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	<title>éducation Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>Endormir son enfant sans s&#8217;épuiser !</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 18:15:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie comportementale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèles lectrices et lecteurs, je repasse le bout du nez par ici pour vous informer de la sortie d&#8217;un livre préfacé par mes soins, qui traite d&#8217;un sujet ô combien important : les troubles du sommeil de l&#8217;enfant. Ce livre porte le titre prometteur de « Endormir son enfant sans s&#8217;épuiser », de Craig Canapari. Je ne compte plus les plaintes de parents qui n&#8217;en peuvent plus des couchers à rallonge et des nuits fragmentées. On les incite souvent à la patience, à base de « ça viendra, le sommeil met longtemps à se mettre en place », « il/elle a besoin de câlins, c&#8217;est normal », « il ne faut surtout pas sevrer la nuit si tu allaites » etc. Bref, souvent, ces pauvres parents ont l&#8217;impression qu&#8217;il n&#8217;y a pas de solution et qu&#8217;ils doivent se résigner à ne plus dormir. La mouvance du maternage proximal a aussi beaucoup contribué à culpabiliser les parents qui souhaitent entraîner leur enfant au sommeil autonome, comme si c&#8217;était la preuve d&#8217;un égoïsme terrible et d&#8217;un coeur aussi sec qu&#8217;une biscotte. Moi, ce qui me fait mal au coeur, c&#8217;est de constater que des parents (souvent des mères, ne nous leurrons pas) s&#8217;épuisent, se dessèchent, s&#8217;anéantissent dans la perte du sommeil, car ON (= des influenceurs non qualifiés qui n&#8217;y connaissent rien) leur serine que leur enfant sera totalement traumatisé, le cerveau carbonisé au cortisol, s&#8217;ils lui apprennent à dormir seul. J&#8217;ai donc cherché, et trouvé, le livre du Docteur Craig Canapari, pédiatre américain spécialisé dans les troubles du sommeil pédiatrique. Il dirige le centre du sommeil de Yale, aux US, et traite quotidiennement des familles qui en sont arrivées au désespoir. Ce livre a été traduit par les soins de ma maison d&#8217;éditions, Solar, et il est paru ce jeudi 22 janvier 2026. Je vous mets ci-dessous ma préface. N&#8217;hésitez pas à l&#8217;offrir aux jeunes parents autour de vous, avant qu&#8217;ils ne tombent dans le matrixage en vogue et ne se détraquent le sommeil. Je suis intéressée par vos retours et vos avis sur ce sujet, également : le sommeil de vos enfants, comment cela se passe-t-il ? à très bientôt ! « Endormir son enfant sans s&#8217;épuiser », Craig Canapari, Editions Solar, 256 pages, 18€90, existe aussi en  e-book. « Cela fait dix-huit mois que je n’ai pas fait une nuit complète, c’est très dur » ; « Tous les soirs, c’est des allers-retours incessants entre la chambre et le salon » ; « Toutes les nuits, il vient dans mon lit alors qu’il a 4 ans ! »… Depuis plusieurs années, je lis les récits de nombreux parents sur les réseaux sociaux. La plainte numéro un concerne les problématiques liées au sommeil : difficultés d’endormissement, réveils nocturnes persistant bien au-delà de la période du nourrisson, rodéo vespéral, tensions familiales, énervement et cris, nuits hachées et réveils blafards, altération de la relation avec l’enfant ou le partenaire, impact sur la vie personnelle et professionnelle, et surtout sur la santé mentale et physique. Si vous êtes au bout de votre vie, que vous oscillez entre désespoir et épuisement, et que la pensée de dormir sept heures pleines et ininterrompues, même une seule nuit, vous fait davantage fantasmer qu’un tour du monde en voilier, alors il se pourrait que cet ouvrage vous intéresse ! L’auteur, le Dr Craig Canapari, pédiatre et spécialiste des troubles du sommeil chez l’enfant, dirige le Centre du sommeil pédiatrique de Yale, aux États-Unis. Il est également père et a été confronté aux mêmes difficultés que vous et moi : concilier le respect des besoins en sommeil de toute la famille et une approche éducative bienveillante. L’essor des courants éducatifs centrés sur les besoins de l’enfant a apporté de nombreux bénéfices. Le rythme de développement des enfants est maintenant mieux compris et mieux respecté. L’importance capitale des câlins et des encouragements est très largement connue par les parents, promue par les experts de la petite enfance, et mise en avant par les médias. Mais certaines exagérations ont généré leur lot d’effets indésirables. Vous avez peut-être déjà lu, au détour de vos déambulations sur Instagram, des affirmations au sujet d’un rythme biologique propre aux enfants qu’il s’agirait de respecter à tout prix. Ce postulat émane de parents comme vous et moi, mais aussi parfois de personnes travaillant dans le domaine de la petite enfance. Il peut vous inciter à attendre, attendre, attendre… que la situation s’améliore naturellement. Le problème, c’est le manque de précision sur l’âge jusqu’auquel s’applique cette exhortation à la patience. Or, le sommeil d’un nouveau-né n’a rien à voir avec celui d’un bambin de 2 ans ou d’un jeune enfant de 5 ans. Et pourtant, la confusion est là : de nombreux parents finissent par penser qu’il faudrait répondre de manière identique aux besoins du plus grand comme du plus petit. Ces contenus contribuent massivement à diffuser auprès des parents la croyance que, pour assurer la sécurité affective de leur enfant, il leur faudrait lui tenir la main et rester auprès de lui aussi longtemps que nécessaire, jusqu’à