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	<title>lecture Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>« Qui aime bien vaccine peu » : qu&#8217;en penser ? (2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 04:15:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Qui aime bien vaccine peu » est un livre rédigé par un collectif de médecins homéopathes vaccino-sceptiques, préfacé par Michel Georget, qui suggère la modération vaccinale.  Dans l&#8217;épisode n°1, j&#8217;ai abordé l&#8217;introduction de l&#8217;ouvrage, et les vaccins contre la diphtérie et le tétanos. Je poursuis ma lecture commentée avec les vaccins obligatoires : toujours autant de raccourcis, d&#8217;informations tronquées et même, carrément mensongères. Vous avez aimé l’épisode 1 de « Qui aime bien vaccine peu », vous allez adorer l’épisode 2 ! On commence avec&#8230; LA COQUELUCHE. C&#8217;est une maladie respiratoire causée par une bactérie, Bordetella pertussis, contagieuse par voie aérienne, principalement via des micro-gouttelettes. La maladie contractée naturellement ne confère pas d&#8217;immunité à vie, la vaccination est donc nécessaire pour s&#8217;en prémunir. Vous savez, c&#8217;est un truc qu&#8217;on entend beaucoup en ce moment : « Ouais, l&#8217;immunité naturelle, c&#8217;est mieux ! moi je veux pas d&#8217;une immunité artificielle, mon corps sait se défendre, bla bla bla » mais bien sûr. Si c&#8217;était vrai, on ne mourrait pas de maladies infectieuses. Donc, la toxine produite par la bactérie Bordetella pertussis détruit les cellules de l&#8217;épithélium bronchique, ce qui explique les quintes de toux carabinées qu&#8217;elle cause. On appelle d&#8217;ailleurs la coqueluche « la toux des cent jours ». Mais les auteurs de « Qui aime bien vaccine peu », cependant, ne pensent pas que ce soit bien grave, je cite : « la 1e phase se manifeste par un rhume banal avec de la toux. Après 10 à 15 jours, la toux devient caractéristique avec des quintes violents et suffocantes. […] Cette phase peut durer 3 à 4 semaines, suivie par une toux tenace beaucoup moins dramatique. » Ça fait envie, non ? Si je compte bien, ça fait 4 à 6 semaines de toux dont 3 à 4 semaines de quintes violentes et suffocantes. Ce qui n’empêche pas Michel et sa clique de conclure : « Cette maladie est bénigne dans l’immense majorité des cas et ne justifie pas, à notre avis, un vaccin à l’efficacité incertaine (sic) et aux effets secondaires bien établis (re-sic) ». Alors je pense que je n’ai pas du tout la même définition que lui de « maladie bénigne ». Dans mon échelle de valeurs, on ne peut qualifier de bénin 4 semaines de quinte de toux suffocantes. Les parents d&#8217;enfants sujets aux bronchiolites et à l&#8217;asthme me comprendront immédiatement. Car bébé qui tousse = bébé qui ne dort pas et qui ne peut pas s&#8217;alimenter correctement = bébé qui se déshydrate et perd du poids = bébé hospitalisé. Tout d’abord, voici à quoi ressemble une quinte de toux de coqueluche chez un bébé : (Je ne peux que vous conseiller l&#8217;excellente chaîne Youtube « Primum non nocere » qui décrit de manière factuelle les différentes maladies infantiles ; mais regardez la après mon article sinon vous ne reviendrez pas ici). Sympa, non ? Ca donne très envie de laisser la maladie se dérouler naturellement, et de laisser son enfant se débrouiller avec des quintes de toux qui durent toute la journée (et toute la nuit), durant 4 à 6 semaines, tout cela pour lui épargner la maltraitance d&#8217;un vaccin. Michel Georget affirme qu&#8217; « elle est rarement grave après l&#8217;âge de trois ou quatre mois. » Si par rarement grave, il entend « pas toujours mort », il a sans doute raison mais ça ne suffit pas à me convaincre.  Alors, reprenons : « maladie bénigne dans l&#8217;immense majorité des cas ». Selon l&#8217;Institut Pasteur, ce sont quand même 160.700 enfants qui décèdent de la coqueluche chaque année dans le monde. Ah mais oui, pardon ! c&#8217;est pas des Français blancs, alors on s&#8217;en fout. Bon alors, en France, dans les années 1950, 50.000 à 80.000 cas survenaient chaque année, dont 800 à 1000 décès. De nos jours, les contaminations se font majoritairement d&#8217;adulte à enfant. C&#8217;est pourquoi les femmes enceintes (afin de transférer des anticorps à leur foetus &#8211; protection transitoire car l&#8217;efficacité des anticorps maternels dure jusqu&#8217;aux 6 mois de l&#8217;enfant s&#8217;il n&#8217;est pas allaité), et les adultes de l&#8217;entourage proche (grands-parents, nounous, personnes amenées à être en contact régulièrement avec l&#8217;enfant) sont priés de se faire vacciner contre la coqueluche afin de ne pas contaminer le bébé, qui comme vous l&#8217;avez vu plus haut, morfle sa race quand il l&#8217;attrape. En effet, la coqueluche est une maladie excessivement contagieuse : une personne en contamine 15 à 17 autres en leur crachotant dessus. De quoi faire passer le virus du covid pour un petit joueur. Les bébés sont contaminés à 63% par leurs parents, et à 27% par leur fratrie. Et comme on l&#8217;a tous compris, on ne se fait pas vacciner que pour sa gueule, mais pour les personnes fragiles qui nous entourent. Donc si vous êtes enceinte, tannez votre entourage pour qu&#8217;il se fasse vacciner, ou sinon refusez toute visite à la maternité ou chez vous avant les 4 mois de votre bébé. « Elle n&#8217;est que rarement grave après l&#8217;âge de 3 ou 4 mois ». Sans doute. Malheureusement, le réseau RenaCoq, réseau pédiatrique qui surveille les cas de coqueluche, indique que plus de la moitié des cas surviennent avant trois mois. C&#8217;est vraiment pas de chance ! Parmi les enfants non vaccinés contractant la coqueluche, 6% font des broncho-pneumonies : c&#8217;est beaucoup. 16% des enfants de moins de 2 mois atteints de la coqueluche décèdent de cette maladie « bénigne ». gloups. « [elle] ne justifie pas, à notre avis, un vaccin à l’efficacité incertaine (sic) et aux effets secondaires bien établis (re-sic) «  Parmi les enfants ayant contracté la coqueluche en 2003, seuls 4% étaient vaccinés. Donc 96% ne l&#8217;étaient pas, ce qui argue plutôt en faveur de l&#8217;efficacité du vaccin, n&#8217;en déplaise à ces brillants médecins. « Officiellement, les vaccins sont sûrs et efficaces. Mais lorsqu&#8217;apparaît sur le marché une nouvelle version d&#8217;un vaccin connu, l&#8217;ancien est accusé de tous les défauts possibles justifiant ainsi la commercialisation d&#8217;un produit généralement plus cher. » Ah ben faudrait savoir. il est efficace ou pas efficace ce premier vaccin ? Le premier vaccin contre la coqueluche était un vaccin à bactéries entières inactivées. Il était très efficace mais présentait des effets secondaires un peu cognés (fièvre, douleur, érythème). Déjà qu&#8217;on voit dans les médias des reportages entiers sur des gens geignant à n&#8217;en plus finir parce qu&#8217;ils ont un peu mal au bras et 38,2°C après le vaccin contre le covid, vous imaginez un peu l&#8217;affaire&#8230; Du coup, l&#8217;acceptabilité ce ce vaccin anti-coqueluche par la population était moyenne. Les médecins sont des gens pragmatiques : ce premier vaccin a été remplacé par un vaccin dit « a-cellulaire », contenant uniquement des protéines de la bactérie, dont les effets secondaires étaient moins prononcés. Ce vaccin est sans doute un peu moins efficace, mais mieux vaut plus de personnes vaccinées avec un vaccin légèrement moins efficace, que peu de personnes vaccinées avec un vaccin super-efficace. Et oui, en effet, fabriquer des protéines bactériennes purifiées coûte plus cher et prend plus de temps que d&#8217;inactiver des bactéries en les chauffant : que voulez-vous, il faut bien payer tous les techniciens qui bossent pour produire ces protéines, font des contrôles qualités (juste parce qu&#8217;ils sont un peu tatillons) sur des chaînes de production en salles blanches (juste parce qu&#8217;ils sont psychorigides) et veillent scrupuleusement à la qualité et la traçabilité des produits utilisés (juste parce qu&#8217;ils sont chiants).  « l&#8217;ancien vaccin a été fortement incriminé dans des affections neurologiques [&#8230;] ainsi que dans la mort subite du nourrisson. » Et voici le retour du grand méchant loup, la mort subite du nouveau-né. N&#8217;oubliez pas la technique de base des antivax : angoisser les parents, toujours, par des allégations non prouvées. Le vaccin anti-coquelucheux cellulaire (à bactéries tuées) a été mis sur le marché en 1966. La position ventrale du sommeil a été recommandée par les pédiatres en 1970. les cas de MIN sont alors montés en flèche parallèlement avec la couverture vaccinale anticoquelucheuse. Mais en 1992, la recommandation de couchage sur le dos fait son entrée ! Les cas de MIN diminuent alors drastiquement, tandis que la couverture anticoquelucheuse continue de progresser. Aucun rapport entre vaccination anti-coquelucheuse et MIN, donc. Ce serait même plutôt l&#8217;inverse, comme nous l&#8217;avons vu dans l&#8217;épisode précédent. LA POLIOMYELITE Les personnes âgées d&#8217;une soixantaine d&#8217;années ont en mémoire ces camarades partiellement paralysés d&#8217;une jambe qui clopinent. On voit encore assez fréquemment des personnes originaires d&#8217;Afrique, qui présentent cette démarche caractéristique de la poliomyélite. Pas très sympa, donc. C&#8217;est une maladie causée par le poliovirus, transmissible par voie oro-fécale ce qui explique son incidence élevée dans les pays dont les réseaux d&#8217;évacuation des eaux usées sont encore approximatifs, et sa contagiosité élevée, et ce même si très peu de cas subsistent dans un pays. Les selles restent contaminantes jusqu&#8217;à 6 semaines. 350000 cas ont été notifiés en 1998, contre 33 en 2016.  Un cas sur 200 entraîne une paralysie irréversible.  « Le vaccin contre la polio est à l&#8217;origine de l&#8217;une des plus grande bavures de l&#8217;histoire des vaccins. La présence d&#8217;un virus de singe, appelé SV40, provenant du milieu de culture des virus de la polio, a contaminé des millions d&#8217;enfants entre les années 1954 et 1963. Or ce SV40, d&#8217;abord considéré comme inoffensif, s&#8217;est révélé responsable de nombreux cancers apparus plusieurs décennies après. Il est aussi possible que le sida soit passé du singe à l&#8217;homme par la même voie. » Remarquez l&#8217;amalgame entre le sida et le vaccin de la polio : bien qu&#8217;il n&#8217;y ait aucun rapport entre les deux, cela jette une suspicion sur le vaccin, et pourquoi pas sur tous les vaccins. Sur la question de SV40 : Entre 1954 et 1962, les souches vaccinales de poliovirus ont été cultivées sur des cellules de rein de singe, dont certaines étaient porteuses, en effet, du virus SV40, spécifique du singe. Ce virus peut, chez le singe, provoquer des tumeurs. Certaines personnes (dont les auteurs de « Qui aime bien vaccine peu ») en ont déduit que ce vaccin avait sûrement causé des cancers chez l&#8217;homme. Cependant, une étude rétrospective réalisée aux Etats-Unis sur des enfants ayant reçu ce vaccin contaminé par SV40, versus des enfants ayant reçu des lots non contaminés, n&#8217;a pas montré de différence de fréquence de cancers entre les deux groupes. Par ailleurs, deux virus spécifiques de l&#8217;homme et dont nous sommes tous porteurs, le JCv et le BKv, ont 70% d&#8217;homologie avec le virus SV40 : les trois appartiennent à la même famille. Les virus BKv et JCv expriment des molécules « oncogéniques », c&#8217;est-à-dire favorisant la transformation cancéreuse des cellules. Imputer la responsabilité du vaccin contre la polio dans la survenue des cancers chez l&#8217;homme paraît donc très hasardeux : nous n&#8217;avons pas besoin des virus de singe puisque nous avons déjà les nôtres !  L&#8217;HAEMOPHILUS B Haemophilus Influenza B est une bactérie. Portée dans la gorge de manière asymptomatique et transmise par voie aérienne, elle provoque dans certains cas des infections ORL ou respiratoires. Et dans certains cas, ces infections se compliquent, principalement avant 5 ans, par une méningite (et une méningite bactérienne, ça craint grave) ou par une inflammation de l&#8217;épiglotte : l&#8217;épiglotte sert à fermer le larynx et la trachée lorsque nous déglutissons pour ne pas faire de fausse route : l&#8217;affaire est bien foutue. Or, en cas d&#8217;épiglottite, l&#8217;épiglotte enflammé gonfle comme un soufflé au fromage et finit par boucher le passage. Conséquence : on étouffe. Lol. l&#8217;épiglottite survient « dans de rares cas » dit Michel, sans trop s&#8217;avancer sur des chiffres. Voyons cela. En Suisse, avant la vaccination, 1 enfant sur 500 (soit 200 enfants par an) était victime d&#8217;une infection  sévère. Par sévère, on entend plus qu&#8217;une petite otite traitée aux antibiotiques : sévère = nécessitant une hospitalisation. Ramenons cela à la France. Il y a en France environ 4,5 millions d&#8217;enfants âgés de moins de 5 ans (chiffres INSEE 2018). 1 enfant sur 500, cela correspondrait à 9000 infections sévères annuelles. C&#8217;est quand même beaucoup. « Toutes ces affections peuvent être soignées par des antibiotiques » rajoute Michel. Euh&#8230; encore faut-il qu&#8217;ils aient le temps de faire effet. Chez les enfants traités par antibiotiques, 1 sur 10 a le temps de mourir...</p>
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		<title>FLORIDA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jul 2021 21:26:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
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		<category><![CDATA[Olivier Bourdeaut]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Ma mère me disait que j’étais très belle et que je n’étais pas trop bête. L’ordre des compliments est important, la forme aussi. J’étais très belle, une affirmation. Je n’étais pas trop bête, une négation. » « Florida » d&#8217;Olivier Bourdeaut raconte l&#8217;histoire d&#8217;Elizabeth Vernn, une jolie petite fille entraînée par sa mère dans tous les concours de mini-miss de la région. Elle trouve cela amusant au début, puis très vite, se rebiffe contre l’instrumentalisation dont elle est l’objet. Après avoir habillé sa petite poupée de robes meringuées, sa mère va de plus en plus loin pour l’embellir : faux-cils, auto-bronzant à gogo, maquillage outrancier, soutien-gorge ampliforme&#8230; « Sur les photos de mon avant-dernier concours, c’est bien simple, je ressemble à une pute, une pute de douze ans. » Un jour, Elizabeth se révolte et envoie tout balader. Elle n’a plus qu’un seul but, partir pour s’éloigner de ses parents : de sa mère qui l’a traitée comme son jouet, et de son père, personnage falot et lâche, bien trop attaché à sa tranquillité pour oser s’opposer à sa femme. « Trop faible pour répondre à ma mère, il est devenu courageux avec moi. Il s’est mis à me gueuler dessus. Il a découvert le pouvoir de l’autorité comme les garçons découvrent le pouvoir de leur virilité, en bombant le torse toute la journée. J’ai vécu l’enfer, un autre. » Alors, Elizabeth planifie sa revanche… Ce roman d’Olivier Bourdeaut est une excellente surprise. J’avais rapidement lâché « En attendant Bojangles », mais celui-ci m’a tenue en haleine jusqu’au bout. C’est si bien écrit que l’on se croirait dans la tête d’Elizabeth. Autant le dire, « Florida » est un roman assez noir et grinçant. C’est la descente aux enfers d’une jeune fille redoutablement intelligente qui, après que son corps ait été chosifié par sa mère, va faire de ce même corps son instrument de vengeance, impitoyablement, quel qu&#8217;en soit le prix. Le regard cruel sur les parents qui se servent de leur enfant comme faire-valoir social n’est pas sans rappeler « Les enfants sont rois » de Delphine de Vigan. Florida, c’est l’histoire de deux échecs : celui des parents qui ne sont pas capables de vivre par et pour eux-mêmes, et celui d’Elizabeth, qui reste tellement attachée à son désir de revanche et, en quelque sorte, négativement fusionnelle avec sa mère qu’elle est prête à se détruire pour y parvenir. Mais quand l’échec des parents demeure dans l’aveuglement et le déni, celui d’Elizabeth est plein de lucidité.  « Qui suis-je finalement ? Une petite fille gâtée et ingrate à qui ses parents ont tout sacrifié, ou alors une enfant bousillée par la bêtise, les ambitions contrariées, la lâcheté, la facilité ? Je n&#8217;en sais rien. » À vous de vous faire votre opinion 🙂 Florida d&#8217;Olivier Bourdeaut, Editions Finitude, 2021. &#160; D&#8217;autres idées lectures pour cet été ici</p>
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		<title>« Qui aime bien vaccine peu » : qu&#8217;en penser ? (1)</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 04:21:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En commentant mon article sur la vaccination, une personne sur les réseaux sociaux m’a parlé de « Qui aime bien vaccine peu », écrit collectif préfacé par Michel Georget. J’avais déjà entendu parler de cet ouvrage mais sa question m’a donné envie de me pencher plus en détail sur les arguments qui y sont développés. « Qui aime bien vaccine peu » prône la modération vaccinale, y compris au niveau des vaccins obligatoires. Cet ouvrage, apparemment, est beaucoup lu par certains parents et leur sert de caution scientifique pour refuser certains vaccins. Que raconte-t-il exactement ? Que penser de ces arguments ? Qui sont les auteurs de « Qui aime bien vaccine peu ? » Cet ouvrage est rédigé par un collectif de médecins suisses (OK) homéopathes (aïe). J’avoue que ma confiance est déjà émoussée à l’idée que ces médecins soignent donc en partie leurs patients avec des billes de sucre contenant de l’eau pure. Autant je suis parfaitement d’accord pour dire que l’alimentation est la première médecine, Autant je souscris au rôle du microbiote et à l’impact de la flore intestinale, Autant je milite à fond pour les fruits et légumes, Autant je kiffe toutes les vitamines de la création, Autant je pratique moi-même (avec discernement) l’aromathérapie pour mes enfants, Autant, vous l’aurez compris, je ne suis pas une adepte de l’homéopathie, cela heurte mon sens rationnel. Pour rappel, une dilution 1CH revient à diluer 100 fois. Prenez une demi-feuille, marquez votre nom en haut à droite, calculatrices interdites bien sûr, vous avez 10 minutes. Une dilution 9CH correspond à … ? Cela correspond à diluer un produit 1.000.000.000.000.000.000 fois, soit un milliard de milliards. Une goutte (50 µL) dans 50 milliards de mètres cubes. Une seule goutte, dans un cube de 3,7 km de côté. Donc, je suis déjà un peu chiffonnée. Michel Georget, qui a coordonné l’ouvrage « Qui aime bien vaccine peu » et écrit de nombreux textes contre ce qu’il considère être une vaccination excessive, est un agrégé de Biologie. Décédé en 2019, il a enseigné en lycée et classes prépas jusqu’en 1994. Livrons-nous à un petit calcul (sur l’autre demi-feuille): Michel Georget est né en 1935. Logiquement, il a eu son agrégation vers 1960. Et l’immunologie est une discipline qui a commencé à émerger réellement dans les années 1980, avant de se complexifier notablement à partir des années 1990/2000. Autant dire que Monsieur Georget, enseignant de SVT, n’a pas baigné dans l’immunologie tout du long de sa carrière, et que le concept de la mémoire immunitaire &#8211; principe sous-jacent à la vaccination – n’en était qu’à ses balbutiements lorsqu’il cessa d’enseigner. Qu’est-ce qui me chiffonne (encore) dans « Qui aime bien vaccine peu » ? (je répète le titre, c&#8217;est pour le référencement dans Google) L’absence totale de sources scientifiques. Aucune référence, des arguments assénés sur la tête des parents avec grande autorité, et aucun moyen de vérifier la véracité de leurs dires. Ennuyeux pour un ouvrage qui circule beaucoup de parents à parents par le biais des réseaux sociaux. Le concept rebattu que ce n’est pas la vaccination qui a fait disparaître les maladies infectieuses, mais les progrès de l’hygiène. Je crois que cet argument est gravement mis à mal par la pandémie actuelle à coronavirus : qu’on se lave ou qu’on ne se lave pas, tout le monde attrape ce virus, ce qui illustre bien le fait que les vaccins servent quand même à quelque chose, et que l’hygiène – primordiale – reste toutefois insuffisante. L’épouvantail agité devant les parents qu’ils vont empoisonner leur enfant s’ils le vaccinent et lui causer plus tard diabètes, allergies, cancers, maladies auto-immunes, bad karma, haleine de babouin, etc. Le mélange entre vraies infos, grosses approximations, et mensonges purs et simples, par omission ou non. J’ai donc repris l’ouvrage afin de soulever les points litigieux. C’est parti mon kiki. L&#8217;affirmation : « En combinant les vaccins dans la même inoculation, on ne respecte pas l&#8217;exemple de la nature qui n&#8217;inflige au malade qu&#8217;une seule maladie infectieuse aiguë à la fois. » Le but des vaccinations combinées est, rappelons-le, de limiter le nombre de piqures pour les petits. Les bébés reçoivent donc désormais, dans une seule injection, la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus, et l’hépatite B : c’est le vaccin hexavalent. Est-il exact de dire que l’on « inflige plusieurs maladies en même temps » ? Non. Ce vaccin contient uniquement des protéines immunisantes de microorganismes (Diphtérie, tétanos, Coqueluche, Haemophilus, hépatite B) et les virus INACTIVES (KO, dead, kapout, donc non pathogènes) de la poliomyélite. Aucune « maladie » n’est donc infligée au bébé. Simplement, son système immunitaire va apprendre à reconnaître les protéines des pathogènes dangereux pour les éliminer fissa s’il les rencontre un jour.  