sevrage tétine tototte
marmots

Adieu Tétine !

Ciao, bye-bye, hasta la vista, la tétine c’est finie ! Ca y est, Lapin a réussi son sevrage de tétine, sa précieuse tétine, son inséparable tétine, celle qui le suivait partout, et qui avait élu domicile dans sa petite bouche, environ 3 semaines après sa naissance, pour n’en plus ressortir jusqu’à mi-décembre 2020. NOUS AVONS RÉUSSI ! Comme je sais que le sevrage de sucette est parfois une période compliquée, je vous livre mes (non-)secrets et mes (non-)conseils pour réussir cette étape délicate.

Reprenons depuis le début : Lapin naît. Dès ses premiers instants, outre des yeux qui riboulent partout, il se caractérise par un besoin de succion tout à fait dingue. Nous passons un certain temps et un temps certain à lui filer nos petits doigts, qu’il ventouse littéralement dans sa bouche et tète avec ardeur. Ici, je sens venir la question : ben pourquoi que tu lui a pas donné pas le sein, patate ? Ben parce que figure-toi que j’ai essayé, et qu’après avoir donné le sein 23h sur 24h sans qu’il prenne un gramme, j’ai décidé de tirer mon lait, plutôt. Tu vois ? Fin de la parenthèse.

Donc nous nous disons, avec toute la détermination dont nous sommes capables, « Non, pas de tétine. Non, pas de tétine. La tétine ? Jamais ! Il va la perdre tout le temps, il nous réveillera tout le temps, ça sera infernal. Bon, sur ce, pourquoi tu restes planté là ? Tu vas aller les acheter ces foutues tétines à la pharmacie ? Tu veux ma mort ou quoi ? » et donc, il a eu une tétine.

Dès l’instant où il sentit se poser dans sa minuscule bouche cette précieuse tototte, sa vie devint plus douce. Il faut dire que ce pauvre Lapin a eu des coliques bien cognées. Il a douillé sa race, quelque chose de bien. Le soir, vers 18h, nous préparions le plan anti-coliques : petite bouillotte gel chauffée, insérée entre le body et le pyjama; emballage du Lapin dans sa petite couverture, les pattes bien serrées contre le ventre; insertion de la tétine dans la bouche de Lapin; tapotage de fesses à travers la couverture; dîner à tour de rôle, en se refilant le Lapin emballé, tapoté, bouillotté, tétiné.

Je peux vous dire que je n’ai aucun regret de cette période.

Mais la tétine nous a vraiment sauvé la vie. Surtout que vers 4 mois, Lapin se plaignait toujours, et un petit reflux est venu prendre la suite des coliques, comme ça, ni vu ni connu, histoire qu’on ne s’ennuie pas trop. Parfois, dans son sommeil, on s’amusait à tirer sur la tototte, et on rigolait en voyant qu’il se remettait à téter avec ardeur pour ne jamais la perdre.

Et puis Lapin a grandi. Il a marché, il a eu des dents (dans cet ordre), il a commencé à parler, il est rentré à la maternelle, toujours la tétine vissée au bec, comme Popeye avec sa pipe. Bien entendu, il n’avait plus UNE tétine, il en avait entre 5 et 7 : 3 dans le lit – une dans la bouche, et une dans chaque main pour se caresser le nez avec-, 2 dans son sac à dos, et plusieurs en réserve pour éviter tout drame vespéral – il y en eut, pourtant.

Et puis, il s’est réveillé des nuits, parce qu’il avait réussi à perdre ses tétines dans le lit. Et puis, on n’entravait rien, que dalle, à ce qu’il baragouinait, et c’était un peu relou, même si c’était trop mignon. Et puis, le pédiatre lors de la visite des 4 ans a décelé un petit retard de langage et de maturité. Pas alarmant, mais présent. Et puis, on en a eu ras-le-bol de toujours se dire « Tu as vu la tétine ? Où est la tétine ? C’est toi qui as rangé la tétine ? M’enfin la tétine était LÀ, sur la bibliothèque, qui l’a prise C’EST PAS VRAI C’EST BIEN LE MOMENT ! » juste quand on partait en vacances, au travail, ou à l’instant où nous nous posions enfin pour souffler.

