents, tantes, oncles, cousins et cousines plus ou moins éloignés. La charge familiale est devenue écrasante, puisque reposant uniquement sur les épaules des parents biologiques, au lieu d&#8217;être répartie entre les parents et co-parents (alloparents comme elle les nomme, autres adultes proches ou grands enfants pouvant assumer quelques responsabilités). Conséquence : les parents pètent un câble. Autre constat juste qu&#8217;elle pose : l&#8217;obligation faite aux parents de nourrir l&#8217;ego de leur enfant en le complimentant. C&#8217;est très vrai aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où certes, les enfants sont encouragés et valorisés, mais à un point qui frise l&#8217;excès. « La culture occidentale est sans doute la seule à exiger des parents qu&#8217;ils l&#8217;entretiennent et la cultivent (l&#8217;estime de soi, sous-entendu) chez leurs enfants. » L&#8217;effet positif des avalanches de compliments, à tout bout de champ et pour n&#8217;importe quoi, sur l&#8217;estime de soi, n&#8217;est absolument pas prouvé. La nuance entre encourager intelligemment et s&#8217;extasier bêtement n&#8217;est pas forcément facile à trouver. Elle aborde également la question des études scientifiques qui démontrent que&#8230;. ici, remplir avec l&#8217;item de votre choix : laisser choisir votre enfant le rend plus sûr de lui / pratiquer la motricité libre donne des enfants plus dégourdis / lui donner beaucoup d&#8217;affection le rendra plus coopératif. Sa question étant : la science peut-elle m&#8217;aider à être une meilleure mère ? Pour les scientifiques qu&#8217;elle a interrogés, « les questions éducatives comptent parmi les problèmes les plus complexes de la science. Il est plus facile d&#8217;envoyer une fusée sur Mars que de répondre à ces questions. [&#8230;] Les parents en attendent trop de la science. » Ah ah ! le fameux « les neurosciences l&#8217;ont prouvé » en prend un petit coup dans le pif, puisqu&#8217;en fait non, la science ne le peut pas. D&#8217;autant plus que la plupart des études sont de faible puissance, réalisées sur des petits effectifs. Et même s&#8217;ils sont réalisés sur des effectifs considérables, cela ne signifie pas que cela marchera dans tous les cas.  C&#8217;est une réalité biologique : par exemple dans mon domaine, on observe parfois que certains traitements sont très efficaces chez 25% des patients. Ce qui signifie qu&#8217;ils ne marchent pas chez 75% des patients. Est-ce que cela veut dire qu&#8217;on peut tout jeter à la poubelle ? Non, pas du tout. Tant mieux pour les 25% pour qui ça marche. Mais pour les 75% chez qui ça ne fonctionne pas, cela ne sert à rien de s&#8217;acharner : il faut tester autre chose. C&#8217;est pareil dans le domaine éducatif. Si la super recette d&#8217;éducation positive marche avec votre enfant, c&#8217;est tant mieux. Mais si ça ne marche pas avec l&#8217;enfant de votre voisine, inutile de la pourrir et de lui dire qu&#8217;elle utilise mal la méthode. Ce n&#8217;est sans doute pas la bonne méthode pour elle, voilà tout ! Michaeleen conclut son prologue par cette phrase : « Dans le domaine scientifique, l&#8217;humilité est essentielle » et je crois que certains adeptes de l&#8217;éducation positive à la sauce neurosciences feraient bien de s&#8217;en inspirer. Entrons maintenant dans le vif du sujet : les recettes secrètes des peuplades exotiques. On commence avec les Mayas. Chasseur cueilleur parent au Mexique Michaeleen file avec sa Rosy chez les Mayas, dans un petit village proche de Cancún. Là, elle découvre, éberluée, que les enfants sont serviables. Unbelivable. Par quel miracle ? Elle cite une étude démontrant que chez les Mayas, les enfants, dès l&#8217;âge de 7-8 ans, rendent service spontanément à leurs parents. Tu as bien lu : spon-ta-né-ment. Genre vraiment, quoi : ils font la vaisselle, plient le linge, passent le balai, préparent à manger, sans qu&#8217;on le leur demande. Sans récompense ni promesse de privilège. La drogue, je ne vois pas d&#8217;autre solution. Dites-moi vite laquelle, que je m&#8217;en fournisse. Alors, là j&#8217;émets une réserve sur les observations de Michaeleen : tout au long du chapitre des Mayas, les enfants rendant service sont très majoritairement&#8230; des filles. Je me demande s&#8217;il n&#8217;y a pas un léger biais d&#8217;éducation genrée dans ces observations&#8230; Néanmoins, les observations de Michaeleen (et d&#8217;autres psychologues) pointent bien un effet lié à la communauté, et pas à la génétique, puisque des mères séparées de la communauté indigène, installées dans un contexte occidentalisé, voient leurs enfants devenir de sales gosses infoutus de se servir de leurs 10 doigts. Quelque part, ça me rassure. La véritable question est : comment font ces mères et ces pères indigènes pour développer un tel sens du service chez leurs enfants ?  Tout simplement, en les laissant participer, dès qu&#8217;ils le souhaitent, aux activités familiales. Plutôt que de se taper une session de dînette avec son enfant, la mère maya va le laisser faire la vaisselle avec elle. Certes, les assiettes seront approximativement briquées, ça sera davantage une activité piscine que cuisine, mais l&#8217;enfant apprend ainsi, par imprégnation. Logique, me diras-tu, et très montessorien comme approche. Quand il en a assez, il cesse de participer. Autre secret maya : pour des tâches complexes, le parent va d&#8217;abord rejeter la demande de participation de l&#8217;enfant, et l&#8217;inviter à se contenter d&#8217;observer attentivement. Il va même exclure son enfant s&#8217;il travaille comme un gougnafier. Ce faisant, le désir de participer augmente, mécaniquement, puisque comme l&#8217;a écrit le grand auteur maya Pierre Corneille, « le désir s&#8217;accroit quand l&#8217;effet se recule ». Mais&#8230; attends&#8230; Ne serait-ce pas ce qui est décrit par certains anti-veo comme de la manipulation odieusement perfide ? Et Isabelle Fifi cautionnerait ça ? Je rêve, je suis outrée, choquée, scandalisée. Bref, le truc maya, c&#8217;est que l&#8217;enfant se sente membre de la communauté en participant, et que sa participation soit vraiment utile à la communauté. Donc, plutôt que de le laisser faire de la patouille dans son coin, filons-lui un concombre à éplucher ou des patates à laver. Je trouve que c&#8217;est une approche intelligente. Se...</p>
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		<title>J-15 avant la sortie de mon livre</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Oct 2021 18:48:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était il y a 18 mois, en mars 2020.  Nous étions en plein confinement et comme tant d&#8217;autres, je découvrais les joies du télétravail et de la continuité pédagogique combinés. Hagarde et dépeignée, je finissais un fond de café froid. Chaton et Lapin hurlaient et couraient en slip dans l&#8217;appartement, en se jetant des oreillers à la figure. Mon ado passait, tête basse et pieds traînants, vêtue du matin au soir et du soir au matin de sa combinaison koala. Le canapé était recouvert de miettes de céréales écrasées, et un pot de flamby était tombé par terre et  répandait une traînée de caramel collant sur le sol déjà bien amoché. Il y avait des gouttes de pipi sur la lunette des toilettes. J&#8217;étais en train d&#8217;écrire la liste de ce qui allait devenir, pour plusieurs semaines, l&#8217;événement le plus vital, le plus excitant et le plus dangereux de mon existence : les courses hebdomadaires à Intermarché. Quand soudain, un mail arriva depuis le formulaire de contact de mon blog.  