ce qu’il manifeste, un jour, l’envie de dormir seul. (Ce qui finira forcément par advenir car, comme on vous le fera sans doute remarquer, aucun adolescent ne fait de cododo avec ses parents.) À force, même les parents qui étaient de prime abord plus réticents à accourir au moindre couinement de leur bébé blêmissent devant la perspective menaçante de graves traumatismes psychologiques guettant leurs enfants. Certains parents aiment prolonger la douceur du sommeil partagé en famille, ont la chance de se rendormir vite et bien et s’accommodent de ne pas obliger leur enfant à dormir seul ; dans ce cas tout est pour le mieux ! Mais d’autres parents ont un sommeil plus fragile, une tolérance moins grande à la fatigue, des problèmes de santé ou des conditions de vie plus complexes. Il est douloureux et injuste pour eux d’entendre que l’éducation au sommeil est maltraitante et révélatrice d’un égoïsme scandaleux, et qu’ils doivent accepter une vie de sacrifices, de larmes et de dette de sommeil. En tant que scientifique, je suis en désaccord avec cette vision négative. Je n’ai trouvé aucune preuve dans la littérature qui pourrait appuyer la croyance que l’éducation au sommeil est nocive. Au contraire, des études scientifiques ont démontré que les enfants ayant suivi un entraînement au sommeil autonome dormaient fort bien, étaient moins anxieux et avaient une excellente relation avec leurs parents. Bien entendu, éduquer un enfant au sommeil ne signifie pas qu’on laissera hurler un nourrisson toute une nuit. Ces temps sont, je l’espère, révolus ! Mais on ne peut être un parent efficace et bienveillant qu’à la condition de dormir suffisamment, tant le manque de sommeil entraîne de troubles de l’humeur. Évidemment, devenir parent implique des nuits perturbées et moins de sommeil. Mais cela doit être transitoire, et ne doit pas aller jusqu’au point de mettre votre santé en danger. Une autre donnée curieusement absente de ces débats passionnés autour de l’éducation au sommeil est la fatigue des enfants dont les nuits sont ainsi durablement fragmentées. À quel moment a-t-on réussi à faire croire aux parents qu’il était meilleur pour leur enfant d’avoir un sommeil haché, plutôt que de passer une bonne nuit ininterrompue ? Craig Canapari pointe d’ailleurs l’impact – y compris à long terme – d’un sommeil insuffisant sur la santé d’un enfant : les études scientifiques mettent en évidence l’effet du manque de sommeil sur les troubles socio-émotionnels et le risque accru d’obésité, entre autres pathologies. Et contrairement à une croyance répandue, les petits « dodos volés » dans la poussette ou le siège auto n’apportent pas la même qualité réparatrice de sommeil. Alors, existe-t-il une autre voie que l’alternative entre la position attentiste « Je me résigne à attendre qu’il accepte de dormir car je préfère mourir d’épuisement que de culpabilité » et la position dictatoriale « Qu’il pleure tant qu’il voudra, je ferme la porte de la chambre à 19 h 30 et je reviendrai demain » ? Oui, fort heureusement ! Quoi qu’il s’en dise dans les médias ou sur les réseaux sociaux, il n’est pas question que d’attachement et de sécurité affective dans le sommeil : il est aussi beaucoup question d’habitudes et de rituels. En tant qu’adulte, mon rituel est de boire une tisane et de lire quelques pages, de faire un câlin à mon mari, puis de lui tourner le dos pour m’endormir. Le rituel de mon plus jeune enfant est que je l’accompagne dans son lit pour lui lire une histoire, puis que je dise « Voilà, c’est fini », avant qu’il réclame « Encore un peu, s’il te plaît ! » Je réponds alors d’accord, et je rajoute un chapitre, avant de l’embrasser, de lui caresser les cheveux et d’éteindre la lumière. Nous avons tous nos rituels et nos habitudes. Supprimons la tisane ou l’histoire, et l’endormissement est altéré. Et souvent, nous, parents ne prenons pas toujours conscience que nous pouvons agir, autant pour susciter une bonne habitude que pour en entretenir une pas vraiment géniale, totalement à notre insu. C’est là, l’originalité du livre de Craig Canapari : envisager le sommeil sous l’angle du comportement et des habitudes, tout autre problème de santé physique ou psychologique étant bien sûr dûment pris en compte. Son approche repose sur les concepts explicités par le Pr Alan Kazdin dans ses ouvrages sur la gestion des comportements indésirables des enfants grâce au renforcement positif. Pour faire évoluer le comportement de notre enfant, nous pouvons agir sur les antécédents (les événements qui précèdent son comportement) et sur les conséquences (notre réaction à son comportement). Cette approche, qui relève de la psychologie comportementale, est étayée par d’innombrables publications scientifiques et a fait la preuve de son efficacité. Craig Canapari applique minutieusement cette méthode à la problématique du sommeil. En agissant sur la routine préparatoire du soir, et en modifiant consciemment vos propres réactions, vous êtes en mesure de changer la donne pour les nuits de votre enfant. Vous découvrirez dans ce livre de nombreuses méthodes pour régler progressivement les troubles d’endormissement ou de réveils nocturnes de votre enfant, selon son âge, son comportement et le moment où les difficultés se manifestent. Tous les aspects liés au sommeil sont explorés : les troubles physiologiques, le cododo, l’allaitement, le sevrage nocturne, les doudous et tétines, les siestes, la gestion des écrans et des colères, endormir son enfant en roulant sur