Par ailleurs, dire que « la nature n’inflige qu’une seule maladie à la fois », c’est supposer la nature bien plus gentille qu’elle n’est : les co-infections ou les sur-infections, cela existe bien souvent. &#160; L&#8217;affirmation : « Vertiges, maladresse, […] voire certains cas de délinquance et même d&#8217;autisme correspondant à des lésions invisibles pour la médecine pourraient être dûs à des traumatismes, des intoxications ou des vaccinations mal supportées. Dans notre pratique, l&#8217;amélioration fréquente de ces cas grâce au drainage homéopathique est une preuve de l&#8217;origine vaccinale de ces affections. » Po po po… fichtre ! Ce paragraphe me fait peur. « Drainage homéopathique », what the hell is that ?  Où est la preuve de l’origine vaccinale de ces divers pathologies et troubles ? La question du lien éventuel entre autisme et vaccin ROR a été moultes fois analysée, et tout autant moultes fois retoquée : non, il n&#8217;y a pas de lien. Je répète : NON, IL N&#8217;Y A PAS DE LIEN, ni aux Etats-Unis, ni au Danemark, ni ailleurs. Cette fake new médicale vient d&#8217;un médecin anglais qui avait vu en consultation 12 enfants présentant un spectre du trouble de l&#8217;autisme, vers l&#8217;âge de 2 ans, soit quelque temps après la seconde dose de ROR. On a toujours tendance, quand un enfant est malade, à chercher un coupable et c&#8217;est bien naturel. Mais pour compréhensible que soit cette réaction sur le plan émotionnel, elle n&#8217;est pas rationnelle scientifiquement. Sinon, quelqu’un a-t-il déjà fait une étude de causalité entre vaccination et délinquance ? Mais pourquoi Sarkozy n’y a pas pensé, lui qui voulait détecter les délinquants dès la maternelle ? C’aurait quand même été vachement plus simple : t’es vacciné ? hop, sous surveillance, mauvaise graine. Sérieusement, mais qu’ont-ils fumé avant d’écrire ces lignes ? On dirait un discours de mauvais gourou, comme dans le sketch des inconnus. L&#8217;affirmation : « Plus les maladies infectieuses diminuent, plus le nombre de cancers et d’allergies augmente. » …Alors, comment explique-t-on que l’espérance de vie augmente de manière régulière depuis 1945 ? C’est le retour de l’hypothèse hygiéniste : avant, on vivait les pieds dans le fumier et on buvait de l’eau croupie, et on était en bien meilleure santé. Paraît-il. L’augmentation des cancers et des allergies ne serait-elle pas plutôt liée à la pollution de l’air, des aliments, aux mutations induites dans notre ADN par des produits génotoxiques contenus dans nos meubles, parquets, emballages plastiques etc… ? Juste une idée. Et puis, le cancer est une maladie dont l’incidence augmente avec l’âge. Par exemple, le graphique ci-dessous montre l’incidence du cancer du sein en fonction de l’âge (en rose). Plus on vieillit, plus le risque de développer un cancer augmente. Par conséquent, plus on meurt tôt, plus on a de chance de ne pas mourir d’un cancer (mais on est mort quand même). Avec une espérance de vie féminine de 85 ans en 2017, contre 66 ans en 1947, le risque de développer un cancer est plus grand. Mais le lien avec les vaccins est, comment dire… inexistant. &#160; L&#8217;affirmation :  « Les grandes épidémies comme la peste, le choléra, le typhus, la malaria, la lèpre, ont disparu sous nos latitudes sans vaccination. » Il y a du vrai dans cette affirmation, et de la mauvaise foi. Du vrai : La disparition du choléra est avant tout liée à une problématique d’accès à l’eau potable, en effet. Cela dit, des vaccins anti-cholériques efficaces sont actuellement administrés dans les pays à risque (Bangladesh, Inde, Ethiopie). Mais pour un Européen, cette vaccination est sans intérêt. Elle n&#8217;est d&#8217;ailleurs conseillée à personne ici. De la mauvaise foi : mon cher Michel, la peste n’a pas disparu partout. Il y a des flambées épidémiques au Congo (2005), en Chine (2009 et 2020), au Pérou (2010), à Madagascar (2014 et 2017), en Mongolie (2020). Certes, ce n’est pas « sous nos latitudes ». Mais dans un monde où les déplacements d’un continent à l’autre sont de plus en plus fréquents, qu’ils soient commerciaux, touristiques ou migratoires, il est illusoire de tabler sur le fait que la peste reste bien sagement dans ces contrées. L’OMS considère la peste comme une maladie ré-émergente. L&#8217;affirmation : « On n’a jamais comparé des populations recevant ou non le quadruple vaccin diphtérie-tétanos-polio-coqueluche pour savoir si le vaccin ne favoriserait pas la mort subite du nouveau-né » Va être détendue, après ça. Comme si les mères ne se sentaient pas assez coupables, on leur rajoute une pointe de doute pour qu&#8217;elles s&#8217;en veuillent d&#8217;avoir fait vacciner leur bébé, si jamais il lui arrive quelque chose après. Je pense qu&#8217;on a le droit de dire qu&#8217;une telle insinuation est quand même bien dégueulasse. Mais en fait, si, cela a été étudié. Sur le principe général du lien entre vaccination et mort subite du nourrisson : Aux Etats-Unis, le vaccin contre l’hépatite B avait été accusé également de causer la mort subite du nouveau-né. Sauf que… comme l’explique le CHU de Philadelphie, « Au moment de l&#8217;introduction du vaccin contre l&#8217;hépatite B pour une utilisation systématique chez tous les nourrissons, environ 5 000 enfants décédaient chaque année du SMSN (Syndrôme de mort subite du nourrisson). Dans les 10 ans suivant l&#8217;introduction du vaccin contre l&#8217;hépatite B, l&#8217;utilisation du vaccin est passée à environ 90% de tous les nourrissons et l&#8217;incidence du SMSN dans ce groupe a considérablement diminué à environ 1 600 cas chaque année.» Si j’étais malhonnête, je vous dirais : Ah, vous voyez, le vaccin contre l’hépatite B protège de la mort-subite du nouveau-né ! Mais je ne le suis pas. « La cause de la diminution des cas de SMSN a été l&#8217;introduction de la recommandation « on dort sur le dos » par l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) ». Donc, ce vaccin n’a rien à voir avec les morts inexpliquées des nourrissons. « Cependant, étant donné que les vaccinations sont administrées à environ 90% des enfants de moins d&#8217;un an et que près de 1600 cas de SMSN surviennent chaque année, on peut s&#8217;attendre, statistiquement, à ce qu&#8217;environ 50 cas de SMSN surviennent chaque année dans les 24 heures suivant une injection de vaccin. Néanmoins, comme l&#8217;incidence du SMSN est la même chez les enfants qui reçoivent ou non des vaccins, nous savons que le SMSN n&#8217;est pas causé par les vaccins. » Voilà pour le vaccin contre l’hépatite B : il s&#8217;agit de la probabilité que deux événements indépendants arrivent de manière successive, ni plus ni moins. (et voilà ce qui, probablement, pourrait constituer un début d&#8217;explication aux cas de thromboses post-vaccinales chez les personnes ayant reçu l&#8217;injection anti-COVID AstraZeneca. RAPPEL : incidence de la thrombose, 120 cas pour 100.000 personnes, chaque année) Qu’en est-il pour le vaccin combiné Diphtérie Tétanos Polio Coqueluche ? De la même manière, des études italiennes, anglaises, américaines, françaises, ont démontré qu’il n’y avait pas plus de morts subites du nourrisson chez les enfants vaccinés que chez les enfants non vaccinés, dans des études incluant jusqu’à 130.000 enfants. Et de manière intéressante, une étude néozélandaise et une étude anglaise ont même montré que les enfants ayant reçu le vaccin combiné incluant la coqueluche étaient moins à risque de mort subite du nouveau-né. Ils l’expliquent par des coqueluches peu symptomatiques, survenant chez des nourrissons non vaccinés, fragiles, qui pourraient provoquer leur décès. Par conséquent, Michel raconte des bêtises : non, la vaccination ne provoque pas de morts subites du nouveau-né,...</p>
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		<title>Quelques romans pour les vacances</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2020 04:30:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a-t&#8217;il des chanceux parmi vous qui commencent leurs vacances ? Parce que moi, je les finis.  Je sais que comme moi vous errerez probablement de maison de la presse en rayon culturel à la recherche d&#8217;un roman pas trop compliqué mais assez captivant. J&#8217;ai débroussaillé l&#8217;affaire pour vous, voici donc ma petite sélection estivale à accompagner d&#8217;un spritz, d&#8217;un mojito ou d&#8217;un petit rosé, au camping, sur la plage ou vautrée dans le canapé : de la lecture facile, mélancolique, ou un peu plus cortiquée. Changer l&#8217;eau des fleurs, Valérie Perrin Violette Toussaint est gardienne de cimetière. Autour d&#8217;elle gravite une petite famille de cœur, composée des fossoyeurs, du curé, des pompes-funèbres et de chats esseulés qui ont suivi le convoi funéraire de leur maître au cimetière, et y sont restés. Violette vit avec ses souvenirs et ses blessures. Depuis sa petite maison, elle observe les vivants qui viennent voir leurs morts, recueille leurs confidences et leurs secrets. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une femme mystérieuse et sensible, riche d&#8217;une vie pas toujours drôle, qui a choisi ce métier incongru et y trouve son bonheur. Au fil des pages, on découvre qui est Violette, comment est-elle arrivée dans ce cimetière, les bonnes surprises et heureux hasards que « ses » morts lui réservent. Ce roman m&#8217;a un peu fait penser à « l&#8217;élégance du hérisson » de Muriel Barbery, en version bord de piscine : l&#8217;histoire d&#8217;une femme qui cache sous une apparence discrète, une grande sensibilité. C&#8217;est une bonne petite lecture sans prise de tête, pleine de personnages attachants, de tranches de vie banales (mais nos vies à tous ne sont-elles pas terriblement banales et pourtant intéressantes ? Vous avez 4 heures) mais touchantes. Avec en prime, la description d&#8217;une femme résiliente et courageuse. « Et puis , il y a notre curé, Cédric Duras. Dieu a du goût, à défaut d&#8217;être toujours juste. Depuis que le père Cédric est arrivé, il parait que beaucoup de femmes ont été frappées par la révélation divine dans la région. Il y aurait de plus en plus de croyantes sur les bancs de l&#8217;église le dimanche matin. »   A la recherche d&#8217;Alice Love, Liane Moriarty Après une commotion cérébrale survenue lors de sa séance hebdomadaire de fitness, Alice Love se réveille amnésique des 10 dernières années. Elle se croit enceinte de son premier enfant et filant le parfait amour avec l&#8217;homme de sa vie, Nick. Manque de bol, Alice Love se rend compte qu&#8217;elle est en instance de divorce, que Nick ne peut plus la blairer, que ses 3 enfants sont de parfaits inconnus et qu&#8217;elle est brouillée avec pas mal de monde.  