D&#8217;habitude, je reçois des mails en provenance de sites russes chelous, mais là, le sujet m&#8217;a tapé dans l&#8217;œil : « Prise de contact éditions Solar ». Cela ne me prit que quelque secondes pour le lire, quelques minutes dans ma tête pour décider que la réponse était oui. En revanche, il fallut quelques mois pour parvenir à achever ce projet. Et aujourd&#8217;hui, c&#8217;est le grand jour : je peux enfin vous présenter mon dernier bébé !   Bien sûr, tu te doutes qu&#8217;écrire un livre, c&#8217;était mon rêve secret. Mais jamais je n&#8217;aurais osé, si mon éditrice ne me l&#8217;avait pas proposé. Moi, écrire un livre ? Comment un vermisseau tel que moi pourrait avoir l&#8217;outrecuidance d&#8217;écrire autrement que sur ce modeste blog plongé dans les pénombres de l&#8217;anonymat ? Mais bon, visiblement mon éditrice avait l&#8217;air plutôt confiante dans le fait que j&#8217;en étais capable, alors j&#8217;ai suivi, comme un caneton derrière sa mère. OK, je vais le faire. J&#8217;ai taillé mon crayon HB, pris quelques feuilles, toussoté et remué mes épaules, fait craquer mes doigts, et j&#8217;ai écrit une proposition de sommaire. Puis je suis partie en vacances. Je suis large, je me suis dit. C&#8217;était les vacances post-covid, on était quand même là pour se reposer, se délasser, profiter de la life et de la famille. Septembre arrive. Tout va bien, j&#8217;ai le temps. Dans ma tête, le bouquin est fait. Ca n&#8217;existe pas, les brancheurs de tête pour récupérer les pensées ? Dommage, ça serait un vrai gain de temps. Octobre. Je m&#8217;attaque aux premiers chapitres. Bon bon bon. Voilà, j&#8217;ai déjà écrit une bonne trentaine de pages. C&#8217;est bien, ça avance. Et puis, il y a eu quelques échanges de mails, des « c&#8217;est pas mal, il va falloir étoffer ça, développer ceci ». Novembre passe à toute vitesse et paf : 15 décembre. Ce jour là, je me gratte la tête, et je me dis : allez ma vieille, prends ton contrat et regarde quand même quand est-ce que tu dois rendre le manuscrit, au fait.  Le&#8230; le 1er février 2021 ? WTF ? 1er février, alors que Noël est dans 10 jours et qu&#8217;il me faudra quelques semaines pour digérer le foie gras et la bûche, et descendre les papiers cadeaux à la poubelle ? Mais il faut absolument que je me mette au boulot !  Alors là, je me suis mise à turbiner à fond, non pas le jour, parce que j&#8217;ai un vrai travail en journée aux heures ouvrables, mais le soir et la nuit. Béni soit le célibat géographique qui m&#8217;a assuré des soirées disponibles sans conjoint pour écrire de 21 h à minuit, puis de 21 h à 2 h du matin, durant ces 45 jours qui me restaient. Ah, c&#8217;était vite fait, les conversations au téléphone le soir. « Tu fais quoi ma chérie ? J&#8217;écris, à plus tard mon amour ».  Cela explique l&#8217;activité drastiquement restreinte de mon blog, puisque je ne pouvais être au four, au moulin et à la machine à écrire. Bref, quelques jours après le 1er février, je rendais la première version de mon manuscrit, aussi fière qu&#8217;Usain Bolt à l&#8217;arrivée du cent mètres sprint. Bien sûr, ce n&#8217;était pas fini, puisqu&#8217;après la V1, il  y eut la V2 puis la relecture de la V2. Régulièrement, je demandais : « Alors, alors, je peux en parler ? » « Non Marie, c&#8217;est trop tôt, il faut attendre un peu. «  Et là, c&#8217;est bon, je peux en parler ? » « Toujours pas. Ça avance sinon ? » « Bon, là ça va aller, on est d&#8217;accord que c&#8217;est le bon moment ? » « Encore un peu de patience, 15 jours avant la sortie du livre. » ET VOILA NOUS Y SOMMES, LE BOUQUIN SORT DANS 15 JOURS, LE 21 OCTOBRE 2021 !!!! J&#8217;y crois pas. Alors, de quoi que ça cause donc ce livre ? Le titre complet est : « Education Positive : une question d&#8217;équilibre ? Démêler le vrai du faux de la parentalité bienveillante. » Donc logiquement, cela parle d&#8217;éducation positive et de parentalité, bien entendu. D&#8217;exagérations, de réalités scientifiques, de l&#8217;impact toxique des réseaux sociaux sur les jeunes mères. De l&#8217;évolution du rapport à l&#8217;enfant au cours des siècles, de l&#8217;individualisme dans l&#8217;éducation, de tous les concepts à la mode en parentalité positive. Est-ce qu&#8217;il faut tout le temps parler tout doucement d&#8217;une voix mélodieuse, sous peine de catastrophe ? Vais-je traumatiser à vie mon enfant si je crie, si je râle, si je lui mouche le nez ? Faire preuve d&#8217;autorité fait-il de moi une perverse sadique ? Suis-je une mauvaise mère si je décide de sevrer mon enfant / lui apprendre à s&#8217;endormir dans son lit ? Ai-je le droit de punir mon enfant ? Est-ce que je peux prendre de la hauteur face aux injonctions éducatives ? Dois-je suivre les conseils de cette Instamum trop cool qui n&#8217;est que sourires et teint de rose, pas comme moi ? Et moi dans tout cela, est-ce que j&#8217;existe encore ? Suis-je normale d&#8217;éprouver parfois des envies de meurtre sur mes propres enfants ? Pour écrire ce livre, j&#8217;ai interrogé des mamans qui en ont vécu des vertes et des pas mûres avec leurs enfants; des psychologues qui m&#8217;ont expliqué le dévoiement des théories éducatives; des professionnelles de la périnatalité et de la sphère maternelle ou conjugale avec qui j&#8217;ai parlé du poids des injonctions sur la vie des femmes. J&#8217;ai aussi développé des aspects évoqués sur ce blog, dont les effets des violences éducatives ordinaires, les limites éducatives, les sanctions, et des situations vécues avec mes propres enfants. C&#8217;est donc un livre de témoignage, de décryptage et d&#8217;analyse, dans un style que tu connais qui est celui de mon blog, donc je l&#8217;espère, à la fois marrant et rigoureux. Merci à toutes celles et ceux qui ont accepté de m&#8217;ouvrir une fenêtre sur leurs vies. Merci à Hélène Bonhomme qui a joliment préfacé mon ouvrage. Évidemment, je n&#8217;en mène pas large, et plus la date de sortie s&#8217;approche, plus mon estomac se serre. Et si c&#8217;était de la merde ? Et si j&#8217;en vendais 42, dont 23 à ma famille ? Et si subitement, tout le monde s&#8217;en foutait, de la parentalité ? Heureusement, je me dis surtout que les témoignages sont nombreux (ici, sur Instagram ou chez les Fabuleuses au Foyer) de mamans sous l&#8217;eau, désespérées, épuisées, culpabilisées par des injonctions toujours plus féroces faites aux parents. Alors ce livre est pour vous, pour elles, pour tous les parents quelle que soit leur configuration familiale, pour vous rassurer, vous aider à prendre de la hauteur, vous émanciper des diktats des réseaux sociaux, et avoir des arguments sourcés à opposer à ceux qui vous assènent « c&#8217;est prouvé par les neurosciences ».  Mon livre est d&#8217;ores et déjà disponible en précommande chez ton libraire habituel, Fnac, Amazon, Les Libraires, Mollat, Decitre, Cultura et j&#8217;en oublie certainement. J&#8217;espère que tu l&#8217;aimeras et que tu auras une folle envie de l&#8217;offrir à toutes tes copines. Je me ronge fébrilement les ongles en attendant ta réaction. Education positive : une question d&#8217;équilibre ? Démêler le vrai du faux de la parentalité bienveillante. Marie Chetrit, éditions Solar. 272 pages, 19€90.</p>