le périphérique, passer du lit à barreaux au lit de grand, partager sa chambre avec un frère ou une soeur, prendre en compte une personnalité anxieuse et gérer tout ce grand bazar quand on est parent solo. Craig Canapari fait aussi le point sur la méthode tant décriée du « laisser-pleurer », celle qui brise le coeur des parents. Sans jamais émettre de jugement, il propose de nombreuses alternatives efficaces, progressives, douces ou rigolotes, détaillées pas à pas, afin que vous choisissiez la méthode qui correspond à votre tempérament. Vous le verrez, il a lui aussi vécu des moments d’épuisement et de grands questionnements dans sa parentalité. Cela le rend d’autant plus humble et compréhensif envers les parents lecteurs. Chers parents, à l’issue de cette lecture, je vous souhaite des soirées sereines, des nuits reposantes et des réveils qui ne soient plus une torture. Je souhaite à vos enfants des couchers doux et chaleureux, et de bons et gros dodos qui les aideront à grandir en pleine forme ! Marie Chetrit</p>
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		<title>Elever un enfant qui s&#8217;oppose : les vraies solutions</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Aug 2024 10:32:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous n&#8217;êtes pas convaincue par le coussin de la colère ? Vous avez épuisé les charmes de la roue des émotions ? Votre enfant vous balance sa bouteille de retour  au calme dans la figure ? Votre ado vous siffle que vous êtes gênante quand vous lui demandez de verbaliser ses émotions ? Les câlins lors des crises de votre enfant ont montré une efficacité tout à fait nulle pour régler le problème ? Ca tombe bien ! Après « Eduquer sans s&#8217;épuiser », paraît « Elever un enfant qui s&#8217;oppose, les vraies solutions« , d&#8217;Alan Kazdin.paru aux Etats-Unis sous le titre « The Kazdin Method for Parenting the Defiant Child ». Vous me direz, quelle est la différence entre les deux ouvrages ? “Eduquer sans s’épuiser” explique les bases théoriques et scientifiques de la méthode “Kazdin”, et les outils principaux. Dans “Elever un enfant qui s’oppose, les vraies solutions”, vous trouverez comment mettre en place, très concrètement, cette méthode, pas à pas, pour diminuer l’intensité des conflits. En détails, le livre contient : La boîte à outils pour faciliter la vie de famille : comment mettre en place un programme à points étape par étape, les tableaux de récompenses, le bon usage des compliments, les limites du time-out&#8230; Des entrées par tranche d’âges : les tout-petits, les 3-6 ans, les 6-12 ans et les adolescents. Des solutions pratiques par type de situations de conflits : pendant les devoirs, à l’école, au sport, en vacances, au supermarché, colères, oppositions, retards systématiques&#8230; La mise en oeuvre de la méthode en groupe (en classe par exemple), la gestion des élèves perturbateurs Le « service après-vente » ou les solutions quand ça ne marche pas : qu’est-ce qui peut être amélioré dans ma mise en oeuvre de la méthode ? La prise en compte des cas atypiques comme les enfants atteints de TDAH Des suggestions de récompenses par âge Des conseils aux parents sur le contexte familial élargi Les questions/réponses les plus fréquentes Et pour vous mes chères lectrices et quelques lecteurs, voici ma préface (puisque oui, j&#8217;ai rempilé avec plaisir pour ce deuxième ouvrage du Professeur Kazdin !) Bonne lecture ! Vous le savez aussi bien que moi : la vie de parent n’est pas un long fleuve tranquille, et ce n’est pas un petit fossé qui se trouve entre nos attentes et la réalité : c’est un abîme. Votre enfant a 4 ans, il fait une colère monumentale dès que vous devez passer à une autre activité. Elle a 6 ans, et vous n’osez plus l’emmener au supermarché car à chaque fois, elle vous harcèle jusqu’à ce que vous cédiez et achetiez ce paquet de bonbons. Il a 8 ans et ne cesse d’injurier ses camarades, et même vous, ses parents. Elle a 10 ans, et les devoirs sont un calvaire : elle ne veut pas s’y mettre, bâcle son travail, et part bouder dans sa chambre. Il a 12 ans et se dispute sans cesse avec son frère, cela vous éreinte et gâche tous vos week-ends. Elle a 13 ans, vous parle de haut et vous montre bien, par chacun de ses silences, que vous ne comprenez rien à rien et ne réagissez jamais comme il le faudrait. Des conflits surviennent avec la prof, l’entraîneur de foot ou des camarades. Vous avez le sentiment d’avoir tout essayé, la situation vous semble sans issue et le découragement vous accable. Vous fileriez volontiers vous cacher dans un trou de souris, et en arrivez presque à regretter d’avoir cédé, un jour de folie, au désir d’avoir une descendance. Le contexte éducatif et social actuel, où beaucoup d’attentes pèsent sur les parents, nous met sous pression : les attentes, ou plutôt les exigences, sont grandes à notre égard. Nous sommes sursaturés de conseils. Les émissions, podcasts et livres sur la parentalité se multiplient. Être parent, en dépit de toutes ces ressources, n’est pourtant pas plus simple qu’autrefois. La conscience de la fragilité de l’enfant, de la nécessité de le soutenir et de l’aimer, de respecter son rythme de développement, de le considérer comme un sujet à part entière – et non comme un prolongement ou une possession des parents – est présente chez la plupart des parents (et chez l’immense majorité de ceux qui se documentent sur l’éducation.) Mais que le tri est difficile à faire dans ce grand supermarché de la littérature