Et ce qu&#8217;elle découvre d&#8217;elle-même ne l&#8217;enchante pas vraiment : elle est devenue une pimbêche autoritaire. Comment cela est-ce possible ? Que choisirait-on de faire, ou de refaire, si les dix dernières années de notre vie étaient totalement effacées ? Peut-on revenir sur ce que l&#8217;on est ? Comment accepter que l&#8217;amour murisse, s&#8217;érode, voire parfois se détériore ? Quels compromis faire, jusqu&#8217;où aller pour sauver son couple et sa famille ? Ce sont toutes ces questions qu&#8217;aborde Liane Moriarty. Alice se retrouve face à une inconnue : elle-même, dont elle ne comprend plus ni l&#8217;attitude, ni les choix. Il s&#8217;agit d&#8217;un roman sur l&#8217;équilibre, les concessions, le réalisme et l&#8217;affirmation de soi. Un roman aussi sur la vigilance à garder, pour que le bonheur se s&#8217;échappe pas. « Le rêve, ou le souvenir – quelle importance ? –, se dissipa, à l’image d’un reflet sur l’eau, laissant place à des fragments de pensées qui commencèrent à s’insinuer dans son esprit, comme si elle se réveillait d’un long et profond sommeil, tard un dimanche matin. » Dans la Forêt, Jean Hegland. Plus d&#8217;essence. Plus d&#8217;électricité. Plus d&#8217;hôpitaux. Plus de magasins. Plus de moyens de communication. Nell et Eva, deux sœurs, vivent dans une maison perdue dans la forêt et tentent de subsister dans un isolement total, alors qu&#8217;une catastrophe économique et environnementale a causé la perte de la civilisation américaine. Leurs deux parents sont décédés. Elles doivent apprendre à survivre avec le peu qui leur reste dans cette maison, et imaginer la vie à long terme. Partir ou rester ? Comment se projeter, alors qu&#8217;elles ont tout à découvrir de la vie et de l&#8217;amour ? Nell la cérébrale dévore les livres et tente de se projeter dans un futur qui la verrait intégrer Harvard. Eva danse des heures et trouve dans cette discipline de quoi tenir. Malgré leurs relations parfois houleuses, elles ont absolument besoin l&#8217;une de l&#8217;autre pour rester debout et apprendre à amadouer la nature hostile qui les entoure. Ce roman survivaliste m&#8217;a été recommandé par Anna et Picou Bulle. Très fouillé, très bien documenté, il fait quand même froid dans le dos tant on imagine que cela pourrait réellement se produire. « Dans la Forêt » est une réflexion sur l&#8217;écologie et sur la nécessité de revenir à la nature pour subsister. « Pendant longtemps rares étaient les jours durant lesquels le courant n&#8217;était pas coupé au moins une fois. A la fin, rares étaient les jours où le courant revenait. A un moment, nous nous sommes rendus compte que nous avions perdu l&#8217;habitude de chercher à tâtons l&#8217;interrupteur en entrant dans une pièce. » La servante écarlate, Margaret Atwood Autre dystopie, « La Servante Écarlate » est connue de tout le monde, sauf moi car je n&#8217;ai pas Netflix. Dans une Amérique dominée par une dictature à la fois marxiste, nazie et religieuse, les rares femmes fertiles sont données en esclavage reproductif à des cadres du régime. La pollution a stérilisé la majorité de la population, et avoir un enfant est un privilège réservé aux élites. Les femmes sont toutes affectées à une catégorie : les Servantes Écarlates, qui ont le devoir de procréer, les Marthas ou servantes de maison, les Épouses, les Tantes qui ont mission d&#8217;éduquer les servantes, et les autres qui sont mises au rebut. Toutes n&#8217;ont plus aucune autonomie financière, n&#8217;ont plus le droit de travailler et n&#8217;ont pas d&#8217;identité propre. Defred, servante écarlate, tente de survivre au jour le jour en se remémorant sa vie d&#8217;avant, son mari, son enfant qui lui a été volée. Roman d&#8217;anticipation curieux et malaisant, « La Servante Écarlate » tient à la fois de 1984 et du Meilleur des Mondes. C&#8217;est le roman d&#8217;une résistance intérieure face à l&#8217;oppression des femmes. Defred tente de trouver des alliées dans un monde où tout est dénonciation et espionnage silencieux. Je ne peux pas dire que j&#8217;ai aimé, mais c&#8217;est une lecture intéressante. « Une chaise, une table, une lampe. Au-dessus, sur le plafond blanc, un ornement en relief en forme de couronne, et en son centre un espace vide, replâtré, comme l&#8217;endroit d&#8217;un visage d&#8217;où un œil a été extrait. Il y a dû avoir un lustre, un jour. Ils ont retiré tout ce à quoi on pourrait attacher une corde. » &#160; La  vérité sur l&#8217;affaire Harry Quebert, Joël Dicker Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, doit livrer son 2e manuscrit à son éditeur d&#8217;ici quelques mois. Malheureusement, Marcus n&#8217;a absolument aucune idée. En proie à l&#8217;angoisse de la page blanche, il n&#8217;a pas écrit une ligne depuis la parution de son roman précédent. En désespoir de cause, il se réfugie dans la petite ville d&#8217;Aurora, chez le célèbre écrivain Harry Quebert qui fut son professeur à l&#8217;université et son mentor. C&#8217;est là qu&#8217;il apprend qu&#8217;Harry Quebert, alors âgé de 34 ans, a passionnément aimé une jeune fille de 15 ans, Nola Kellergan, la fille du pasteur de l&#8217;époque. Cette dernière a disparu sans laisser de traces à la fin de l&#8217;été 1975, laissant le coeur d&#8217;Harry en miettes. Quelques jours après le retour de Marcus à New-York, le corps de Nola Kellergan est découvert dans la propriété d&#8217;Harry Quebert, enterré avec le manuscrit qui fit sa gloire. C&#8217;est le début d&#8217;un scandale énorme : le monstre littéraire est accusé du meurtre de la jeune fille, conspué alors qu&#8217;il était porté aux nues quelques jours plus tôt. Aurora devient le centre de l&#8217;attention. Convaincu de son innocence, Marcus va mener l&#8217;enquête. Ce roman m&#8217;a tenue en haleine du début à la fin. Extrêmement bien construit, mêlé de considérations sur le milieu de l&#8217;édition et sur le dur labeur d&#8217;écrivain, il distille peu à peu ses rebondissements. Qui était vraiment Nola Kellergan ? Les gens d&#8217;Aurora sont-ils vraiment aussi lisses qu&#8217;ils le laissent croire ? Et la patronne de la brasserie locale, Jenny, ne serait-elle pas amoureuse d&#8217;Harry ? Comment trouve-t&#8217;on l&#8217;inspiration ? Qui laisse ces mots mystérieux et menaçants à l&#8217;intention de Marcus ? Le jeune écrivain tente de démêler le vrai du faux, entre deux coups de fils de sa mère, obsédée par l&#8217;avenir sentimental de son fils. « La vérité sur l&#8217;Affaire Harry Quebert » n&#8217;est pas une nouveauté puisqu&#8217;elle a déjà été adaptée en série télé, avec le fameux docteur Mamour alias Patrick Dempsey, dans le rôle de Quebert. Mais bon, comme vous le savez, je n&#8217;ai pas la télé. C&#8217;est en tout cas un excellent polar psychologique, complexe, touffu. Comme très souvent, mon mari n&#8217;a pas aimé. A se demander comment tient notre mariage avec des goûts littéraires si différents ? « Elle dansait sur la plage. Elle jouait avec les vagues et courait sur le sable, les cheveux au vent; elle riait, elle était tellement heureuse de vivre. De la terrasse de l&#8217;hôtel, Harry la contempla un instant, puis il se replongea dans les feuillets qui recouvraient la table où il était installé. Il écrivait vite, et bien. Depuis qu&#8217;ils étaient arrivés ici, il avait déjà écrit plusieurs dizaines de pages, il avançait à un rythme frénétique. C&#8217;était grâce à elle. » &#160; Le poids des secrets, Aki Shimazaki Écrivaine japonaise installée au Canada, Aki Shimazaki écrit en français, à la manière inimitable des écrivains japonais : un style épuré et des phrases si simples mais tellement évocatrices.   « Le poids des secrets » est composé de cinq nouvelles : Tsubaki, Tsubame, Hamaguri, Wasurenagusa, Hotaru, à lire dans n&#8217;importe quel ordre. Chacune dévoile la vie et le point de vue d&#8217;un personnage, lié à ceux des autres nouvelles. « Le poids des secrets » a pour fil conducteur les secrets de famille : l&#8217;amant manipulateur, l&#8217;enfant coréenne qui a changé d&#8217;identité pour survivre dans un Japon raciste, le fils adoptif à qui on n&#8217;a jamais révélé la vérité sur sa naissance, l&#8217;époux et père infidèle responsable de souffrance, la demi-sœur perdue. On découvre les réflexions intimes et les émotions de chacun, alors qu&#8217;il ne fera que traverser une autre nouvelle, en arrière-plan. Cette pentalogie est extrêmement riche sur le plan historique puisqu&#8217;elle relate des faits se déroulant durant la première moitié du XXe siècle au Japon. Elle m&#8217;a beaucoup appris sur le Japon, les usages familiaux et les conventions sociales. Le poids des secrets, c&#8217;est aussi le poids des coutumes, de ce qui est permis et convenable, ou pas, et qui peut infléchir le cours d&#8217;une vie. Les romans d&#8217;Aki Shimazaki sont toujours un délice : j&#8217;avais lu auparavant la série « Azami », qui n&#8217;est pas encore achevée, et la pentalogie « Au coeur du Yamato ». Seule difficulté pour moi dans ces romans : retenir les prénoms japonais et ne pas les confondre. « Je lève les yeux. Couvert de nuages épais, le ciel s&#8217;étend à l&#8217;infini. Il fait anormalement chaud et humide pour une fin d&#8217;été. C&#8217;est encore le matin. Pourtant, je sens ma chemise déjà trempée de sueur. Au-dessus de moi, un couple d&#8217;hirondelles passe rapidement. Elles vont et viennent entre le toit d&#8217;une maison et un fil électrique. Elles partiront bientôt vers un pays chaud. J&#8217;aimerais bien voyager librement comme elles. Ma mère m&#8217;a dit une fois :  » Si on pouvait renaître, j&#8217;aimerais renaître en oiseau. » Je penserai à vous, de retour dans mon petit bureau, tandis que vous vous reposerez de tout le stress accumulé durant le confinement et le déconfinement. Bon mois d&#8217;août !</p>
