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Je suis une marâtre (ma famille recomposée de rêve)

Après la rencontre avec mon chéri, le soleil a commencé à briller, les oiseaux à faire cui-cui, les licornes à gambader joyeusement dans un pays de rêve rempli d’arc-en ciel et de chamallows. Mais voilà : mon chéri avait dans ses bagages, un petit gnome hérité du couple précédent ! (Certes, moi aussi, mais moi ce n’est pas pareil).

Et si au début, l’on est le plus souvent remplie de bienveillance envers le bambin de son nouvel amour, la vie quotidienne se charge de nous rappeler que vivre avec son enfant bien-aimé, et se coltiner le morveux vivre avec l’enfant d’un autre, sont deux réalités très distinctes.

Et pourtant quand on survole la presse, tout a l’air tellement idyllique dans les familles recomposées pipole ! Certes, on ne se sait strictement rien de leur vécu intra-familial, de leurs difficultés ni de leurs conflits, mais ça a l’air vachement plus bien et vachement plus cool que nos pauvres petites vies simplettes.

Quelle déception fut la mienne quand je m’aperçus que je ne vivais pas la vie de rêve de tous ceux dont je lis avec avidité les péripéties dans les grands journaux (Closer, Public et Gala) qui s’empilent sur ma table de nuit et dont je ne rate pas un numéro ! Mais qu’est-ce que j’ai de moins qu’eux, hein, qu’est-ce que j’ai de moins, en dehors des paparazzis aux fesses ?

Parce qu’en fait, ma réalité vraie à moi, c’est qu’il m’a fallu (attention je baisse le ton) du temps pour accepter mon ressenti pas toujours très joli de belle-mère et pour réussir à surmonter certains obstacles dans ma relation avec le rejeton de mon bien-aimé.

L’enfant de l’autre peut rapidement devenir une (voire LA) source de conflits dans un couple recomposé.

Commençons par une lapalissade : ce bel-enfant, ce n’est pas le mien ! Au sens où je ne l’ai pas désiré, je ne l’ai pas porté pendant neuf mois ; je ne l’ai pas bercé ni nourri ; je ne me suis pas inquiété pour ses coliques et ses fesses rouges ; je n’ai pas admiré ses longs cils tout fins sur ses joues douces et rebondies pendant son sommeil ; je n’ai pas guetté ses premiers pas ni ses premiers mots. Tout cela, il l’a reçu d’une autre femme, et jamais je ne pourrai rattraper ce vécu-là. Ce n’est pas si simple de créer ex nihilo ce lien d’amour qui se tisse dès la grossesse, surtout quand l’enfant en question rappelle, quand même, que votre moitié a auparavant été la moitié de quelqu’un d’autre.

Bon, alors comment fait-on pour (re)composer avec le petit gnome inamovible ?

Après avoir tournicoté tout cela dans ma tête moultes fois, je vous livre la recette magique pour ne pas (trop) virer à la vilaine sorcière :

– Ne pas tenter la méthode Couet « Je l’aime à fond, je DOIS l’aimer à fond, il le FAUT, c’est O-BLI-GÉ », ça ne marche pas.

– Accepter que non, en fait, tout bien réfléchi : on ne peut pas aimer l’enfant de son conjoint autant que les siens. Regardez déjà avec vos copains : Vous aimez bien leurs enfants, mais vous êtes contents de les voir partir, non ? franchement ! Si vous prétendez aimer votre bel-enfant autant que votre enfant, c’est que…

 

– Une fois que ceci est bien intégré : Accepter que lui non plus, n’est pas obligé de vous aimer ! Même si vous êtes belle, géniale, incroyable et adorable, il a le droit de trouver que vous êtes relou, autoritaire, pénible et que vous cuisinez moins bien que sa mère.

– Point un peu plus délicat : être consciente que vous ne lui laisserez rien passer, alors que vous vous extasierez sur les sottises de votre gnome à vous. Ce qui n’est pas très juste, vous en conviendrez, donc AT-TEN-TION !

– Fermer votre gueule. Souvent. Beaucoup.

– Lui lâcher la grappe. Beaucoup aussi.

– Ne pas ramener votre fraise à tout propos dans les conflits conjoint-gnome.

– Passer votre énervement sur le dos de votre psy et lui vomir tous les serpents, crapauds et cancrelats que vous souhaiteriez déverser sur le gnome.

– Se rappeler que l’adulte, c’est vous ; que l’enfant c’est lui, et que non, il n’est pas forcément une créature démoniaque qui fait tout pour vous nuire perversement. Il est juste un enfant.

– Se rappeler que vous avez déjà eu envie d’étrangler votre propre enfant, qui se comporte également, parfois, comme une créature démoniaque.

– Revoir vos ambitions à la baisse : la vraie vie n’est pas un magazine de papier glacé. Vous ne l’avez pas choisi, il ne vous a pas choisie. Restez cool. Ce qui compte, c’est le respect des règles de vie communes.

– Balancer cette pile déprimante de Closer, Public et Gala, oublier la vie de rêve de Brad-Vanessa ou Johnny-Angelina (ou l’inverse, je ne sais plus) et faire un gâteau en forme de coeur avec votre bel-enfant.

Allez hop, aux fourneaux !