parentale ! Nous entendons beaucoup dire que les comportements inadaptés des enfants sont une conséquence de leurs émotions, en général la colère ou la tristesse. En fin de compte, il n’y aurait même pas de comportements inadaptés, mais nous, les parents, serions à côté de la plaque car nous ne comprendrions pas les raisons qui provoquent ces comportements, nous ne serions pas à l’écoute. La parole et l’expression des émotions, seraient donc la solution à privilégier pour désamorcer les conflits et initier les bons comportements. Bien entendu, le dialogue en famille, comme l’amour et l’eau fraîche, est indispensable pour le bonheur de nos enfants. Et pourtant, ce postulat n’est que partiellement juste. Le Professeur Kazdin, docteur en psychologie de l’enfant, enseignant-chercheur à l’université de Yale, et clinicien, a reçu des milliers de familles dans son centre de parentalité, dont certaines vivaient des situations conflictuelles excessivement difficiles. Au contact de ces familles, il a élaboré un programme permettant d’ancrer, jour après jour, des comportements positifs chez des enfants réputés terribles. Serait-ce en les faisant s’exprimer sur les raisons de leur comportement, en tapant des coussins ou en tournant une petite roue des émotions ? Pas du tout ! Alan Kazdin le souligne : de nombreuses études scientifiques démontrent que verbaliser sur les émotions ne réduit pas les comportements agressifs. Comme il le dit avec humour, « Toute cette approche se fonde sur des principes psychologiques erronés comparant l’esprit humain à un moteur à vapeur qui aurait besoin de relâcher de la pression pour pouvoir fonctionner sans heurts. » Vos enfants ne sont pas des cocotte-minute sous pression. Bien sûr, l’analogie de la cocotte-minute a son utilité dans certains cas, mais comme toute image, elle est bien insuffisante et trop simpliste pour décrire le fonctionnement de la psychologie enfantine dans sa globalité. Réduire l’éducation à un travail sur les émotions, et s’évertuer à les accueillir, analyser et reformuler, dans la plupart des cas, est insuffisant voire stérile. Contrairement à ce postulat qui voudrait que les mauvais comportements découlent d’émotions bouleversantes, le professeur Kazdin démontre que les émotions positives peuvent résulter d’un bon comportement, que l’espoir est permis et qu’un véritable changement – tant au niveau de votre enfant, que dans la famille plus largement &#8211; peut s’opérer : obtenir que son enfant se comporte bien quand on fait les courses, ou coopère convenablement pour le travail scolaire, est un objectif atteignable, et il est même envisageable que les bons comportements perdurent dans le temps. Dans cet ouvrage, le professeur Kazdin aborde de manière très approfondie la manière de mettre en place de manière efficace un programme de renforcement positif : le renforcement positif est un procédé issu de la psychologie comportementale, qui en gratifiant les bons comportements, permet d’augmenter la probabilité de leur apparition. Dans son ouvrage précédent, « Eduquer sans s’épuiser » (Solar 2023), il exposait les grands principes à la base de sa méthode. Cette fois-ci, vous apprendrez très précisément comment initier un programme à points, étape par étape, âge par âge, situation par situation. Dans quel ordre procéder, quels renforçateurs positifs utiliser, que peut-on raisonnablement attendre d’un enfant (car les parents en demandent parfois beaucoup trop) ? Vous découvrirez comment adapter ce programme, selon que votre enfant a 4 ou 13 ans. Quels leviers utiliser, pourquoi ça n’a pas marché quand vous avez essayé, comment coopérer avec un enseignant, un ex-conjoint. Comment l’utiliser avec des groupes d’enfants, qu’il s’agisse d’une fratrie ou d’une classe. Colère, sommeil, agressivité, insolence, inertie : tous ces problèmes peuvent être abordés sous l’angle du renforcement positif. Cerise sur le gâteau : cette méthode est pleinement compatible avec l’éducation positive, car son but est justement d’exclure les violences physiques, verbales et psychologiques sur nos enfants. Elle apporte des éléments concrets (c’est rare) et efficaces (c’est encore plus rare), bien au-delà des théories vaporeuses qui encombrent le champ de la parentalité. Les parents qui craindraient de brider la personnalité de leur enfant en utilisant des méthodes de psychologie comportementale peuvent être rassurés : ces faux arguments sont examinés un par un, et réfutés. Sur ce, je retourne prendre encore quelques notes, car je viens de terminer la mise en place d’un programme de renforcement positif pour un enfant rétif aux devoirs, et les disputes fraternelles sont mon prochain chantier. Marie Chetrit Elever un enfant qui s&#8217;oppose, les vraies solutions. Alan Kazdin, éditions Solar, 19€90, 29 août 2024</p>