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		<title>Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 09:13:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque j’ai su que les écoles allaient fermer, un vague pressentiment m’a soufflé que les bibliothèques pourraient bien leur emboîter le pas rapidement. J’ai donc pris mon petit sac pour aller faire une razzia de quelques livres, au cas-où, pour les semaines à venir. J’avais entendu parler de l’essai de Sylvain Tesson, « Dans les forêts de Sibérie », que je ne pensais pas si ancien. Son titre mystérieux qui souffle un air vif et glacial, m’a intriguée. Je l’ai mis dans ma pile et suis partie confiner. Je l’ai rouvert il y a quelques jours, et vraiment : ce livre est une révélation. Il me semble difficile de trouver une lecture plus appropriée que celle-ci, dans les circonstances que nous vivons actuellement. Sylvain Tesson, adepte des voyages en solitaire ou en conditions extrêmes &#8211; il a traversé l&#8217;Himalaya à pieds et les steppes d&#8217;Asie centrale à cheval sur plus de trois milles kilomètres- est parti vivre six mois dans une cabane de dix mètres carrés, en Sibérie, au bord du lac Baïkal, pris dans les glaces neuf mois par an. Il y raconte son expérience de la solitude, du vide, de la contemplation, par moins trente degrés. Parti avec une malle de livres, une autre de vivres, de cigares et de vodka, il retourne à des occupations simples : couper son bois, regarder la neige tomber, contempler le coucher de soleil et les couleurs mouvantes de la glace sur le lac, écrire, lire, observer les oiseaux, ne penser à rien… Comment vit-on quand on est seul face à ses pensées, sans internet, sans téléphone, sans courrier, le plus proche voisin à 5 heures de marche dans la neige ? Comment alimente t’on sa pensée, ses réflexions, sans autre carburant que ce que l’on a sous les yeux ? Sylvain Tesson raconte son ralentissement progressif, une fois l’activité un peu maniaque du début évacuée : une fois ses malles rangées, sa cabane briquée, réparée, ses réserves de bois faites, il s’abandonne à ce que la vie lui offre et fait corps avec son environnement. Bien sûr, contrairement à nous qui sommes confinés, il était libre de sortir. Mais par -30°C, les sorties sont courtes. Le lac est d’une surprenante beauté, mais menaçante. Comme pour nous, sortir peut signifier mourir, perdu dans la neige ou croqué par un ours. La cabane devient alors un refuge contre le mal, un retour au ventre maternel, chaud, douillet, propice au bonheur, sécurisant en même temps qu’elle est limitante. Au-delà de l’enfermement subi ou choisi, ce livre explore le pouvoir de l’imagination et de la contemplation, de la possibilité d&#8217;alimenter notre réflexion par autre chose que l&#8217;agitation qui régit habituellement nos vies. « S’asseoir devant la fenêtre, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien et soudain saisir l’idée qui passe, la jeter sur un carnet de note. Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l’inspiration sortir ». « A Paris, je ne m’étais jamais trop penché sur mes états intérieurs. Je ne trouvais pas la vie faite pour tenir les relevés sismographiques de l’âme. Ici, dans le silence aveugle, j’ai le temps de percevoir les nuances de ma tectonique propre. Une question se pose à l’ermite : peut-on se supporter soi-même ? » C’est bien là la question cruciale de la solitude : est-on capable de se supporter, d’être seul face à ses pensées, d’exister par et pour soi-même et non par ceux que nous croisons au cours de notre vie ? Ce livre m’a tellement plu, que j’ai fait une entorse à mes principes anti-Amazon pour le commander. Il mérite sa place dans l’étagère des ouvrages que l’on relit de temps à autre, et dont on s’accorde le droit de corner les pages et de surligner des passages. J’aurais même envie de faire comme lui. L’homme qui partage ma vie m’objecte, rigolard, qu’ayant déjà froid au ski par moins cing degrés, il doute de ma capacité à survivre au bord du lac Baïkal. Admettons. A défaut de partir en vrai, j’ai glané dans les forêts sibériennes de Sylvain Tesson un peu d’air frais et d’horizons piquants, ainsi que quelques lectures complémentaires sur le thème de la solitude choisie et de l&#8217;introspection. « Dans les forêts de Sibérie », aux Éditions Gallimard et Folio poche. Prix Médicis de l&#8217;essai 2011. « Dans les forêts de Sibérie » a été adapté en film, avec Raphaël Personnaz. Une BD a également été publiée chez Casterman (dessins de Virgile Dureuil).</p>
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		<title>Mille petits riens, de Jodi Picoult</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jan 2020 06:00:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
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		<category><![CDATA[livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Mille petits riens » de Jodi Picoult, raconte l&#8217;histoire de Ruth, une sage-femme afro-américaine. Expérimentée et appréciée de tous, elle prend en charge Davis, le bébé de Turk et Brittany, un couple suprémaciste blanc. Le couple refuse qu&#8217;une sage-femme de couleur s&#8217;occupe de leur enfant, et en fait part à sa hiérarchie. Trois jours plus tard, Davis meurt, et Ruth se retrouve inculpée pour le meurtre du bébé, par vengeance ou négligence. Elle est défendue par Kennedy, une jeune avocate commise d’office qui voit dans cette affaire un moyen de se faire un nom. Ayant été conquise par « la Couleur des Sentiments », qui abordait le problème du racisme aux États-Unis dans les années 60, j’étais curieuse de lire ce roman que j’avais vu en tête de gondole, d’autant plus qu’il se déroule en 2015, donc très récemment, à la période où les meurtres de jeunes noirs par des policiers américains avaient scandalisé le monde. Je l’ai trouvé très bon, car il évite la caricature. Ruth, bien que victime, n’est pas exempte d’un certain orgueil et d’une forme de responsabilité, par son empressement à se conformer à ce qu&#8217;elle suppose que l’on attend d’elle : renier sa négritude. Turk est raciste et violent, mais capable de réflexion. Kennedy, pleine d’empathie envers sa cliente, prend conscience qu’elle conserve des présupposés racistes et légèrement condescendants. Elle réalise quelle est la vie d’un afro-américain, suspecté en permanence dans les magasins et maltraité lors des contrôles policiers. Jodi Picoult traite donc de deux racismes dans ce livre : le racisme évident, identifiable et politique des groupuscules néonazis (qui sont permis aux États-Unis). Et le racisme « soft », ces mille petits riens qui font changer de trottoir quand un afro-américain arrive en face; qui font dire « regarde le petit garçon noir, comme il est mignon », alors que ce petit garçon est seul sur le trottoir d&#8217;en face, ou qu&#8217;on aurait pu dire « regarde le petit garçon en manteau rouge ». Mais l&#8217;habitude de désigner les personnes par la couleur de leur peau est si fortement ancrée, que cela sort par automatisme. Ce racisme léger, qui suppose que le citoyen afro-américain est soit un délinquant, soit essaye de faire oublier qu&#8217;il est noir en sortant de sa condition; cette discrimination larvée qui fait que l&#8217;on s&#8217;appesantira en félicitations gênantes devant un jeune afro-américain qui est admis dans une brillante université, comme s&#8217;il s&#8217;agissait presque d&#8217;une incongruité et qu&#8217;il avait miraculeusement échappé à son destin tout tracé de dealer. Des personnages secondaires explorent ces différents aspects de manière très éclairante : Adisa, la soeur contestataire; la procureure chargée de la mise en accusation, afro-américaine comme Ruth; et Edison, le fils de cette dernière, étudiant doué et sans histoires jusqu&#8217;à là. Ce roman m&#8217;a refait penser au témoignage de Michelle Obama dans « Devenir » dont j&#8217;avais parlé l&#8217;an dernier. Elle y soulignait la difficulté que vivent les étudiants noirs, tant le présupposé à leur égard est lourdement chargé de suspicion et de mépris. « Mille petits riens » vient également questionner nos propres préjugés, qui historiquement sont chez nous davantage tournés vers les français d&#8217;origine maghrébine. Il livre une illustration des mécanismes presque inconscients, légués par l&#8217;histoire, qui conduisent à ces sociétés où les communautés se côtoient sans se mélanger. &#160; &#160;</p>
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		<title>« La Vraie Vie », Adeline Dieudonné</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Oct 2019 22:39:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
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		<category><![CDATA[romans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, j&#8217;ai lu « La Vraie Vie » d&#8217;Adeline Dieudonné. Comme j&#8217;en ai parlé sur Instagram et Facebook, je n&#8217;ai pas voulu priver mes fidèles padawans qui me suivent par mail de cette -brillante- analyse. Adeline Dieudonné, qui est Belge (personne n&#8217;est parfait) (ne vous désabonnez pas, par pitié) (je retire ce que j&#8217;ai dit), Adeline Dieudonné, donc, a reçu pour ce roman autant de décorations qu&#8217;un vétéran de 14-18, ce qui n&#8217;est pas peu dire : Prix des Lecteurs des Ecrivains du Sud 2019 Festival du premier roman de Chambéry 2019 Grand prix des Lectrices de Elle 2019 Prix du Roman FNAC 2018 Prix des lycéens Renaudot 2018 Prix Victor Rossel 2018 C&#8217;est déjà pas mal, non ? Mais comment m&#8217;est venue cette idée cocasse, moi qui passe le plus clair de mon temps à trier des slips et marier des chaussettes, quand je ne sépare pas des belligérants ou fais des essais plus ou moins réussis de batch-cooking ? Parce que je tentais de soutirer des infos top secrètes auprès de Virginie, blogueuse et écrivaine de vocation et bénéficiant actuellement d&#8217;un petit CDD d&#8217;épouilleuse pour boucler ses fins de mois (ses fils l&#8217;ont engagée, mais chut, ne le dites à personne), sur ses goûts littéraires, afin d&#8217;essayer de me hisser à son niveau, et peut-être, de négocier une petite commission sur les ventes de son futur roman. Il me semble que la bougresse lâche du lest. Je me frotte les mains, si elle a le Goncourt, ma fortune est faite. Et donc, Virginie me dit, « As-tu lu La Vraie