Parallèlement, j’ai constaté que Lapin, le matin, semblait moins accro à la tototte sur le chemin de l’école. Et j’ai compris pourquoi : Il en pinçait un peu pour une de nos petites voisines, plus jeune que lui, et il n’assumait plus vraiment d’avoir une tototte, alors qu’il était en grande section, et elle en moyenne. Donc il la planquait dans sa poche sur le chemin.

Je me suis alors engouffrée dans la brèche et j’ai commencé mon conditionnement. « Lapin, tu sais, tu vas avoir 5 ans bientôt. A 5 ans, tu n’auras plus de tétine car tu es grand. Tu es capable de t’endormir et te rassurer avec doudou, sans tétine ».

HOU, HOU, la vilaine, VEO !!! Voyons, on se calme : on parle d’un enfant de presque 5 ans, pas d’un nouveau-né OK ?

« Tu la donneras au père Noël, d’accord ? Le père Noël l’emmènera et la donnera aux lutins. »

SCANDALE ! ELLE MENT A SON FILS ! C’EST DE LA MANIPULATION ! CET ENFANT VA ÊTRE DURABLEMENT TRAUMATISÉ ET VA PERDRE TOUTE CONFIANCE DANS SA MÈRE ET MÊME, DANS L’HUMANITÉ ! Mais non, mais non. Relaxe-toi. C’est pas avec ça qu’il va se dessouder le cortex à coup de cortisol, allez respire.

Lapin avait donc intégré que les jours avec sa tétine étaient comptés, et il était plutôt d’accord. (Quel suspense, hein ? )

ET puis un jour, ou plutôt une nuit… « Maman, elle est où ma tétiiiiiiine ? »

pas dans le lit
pas sous le lit
pas derrière les livres de la bibliothèque
pas à la salle de bains
pas au dessus de l’armoire
pas à côté de la cuvette des WC

JE SAIS PAS OÙ ELLE EST ET J’EN AI MARRE DE LA CHERCHER !!! Je ne cherche plus et tu dors sans.  Et vlan ! je suis partie, comme ça.

Devinez quoi ? il s’est endormi comme si de rien n’était.

Le Lendemain, Lapin a chuté dans la cour de l’école et s’est fait un petit bobo à la lèvre. J’avais entre temps retrouvé la tétine, et évidemment : il me la demande au moment du coucher. « Ah, non mon Lapin, il faut que ton bobo guérisse. Pas de tétine ». 

Une nuit…
Deux nuits…
Trois nuits…

« Maman, mon bobo est guéri, je peux avoir ma tétine ? »

C’est là le moment crucial où il m’a fallu ne pas flancher. J’ai pris une grande inspiration, et de ma voix la plus suavement bienveillante, je lui ai dit : « Mon petit Lapin Chéri, cela fait 4 nuits que tu dors sans aucune tétine. Bravo, tu es un grand garçon. Je crois que maintenant, tu n’en as plus besoin ! Les tétines c’est fini pour toi. Tu peux être très fier de toi mon chéri. » 

Et je lui ai acheté un cadeau. Nous avons annoncé la grande nouvelle urbi et orbi à toute la famille, histoire de racler quelques cadeaux supplémentaires parce que franchement, c’était mérité.

Depuis, finito, il ne les a plus jamais réclamées.
Alors certes, il était probablement prêt. Le fait qu’il égare perpétuellement sa tétine était sans doute le signe qu’elle ne lui était plus si indispensable. Mais quand même : si je n’avais pas secoué le joug de l’esclavage tétinesque, je serais encore en train de courir après, d’en retrouver sous les coussins du canapé, dans mon lit, dans les playmobils… C’est bon, j’ai eu ma dose.