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		<title>FLORIDA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jul 2021 21:26:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Florida]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[mini-miss]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Bourdeaut]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Ma mère me disait que j’étais très belle et que je n’étais pas trop bête. L’ordre des compliments est important, la forme aussi. J’étais très belle, une affirmation. Je n’étais pas trop bête, une négation. » « Florida » d&#8217;Olivier Bourdeaut raconte l&#8217;histoire d&#8217;Elizabeth Vernn, une jolie petite fille entraînée par sa mère dans tous les concours de mini-miss de la région. Elle trouve cela amusant au début, puis très vite, se rebiffe contre l’instrumentalisation dont elle est l’objet. Après avoir habillé sa petite poupée de robes meringuées, sa mère va de plus en plus loin pour l’embellir : faux-cils, auto-bronzant à gogo, maquillage outrancier, soutien-gorge ampliforme&#8230; « Sur les photos de mon avant-dernier concours, c’est bien simple, je ressemble à une pute, une pute de douze ans. » Un jour, Elizabeth se révolte et envoie tout balader. Elle n’a plus qu’un seul but, partir pour s’éloigner de ses parents : de sa mère qui l’a traitée comme son jouet, et de son père, personnage falot et lâche, bien trop attaché à sa tranquillité pour oser s’opposer à sa femme. « Trop faible pour répondre à ma mère, il est devenu courageux avec moi. Il s’est mis à me gueuler dessus. Il a découvert le pouvoir de l’autorité comme les garçons découvrent le pouvoir de leur virilité, en bombant le torse toute la journée. J’ai vécu l’enfer, un autre. » Alors, Elizabeth planifie sa revanche… Ce roman d’Olivier Bourdeaut est une excellente surprise. J’avais rapidement lâché « En attendant Bojangles », mais celui-ci m’a tenue en haleine jusqu’au bout. C’est si bien écrit que l’on se croirait dans la tête d’Elizabeth. Autant le dire, « Florida » est un roman assez noir et grinçant. C’est la descente aux enfers d’une jeune fille redoutablement intelligente qui, après que son corps ait été chosifié par sa mère, va faire de ce même corps son instrument de vengeance, impitoyablement, quel qu&#8217;en soit le prix. Le regard cruel sur les parents qui se servent de leur enfant comme faire-valoir social n’est pas sans rappeler « Les enfants sont rois » de Delphine de Vigan. Florida, c’est l’histoire de deux échecs : celui des parents qui ne sont pas capables de vivre par et pour eux-mêmes, et celui d’Elizabeth, qui reste tellement attachée à son désir de revanche et, en quelque sorte, négativement fusionnelle avec sa mère qu’elle est prête à se détruire pour y parvenir. Mais quand l’échec des parents demeure dans l’aveuglement et le déni, celui d’Elizabeth est plein de lucidité.  « Qui suis-je finalement ? Une petite fille gâtée et ingrate à qui ses parents ont tout sacrifié, ou alors une enfant bousillée par la bêtise, les ambitions contrariées, la lâcheté, la facilité ? Je n&#8217;en sais rien. » À vous de vous faire votre opinion 🙂 Florida d&#8217;Olivier Bourdeaut, Editions Finitude, 2021. &#160; D&#8217;autres idées lectures pour cet été ici</p>
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		<title>Quelques romans pour les vacances</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2020 04:30:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[romans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a-t&#8217;il des chanceux parmi vous qui commencent leurs vacances ? Parce que moi, je les finis.  Je sais que comme moi vous errerez probablement de maison de la presse en rayon culturel à la recherche d&#8217;un roman pas trop compliqué mais assez captivant. J&#8217;ai débroussaillé l&#8217;affaire pour vous, voici donc ma petite sélection estivale à accompagner d&#8217;un spritz, d&#8217;un mojito ou d&#8217;un petit rosé, au camping, sur la plage ou vautrée dans le canapé : de la lecture facile, mélancolique, ou un peu plus cortiquée. Changer l&#8217;eau des fleurs, Valérie Perrin Violette Toussaint est gardienne de cimetière. Autour d&#8217;elle gravite une petite famille de cœur, composée des fossoyeurs, du curé, des pompes-funèbres et de chats esseulés qui ont suivi le convoi funéraire de leur maître au cimetière, et y sont restés. Violette vit avec ses souvenirs et ses blessures. Depuis sa petite maison, elle observe les vivants qui viennent voir leurs morts, recueille leurs confidences et leurs secrets. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une femme mystérieuse et sensible, riche d&#8217;une vie pas toujours drôle, qui a choisi ce métier incongru et y trouve son bonheur. Au fil des pages, on découvre qui est Violette, comment est-elle arrivée dans ce cimetière, les bonnes surprises et heureux hasards que « ses » morts lui réservent. Ce roman m&#8217;a un peu fait penser à « l&#8217;élégance du hérisson » de Muriel Barbery, en version bord de piscine : l&#8217;histoire d&#8217;une femme qui cache sous une apparence discrète, une grande sensibilité. C&#8217;est une bonne petite lecture sans prise de tête, pleine de personnages attachants, de tranches de vie banales (mais nos vies à tous ne sont-elles pas terriblement banales et pourtant intéressantes ? Vous avez 4 heures) mais touchantes. Avec en prime, la description d&#8217;une femme résiliente et courageuse. « Et puis , il y a notre curé, Cédric Duras. Dieu a du goût, à défaut d&#8217;être toujours juste. Depuis que le père Cédric est arrivé, il parait que beaucoup de femmes ont été frappées par la révélation divine dans la région. Il y aurait de plus en plus de croyantes sur les bancs de l&#8217;église le dimanche matin. »   A la recherche d&#8217;Alice Love, Liane Moriarty Après une commotion cérébrale survenue lors de sa séance hebdomadaire de fitness, Alice Love se réveille amnésique des 10 dernières années. Elle se croit enceinte de son premier enfant et filant le parfait amour avec l&#8217;homme de sa vie, Nick. Manque de bol, Alice Love se rend compte qu&#8217;elle est en instance de divorce, que Nick ne peut plus la blairer, que ses 3 enfants sont de parfaits inconnus et qu&#8217;elle est brouillée avec pas mal de monde.  Et ce qu&#8217;elle découvre d&#8217;elle-même ne l&#8217;enchante pas vraiment : elle est devenue une pimbêche autoritaire. Comment cela est-ce possible ? Que choisirait-on de faire, ou de refaire, si les dix dernières années de notre vie étaient totalement effacées ? Peut-on revenir sur ce que l&#8217;on est ? Comment accepter que l&#8217;amour murisse, s&#8217;érode, voire parfois se détériore ? Quels compromis faire, jusqu&#8217;où aller pour sauver son couple et sa famille ? Ce sont toutes ces questions qu&#8217;aborde Liane Moriarty. Alice se retrouve face à une inconnue : elle-même, dont elle ne comprend plus ni l&#8217;attitude, ni les choix. Il s&#8217;agit d&#8217;un roman sur l&#8217;équilibre, les concessions, le réalisme et l&#8217;affirmation de soi. Un roman aussi sur la vigilance à garder, pour que le bonheur se s&#8217;échappe pas. « Le rêve, ou le souvenir – quelle importance ? –, se dissipa, à l’image d’un reflet sur l’eau, laissant place à des fragments de pensées qui commencèrent à s’insinuer dans son esprit, comme si elle se réveillait d’un long et profond sommeil, tard un dimanche matin. » Dans la Forêt, Jean Hegland. Plus d&#8217;essence. Plus d&#8217;électricité. Plus d&#8217;hôpitaux. Plus de magasins. Plus de moyens de communication. Nell et Eva, deux sœurs, vivent dans une maison perdue dans la forêt et tentent de subsister dans un isolement total, alors qu&#8217;une catastrophe économique et environnementale a causé la perte de la civilisation américaine. Leurs deux parents sont décédés. Elles doivent apprendre à survivre avec le peu qui leur reste dans cette maison, et imaginer la vie à long terme. Partir ou rester ? Comment se projeter, alors qu&#8217;elles ont tout à découvrir de la vie et de l&#8217;amour ? Nell la cérébrale dévore les livres et tente de se projeter dans un futur qui la verrait intégrer Harvard. Eva danse des heures