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		<title>Chasseur Cueilleur Parent, de Michaeleen Doucleff</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2022 04:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[marmots]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CHASSEUR CUEILLEUR PARENT, LE LIVRE PHENOMENE clame le bandeau vert au bas de l&#8217;ouvrage. LES CULTURES ANCESTRALES EXCELLENT DANS L&#8217;ART D&#8217;ELEVER DES HUMAINS HEUREUX. QU&#8217;ONT-ELLES A NOUS APPRENDRE  ? Telle est la question. Je ne pouvais pas ne pas lire cet ouvrage, qui plus est préfacé par l&#8217;incontournable Isabelle Filliozat. Ce qui, une fois que j&#8217;ai lu l&#8217;ouvrage, me fait doucement marrer mais bref, je ne vais pas spoiler trop vite. Donc, Michaeleen Doucleff est une jeune maman dotée d&#8217;une enfant atroce qu&#8217;elle ne peut plus supporter, au point de faire des crises d&#8217;angoisse à l&#8217;aube, à l&#8217;idée d&#8217;affronter Rosy, 3 ans, colérique, violente. Michaeleen est une mère concernée, présente, anxieuse et désireuse de bien faire. Mais visiblement, il y a un os dans le potage. Rien de ce qu&#8217;elle ne tente ne fonctionne avec cette petite fille irascible. Michaeleen est journaliste scientifique pour une radio américaine et amenée à se déplacer fréquemment sur tous les continents. Un jour, elle prend sa fille son le bras et part pour un long périple qui la mènera en Amérique Centrale chez les Mayas (Petite musique d&#8217;ambiance sur l&#8217;air de el condor pasa), puis chez les Inuits à Kugaaruk (Humez-moi cette bonne odeur de hareng fumé) et enfin, chez les Hadza en Tanzanie (Sur fond de girafe broutant des acacias.) Elle y découvrira les secrets séculaires de l&#8217;éducation telle qu&#8217;elle est pratiquée Depuis La Nuit Des Temps Par Les Tribus Les Plus Authentiques Et Proches De La Nature, les Chasseurs Cueilleurs (paraît-il, parce que pour certains, ce n&#8217;est pas vraiment flagrant). Bon. Alors en préambule, il y a des choses que j&#8217;ai appréciées dans « Chasseur Cueilleur Parent » : Michaeleen est touchante, elle avoue qu&#8217;elle se trouve dans une merde complète. On perçoit, au fur et à mesure du livre, qu&#8217;elle est une mère dite « hélicoptère », c&#8217;est à dire en permanence sur le dos de son enfant : fais ci, fais pas ça, attention, ne va pas là, bravo c&#8217;est génial ma chérie, waouh, amazing, great ! Attends-moi, reviens, mais que se passe-t-il, raconte-moi ce que tu ressens, tu es en colère car tu veux décider toi-même, que préfères-tu ma chérie, un cookie au chocolat ou un muffin aux myrtilles ? Aller à la piscine ou faire du vélo ? Et on imagine son grand sourire carré hyperpositif plein de dents, bref, une mère chiante, étouffante, insupportable à force d&#8217;être présente. La pauvre. Et c&#8217;est émouvant de voir qu&#8217;elle en est pleinement (devenue) consciente, et qu&#8217;elle reconnaît avoir été, au fond, involontairement toxique pour son enfant. Elle a également l&#8217;honnêteté intellectuelle de prévenir, en préambule, que les recettes qu&#8217;elles donnent ne sont pas miraculeuses, et que les parents chasseurs cueilleurs font des boulettes aussi et ratent des trucs avec leur gamins. On apprécie ce sain rappel que la perfection parentale n&#8217;existe nulle part sur ce globe et qu&#8217;aucune méthode n&#8217;est infaillible. Là-bas aussi, il existe aussi sûrement des sales gosses. MAIS il faut bien prendre cet ouvrage pour ce qu&#8217;il est : le livre d&#8217;une Américaine, très Américaine. C&#8217;est-à-dire, focalisée de manière étouffante sur son enfant, ce qui ne peut pas manquer de produire des résultats catastrophiques. À ce titre, je trouve que la majorité des Secrets Ancestraux qu&#8217;elle découvre avec émerveillement sont du bon sens élémentaire, un peu comme mamie Georgette qui te dirait « mais fiche-z-y donc la paix à ce gamin et laisse-le courir, même s&#8217;il tombe et se fait mal ça s&#8217;ra pas ben grave. » Etait-il nécessaire de se farcir des milliers de kilomètres pour entendre des trucs que sa grand-mère aurait pu lui dire ? Ensuite, le livre est TRÈS long, il y a beaucoup de redites et il pourrait faire 200 pages de moins. Mais au moins, le message rentre car il est martelé de face, de dos et de profil. Pourquoi pas. Enfin, je n&#8217;ai pas vu en quoi ces Secrets Ancestraux étaient réellement spécifiques des ethnies de chasseurs-cueilleurs, et cela sent quand même le coup de marketing exotique et proche de la natûûûre qui va bien pour faire prendre la mayonnaise : une sorte de green-washing de la parentalité. L&#8217;appel à la nature et au retour aux traditions de ces peuplades sauvages, grrrr, est très tendance en ce moment, particulièrement dans le milieu de la parentalité. Beaucoup se basent là-dessus pour prôner le retour à l&#8217;accouchement à l&#8217;ancienne, dans les bois, sans péridurale, et en bouffant son placenta tout cru pour se requinquer après, faute de steack, car l&#8217;homo modernicus ne sait plus chasser. Oui, c&#8217;est hors sujet mais j&#8217;avais envie de le dire quand même. Cela étant dit, je vais vous faire un petit retour sur les différentes parties du bouquin, que je dois rendre incessamment sous peu à la bibliothèque (il y a une semaine ou deux, quoi), donc je me magne de le finir. Michaeleen Doucleff commence par une introduction assez intéressante. l&#8217;essentiel de la littérature en psychologie (96% d&#8217;après elle) concerne des études réalisées sur des populations d&#8217;ascendance européenne, qui ne représentent pourtant que 12% de la population mondiale. Cela pose forcément question sur l&#8217;universalité desdits mécanismes psychologiques démontrés. Elle cite l&#8217;exemple de cette fameuse illusion d&#8217;optique (ci-dessous). A la question « Quelle flèche est la plus longue ? », vous comme moi répondons d&#8217;un seul coeur, avec l&#8217;immense majorité de nos semblables : « celle du haut bien sûr ! » Alors qu&#8217;en fait, elles sont de longueur identique. Sauf que si on montre ce dessin à un membre de l&#8217;ethnie Hadza, il ne va pas dire que celle du haut est la plus longue. Il va dire qu&#8217;elles sont