Certain(e)s considèreront sans doute que j’ai utilisé une kyrielle de VEO : 

  • forcer mon enfant à se sevrer de la tétine au lieu d’attendre qu’il le fasse de son propre chef
  • raconter un gros mensonge sur le père Noël
  • ôter brutalement à mon enfant sa tétine parce que je suis assez égoïste pour vouloir bouquiner plutôt que retourner toute la maison tous les soirs pour retrouver les tétines
  • féliciter cet enfant et lui offrir un cadeau, développant là son goût pour les récompenses au lieu de trouver sa satisfaction dans l’accomplissement de bonnes actions.

Qu’il pensent.

En attendant, Lapin va très bien, parle mieux, a fait plein de progrès, grandit. Et la tétine, si elle le rassurait, le maintenait aussi dans un état de petit bébé trop mignon. Mais moi, c’est un enfant que j’ai, pas un lapin nain.

PS : j’ai repensé à l’allaitement de Lapin. A posteriori, je me dis que heureusement, HEUREUSEMENT que j’ai du passer au tire-allaitement. Sinon, il téterait encore sa mère 3 fois par nuit à 5 ans. Rien que d’y penser, j’ai envie de me défénestrer. Je vous le dis, on l’a échappé belle.

Il faut absolument que tout le monde le sache ! je partage :

27 commentaires

  • So (mondaymornig)

    Nickel, je note tout pour Basou (qui a eu un peu le même début de vie (mais encore plus mauvaise mère que toi j’ai même pas tiré mon lait hop direct de la poudre)). Faut que je trouve un moyen pour qu’il se blesse à la lèvre… (je dé-conne, pour si certaines veulent m’envoyer l’ASE (second degré…)). On a essayé de lui faire donner au loup (il est fan de loup mais le livre la tétine de Nina il en avait rien à fiche). Pour le coup je note de bousculer un peu les choses, je nous laisse un an (ça fait fin de petite section, j’y crois)

    • Maminechat

      Je la trouve plutôt douce ta méthode. J’ai eu 3 accros à la tétine. Elles ont arrêté quand on est parti en vacances (tétines oubliées). Elles avaient respectivement 18 mois, 4 ans et 3 ans. Le petit dernier n’a pas vraiment voulu en prendre donc je n’ai pas insisté. Voilà comment depuis 2 ans, nous sommes débarrassés des tétines.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      @maminechat Oui, c’est vrai, 5 ans c’est raisonnable pour l’enlever. Finalement je ne suis pas si tortionnaire que ça !
      Bien joué pour les oublis en vacances 😉

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Ah, si j’avais pu faire ça en fin de petite section… Je n’ai pas eu la force !

  • 3kleinegrenouilles

    Top ! A Hambourg, il y a des arbres à tétines où l’enfant attache sa tétine. C’est moche mais il paraît que ça marche et que les enfants sont tout contents d’accorcher leur tétine à l’arbre. Chez nous aussi, la petite avait l’air assez accro à sa tétine et puis nous sommes partis en vacances et nous l’avons oubliée (bon, elle était dans mon sac à main). L’exotisme de dormir ailleurs a joué son rôle et elle ne l’a plus jamais demandée. Elle mâchouille son doudou avant de s’endormir mais c’est tout.

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      j’imagine en effet que quand c’est institutionnalisé, ça aide l’enfant ! je l’aurais bien fait s’il y avait eu chez moi. Tiens, je vais sans doute lancer la mode !

  • Juliette

    Je suis archi fan de cet article archi vrai..!chez nous la tetine a été donnée au pere noel en decembre 2019 après insistance,conditionnement…, grande enfant avait presque 4 ans. Tout allait bien jusqu’au retour en voiture, grosses larmes, drame intersideral, soirée atroce,la faible maman que je suis en a retrouvé une par hasard pour calmer l’enfant,sous le regard médusé de papa..Puis décembre 2020,grande enfant l’a donné au père Noël et puis voilà. Elle avait décidé, depuis elle n’en a plus..