et trouve dans cette discipline de quoi tenir. Malgré leurs relations parfois houleuses, elles ont absolument besoin l&#8217;une de l&#8217;autre pour rester debout et apprendre à amadouer la nature hostile qui les entoure. Ce roman survivaliste m&#8217;a été recommandé par Anna et Picou Bulle. Très fouillé, très bien documenté, il fait quand même froid dans le dos tant on imagine que cela pourrait réellement se produire. « Dans la Forêt » est une réflexion sur l&#8217;écologie et sur la nécessité de revenir à la nature pour subsister. « Pendant longtemps rares étaient les jours durant lesquels le courant n&#8217;était pas coupé au moins une fois. A la fin, rares étaient les jours où le courant revenait. A un moment, nous nous sommes rendus compte que nous avions perdu l&#8217;habitude de chercher à tâtons l&#8217;interrupteur en entrant dans une pièce. » La servante écarlate, Margaret Atwood Autre dystopie, « La Servante Écarlate » est connue de tout le monde, sauf moi car je n&#8217;ai pas Netflix. Dans une Amérique dominée par une dictature à la fois marxiste, nazie et religieuse, les rares femmes fertiles sont données en esclavage reproductif à des cadres du régime. La pollution a stérilisé la majorité de la population, et avoir un enfant est un privilège réservé aux élites. Les femmes sont toutes affectées à une catégorie : les Servantes Écarlates, qui ont le devoir de procréer, les Marthas ou servantes de maison, les Épouses, les Tantes qui ont mission d&#8217;éduquer les servantes, et les autres qui sont mises au rebut. Toutes n&#8217;ont plus aucune autonomie financière, n&#8217;ont plus le droit de travailler et n&#8217;ont pas d&#8217;identité propre. Defred, servante écarlate, tente de survivre au jour le jour en se remémorant sa vie d&#8217;avant, son mari, son enfant qui lui a été volée. Roman d&#8217;anticipation curieux et malaisant, « La Servante Écarlate » tient à la fois de 1984 et du Meilleur des Mondes. C&#8217;est le roman d&#8217;une résistance intérieure face à l&#8217;oppression des femmes. Defred tente de trouver des alliées dans un monde où tout est dénonciation et espionnage silencieux. Je ne peux pas dire que j&#8217;ai aimé, mais c&#8217;est une lecture intéressante. « Une chaise, une table, une lampe. Au-dessus, sur le plafond blanc, un ornement en relief en forme de couronne, et en son centre un espace vide, replâtré, comme l&#8217;endroit d&#8217;un visage d&#8217;où un œil a été extrait. Il y a dû avoir un lustre, un jour. Ils ont retiré tout ce à quoi on pourrait attacher une corde. » &#160; La  vérité sur l&#8217;affaire Harry Quebert, Joël Dicker Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, doit livrer son 2e manuscrit à son éditeur d&#8217;ici quelques mois. Malheureusement, Marcus n&#8217;a absolument aucune idée. En proie à l&#8217;angoisse de la page blanche, il n&#8217;a pas écrit une ligne depuis la parution de son roman précédent. En désespoir de cause, il se réfugie dans la petite ville d&#8217;Aurora, chez le célèbre écrivain Harry Quebert qui fut son professeur à l&#8217;université et son mentor. C&#8217;est là qu&#8217;il apprend qu&#8217;Harry Quebert, alors âgé de 34 ans, a passionnément aimé une jeune fille de 15 ans, Nola Kellergan, la fille du pasteur de l&#8217;époque. Cette dernière a disparu sans laisser de traces à la fin de l&#8217;été 1975, laissant le coeur d&#8217;Harry en miettes. Quelques jours après le retour de Marcus à New-York, le corps de Nola Kellergan est découvert dans la propriété d&#8217;Harry Quebert, enterré avec le manuscrit qui fit sa gloire. C&#8217;est le début d&#8217;un scandale énorme : le monstre littéraire est accusé du meurtre de la jeune fille, conspué alors qu&#8217;il était porté aux nues quelques jours plus tôt. Aurora devient le centre de l&#8217;attention. Convaincu de son innocence, Marcus va mener l&#8217;enquête. Ce roman m&#8217;a tenue en haleine du début à la fin. Extrêmement bien construit, mêlé de considérations sur le milieu de l&#8217;édition et sur le dur labeur d&#8217;écrivain, il distille peu à peu ses rebondissements. Qui était vraiment Nola Kellergan ? Les gens d&#8217;Aurora sont-ils vraiment aussi lisses qu&#8217;ils le laissent croire ? Et la patronne de la brasserie locale, Jenny, ne serait-elle pas amoureuse d&#8217;Harry ? Comment trouve-t&#8217;on l&#8217;inspiration ? Qui laisse ces mots mystérieux et menaçants à l&#8217;intention de Marcus ? Le jeune écrivain tente de démêler le vrai du faux, entre deux coups de fils de sa mère, obsédée par l&#8217;avenir sentimental de son fils. « La vérité sur l&#8217;Affaire Harry Quebert » n&#8217;est pas une nouveauté puisqu&#8217;elle a déjà été adaptée en série télé, avec le fameux docteur Mamour alias Patrick Dempsey, dans le rôle de Quebert. Mais bon, comme vous le savez, je n&#8217;ai pas la télé. C&#8217;est en tout cas un excellent polar psychologique, complexe, touffu. Comme très souvent, mon mari n&#8217;a pas aimé. A se demander comment tient notre mariage avec des goûts littéraires si différents ? « Elle dansait sur la plage. Elle jouait avec les vagues et courait sur le sable, les cheveux au vent; elle riait, elle était tellement heureuse de vivre. De la terrasse de l&#8217;hôtel, Harry la contempla un instant, puis il se replongea dans les feuillets qui recouvraient la table où il était installé. Il écrivait vite, et bien. Depuis qu&#8217;ils étaient arrivés ici, il avait déjà écrit plusieurs dizaines de pages, il avançait à un rythme frénétique. C&#8217;était grâce à elle. » &#160; Le poids des secrets, Aki Shimazaki Écrivaine japonaise installée au Canada, Aki Shimazaki écrit en français, à la manière inimitable des écrivains japonais : un style épuré et des phrases si simples mais tellement évocatrices.   « Le poids des secrets » est composé de cinq nouvelles : Tsubaki, Tsubame, Hamaguri, Wasurenagusa, Hotaru, à lire dans n&#8217;importe quel ordre. Chacune dévoile la vie et le point de vue d&#8217;un personnage, lié à ceux des autres nouvelles. « Le poids des secrets » a pour fil conducteur les secrets de famille : l&#8217;amant manipulateur, l&#8217;enfant coréenne qui a changé d&#8217;identité pour survivre dans un Japon raciste, le fils adoptif à qui on n&#8217;a jamais révélé la vérité sur sa naissance, l&#8217;époux et père infidèle responsable de souffrance, la demi-sœur perdue. On découvre les réflexions intimes et les émotions de chacun, alors qu&#8217;il ne fera que traverser une autre nouvelle, en arrière-plan. Cette pentalogie est extrêmement riche sur le plan historique puisqu&#8217;elle relate des faits se déroulant durant la première moitié du XXe siècle au Japon. Elle m&#8217;a beaucoup appris sur le Japon, les usages familiaux et les conventions sociales. Le poids des secrets, c&#8217;est aussi le poids des coutumes, de ce qui est permis et convenable, ou pas, et qui peut infléchir le cours d&#8217;une vie. Les romans d&#8217;Aki Shimazaki sont toujours un délice : j&#8217;avais lu auparavant la série « Azami », qui n&#8217;est pas encore achevée, et la pentalogie « Au coeur du Yamato ». Seule difficulté pour moi dans ces romans : retenir les prénoms japonais et ne pas les confondre. « Je lève les yeux. Couvert de nuages épais, le ciel s&#8217;étend à l&#8217;infini. Il fait anormalement chaud et humide pour une fin d&#8217;été. C&#8217;est encore le matin. Pourtant, je sens ma chemise déjà trempée de sueur. Au-dessus de moi, un couple d&#8217;hirondelles passe rapidement. Elles vont et viennent entre le toit d&#8217;une maison et un fil électrique. Elles partiront bientôt vers un pays chaud. J&#8217;aimerais bien voyager librement comme elles. Ma mère m&#8217;a dit une fois :  » Si on pouvait renaître, j&#8217;aimerais renaître en oiseau. » Je penserai à vous, de retour dans mon petit bureau, tandis que vous vous reposerez de tout le stress accumulé durant le confinement et le déconfinement. Bon mois d&#8217;août !</p>