Vie d&#8217;Adeline Dieudonné ? » Diantre, non, je n&#8217;en ai jamais entendu parler. En ce moment, mes lectures portent plutôt sur la sexualité et les dinosaures (pas la sexualité des dinosaures, hein) selon la taille des enfants qui me préoccupent (±1m10). Alors je me saisis de mon calepin et je note scrupuleusement « Emprunter à la médiathèque La vraie vie d&#8217;Adeline Dieudonné parce que Virginie elle a dit que c&#8217;était bien et que j&#8217;aurai l&#8217;air intelligent si je dis que je l&#8217;ai lu, mouah ah ah, quel plan diabolique » (Eh oui, mes pensées m&#8217;entraînent parfois fort loin). Ni une, ni deux, je filai dès le lendemain à la médiathèque, escortée de mes fidèles acolytes Chaton et Lapin pour emprunter le susdit bouquin, entre un DVD de Peppa Pig et le 153ème épisode des Mystérieuses Cités d’Or. Une fois les ennemis neutralisés, pardon, je veux dire, une fois les enfants mis au lit, je me suis allongée sur mon lit pour entamer cette lecture. Mazette. Je l’ai fini dans la foulée. Impossible de décrocher de cette lecture. Vivant dans un cabanon au fond des bois sans télévision ni poste TSF, et ayant résilié mes abonnements aux journaux papiers pour ne pas surcharger mon pigeon voyageur des PTT, je ne suis au courant des nouveautés littéraires que deux ans après environ. Je remercie donc Virginie de m’avoir signalé ce roman à temps pour avoir l&#8217;air un peu dans le vent quand j&#8217;en parle. Je ne la remercie pas, en revanche, d’être responsable de ma nuit écourtée et de mes cernes ce matin. De quoi que ça cause, La vraie vie d&#8217;Adeline Dieudonné ? Une petite fille vit avec ses parents (le père, une brute qui chasse et collectionne les trophées, adepte des VEO version XXL, la mère, terrorisée, insipide et transparente) et son tendre petit frère adoré dans un lotissement banal et terne. Tous les deux ensemble, ils parviennent à trouver de la douceur et du rêve dans leur vie. Jusqu’au jour où ils sont témoins d’un accident qui les fait basculer dans la sidération. Pour arracher son petit frère à ce vide qui l’aspire, la petite fille va faire des pieds et des mains pour remonter le passé, avec acharnement, et revenir à ces jours de relative insouciance d’avant. Pendant ce temps, elle grandit, le regard de son père sur elle devient de plus en plus hostile, le fossé se creuse entre les membres de cette famille ou ne règnent plus que le silence et la peur. C’est un roman qui parle de survie. Survivre psychiquement quand on vit dans la solitude et l’hostilité. Survivre physiquement quand on devient une proie, par son corps de femme devenu désirable et donc, haïssable. Survivre en trouvant des raisons de vivre dans le désir, l’amour, la soif de connaissance. Survivre en cultivant sa pulsion de vie, au lieu de s’abandonner à la mort de l’âme et à l’indifférence. J’ai aimé l’écriture particulièrement incarnée d’Aline Dieudonné, son immersion dans les sentiments de cette enfant si mûre et qui pourtant ne renonce pas à ses idéaux en dépit de la réalité brutale, crue et apparemment sans espoir de sa vie. J’ai suivi ses péripéties avec avidité, espoir, intérêt. Je n’ai pas pu m’endormir car il me fallait absolument savoir si le désir qui l’habitait allait sauver notre héroïne. Alors seulement, j’ai pu sombrer dans un sommeil réparateur (et néanmoins insuffisant, Lapin étant venu beugler pour réclamer sa pitance à 5h54). Certains ont décrit ce roman comme drôle et piquant. Je l’ai plutôt trouvé bouleversant et émouvant, car il s’agit avant tout d’un drame vécu par des enfants, à leur hauteur. Bref, un roman frappant, dur, touchant, plein d’humanité. Pas forcément l’humanité la plus jolie, mais l’humanité quand même.</p>
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		<title>Je suis venue vous dire, que je m’en vais…</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jul 2019 04:11:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[touriste]]></category>
		<category><![CDATA[vie personnelle]]></category>
		<category><![CDATA[été]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Juste pour les vacances, calmez-vous, juste pour les vacances ! Demain, je pars&#8230; Enfin, si j&#8217;ai réussi à finir tout le boulot que j&#8217;ai à faire avant. Mais en théorie : je pars. Je fais partie du camp des juillettistes. C’est trop bien de partir en juillet. D’abord, parce qu’à cause du réchauffement climatique, ou du refroidissement, on ne sait plus trop, il fait beau du 20 juin au 29 juillet uniquement. L’automne commence le premier août désormais. Vous ne saviez pas ? Mince alors, pas de bol. Donc moi, je pars vraiment en été. Mais je vous raconterai comment c’était, promis. Ensuite parce que quand je reviens, Paris est désert, et ce sont encore plus les vacances qu&#8217;en juillet, même si je travaille. À moi le boulevard Saint-Germain, les Parisiens détendus (parce qu&#8217;en fait ce ne sont pas des Parisiens, ce sont des touristes), les terrasses sous les platanes, presque comme en Provence. Comme il faut bien une justice en ce bas monde, la contrepartie de ces vacances, c’est que je vais m&#8217;enquiller 6 heures de route avec 50% des enfants. Ben oui, nous n&#8217;avons pas de grosse voiture familiale, nous avons décrété que c&#8217;était un investissement inutile pour ne servir que quelques fois par an. Nous partons donc à deux voitures. C&#8217;est mal, mais nous ne sommes pas Bill Gates et n&#8217;avons pas les moyens de nous offrir le luxe inouï de billets de train en famille, désormais aussi chers que du caviar. Et puis de toute façon, on se ferait défenestrer par nos voisins de wagon, à cause de qui vous savez et de ses brillantes inventions. Donc, il va falloir occuper l&#8217;énergumène dont je serai chargée. Je pense qu&#8217;on va tirer à la courte paille pour choisir qui ira avec qui. Mais que ce soit Chaton ou Lapin (les grands ayant passé l’âge de demander « quand est-ce-qu’on arriiiive ?» dès la porte du garage franchie), il va falloir les occuper. Je tenterai donc l’exploit digne d’un triathlon de 1/ conduire, tout en 2/ filant des biscuits et des compotes et en 3/ racontant des histoires mais aussi en 4/ faisant des petits câlinous, et en 5/ ramassant les jouets tombés à terre, le coude tordu derrière mon siège, le tout assistée de mon fidèle homme de main, Poupette. Je tenterai également de juguler les pulsions de meurtre et autres tentatives d’abandon sur aire d’autoroute qui ne manqueront pas de me traverser l’esprit. Je penserai à vous, au cours de ces jours de « repos », passés en compagnie des enfants. Jour et nuit. Peut-on vraiment parler de vacances, en fait ? Je vais essayer de les ramener vivants, en espérant que nulle marque au charbon ardent (de barbecue), nul point de suture (à coup de pelle de jardinage), nulle piqûre d’oursin ou de méduse n’ornera leur peau de soie. Souhaitez-moi bonne chance. Que vais-je faire pendant mes vacances ? Lire des piles de romans ? Oui, j’en ai déjà emprunté quelques-uns à la bibliothèque. A ce propos, je vous recommande « la papeterie Tsubaki » de Ito Ogawa (ou Ogawa Ito, mince, je ne sais plus), un très joli roman japonais, qui conte les aventures d’une jeune femme calligraphe et écrivain public, ses rencontres, les amitiés qu’elle lie grâce aux missives qu’elle écrit pour les autres… un roman délicat comme un cerisier du Japon en fleurs, pour rester dans le thème. Et également, Manifesto, de Leonor de Recondo, un adieu au père, dans la chaleur du sud, et une conversation imaginaire avec Hemingway… Beau, vibrant et chaud. L’an dernier à la même époque, je vous avais recommandé une liste de bouquins. Si vous ne les avez pas tous lus, vous pouvez vous en inspirer pour votre play-livres de l’été. Sinon, je vais aussi me mettre les pieds sous la table, et dans l’eau, les deux en même temps si je peux, avec un verre de rosé entre les doigts, voire même un Spritz avec quelques glaçons tintinnabulants. Et un grand chapeau de paille aux larges bords sur la tête. Et une revue futile entre les mains. Je me ressourcerai face aux éléments afin de puiser dans leur beauté sauvage un souffle digne de celui qui inspira Chateaubriand, ou Rousseau. Rien que cela. Contempler la mer, chercher des coquillages, de jolis cailloux, prononcer des phrases qui passeront à la postérité, telles que : « oui mon chéri il est beau ton château » (le « mon chéri » ne désignant pas forcément un enfant), « viens là, que je te remette de la crème solaire », « ne partez pas trop loin », « d’accord mais tu rentres pour 18H », « ne touche pas à ces plantes s’il te plaît », « bière ou rosé pour l&#8217;apéro ? », « ARRÊTEZ de faire des oreilles de lapin à mamie, ça fait quatre fois que je reprends la photo ! », « non, vraiment, on ne montre pas ses fesses à l&#8217;église », « freine, attention, freine, FREINE JE TE DIS », et toutes ces petites choses. Et à dans 3 semaines ! Hagarde ou reposée, l&#8217;avenir le dira. N&#8217;oubliez pas que mon blog reste ouvert jour et nuit. Venez-y entre amis, à la bonne franquette. Je vous bise.</p>
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		<title>Le smoothie culturel de Juin : A la mort, à l’amour.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2019 04:10:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[amour et mort]]></category>
		<category><![CDATA[deuil]]></category>
		<category><![CDATA[et je choisis de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[laurence tardieu puisque rien ne dure]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[olivia de lamberterie avec toutes mes sympathies]]></category>