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Il faut absolument que tout le monde le sache ! je partage :

5 commentaires

  • Divorce

    Entre le laisser-faire et l’hyper-contrôle, difficile de réussir à trouver le ton juste à chaque fois pour une relation de ce type. Il faut s’ajuster en permanence. C’est épuisant mais ça vaut le coup (souvent ? parfois ?)

  • Soph

    Bonjour,
    Mon conjoint à 2 filles 10 et 7 ans. Moi 1 fille de 6 ans. Les deux petites s’entendent très bien et jouent Tjs ensemble. La grande reste enfermée dans sa chambre ou fait la tête tte la journée. On lui a fait sa chambre achète des jeux à elle. Un ordi. Elle fait un sport. Je prends bcp de tps avec elle pr faire les boutiques…. discuter et comprendre ce qu’il ne va pas. Avec son père nous nous faisons bcp de soucis. On lui donne des idées de jeux pour jouer avec les plus petites mais rien y fait. Lorsque ma fille n’est pas la elle se met à jouer!!!! Elle dit quelle n’aime pas ma fille.
    Que faut il faire ?
    Elle est triste ça ne fait énormément de la peine mais on a tt essayé on ne sait plus quoi faire.

  • Petitsruisseauxgrandesrivières

    Bonjour Soph,
    J’imagine que la situation doit être douloureuse pour vous tous. Au vu de ce que vous dites je vous conseillerais de faire qq séances de thérapie familiale pour essayer de comprendre les raisons de l’attitude de votre belle-fille. Qu’est-ce qu’elle calque sur votre petite fille ? Est-ce qu’elle la voit comme une concurrente ? Un thérapeute familial pourrait vous aider à dénouer cela. Vous pouvez avoir des adresses auprès de la société française de thérapie familiale (SFTF). Bon courage à vous, rien n’est insoluble ! 💪💪💪😉

  • laplumedalex

    Quand on a le recul nécessaire, qu’on fait tout ce qu’il faut pour qu’un foyer propre, calme et rassurant existe pour accueillir ce bel enfant, qu’on soutient ce père qui se noie parfois et a absolument besoin d’aide, qu’on tente de poser un cadre et tout et tout et tout….. Mais que c’est justement le respect des règles de vie en communauté qui n’est JAMAIS respecté et TOUJOURS source de conflits, on fait comment?
    Des règles du genre…. « enfant roi? très peu pour moi », surtout quand c’est mon appartement. « un peu de calme », parce que je travaille depuis chez moi et que je ne peux pas arrêter de vivre quand poisson est là 4 à 5 fois par semaine, « que non, tu ne t’acharne pas à essayer de faire du mal aux animaux de la maison, alors qu’on t’as expliqué maintes et maintes fois que c’est très mal de le faire » pour moi, c’est tolérance 0, « on peut s’exprimer autrement qu’en hurlant jusqu’aux ultra sons », « on ne manipule pas les adultes, et surtout pas papa parce que poisson avait bien compris du haut de ses 3 ans que papa n’avait pas de limites dans la bienveillance »…. Vous savez? Ce petit regard en coin, avec le sourire au coin des lèvres? Bref…..
    Quand on n’arrive pas à faire respecter les règles du cadre de vie quotidien ni par l’enfant, ni par le père….. qu’est-ce qu’on a comme solution à part la fuite?

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      C’est une situation difficile évidemment 🙁
      Je ne connais pas votre cas précis et c’est compliqué de vous répondre de manière pertinente. Tout dépend s’il y a une maman, quelles sont les relations avec elle, la culpabilité ressentie par votre conjoint vis-à-vis de son fils… Trois ans, c’est un tout petit bonhomme, il vit également un grand chambardement.

      Par rapport à ce que vous décrivez (cris, maltraiter les animaux), c’est assez commun chez les enfants de cet âge ! j’ai des modèles similaires à la maison. Il faut reprendre certes, mais votre propre enfant ferait probablement la même chose. Cela aide à remettre en perspective les comportements du bel-enfant.

      Pour la « manipulation », -je mets le terme entre guillemets car un enfant ne manipule pas comme le ferait un adulte, il cherche juste à être assuré dans l’amour de son père- C’est vrai que cela demande beaucoup de recul de la part du conjoint. On se sent un peu exclu de la relation entre le parent et l’enfant.

      Je ne peux que vous parler de mon expérience : mes débuts avec mon beau-fils ont été très compliqués. Cela nous a pris plusieurs années pour parvenir à un équilibre. Moi, je me suis faite aider. J’ai vu un psy pour pouvoir exprimer mon agressivité envers mon beau-fils, comprendre ce que je projetais sur lui par exemple. Mais j’ai également dit à mon conjoint que je souffrais dans certaines situations, que c’était pénible, ingrat, douloureux pour moi. A force d’en parler ensemble, nous avons pu établir des règles communes.
      Si le dialogue est compliqué au sujet de ce petit (et en plus, trois ans n’est pas un âge facile, beau-fils ou fils, divorce ou pas), je vous conseille de voir un thérapeute ensemble pour mettre tout cela à plat devant un tiers neutre. Cela peut vraiment vous permettre de sortir de cette souffrance, et de voir s’il est souhaitable/possible pour vous de continuer votre relation.

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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