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		<title>Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 09:13:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[confinement]]></category>
		<category><![CDATA[dans les forêts de Sibérie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque j’ai su que les écoles allaient fermer, un vague pressentiment m’a soufflé que les bibliothèques pourraient bien leur emboîter le pas rapidement. J’ai donc pris mon petit sac pour aller faire une razzia de quelques livres, au cas-où, pour les semaines à venir. J’avais entendu parler de l’essai de Sylvain Tesson, « Dans les forêts de Sibérie », que je ne pensais pas si ancien. Son titre mystérieux qui souffle un air vif et glacial, m’a intriguée. Je l’ai mis dans ma pile et suis partie confiner. Je l’ai rouvert il y a quelques jours, et vraiment : ce livre est une révélation. Il me semble difficile de trouver une lecture plus appropriée que celle-ci, dans les circonstances que nous vivons actuellement. Sylvain Tesson, adepte des voyages en solitaire ou en conditions extrêmes &#8211; il a traversé l&#8217;Himalaya à pieds et les steppes d&#8217;Asie centrale à cheval sur plus de trois milles kilomètres- est parti vivre six mois dans une cabane de dix mètres carrés, en Sibérie, au bord du lac Baïkal, pris dans les glaces neuf mois par an. Il y raconte son expérience de la solitude, du vide, de la contemplation, par moins trente degrés. Parti avec une malle de livres, une autre de vivres, de cigares et de vodka, il retourne à des occupations simples : couper son bois, regarder la neige tomber, contempler le coucher de soleil et les couleurs mouvantes de la glace sur le lac, écrire, lire, observer les oiseaux, ne penser à rien… Comment vit-on quand on est seul face à ses pensées, sans internet, sans téléphone, sans courrier, le plus proche voisin à 5 heures de marche dans la neige ? Comment alimente t’on sa pensée, ses réflexions, sans autre carburant que ce que l’on a sous les yeux ? Sylvain Tesson raconte son ralentissement progressif, une fois l’activité un peu maniaque du début évacuée : une fois ses malles rangées, sa cabane briquée, réparée, ses réserves de bois faites, il s’abandonne à ce que la vie lui offre et fait corps avec son environnement. Bien sûr, contrairement à nous qui sommes confinés, il était libre de sortir. Mais par -30°C, les sorties sont courtes. Le lac est d’une surprenante beauté, mais menaçante. Comme pour nous, sortir peut signifier mourir, perdu dans la neige ou croqué par un ours. La cabane devient alors un refuge contre le mal, un retour au ventre maternel, chaud, douillet, propice au bonheur, sécurisant en même temps qu’elle est limitante. Au-delà de l’enfermement subi ou choisi, ce livre explore le pouvoir de l’imagination et de la contemplation, de la possibilité d&#8217;alimenter notre réflexion par autre chose que l&#8217;agitation qui régit habituellement nos vies. « S’asseoir devant la fenêtre, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien et soudain saisir l’idée qui passe, la jeter sur un carnet de note. Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l’inspiration sortir ». « A Paris, je ne m’étais jamais trop penché sur mes états intérieurs. Je ne trouvais pas la vie faite pour tenir les relevés sismographiques de l’âme. Ici, dans le silence aveugle, j’ai le temps de percevoir les nuances de ma tectonique propre. Une question se pose à l’ermite : peut-on se supporter soi-même ? » C’est bien là la question cruciale de la solitude : est-on capable de se supporter, d’être seul face à ses pensées, d’exister par et pour soi-même et non par ceux que nous croisons au cours de notre vie ? Ce livre m’a tellement plu, que j’ai fait une entorse à mes principes anti-Amazon pour le commander. Il mérite sa place dans l’étagère des ouvrages que l’on relit de temps à autre, et dont on s’accorde le droit de corner les pages et de surligner des passages. J’aurais même envie de faire comme lui. L’homme qui partage ma vie m’objecte, rigolard, qu’ayant déjà froid au ski par moins cing degrés, il doute de ma capacité à survivre au bord du lac Baïkal. Admettons. A défaut de partir en vrai, j’ai glané dans les forêts sibériennes de Sylvain Tesson un peu d’air frais et d’horizons piquants, ainsi que quelques lectures complémentaires sur le thème de la solitude choisie et de l&#8217;introspection. « Dans les forêts de Sibérie », aux Éditions Gallimard et Folio poche. Prix Médicis de l&#8217;essai 2011. « Dans les forêts de Sibérie » a été adapté en film, avec Raphaël Personnaz. Une BD a également été publiée chez Casterman (dessins de Virgile Dureuil).</p>
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		<title>Enfants, écrans, réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Feb 2020 23:43:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[3-6-9-12]]></category>
		<category><![CDATA[danger des écrans sur les enfants]]></category>
		<category><![CDATA[La civilisation du poisson rouge]]></category>
		<category><![CDATA[la fabrique du crétin digital]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attention, sujet explosif s’il en est. Nous allons parler de l’effet des écrans sur nos mignons petits enfants. Et aussi et des réseaux sociaux qui peu à peu, prennent le contrôle de nos cerveaux. Ouille ouille ouille ! À dire vrai, mon opinion était déjà à peu près faite, quand je suis tombée sur deux livres passionnants : « la Fabrique du Crétin Digital » de Michel Desmurget (Editions du Seuil), et « la Civilisation du Poisson Rouge » de Bruno Patino (Editions Grasset), qui caracolent en tête des essais depuis plusieurs semaines. Sans doute les avez-vous déjà lus. Pour couper court à toute polémique : bien sûr, certains enfants passent 4h par jour devant leur console de jeux, et sont très bons à l’école. D’autres n’ont jamais vu un écran de leur vie, et se payent des tôles quand même. Mais que voulez-vous, en statistiques, c’est comme cela : on parle de la moyenne des individus. Chercheur en neurosciences, Michel Desmurget, auteur de « La Fabrique du Crétin Digital » a la plume plutôt acide, ce qui rend la lecture de son livre extrêmement agréable. Il décortique les études scientifiques, et la présentation partielle et partiale (voire totalement fausse) qui en est faite, dans le détail. La génération des jeunes est-elle vraiment « digital native » ? Il court le bruit que ces enfants biberonnés aux écrans plasmatiques dès le berceau, auraient un cerveau mutant, hyper-performant, à la limite de la créature transhumaniste. Dans les faits, l’écrasante majorité des enfants, n’utilisent les écrans que dans un but purement distractif : messagerie, jeux, musique ou vidéos. 