pareilles, et il a raison. Cela illustre les biais psychologiques qui sont à l&#8217;oeuvre chez les Occidentaux, mais pas chez des personnes ayant un mode de vie bien différent du nôtre : nos modes de pensées sont radicalement différents. Par conséquent, nos manières d&#8217;appréhender les relations en général, et la parentalité en particulier, n&#8217;ont pas grand chose à voir. Sur certains aspects, Michaeleen Doucleff établit des constats que je partage (d&#8217;ailleurs à certains endroits nous avons cité les mêmes anthropologues dans nos livres respectifs) sur la manière de concevoir la cellule familiale en Occident : nucléaire, réduite aux parents et aux enfants, en excluant progressivement les autres membres de la famille, grands-parents, tantes, oncles, cousins et cousines plus ou moins éloignés. La charge familiale est devenue écrasante, puisque reposant uniquement sur les épaules des parents biologiques, au lieu d&#8217;être répartie entre les parents et co-parents (alloparents comme elle les nomme, autres adultes proches ou grands enfants pouvant assumer quelques responsabilités). Conséquence : les parents pètent un câble. Autre constat juste qu&#8217;elle pose : l&#8217;obligation faite aux parents de nourrir l&#8217;ego de leur enfant en le complimentant. C&#8217;est très vrai aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où certes, les enfants sont encouragés et valorisés, mais à un point qui frise l&#8217;excès. « La culture occidentale est sans doute la seule à exiger des parents qu&#8217;ils l&#8217;entretiennent et la cultivent (l&#8217;estime de soi, sous-entendu) chez leurs enfants. » L&#8217;effet positif des avalanches de compliments, à tout bout de champ et pour n&#8217;importe quoi, sur l&#8217;estime de soi, n&#8217;est absolument pas prouvé. La nuance entre encourager intelligemment et s&#8217;extasier bêtement n&#8217;est pas forcément facile à trouver. Elle aborde également la question des études scientifiques qui démontrent que&#8230;. ici, remplir avec l&#8217;item de votre choix : laisser choisir votre enfant le rend plus sûr de lui / pratiquer la motricité libre donne des enfants plus dégourdis / lui donner beaucoup d&#8217;affection le rendra plus coopératif. Sa question étant : la science peut-elle m&#8217;aider à être une meilleure mère ? Pour les scientifiques qu&#8217;elle a interrogés, « les questions éducatives comptent parmi les problèmes les plus complexes de la science. Il est plus facile d&#8217;envoyer une fusée sur Mars que de répondre à ces questions. [&#8230;] Les parents en attendent trop de la science. » Ah ah ! le fameux « les neurosciences l&#8217;ont prouvé » en prend un petit coup dans le pif, puisqu&#8217;en fait non, la science ne le peut pas. D&#8217;autant plus que la plupart des études sont de faible puissance, réalisées sur des petits effectifs. Et même s&#8217;ils sont réalisés sur des effectifs considérables, cela ne signifie pas que cela marchera dans tous les cas.  C&#8217;est une réalité biologique : par exemple dans mon domaine, on observe parfois que certains traitements sont très efficaces chez 25% des patients. Ce qui signifie qu&#8217;ils ne marchent pas chez 75% des patients. Est-ce que cela veut dire qu&#8217;on peut tout jeter à la poubelle ? Non, pas du tout. Tant mieux pour les 25% pour qui ça marche. Mais pour les 75% chez qui ça ne fonctionne pas, cela ne sert à rien de s&#8217;acharner : il faut tester autre chose. C&#8217;est pareil dans le domaine éducatif. Si la super recette d&#8217;éducation positive marche avec votre enfant, c&#8217;est tant mieux. Mais si ça ne marche pas avec l&#8217;enfant de votre voisine, inutile de la pourrir et de lui dire qu&#8217;elle utilise mal la méthode. Ce n&#8217;est sans doute pas la bonne méthode pour elle, voilà tout ! Michaeleen conclut son prologue par cette phrase : « Dans le domaine scientifique, l&#8217;humilité est essentielle » et je crois que certains adeptes de l&#8217;éducation positive à la sauce neurosciences feraient bien de s&#8217;en inspirer. Entrons maintenant dans le vif du sujet : les recettes secrètes des peuplades exotiques. On commence avec les Mayas. Chasseur cueilleur parent au Mexique Michaeleen file avec sa Rosy chez les Mayas, dans un petit village proche de Cancún. Là, elle découvre, éberluée, que les enfants sont serviables. Unbelivable. Par quel miracle ? Elle cite une étude démontrant que chez les Mayas, les enfants, dès l&#8217;âge de 7-8 ans, rendent service spontanément à leurs parents. Tu as bien lu : spon-ta-né-ment. Genre vraiment, quoi : ils font la vaisselle, plient le linge, passent le balai, préparent à manger, sans qu&#8217;on le leur demande. Sans récompense ni promesse de privilège. La drogue, je ne vois pas d&#8217;autre solution. Dites-moi vite laquelle, que je m&#8217;en fournisse. Alors, là j&#8217;émets une réserve sur les observations de Michaeleen : tout au long du chapitre des Mayas, les enfants rendant service sont très majoritairement&#8230; des filles. Je me demande s&#8217;il n&#8217;y a pas un léger biais d&#8217;éducation genrée dans ces observations&#8230; Néanmoins, les observations de Michaeleen (et d&#8217;autres psychologues) pointent bien un effet lié à la communauté, et pas à la génétique, puisque des mères séparées de la communauté indigène, installées dans un contexte occidentalisé, voient leurs enfants devenir de sales gosses infoutus de se servir de leurs 10 doigts. Quelque part, ça me rassure. La véritable question est : comment font ces mères et ces pères indigènes pour développer un tel sens du service chez leurs enfants ?  