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Ah, parfois, la sagesse est de s’adapter ! Comme toi, si vraiment ça avait été tragique, je pense que j’aurais redonné. Mais je le sentais lui-même peu convaincu.

  • Lexie

    Tout pareil ici – le fait de les voir téter sauvages cette fichue tétine me rappelle tjs la petite dernière des Simpsons :). Tempête a arrêté la sucette à ses trois ans et qq. Le dentiste avait commencé à en parler à l’automne et on avait décidé avec elle qu’on attendrait Noël et de la donner à un quelconque lutin en échange d’un cadeau. Finalement elle s’est tannée d’attendre et début décembre elle a décidé un jour qu’elle n’en voulait plus. On lui a donné son cadeau et on est tous passé à autre chose 🙂 j’avais même demandé à ma mère de m’envoyer un Machouyou, un truc qui se trouve en France et permet de faire une transition, mais elle avait déjà arrêté quand il est finalement arrivé!

    • Maye

      Je suis tellement reconnaissante au destin, ma fille, le karma, que sais-je (clairement pas mes talents de mère faut pas déconner mdr) car déjà ma fille ne l’a prenait que pour s’endormir, et ensuite quand elle a eu 3 ans et demi on a déménagé et on a mis des tetines neuves dans les valises en insistant bien que c’était pour la nouvelle ville. Entre temps elle a cassé sa tétine et n’a jamais voulu prendre les autres puisque c’était uniquement pour la nouvelle ville. Sauf qu’elle a pété sa tétine deux mois avant le déménagement. AMEN. (On lui a aussi dit qu’il n’y avais pas de couches la bas et elle a arrêté d’en porter comme ça. Oupsi…) (Et en passant j’ai allaité deux ans et elle a quand même eu une tétine et dieu merci sinon je n’aurais pas survécu à son besoin de succion…..)

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Voilà bien mon souci : je n’ai pas déménagé au bon moment. Et changer de ville juste pour un sevrage, bof finalement !

  • Viviane

    Mes trois enfants n’ont jamais eu de tétine… Le premier criait tellement que bien entendu on a très rapidement craqué et tenté le coup, mais manque de bol la tétine il nous la recrachait ^^ Numérobis a adopté les doigts, pour le coup assez longtemps, et numérotrois a toujours été parfait : ni tétine, ni doigt, ni pleurs ^^

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      moi aussi, mes deux premiers étaient des cracheurs de tétine. c’est fou la différence entre les enfants ! Leur petite personnalité est déjà tellement développée dès la naissance 🙂

  • Maman Lempicka

    La mienne l’a providentiellement lâchée juste avant l’entrée en PS. Comme ça. Même pas eu à recourir aux VEO, tu vois. Bon, on lui a quand même acheté une Barbie Cendrillon en récompense et l’avons donc soumise aux sirènes de la consommation et de Disney. Si j’avais été dans ta situation, j’aurais recouru aux mêmes expédients. T’as géré. Même si tout ceci vaudra peut-être à Lapin une psychanalyse à 35 ans.

  • Miss Zen

    Et bien voila qui m’a rappelé plein de souvenirs : les totottes qui brillent dans le noir pour la nuit, avoir toujours un stock de 10 totottes , en mettre 4 ou 5 dans son lit…..
    Mon koala a aussi été un bébé colique/reflux donc je compatis.
    J’ai aussi utilisé le grand St Nicolas comme source de motivation et cela a marché….il n’est pas devenu caractériel (pas encore)
    Bon maintenant je laisse un bras tous les mois chez l’orthodontiste mais je ne crois pas que la tétine soit la seule responsable de la pousse sauvage des quenottes.
    Félicitations au grand lapin !

    • Petitsruisseauxgrandesrivières

      Ma grande qui n’a eu ni tétine ni pouce (enfin si, elle a des pouces mais tu vois ce que je veux dire), a quand même contribué à l’achat de la troisième Porsche de l’orthodontiste. Donc….

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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