3% des utilisations sont réellement créatives (écriture de blog, programmation, codage, montage vidéo, etc). Les jeunes se servent de multiples applications en même temps mais ne sont pas plus doués que pépé Robert pour comprendre comment fonctionnent les applis. Ce qui en soit n’est pas si grave, (on n’a pas forcément besoin de savoir cuisiner pour apprécier une soirée à la Tour d’Argent), mais vient invalider la soi-disant suprématie digitale des jeunes. Ce que met en évidence Michel Desmurget, c’est que si un adulte ayant appris à lire et écrire à l’ancienne, plume Sergent-major aux doigts, pourra sans aucune peine se mettre en quelques heures aux outils numériques, l’inverse ne sera pas vrai : un enfant qui commencera sa vie par une exposition aux écrans, au détriment des acquisitions vraiment importantes, accumulera un retard qui sera très difficilement comblé. La laide vérité, c’est que les applications et jeux que l’on trouve sur tablettes ont été conçus pour ne nécessiter absolument aucune compétence. Avoir un QI d’huître suffit à pouvoir les utiliser. En revanche, les développeurs et créatifs du web sont plutôt des personnes au-delà de 45 ans, des vieux donc, qui sont tombé dedans à l’époque où tout devait se programmer sous DOS ou Linux : la préhistoire de l’informatique, celle qui demandait une véritable intelligence. Une autre problématique concerne le tri des quantités colossales de données trouvées sur le web. Une étude des chercheurs de Standford a montré à quel point les étudiants manquent de recul et d’esprit critique sur les informations récoltées sur internet. Pas forcément étonnant, puisque l’analyse de ces données nécessite un peu de culture afin de démêler le vrai du faux (et que la culture et l’esprit d’analyse ne s’acquièrent que rarement sur Facebook). Les jeux vidéos améliorent-ils les capacités de repérage dans l’espace ou de stratégie ? Certains jeux demandent en effet des capacités de repérage dans l’espace, comme Super Mario, parait-il. Mais cette compétence n’est pas transférable à la vraie vie. On peut être une bête à Super Mario et se perdre dans Paris. C’est tout à fait compatible. Michel Desmurget fait la comparaison avec un chauffeur de taxi : il va se construire peu à peu une carte mentale de sa ville, qui ne lui sera d’aucune utilité pour s’orienter dans New-York : il s’agit d’une compétence trop spécifique pour être étendue à d’autres contextes. De même, les jeux de stratégie n’aident pas à acquérir les compétences requises pour mener à bien des négociations commerciales, ou monter une entreprise, résoudre des conflits, etc… La conclusion, c&#8217;est qu&#8217;en jouant à un jeu vidéo, on devient bon à ce jeu vidéo. C&#8217;est tout ! Le mythe du cerveau plus développé des nouvelles générations Il a été montré que chez certains gamers, le cortex cérébral était plus volumineux. La presse s’en est parfois fait l’écho avec des titres alléchants du style « Jouer à Super Mario augmente le volume de matière grise ». Sauf que… Avoir un cortex plus épais n’est pas un signe d’intelligence supérieure. Au contraire, une plus grande intelligence se traduit par une suppression des connexions neuronales inutiles et in fine, un amincissement du cortex cérébral. Par ailleurs, toutes les situations de la vie qui amènent à une adaptation, vont modifier le cerveau : c’est le propre de la plasticité cérébrale. Comme le dit Michel Desmurget, se faire amputer d’un bras ou fumer des joints modifie également le cerveau. Ce n’est pas pour autant bénéfique, bien au contraire. Le potentiel éducatif mensonger des jeux ou programmes adaptés aux enfants Qui n’a pas rêvé que son enfant soit polyglotte, rien qu’en regardant un programme enfantin 10 minutes par jour ? Hélas, aucun programme n’a démontré d’effet positif sur l’acquisition de compétences. Non, votre enfant ne deviendra pas trilingue anglais-espagnol-français en regardant Dora l’exploratrice. Le contenu de ces programmes est en réalité extrêmement pauvre et n’amène rien de plus (et même, plutôt beaucoup moins) que des jeux et des échanges avec les parents. Chantonner « 1, 2, 3 » ou « A, B, C », nommer des couleurs ou des animaux, claironner « Happy Birthday »&#8230; Ouais, bof. Pas vraiment besoin de tablette pour cela. La concentration : dispersion versus focalisation Sans trop de surprises, passer du temps sur les écrans ne favorise pas la concentration. Le principe des jeux de console est qu&#8217;ils délivrent en même temps de nombreux stimuli, et forcent donc à être attentif à tout, dans tout l&#8217;espace de l&#8217;écran, pour réagir le plus vite possible. L&#8217;attention est donc dispersée. Tout le contraire de la concentration, qui vise à focaliser entièrement l&#8217;attention sur une phrase, un texte, un seul stimulus. On voit tout de suite l&#8217;impact sur les apprentissages. Les effets de l’exposition aux écrans sur les résultats scolaires. Des études ont démontré l’impact de l’exposition aux écrans (télé, tablette, consoles de jeux, smartphone etc..) sur les capacités de mémorisations et de restitution des connaissances. Premier effet : l&#8217;impact sur le sommeil, les écrans entraînant un retard au coucher et une difficulté d&#8217;endormissement. Or le processus de mémorisation des connaissances s&#8217;effectue surtout durant le sommeil. Beaucoup de maîtresses d&#8217;école sont capables de dire quels élèves ont regardé des dessins animés avant d&#8217;arriver en classe : les élèves sont plus agités et ont perdu toute capacité d&#8217;attention (très courte chez les petits : environ 20 minutes). Les plus grands sont également concernés. En particulier, est pointée du doigt l’habitude qu’ont les étudiants de prendre des notes sur leur PC et non plus sur un bloc-notes à l’ancienne. Les études montrent que les étudiants utilisent, durant environ 30 à 45% du temps, leur PC pour faire autre chose (Facebook, jeux, messagerie). Leurs capacités de mémorisation du cours sont –logiquement- considérablement impactées. En Angleterre, une étude a mis en évidence un effet à long terme : la consommation d&#8217;écran était mesurée à 14 ans, et l&#8217;impact sur les résultats scolaires était mesuré 18 mois plus tard. Il en ressort qu’un même élève qui ne serait pas exposé du tout aux écrans obtiendrait une note A ; avec une heure d’écran quotidienne, B ; avec 2 heures d’écran, C ; 3 heures d’écran, D : soit une chute de 9 points. Cet effet est également chiffrable pour le concours de médecine, par exemple : un étudiant qui se classerait à la 240e place sur 2000 sans smartphone, passerait à la 400e place avec 2 heures quotidiennes de smartphone, et serait donc recalé. Des campagnes d’alphabétisation à grand coup de tablettes dans certains pays d’Afrique, ont montré des conséquences au mieux très décevantes, au pire nuisibles. La numérisation n&#8217;apporte absolument aucun bénéfice à l&#8217;acquisition des compétences langagières. Car à la fin, c’est toujours l’usage abêtissant qui gagne. Sur la numérisation de l’école Dans vos collèges aussi, j’imagine, il a été question de passer les manuels sur tablette. Parce que les livres, c’est lourd, parce que les programmes changent à chaque nouveau gouvernement ou presque, et parce que c’est à la mode (et parce que ça rapporte un maximum d’argent à certains, quand même). Pour Poupette, fort heureusement nous sommes passés au travers. Dans le collège de Loulou, les manuels ont été remplacés par une tablette. Catastrophe : entre les codes pas reçus, les bugs innombrables, la connexion qui ne marche pas, on ne peut pas dire que nous ayons été séduits par le numérique scolaire. Avec en plus, le gros défaut qu’on ne feuillette pas une tablette, qu’on n’a guère accès aux pages avant et après, pour se replacer dans le contexte, et qu’on ne peut pas voir une pleine page au format A4 dedans (surtout quand on est un peu presbyte). Bref, la tablette scolaire qui avait été survendue par nos gouvernants, s&#8217;avère bien décevante. Par ailleurs, il me semble assez incohérent que les parents reçoivent des recommandations sur les dangers de l’exposition précoce au numérique, et que dans le même temps, on colle les enfants toute la journée sur tablette au collège. Mais on n’est plus à une contradiction près ! Dans de nombreux collèges, la tendance est maintenant à la dé-numérisation tant les