Tout simplement, en les laissant participer, dès qu&#8217;ils le souhaitent, aux activités familiales. Plutôt que de se taper une session de dînette avec son enfant, la mère maya va le laisser faire la vaisselle avec elle. Certes, les assiettes seront approximativement briquées, ça sera davantage une activité piscine que cuisine, mais l&#8217;enfant apprend ainsi, par imprégnation. Logique, me diras-tu, et très montessorien comme approche. Quand il en a assez, il cesse de participer. Autre secret maya : pour des tâches complexes, le parent va d&#8217;abord rejeter la demande de participation de l&#8217;enfant, et l&#8217;inviter à se contenter d&#8217;observer attentivement. Il va même exclure son enfant s&#8217;il travaille comme un gougnafier. Ce faisant, le désir de participer augmente, mécaniquement, puisque comme l&#8217;a écrit le grand auteur maya Pierre Corneille, « le désir s&#8217;accroit quand l&#8217;effet se recule ». Mais&#8230; attends&#8230; Ne serait-ce pas ce qui est décrit par certains anti-veo comme de la manipulation odieusement perfide ? Et Isabelle Fifi cautionnerait ça ? Je rêve, je suis outrée, choquée, scandalisée. Bref, le truc maya, c&#8217;est que l&#8217;enfant se sente membre de la communauté en participant, et que sa participation soit vraiment utile à la communauté. Donc, plutôt que de le laisser faire de la patouille dans son coin, filons-lui un concombre à éplucher ou des patates à laver. Je trouve que c&#8217;est une approche intelligente. Se...</p>
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		<title>VEO, stress et cerveau de l&#8217;enfant</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 05:30:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
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		<category><![CDATA[parentalité positive]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Suite à mon article sur les excès de la parentalité positive, j&#8217;ai eu envie d&#8217;aller un peu plus loin sur les bases scientifiques de ce courant éducatif et de vous parler de la littérature scientifique relative à l’effet des VEO sur le stress et le cerveau de l’enfant. Cet article va être assez long mais cela me permettra d’être assez précise sur ce que je veux aborder : prenez un café ou enfermez-vous aux toilettes un bon moment. Vous le savez sûrement si vous vous intéressez à ce sujet : la parentalité positive ou éducation bienveillante est basée sur les neurosciences, qui montrent l’impact négatif du stress sur le cerveau de l’enfant. Le cortisol sécrété au cours d’un stress, via le fameux axe HPA (Hypothalamic Pituitary Adrenal axis in english, ou axe Hypothalamo Hypophyso Surrénalien en français) va à la longue endommager certaines zones cérébrales de l’enfant et avoir des conséquences négatives sur ses capacités ultérieures à ressentir de l’empathie et établir des interactions sociales, et également sur certaines fonctions neurocognitives. Il a été prouvé par de nombreuses études que les adultes ayant subi des violences durant leur enfance, ont des capacités neurocognitives, sociales, psychiques, inférieures à celles d&#8217;adultes n&#8217;ayant pas subi de violences. Or, dans les articles de vulgarisation diffusés auprès du grand public, il est rarement (voire jamais) fait mention des études scientifiques ayant analysé les effets du stress sur ces enfants. Ni de quelles violences, ni de quels enfants. Je suis donc allée, munie de ma loupe et de mon pardessus en tweed, faire ma petite enquête sur le sujet (Appelez-moi Miss Marple). VEO : que regroupe ce terme? Selon les sites consultés, sont considérées comme des violences éducatives ordinaires des comportements divers. Par exemple, sur le site Enfance Epanouie, on trouve un éventail très large de VEO : Les VEO évidentes, comme par exemple : gifles, fessées, faire mal, insultes, s&#8217;adresser toujours à l&#8217;enfant brutalement, froidement, agressivement, en hurlant obliger un enfant à rester nu, l&#8217;humilier, l&#8217;espionner, se moquer de lui, ne pas respecter son intimité le laxisme On y trouve aussi des assertions contestables, à mon avis : Isolement temporaire (parfois indispensable, quand un enfant en frappe un autre par exemple – toute ressemblance avec une situation réelle n’est pas du tout fortuite) Donner des récompenses (les avis sont contrastés sur ce sujet, il me semble que ça ne doit pas être systématique, mais que cela peut venir valoriser un comportement positif) Donner des surnoms&#8230; Comme environ 99.9% des parents (Tant qu’on ne surnomme pas son enfant ma crotte, ou le pisseux) Forcer à rester à table pendant les repas (je vous renvoie à mon article sur la tenue à table) Le forcer à mettre son manteau, ses chaussures Faire du chantage (que j’utilise parfois, parce que passer une heure à argumenter, hein, bon) Notons qu&#8217;ils précisent « Cette liste n’est pas à prendre comme une vérité absolue ou comme une injonction. » Cela fait du bien de le lire, à une époque où le terme VEO fleurit à tout bout de champ comme des petits champignons après la pluie. On trouve aussi des sites qui vont plus loin, comme Famille Epanouie : Presser son enfant (Que ceux qui l’ont déjà fait lèvent la main. Mazette ! Je n’arrive même pas à vous compter) Laver le visage de votre enfant avec un gant d’eau froide, sans le prévenir, par derrière. Vous en connaissez beaucoup, des parents qui