		<category><![CDATA[romans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ces dernières semaines j’ai lu des textes qui m’ont vraiment touchée. Leur point commun : ces romans parlent de la mort et de l’amour. (Non, ne partez pas.) Je sais, j&#8217;aurais plus de succès si je vous parlais de mon dernier achat chez Zara. Mais il remonte à si loin que je ne m&#8217;en souviens pas. Faute de mieux, je vous raconterai donc mes lectures. L’homme qui partage ma vie, aussi sensible qu’un jeune papillon fraîchement sorti de sa chrysalide, me demande à chaque fois avec horreur : « Mais pourquoi lis-tu ce roman si c’est triste ? », l&#8217;air vaguement scandalisé, presque comme s&#8217;il m&#8217;avait découvert des penchants inavouables. Je vous laisse imaginer lesquels, cela vous occupera quelques instants. Néanmoins, il pose là une question tout à fait pertinente. Pourquoi lis-je ces romans, je vous le demande ? Je ne suis pourtant pas gothique et ne me promène pas la nuit avec délectation dans les cimetières, les soirs de pleine lune. Pour la faire courte, depuis que je suis en âge de lire des « vrais » livres de grande personne, j’ai toujours aimé les romans qui analysent la complexité des relations humaines. Et comme nous n&#8217;avons pas (fort heureusement) l’occasion de tout connaître au court de notre existence, les romans sont un bon moyen d’approcher le ressenti de situations que nous ne vivrons jamais. Voilà pourquoi je préfère, aux essais ou aux ouvrages historiques, les romans, fussent-ils dramatiques. Cela me permet de me préparer virtuellement à affronter des drames, de savoir me comporter avec grâce et distinction si je devais dîner avec la reine d’Angleterre, voire même de pouvoir pratiquer une trachéotomie d’urgence avec un couteau de cuisine et un bic, puisque j’ai lu tout cela, donc je l’ai vécu. Vous comprenez ? Bien. Revenons à nos moutons. Donc, dernièrement, j’ai lu des romans qui traitaient de mort et d’amour. « Avec toutes mes sympathies », Olivia de Lamberterie, Éditions Stock, 2018. Alexandre, frère de l&#8217;auteure, a mis fin à ses jours en 2015, après des années à lutter contre sa maladie -la dysthymie-, une sorte de dépression chronique difficile à traiter. Olivia se remémore leur vie familiale, leurs souvenirs d’enfance, la personnalité flamboyante mais fragile de son frère, la complicité qui les unissait depuis toujours, et le combat de toute une famille pour garder en vie cet enfant terrible. En arrière-plan, cette question qui flotte : aurait-il été possible de sauver Alexandre, qui a fait plusieurs tentatives de suicide ? On comprend que non, que nul amour, pas même celui de son épouse ni de ses enfants, n’aurait pu le retenir à la vie, cette vie trop angoissante et épuisante pour lui. Et c’est aussi un cheminement vers la paix pour l’auteure, de comprendre que tout le possible a été tenté. « Avec toutes mes sympathies » n’est pas du tout triste, bien au contraire. Il est un récit drolatique, humble et introspectif de sa vie, d’une famille, écrit avec un regard tendre et ironique. Ironie sur son milieu social, ironie sur elle-même, et sur le milieu professionnel où évolue Olivia – elle est journaliste à Elle avec tout ce que cela comporte, parfois, de futilité et de snobisme. Elle raconte l’hospitalisation en psychiatrie d’Alexandre, le vide et le dénuement qui s’y trouvent et le sécurisent. Il y rencontre le soulagement de ne plus penser et de n’avoir rien à décider, la paix de regarder un mur blanc dans une chambre vide. Elle raconte aussi tous ces petits souvenirs précieux, les derniers rires, les derniers mots échangés, les dernières fêtes, décrits avec acuité, comme si la mort d’Alexandre avait donné une saveur particulière à chaque petit instant de vie. Rien ne dure, tout peut basculer d’un instant à l’autre. C’est un panthéon du bonheur où chaque parcelle de souvenir est puissamment chérie. Trop souvent, on sait que c’est le bonheur quand il nous est ôté.  Ce texte est porté par un amour puissant, qui n’élude pas les fragilités familiales, ni la joie qu’il peut y avoir à se retrouver autour de celui qui souffre. La vie et la mort, les larmes et les rires sont intimement liés. Si nous souffrons, c’est parce que nous aimons et que nous restons sensibles et vivants. C’est un magnifique témoignage sur l’amour et la traversée du deuil, de la colère à un certain apaisement.  « Puisque rien ne dure », Laurence Tardieu, Éditions Stock, 2006. Également en Poche. Il est question d’amour et d’absence encore, chez Laurence Tardieu. Dans « Puisque rien ne dure », un roman qui a déjà plusieurs années, (mais comme j’étais occupée à changer –déjà ! &#8211; des couches, je l’avais raté, et puis je ne connaissais pas l’auteure, étant encore jeune et insouciante), elle raconte le drame qui a fait basculer la vie d’un couple, brisant leur relation sous le poids du chagrin. Geneviève et Vincent s’aiment et sont heureux. Mais un jour, leur fille Clara disparaît sur le chemin de l’école, sans laisser de trace. Comment rester unis dans une pareille épreuve ? Ils s’éloignent inexorablement l’un de l’autre, engloutis par l’immensité de leur souffrance. Pour survivre, Vincent oblitère tout souvenir de sa fille de sa mémoire,  jusqu’aux traits de son visage. Geneviève, elle, écrit chaque jour pour ne pas sombrer dans la folie et rester en vie. Jour après jour, ces mots la sauvent. Quinze ans plus tard, Vincent est appelé au chevet de Geneviève qui se sait mourante. Elle désire évoquer avec lui Clara, pour la dernière fois. Ces quelques jours de retrouvailles leur permettront de retrouver la paix, enfin. La paix dans la mort, pour elle, et la paix dans la vie pour lui qui était hanté par cette absence, et à qui sera enfin rendu le visage de sa fille. « Puisque rien ne dure » est un roman qui, de par son thème, prend forcément aux tripes, et d’autant plus que l’on est parent ; L’extrême délicatesse avec laquelle Laurence Tardieu décrit les affres endurées par ses deux personnages, en fait un texte profondément subtil et doux, sans excès de style ni pathos. Peut-on survivre à la disparition d’un enfant ? L’une a choisi d’écrire son chagrin, et de se souvenir pour garder son enfant vivante, mais en se retirant du monde ; l’autre a préféré tout oublier et emmurer la petite disparue au fond de son cœur, pour poursuivre sa vie, même si c&#8217;est une vie atténuée désormais. Chacun fait comme il peut, il n&#8217;y a pas de fort ni de faible, juste des personnes qui s’efforcent de traverser leur chagrin, et de continuer à vivre en dépit de tout. Il est difficile de parler de ce livre pour en dire autre chose que cela : il est profondément bouleversant, et c’est un livre qui compte dans une vie. Peu d’écrivains possèdent cette puissance d’évocation, sans sombrer dans le larmoiement. « Puisque rien ne dure » est le roman d’un amour qui ne meurt pas, et qui est plus fort que le chagrin. Les enfants dans les étoiles Enfin je voulais évoquer deux beaux articles touchants, celui de Marie du blog « petits pots et mojitos », et celui de EM du blog « un brin de maman ». Marie a perdu un petit garçon à la naissance il y a huit ans. Elle a eu depuis deux petites filles, et évoque son chemin depuis ces huit années. Je vous laisse lire son beau texte. EM attendait des jumeaux, et son petit garçon est décédé quelques heures avant le terme. Elle a écrit un article pour affirmer son droit à aimer et se souvenir de son fils, et surtout ne pas taire ce drame dans sa vie, ni subir les réflexions de ceux qui incitent à tourner la page. Dernièrement, une autre maman endeuillée, Amande Marty, a raconté son histoire et sa démarche pour trouver un sens à cette épreuve, si cela est possible. Cela a donné naissance au film « Et je choisis de vivre ». Ce film a eu le plus grand mal à trouver des producteurs, et pourtant il rencontre un vif succès. Même Télérama s&#8217;est fendu d&#8217;une critique élogieuse, ce qui n&#8217;est pas peu dire. &#160; Toutes ces textes évoquent, chacun à leur manière et dans des circonstances diverses, la puissance infinie de l’amour. Par leur amour ces femmes sauvent de l’oubli un frère ou un enfant. Aimer, c&#8217;est toujours prendre le risque de souffrir. Mais aimer et être aimé, c&#8217;est aussi la seule manière de survivre à la mort. Parler d’un être aimé disparu, ce n’est pas triste finalement : c’est aimer par-delà l’absence. Et puis redonner sa place au deuil et au chagrin dans les relations sociales, c&#8217;est permettre d&#8217;accélérer le processus de guérison. Vous allez me dire : Oui, tu nous déprimes avec tes bouquins sur la mort, on vient ici pour s’amuser, pas pour pleurer. Peut-être même que vous pensez à vous désabonner de ce blog. Je vous signale donc, à toutes fins utiles, qu&#8217;appuyer sur le bouton « se désabonner » entraînera la mort de trois bébés phoques quelque part dans le monde et provoquera une éruption de boutons sur votre nez. À chaque fois, parfaitement. N&#8217;essayez pas, je vous aurais prévenus. Et puis si vous réfléchissez un peu, après avoir lu ces textes, vous vous sentirez heureux d&#8217;être en vie, (si vous me lisez, c&#8217;est déjà que vous n&#8217;êtes pas morts ! ha ha !), heureux d&#8217;avoir compris vos amis qui traversent un deuil, et heureux d&#8217;avoir évité un claquage neuronal par abus de vidéo de chatons. Je vous souhaite donc une bonne lecture ! Smoothie précédent : c&#8217;est ici PS : Après moults atermoiements, j&#8217;ai enfin tranché. Sur mon blog, j&#8217;écrirai auteure et non pas autrice. Autrice me fait saigner les yeux. Et sur mon blog, je n&#8217;écrirai pas « heureu-x-s-es », pour les mêmes raisons, et parce que dans mon référentiel grammatical, le neutre et le masculin se confondent. Je resterai donc sur « heureux », non pour des positions patriarcho-rétrogrades, mais parce que je trouve ça moche de coller trois tirets dans un seul mot, juste au cas-où un lecteur n&#8217;aurait pas compris que je m&#8217;adresse à toutes les gonades. Je fais pleine confiance à votre intelligence, et plutôt que d&#8217;esquinter la langue française, je préfère mettre des polos roses à mes fils.</p>