résultats ont été décevants. La règle des 3-6-9-12 : au fait, pourquoi pas d’écran avant 3 ans ? Je vous rappelle, la règle des 3-6-9-12, c’est : la télé, pas avant 3 ans. La console personnelle, pas avant 6 ans. Internet, après 9 ans. Les réseaux sociaux, après 12 ans. Cette règle a été élaborée par Serge Tisseron, psychiatre, qui fut en son temps, un ardent défenseur des écrans éducatifs pour les bébés ! Incroyable mais vrai, il a tourné et retourné sa veste un certain nombre de fois. Mais bon, c’est toujours mieux que rien. Alors pourquoi pas avant 3 ans, au fait ? et pas 4, ou 5 ? Pour une raison extrêmement cynique : avant 3 ans, un enfant n’est pas très sensible à la publicité. En revanche, au-delà de 3 ans, l’enfant absorbe les contenus marketings qui lui sont proposés, et va exprimer des souhaits d’achats (à 75% liés à une exposition publicitaire). Souhaits qui, à 85%, seront exaucés pour les parents. On comprend mieux pourquoi l’enfant de 3 ans devient une cible commerciale et a tout intérêt à avoir accès aux petits programmes pour enfants. C&#8217;est pas mignon, comme raison ?! L’impact sur la santé des écrans est également profond A côté des altérations neurologiques, il y a aussi des conséquences physiologiques. Les écrans constituent un facteur favorisant de l’obésité, par l&#8217;exposition très grande aux publicités pour la junk-food et par la sédentarité induite. Par la dette de sommeil qu’ils entraînent, ils augmentent la dépression, les troubles de la mémorisation, la faculté à prendre des décisions. Les stéréotypes physiques qu’ils véhiculent –femmes grandes et minces, hommes musclés- favorisent l’apparition de complexes et de dysmorphophobie. Par les contenus mis en avant (violence, contenus sexuels explicites, consommation de tabac et d’alcool, etc… Par exemple dans Grand Theft Auto) ils augmentent le passage à l’acte vers des conduites à risques. L&#8217;exposition répétée à des contenus violents désensibilise les circuits émotionnels cérébraux, réduit l&#8217;empathie et augmente le risque de conduites hostiles ou violentes. Il a également été démontré que l&#8217;exposition à des contenus sexuels (dont des clips de raps) par des adolescentes, augmentait le risque de grossesse précoce et de maladie sexuellement transmissibles chez ces jeunes filles. Les aspects financiers des écrans Cet ouvrage est passionnant et montre bien quels sont les enjeux financiers de l’exposition aux écrans : experts médiatiques bourrés de conflits d’intérêt, qui sont consultants rémunérés dans des sociétés de jeux vidéos ou de télécommunication; contrats financiers destinés à donner une vision positive du tabagisme...</p>
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		<title>Mille petits riens, de Jodi Picoult</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jan 2020 06:00:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
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		<category><![CDATA[livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Mille petits riens » de Jodi Picoult, raconte l&#8217;histoire de Ruth, une sage-femme afro-américaine. Expérimentée et appréciée de tous, elle prend en charge Davis, le bébé de Turk et Brittany, un couple suprémaciste blanc. Le couple refuse qu&#8217;une sage-femme de couleur s&#8217;occupe de leur enfant, et en fait part à sa hiérarchie. Trois jours plus tard, Davis meurt, et Ruth se retrouve inculpée pour le meurtre du bébé, par vengeance ou négligence. Elle est défendue par Kennedy, une jeune avocate commise d’office qui voit dans cette affaire un moyen de se faire un nom. Ayant été conquise par « la Couleur des Sentiments », qui abordait le problème du racisme aux États-Unis dans les années 60, j’étais curieuse de lire ce roman que j’avais vu en tête de gondole, d’autant plus qu’il se déroule en 2015, donc très récemment, à la période où les meurtres de jeunes noirs par des policiers américains avaient scandalisé le monde. Je l’ai trouvé très bon, car il évite la caricature. Ruth, bien que victime, n’est pas exempte d’un certain orgueil et d’une forme de responsabilité, par son empressement à se conformer à ce qu&#8217;elle suppose que l’on attend d’elle : renier sa négritude. Turk est raciste et violent, mais capable de réflexion. Kennedy, pleine d’empathie envers sa cliente, prend conscience qu’elle conserve des présupposés racistes et légèrement condescendants. Elle réalise quelle est la vie d’un afro-américain, suspecté en permanence dans les magasins et maltraité lors des contrôles policiers. Jodi Picoult traite donc de deux racismes dans ce livre : le racisme évident, identifiable et politique des groupuscules néonazis (qui sont permis aux États-Unis). Et le racisme « soft », ces mille petits riens qui font changer de trottoir quand un afro-américain arrive en face; qui font dire « regarde le petit garçon noir, comme il est mignon », alors que ce petit garçon est seul sur le trottoir d&#8217;en face, ou qu&#8217;on aurait pu dire « regarde le petit garçon en manteau rouge ». Mais l&#8217;habitude de désigner les personnes par la couleur de leur peau est si fortement ancrée, que cela sort par automatisme. Ce racisme léger, qui suppose que le citoyen afro-américain est soit un délinquant, soit essaye de faire oublier qu&#8217;il est noir en sortant de sa condition; cette discrimination larvée qui fait que l&#8217;on s&#8217;appesantira en félicitations gênantes devant un jeune afro-américain qui est admis dans une brillante université, comme s&#8217;il s&#8217;agissait presque d&#8217;une incongruité et qu&#8217;il avait miraculeusement échappé à son destin tout tracé de dealer. Des personnages secondaires explorent ces différents aspects de manière très éclairante : Adisa, la soeur contestataire; la procureure chargée de la mise en accusation, afro-américaine comme Ruth; et Edison, le fils de cette dernière, étudiant doué et sans histoires jusqu&#8217;à là. Ce roman m&#8217;a refait penser au témoignage de Michelle Obama dans « Devenir » dont j&#8217;avais parlé l&#8217;an dernier. Elle y soulignait la difficulté que vivent les étudiants noirs, tant le présupposé à leur égard est lourdement chargé de suspicion et de mépris. « Mille petits riens » vient également questionner nos propres préjugés, qui historiquement sont chez nous davantage tournés vers les français d&#8217;origine maghrébine. Il livre une illustration des mécanismes presque inconscients, légués par l&#8217;histoire, qui conduisent à ces sociétés où les communautés se côtoient sans se mélanger. &#160; &#160;</p>
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		<title>« Summer », de Monica Sabolo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 23:06:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[JC lattès]]></category>
		<category><![CDATA[monica sabolo]]></category>
