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Cultiver l’ouverture du cœur

Hier soir, nous avons reçu au courrier, d’une part une lettre d’Enfants du Mékong nous informant que nous parrainerons désormais une petit fille laotienne, et d’autre part le petit journal d’informations de Médecins sans Frontières.

Pour Enfants du Mékong, le courrier était accompagné d’un document expliquant la situation sociale, économique, géographique de la petite fille et de sa famille. Ma grande me l’a chipé avant même que j’aie pu le lire. Puis elle a commencé à ouvrir de grands yeux lisant la description des conditions de vie de cette famille (une seule pièce pour une famille de 4 personnes, le métier à tisser de la mère prenant une grande part de l’espace disponible), en voyant les photos des maisons des enfants parrainés par le programme (des cabanes en taule qui prennent l’eau de toute part pendant la mousson) et en apprenant que dans ces familles, il n’y a le plus souvent qu’un seul repas par jour. Et pas de goûter. Et pas de Nutella non plus.

Pendant qu’elle lisait ce rapport, je feuilletais le petit journal de MSF et suis tombée sur une grande photo d’un jeune garçon avec sa mère, des civils ayant pu s’enfuir de Rakka, échappant au sort de boucliers humains que leur réservait Daesh.

Mon petit garçon de 3 ans ½, voyant le regard de cet enfant, m’a demandé de lui expliquer le pourquoi du comment de cette photo, ce que j’ai tenté de faire avec des mots adaptés à son âge. Je lui ai donc expliqué que cette famille vivait dans une zone de guerre, que leur maison a été détruite par la faute de méchantes personnes et qu’ils habitent maintenant dans une cabane en attendant que leur maison soit reconstruite.

Au moment de se coucher, il me dit :

– « Ils dorment dans une cabane ? Mais ils doivent avoir froid ! » et avec une petite moue désolée, il ajoute : « les pauvres… »

Puis après un instant de réflexion, il dit :

– « Ça veut dire que le garçon n’a pas de lit ? que sa maman n’a pas de lit ? Mais ils vont avoir froid aux jambes… et ils n’ont pas de cuisine non plus ? »

Je lui ai dit que la maison serait reconstruite grâce aux personnes qui donnent de l’argent. Et là, à l’idée du garçon qui retrouverait une maison avec un lit et une cuisine dedans, il m’a fait un grand sourire. Même si je sens que tout cela trotte dans sa petite tête, et qu’il ne comprend pas encore (et tant mieux) ce qu’est la guerre, et pourquoi des enfants voient leur maison, leurs lits et leurs jouets détruits.

                Tout cela, non pas pour dire que mes enfants sont exceptionnels (je le sais déjà, voyons !) mais que la tendance à l’empathie me semble innée (il est d’ailleurs montré que les bébés sont capables d’empathie dès leur plus jeune âge), puis qu’elle se trouve souvent bridée, blindée et enterrée au fur à mesure de l’avancée en âge, certainement par peur, peur de perdre ce que nous avons, peur que notre confort de vie soit impacté, peur d’ouvrir nos cœurs (et nos portefeuilles). C’est d’autant plus frappant en cette période de Noël, où tant de monde va claquer des sommes folles pour faire des cadeaux qui ne feront sans doute que moyennement plaisir, tant nous sommes gavés de gadgets. Cette année d’après le Figaro Éco, le budget moyen des cadeaux de Noël, par enfant, sera de 130€*. Bigre. N’est-ce-pas un peu excessif ?

130€, si je reprends ma petite lettre des enfants du Mékong, attendez que je chausse mes bésicles, c’est plus de 4 mois ½ de parrainage d’un enfant. C’est plus de 80 consultations pour MSF dans un camp de réfugiés. Ce n’est en fait pas une question d’argent, car même un petit don ici, au vu du salaire moyen là-bas, représente beaucoup.

Alors pour faire original sous le sapin, pourquoi ne pas offrir un petit bout de la maison et du lit de ce jeune garçon aux grands yeux, pourquoi ne pas financer l’uniforme d’écolière, les cahiers et les crayons d’une petite asiatique ? C’est tout bénef, pour eux, pour le bonheur que nous en aurions et pour nos placards à jouets au bord de l’indigestion avant même le réveillon, qui nous diront merci (et ça allège le bilan carbone du Père Noël).

Allez-y, piochez votre cadeau :

Pour scolariser un enfant en Asie du Sud-Est

http://www.enfantsdumekong.com/

Pour sortir un enfant de la misère au Cambodge et lui donner une formation professionnelle de qualité (ne pas hésiter à ce sujet à regarder le magnifique film les Pépites, dispo en VOD)

 https://pse.ong/

Pour apporter des soins en zone de guerre et dans des pays très pauvres

https://www.msf.fr/

Pour agir contre la pauvreté, les inégalités et l’exclusion

https://www.secours-catholique.org/ et http://www.croix-rouge.fr/

Pour aider des personnes / familles en difficulté à se loger

 https://www.habitat-humanisme.org/

Pour les personnes en situation de très grande précarité économique et sociale, en France et ailleurs

https://www.atd-quartmonde.fr/

On ne les présente plus ! www.restosducoeur.org

Bien entendu la liste n’est pas exhaustive…

* Et encore, ce n’était pas tout à fait clair s’il s’agissait du montant des cadeaux offerts par les parents seulement, sans inclure les grands-parents et les autres adultes.

 

photos : à gauche, MSF; à droite, Nigel Dickinson

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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