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		<title>Le smoothie culturel de Mars : Eddy, Michelle et Philippe</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Apr 2019 04:20:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Smoothie, je trouve cela pas mal, non ? Un cocktail un peu bizarre mais bon quand même d&#8217;épinards, banane et chou kale. Moi je le fais plutôt avec des livres et de la musique au lieu des fruits et des légumes. Allez hop, smoothie culturel, je m&#8217;auto-valide l&#8217;appellation. Peut-être que par méprise je ferai venir des foodistas sur mon blog. C&#8217;est bon pour mes statistiques. Quand je suis partie au ski, j&#8217;avais été si occupée à compter les passe-montagnes des gnomes que j&#8217;en ai oublié de prendre un peu de lecture distrayante pour le train (comme, par exemple, la somme théologique de Saint Thomas d&#8217;Aquin, ou Tom-Tom et Nana). C&#8217;est pourquoi je me suis ruée sur le premier tabac-presse de la station pour me ravitailler. Je suis tombée sur « En finir avec Eddy Bellegueule », d’Édouard Louis, dont j&#8217;avais beaucoup entendu parler lors de sa sortie. Comme toujours, je prends connaissance des nouveautés avec un décalage de deux ans (sauf les films de Colin Firth, évidemment). « En finir avec Eddy Bellegueule », d&#8217;Edouard Louis (Seuil) « De mon enfance je n&#8217;ai aucun souvenir heureux. » Ainsi commence ce roman très largement autobiographique. Eddy Bellegueule est le troisième enfant d&#8217;une famille ouvrière. Le cadre : la Somme, les champs de colza à perte de vue, un petit village sinistré par le chômage, l&#8217;alcool et la misère. Les seules occupations proposées aux enfants sont de regarder la télé, ou de jouer au foot, puis de faire des tours en mobylette et de se bourrer la gueule quand ils sont (un peu, mais guère) plus grands. Être un homme consiste à se saouler, à se battre, et à être un dur : c&#8217;est très important, d&#8217;être un dur, de cogner et de museler ses sentiments. Il faut séduire des femmes, aussi (enfin si tant est qu&#8217;il puisse être question de séduction dans ce type de rapports). Eddy se sait, depuis tout petit, homosexuel. Enfant vif et intelligent, il est très vite stigmatisé comme le garçon efféminé et différent dans un contexte social où la seule voie et le seul modèle offerts à un homme sont l&#8217;affirmation de la virilité dans ce qu&#8217;elle a de plus brutal. Il subira le harcèlement et la persécution par ses pairs au cours de sa scolarité. Paradoxalement, c&#8217;est son homosexualité qui le sauvera puisque cette différence qu&#8217;il a tentée en vain de réprimer, le poussera à quitter sa famille et son milieu social pour devenir interne en lycée, puis normalien, et romancier. C&#8217;est à ce moment qu&#8217;il obtiendra officiellement son changement de nom et de prénom et deviendra Édouard Louis. Ce qui est incroyable dans ce livre, c&#8217;est la sensation que j&#8217;ai eue de me retrouver dans un roman de Zola, alors qu’Édouard Louis est né dans les années 90 et narre donc des événements tout à fait contemporains. La misère (sociale, économique, intellectuelle, spirituelle, affective), sue à chaque ligne du roman. Le destin de chaque enfant est tracé quasiment dès le berceau : collège jusqu&#8217;à la 3e, puis décrochage scolaire, travail en usine dans le meilleurs des cas, ou chômage et minima sociaux, et reproduction du modèle parental, sans que jamais personne ne parvienne à sortir de ce sinistre cercle vicieux. Les relations sont frustres, comme les personnalités, l&#8217;absence de dialogue règne, la pornographie pour seule éducation affective et une proximité parfois malsaine entre parents et enfants sont flagrantes. Leur vie est prédestinée à l&#8217;échec. Alors clairement, je vous déconseille cette lecture si vous êtes un peu tristoune. C&#8217;est joyeux comme une usine désaffectée un soir de novembre. Mais je trouve ce roman réellement remarquable par le témoignage social qu&#8217;il donne sur un pan de la réalité que je (et sans doute la plupart de nous) ne côtoie strictement jamais, comme deux couches étanches dans le monde qui glisseraient l&#8217;une sur l&#8217;autre sans jamais interagir ensemble. C&#8217;est cela aussi la France, cette réalité à laquelle sont confrontés les enseignants, le personnel hospitalier et les forces de l&#8217;ordre. A côté de cela, il parait qu&#8217;après la parution du roman, le village d&#8217;origine d&#8217;Edouard Louis a vu défiler des hordes de journalistes venus les inspecter comme des bêtes exotiques. Il semblerait que ce ne soit pas si la zone que cela. Ouf, ai-je pensé, tant mieux parce que cela faisait vraiment peur. Rendez-vous compte, à 150 km seulement de Paris, il y a de quoi avoir la frousse. Mais totalement factuel ou non, ce livre est la manifestation du manque profond vécu par un enfant affamé affectivement et intellectuellement. Il apporte de l&#8217;eau au moulin, si besoin était, que ce qui sauve est l&#8217;éducation et que l&#8217;enfant a besoin au moins autant de nourritures intellectuelles que de légumes sans pesticides. « Devenir », de Michelle Obama (Fayard) Après avoir fini ce roman, j&#8217;avais bien besoin d&#8217;un lecture un peu plus optimiste. J&#8217;attendais Poupette à la gare pour la ramener sur les pistes enneigées, et ayant une heure à tuer, je me suis naturellement dirigée vers la librairie. Sur qui tombai-je ? Sur le beau visage intelligent de Michelle Obama. Enfin, pas en chair et en os dans la gare de Grenoble, non, sur la couverture de son livre « Devenir », déjà talentueusement chroniqué par notre coach nationale Sophie. Un bouquin tout à fait adéquat pour accompagner mon grand café, mon croissant et mon jus d&#8217;orange. Et ouais ! C&#8217;était matinée de fête seule dans la gare, sans nain hyperactif à surveiller. Et ça, je vous prie de croire que ça fait du bien par où ça passe. Michelle Robinson vient d&#8217;un milieu simple : son père était technicien en entretien de stations d&#8217;épuration. Sa mère était mère au foyer. Comme tous les afro-américains, les ancêtres de Michelle étaient esclaves et leurs descendants se sont heurtés au plafond de verre (semi-opaque) de la ségrégation, qui a limité leurs ambitions. Mais la grande chance de Michelle, ce fut ses parents,  convaincus que le savoir et la culture étaient le sésame qui permettrait à leurs enfants de s&#8217;élever socialement. C&#8217;est la chance que n&#8217;a pas eue Eddy Bellegueule et qu&#8217;il a du aller chercher ailleurs dans le sang et dans les larmes. Michelle était amie avec la fille du pasteur Jesse Jackson, un activiste politique qui défendait les droits des Afro-Américains défavorisés et faisait de l&#8217;éducation son cheval de bataille. Un de ses slogans était « Personne n&#8217;est trop pauvre pour éteindre la télévision deux heures tous les soirs ! » A l&#8217;heure où la télévision débite des hectolitres de merde en continu, on aurait bien besoin d&#8217;entendre une personnalité politique le crier haut et fort. On découvre donc ici une femme qui bien avant d&#8217;être la First Lady du très charmant Barack, s&#8217;est battue contre les préjugés des américains blancs et a lutté pour rentrer dans des universités où les Noirs n&#8217;étaient pas vraiment bienvenus; Elle explique très bien d&#8217;ailleurs à quel point la spirale de l&#8217;échec peut arriver à dissuader les Afro-Américains de tenter de s&#8217;en sortir -exactement comme les habitants du village d&#8217;Eddy Bellegueule. C&#8217;est un autre point de vue qui vient de nouveau me démontrer combien moi, blanche issue d&#8217;une famille cultivée où l&#8217;éducation a une place évidente, je ne pourrai jamais vraiment saisir les efforts demandés à un enfant issu d&#8217;un milieu défavorisé et/ou de l&#8217;immigration, qui part avec un handicap considérable alors que je n&#8217;aurais sans doute même pas conscience de l&#8217;avance considérable que me confère ma seule condition sociale.  « A Princeton, j&#8217;avais besoin de mes amis noirs. Nous nous apportions réconfort et soutien. [&#8230;] Ça pompe de l&#8217;énergie d&#8217;être le seul Noir dans une salle de cours ou l&#8217;un des rares non-Blancs à passer une audition pour une pièce ou à être admis dans une équipe de sport. Prendre la parole dans ces conditions et imposer sa présence exige un effort supplémentaire et une solide confiance en soi. Voilà pourquoi, quand nous nous retrouvions, mes amis et moi, pour dîner ensemble tous les soirs, nous éprouvions un certain soulagement. » (page 99) Cela me fait également penser à l&#8217;excellent blog « Merci maîtresse », dans lequel une institutrice de REP relate son quotidien auprès d&#8217;enfants qui partent dans la vie scolaire avec un nombre impressionnant de boulets au pied. Comment trouver la force de surmonter de telles difficultés si les parents ne sont pas derrière pour épauler leur enfant ? Les parcours contrastés d&#8217;Eddy et de Michelle m&#8217;amènent à un troisième point : Édouard Louis a vécu une enfance dénuée de beauté et de sentiments, sans rien autour de lui qui puisse l&#8217;élever, sauf son envie de fuir. Michelle Obama a eu la chance d&#8217;avoir des parents attirés par la culture et l&#8217;ouverture, et un grand-père amateur de musique. Et pour faire le pont entre les deux, il y a&#8230; Philippe Jaroussky, le contre-ténor à la voix d&#8217;ange. Vous le connaissez ? Écouter chanter Jaroussky, c&#8217;est prendre un aller simple pour le Paradis. Échantillon de poudre d&#8217;ange dans les oreilles, garanti sans effet secondaire nocif à long terme (le morceau ci-dessous est le Pie Jesu de Fauré, rien à voir avec les cantates de Vivaldi. Mais il est plutôt beau gosse sur cette pochette CD, non ?):  &#160; Et donc cet homme (car oui, c&#8217;est vraiment un homme qui est doté de cette voix) a fondé il y a deux ans une académie de musique, destinée à offrir aux enfants culturellement éloignés de la musique classique la possibilité d&#8217;étudier et de faire éclore leur talent pour un instrument. C&#8217;est ainsi que l&#8217;on peut admirer sur son site, les mignonnes frimousses de tout un tas de petits gamins qui sans cela n&#8217;alimenteraient leur vie artistique qu&#8217;avec la musique de générique de TPMP et les couacs nasillards du soprano Hanouna. Ce qui, vous en conviendrez, suffirait à faire succomber n&#8217;importe quel jeune aux attraits de la drogue et de la délinquance. Et puis c&#8217;est prouvé scientifiquement : à chaque mot prononcé par Hanouna, un neurone meurt quelque part dans le monde. Alors que là, ces petits choupinous vont pouvoir s&#8217;immerger durant trois ans dans le baroque et l&#8217;opéra, apprendre un instrument, travailler en orchestre, et cette expérience &#8211; quand bien même ils n&#8217;en feraient pas un métier plus tard &#8211; changera sans doute radicalement le cours de leur vie par l&#8217;ouverture sur la beauté qu&#8217;ils auront entrevue. Puisque nous en sommes à la musique classique, je ne saurais trop vous recommander de voir si ce n&#8217;est déjà fait, le film « Au bout des doigts ». Il raconte l&#8217;histoire d&#8217;un jeune à la dérive, sauvé par la musique. Une véritable splendeur d&#8217;émotion et d&#8217;espérance (Et puis il y a Lambert Wilson dedans. Il est beau Lambert, et comme Colin et Georges, il vieillit merveilleusement bien). Les livres, et la musique. Les mots qui s&#8217;envolent, les notes et les pensées qui s&#8217;égrènent, le cœur et l&#8217;âme qui s&#8217;éveillent et prennent de la hauteur, c&#8217;est ce que je retiens d&#8217;Eddy, Michelle et Philippe qui sont parvenus à s&#8217;élever, chacun par leur chemin, du plus tortueux ou plus serein.</p>
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