		<category><![CDATA[summer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est le bon plan, ces mini-chroniques lectures ! Vite fait bien fait, c&#8217;est un petit article à peu de frais qui vous donne, je l&#8217;espère, quelques idées pour aller farfouiller à la bibliothèque. L’été de ses 19 ans, Summer disparaît, comme cela, lors d’un pique-nique dans les bois au bord du Lac Léman. Évaporée dans la nature. Les heures, les jours, les semaines passent. Summer, la belle jeune fille lumineuse, fierté de ses parents, reste introuvable. Il ne reste que son jeune frère, Benjamin, aussi médiocre et fuyant que sa sœur était radieuse et entourée. Benjamin raconte ses souvenirs, la vie d’après, l’impossible deuil, la peur qui s’empare de lui, sa vie qui s’effiloche et se dissipe dans la brume, les images de sa sœur qui lui apparaissent parfois au bord du lac, elle dont il ne sait si elle s’est noyée ou non, si elle flotte au fond de ce lac au bord duquel il continue à vivre ou plutôt à survivre. Il la rêve en Ophélie, son beau visage sous la surface de l’eau, des algues entourant ses poignets. Le lac, symbole de l’abîme, de l’engloutissement, du vide sans fond, et pourtant si beau, si étincelant en surface, réfléchit le ciel et ne montre rien de ce qu’il recèle, caché en ses profondeurs. La vie de Benjamin est, de la même manière, informe et insaisissable, sombre, menaçante, et paradoxalement vide. Il ne contient que cette sœur sublime qui occupe tout son espace intérieur. Il sent au fond de lui des choses inconnues qui bougent, comme ces poissons énormes et effrayants mais toujours insaisissables, que l’on devine furtivement sous la surface de l’eau. Peu à peu, des souvenirs remontent par flashs à sa conscience, le puzzle prend forme, la réalité remonte du fond du lac… « Summer » est un roman à l’ambiance à la fois irréelle et profondément enracinée dans la psychologie de ses personnages. On perçoit les tâtonnements du jeune garçon, devenu un homme, qui est toujours resté quelque part, à mi-chemin entre l’adolescence et l’âge adulte, comme suspendu à des fils invisibles qui l’empêchent de construire sa vie. Il est fasciné par cette sœur disparue et la jalouse, tout en vénérant son souvenir. Il finit par retrouver les protagonistes de l’époque, les amies de Summer, ceux de ses parents, ses camarades de lycée, et tire doucement les fils emmêlés de sa vie, jusqu’à lever le voile sur ce qui s’est passé. « Summer » est le roman d’un cheminement vers la vérité, d’une famille confrontée à ses failles et ses apparences, et de la renaissance d’un homme empêché de vivre par le mensonge et les faux-semblants. C’est un des romans les plus intéressants que j’aie lu cette année (en même temps, quand je trouve un roman vraiment mauvais, je ne vous en parle pas). Summer, de Monica Sabolo, JC Lattès, 2017. &#160; J&#8217;en profite pour vous dire que j&#8217;ai rajouté une page lecture dans le menu, qui regroupe toutes les chroniques de livres. </p>
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		<title>« La Vraie Vie », Adeline Dieudonné</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Oct 2019 22:39:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, j&#8217;ai lu « La Vraie Vie » d&#8217;Adeline Dieudonné. Comme j&#8217;en ai parlé sur Instagram et Facebook, je n&#8217;ai pas voulu priver mes fidèles padawans qui me suivent par mail de cette -brillante- analyse. Adeline Dieudonné, qui est Belge (personne n&#8217;est parfait) (ne vous désabonnez pas, par pitié) (je retire ce que j&#8217;ai dit), Adeline Dieudonné, donc, a reçu pour ce roman autant de décorations qu&#8217;un vétéran de 14-18, ce qui n&#8217;est pas peu dire : Prix des Lecteurs des Ecrivains du Sud 2019 Festival du premier roman de Chambéry 2019 Grand prix des Lectrices de Elle 2019 Prix du Roman FNAC 2018 Prix des lycéens Renaudot 2018 Prix Victor Rossel 2018 C&#8217;est déjà pas mal, non ? Mais comment m&#8217;est venue cette idée cocasse, moi qui passe le plus clair de mon temps à trier des slips et marier des chaussettes, quand je ne sépare pas des belligérants ou fais des essais plus ou moins réussis de batch-cooking ? Parce que je tentais de soutirer des infos top secrètes auprès de Virginie, blogueuse et écrivaine de vocation et bénéficiant actuellement d&#8217;un petit CDD d&#8217;épouilleuse pour boucler ses fins de mois (ses fils l&#8217;ont engagée, mais chut, ne le dites à personne), sur ses goûts littéraires, afin d&#8217;essayer de me hisser à son niveau, et peut-être, de négocier une petite commission sur les ventes de son futur roman. Il me semble que la bougresse lâche du lest. Je me frotte les mains, si elle a le Goncourt, ma fortune est faite. Et donc, Virginie me dit, « As-tu lu La Vraie Vie d&#8217;Adeline Dieudonné ? » Diantre, non, je n&#8217;en ai jamais entendu parler. En ce moment, mes lectures portent plutôt sur la sexualité et les dinosaures (pas la sexualité des dinosaures, hein) selon la taille des enfants qui me préoccupent (±1m10). Alors je me saisis de mon calepin et je note scrupuleusement « Emprunter à la médiathèque La vraie vie d&#8217;Adeline Dieudonné parce que Virginie elle a dit que c&#8217;était bien et que j&#8217;aurai l&#8217;air intelligent si je dis que je l&#8217;ai lu, mouah ah ah, quel plan diabolique » (Eh oui, mes pensées m&#8217;entraînent parfois fort loin). Ni une, ni deux, je filai dès le lendemain à la médiathèque, escortée de mes fidèles acolytes Chaton et Lapin pour emprunter le susdit bouquin, entre un DVD de Peppa Pig et le 153ème épisode des Mystérieuses Cités d’Or. Une fois les ennemis neutralisés, pardon, je veux dire, une fois les enfants mis au lit, je me suis allongée sur mon lit pour entamer cette lecture. Mazette. Je l’ai fini dans la foulée. Impossible de décrocher de cette lecture. Vivant dans un cabanon au fond des bois sans télévision ni poste TSF, et ayant résilié mes abonnements aux journaux papiers pour ne pas surcharger mon pigeon voyageur des PTT, je ne suis au courant des nouveautés littéraires que deux ans après environ. Je remercie donc Virginie de m’avoir signalé ce roman à temps pour avoir l&#8217;air un peu dans le vent quand j&#8217;en parle. Je ne la remercie pas, en revanche, d’être responsable de ma nuit écourtée et de mes cernes ce matin. De quoi que ça cause, La vraie vie d&#8217;Adeline Dieudonné ? Une petite fille vit avec ses parents (le père, une brute qui chasse et collectionne les trophées, adepte des VEO version XXL, la mère, terrorisée, insipide et transparente) et son tendre petit frère adoré dans un lotissement banal et terne. Tous les deux ensemble, ils parviennent à trouver de la douceur et du rêve dans leur vie. Jusqu’au jour où ils sont témoins d’un accident qui les fait basculer dans la sidération. Pour arracher son petit frère à ce vide qui l’aspire, la petite fille va faire des pieds et des mains pour remonter le passé, avec acharnement, et revenir à ces jours de relative insouciance d’avant. Pendant ce temps, elle grandit, le regard de son père sur elle devient de plus en plus hostile, le fossé se creuse entre les membres de cette famille ou ne règnent plus que le silence et la peur. C’est un roman qui parle de survie. Survivre psychiquement quand on vit dans la solitude et l’hostilité. Survivre physiquement quand on devient une proie, par son corps de femme devenu désirable et donc, haïssable. Survivre en trouvant des raisons de vivre dans le désir, l’amour, la soif de connaissance. Survivre en cultivant sa pulsion de vie, au lieu de s’abandonner à la mort de l’âme et à l’indifférence. J’ai aimé l’écriture particulièrement incarnée d’Aline Dieudonné, son immersion dans les sentiments de cette enfant si mûre et qui pourtant ne renonce pas à ses idéaux en dépit de la réalité brutale, crue et apparemment sans espoir de sa vie. J’ai suivi ses péripéties avec avidité, espoir, intérêt. Je n’ai pas pu m’endormir car il me fallait absolument savoir si le désir qui l’habitait allait sauver notre héroïne. Alors seulement, j’ai pu sombrer dans un sommeil réparateur (et néanmoins insuffisant, Lapin étant venu beugler pour réclamer sa pitance à 5h54). Certains ont décrit ce roman comme drôle et piquant. Je l’ai plutôt trouvé bouleversant et émouvant, car il s’agit avant tout d’un drame vécu par des enfants, à leur hauteur. Bref, un roman frappant, dur, touchant, plein d’humanité. Pas forcément l’humanité la plus jolie, mais l’humanité quand même.</p>
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