arrivent par derrière, à pas de loup, avec un gant glacé, et qui le collent brutalement sur le visage de leur enfant ? Lui attacher la serviette autour du cou en lui baissant la tête. (En lui demandant de baisser la tête ? En lui appuyant sur la tête ? je ne comprends pas très bien. Il me semblait que c’était pour ne pas lui coincer des cheveux dans le noeud)  Racler systématiquement la bouche de votre enfant avec la petite cuillère (on ne racle pas jusqu&#8217;au sang, normalement) Sentir les fesses de votre enfant en lui disant « tu pues ». C’est le fait de sentir les fesses, ou de dire tu pues qui pose problème ? je penche pour la seconde option. Rectifier ou finir un coloriage/bricolage de l’enfant. Gné ? Pour moi de nombreux items sont trop imprécis pour dire si oui ou non, il s’agit de VEO. On peut nouer un bavoir en baissant la tête d’un enfant avec douceur. On peut aussi le faire avec brutalité. On peut racler la petite bouche pleine de purée d’une main légère. On peut aussi le faire comme un gros bourrin. On peut envoyer un enfant se calmer dans sa chambre avec sérénité, en lui expliquant pourquoi. On peut aussi l’envoyer dans sa chambre en hurlant et en claquant la porte derrière lui. Etc… la manière de faire et l’intention, couplées à l’explication, est ce qui constitue ou non, la violence.  VEO : que dit la loi ? Le texte de loi nouvellement voté ne dit pas grand-chose, en réalité : Après le deuxième alinéa de l&#8217;article 371-1 du code civil, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « L&#8217;autorité parentale s&#8217;exerce sans violences physiques ou psychologiques. » Au deuxième alinéa de l&#8217;article L. 421-14 du code de l&#8217;action sociale et des familles, après le mot : « secourisme », sont insérés les mots : «, à la prévention des violences éducatives ordinaires. » Les VEO y sont donc très vaguement définies. Passons maintenant aux études scientifiques sur les effets de la violence sur le développement cérébral de l’enfant. Comment sont quantifiées les violences subies ? Dans la plupart des études que j&#8217;ai trouvées, le stress était quantifié par le biais d&#8217;un questionnaire, nommé Child Trauma Questionnaire (CTQ), mis au point en 1994 par D. Bernstein et al. La version française de ce questionnaire a été validée en 2004 par Daniel Paquette. Des versions abrégées sont parfois utilisées. Ce questionnaire est proposé à partir de 12 ans, il s&#8217;agit donc d&#8217;une auto-évaluation rétrospective. Pour les enfants plus petits, ce sont les parents qui remplissent un questionnaire sur leurs pratiques éducatives. Ce qui introduit forcément un biais de censure : les parents peuvent avouer des gifles ou des fessées, mais n’iront pas se vanter de battre leur enfant au point de l’envoyer aux urgences. Pour cette raison, j’ai préféré me limiter aux études utilisant le CTQ. Quelles sont les violences évaluées dans ces études cliniques ? Elles sont réparties en 5 grandes classes : La négligence émotionnelle : les besoins psychologiques et affectifs ne sont pas pourvus (manque d&#8217;amour et d&#8217;encouragement, manque de contacts rassurants, indifférence) Les abus sexuels (avec ou sans violence/contrainte) Les abus physiques (attaques physiques impliquant des blessures ou des risques de blessures) Les abus émotionnels (attaques verbales relatives à la valeur de l&#8217;enfant : insultes, dévalorisation, humiliation, paroles haineuses) La négligence physique (les besoins physiques fondamentaux &#8211; nourriture, habillement, hygiène, sommeil, sécurité- ne sont pas pourvus) L&#8217;enfant est invité à répondre à 70 questions (relatives à l&#8217;un des cinq items précédemment définis), sur une échelle de 1 à 5, 1 signifiant « jamais vrai » et 5, « toujours vrai ». L&#8217;ensemble des questions est disponible ici, dans les annexes, tout en bas. Cela peut être, par exemple : &#8211; J’ai été frappé(e) et/ou battu(e) par quelqu’un de ma famille &#8211; J’ai dû subvenir à mes propres besoins car il n’y avait personne d’autre pour le faire &#8211; Il y avait beaucoup de disputes et de batailles entre les membres de ma famille &#8211; Un membre de ma famille hurlait ou criait après moi &#8211; J’ai vu ma mère ou l’un de mes frères ou sœurs se faire frapper ou battre &#8211; Mes parents étaient trop ivres ou drogués pour prendre soin des enfants &#8211; J&#8217;ai fait partie d&#8217;un gang &#8211; J’ai eu des relations sexuelles avec un adulte ou quelqu’un de beaucoup plus vieux que moi (au moins 5 ans de plus que moi) &#8211; Mes parents me disaient des choses blessantes et/ou insultantes &#8211; Les membres de ma famille ne semblaient pas savoir ou se foutaient de ce que je faisais &#8211; J’ai manqué de nourriture Chaque réponse vaut un certain nombre de points, et un score final est ensuite calculé. La population d&#8217;enfants maltraités est ensuite comparée à une population contrôle non maltraitée, appariée sur l&#8217;âge, les origines sociales et ethniques. On constate donc que les violences évaluées dans les études du stress neurotoxique, sont des violences extrêmement lourdes.  On peut en conclure que la maltraitance induit des dommages neurologiques et psychologiques. Les effets à long terme d’envoyer un enfant se calmer parce qu’il a collé un coup de camion sur la tête de son frère (exemple choisi au hasard, naturellement), ou de le traîner à la salle de bains se brosser les dents (moi, faire ça ?), n’ont jamais été étudiés. Pour cause, ces enfants sont ceux considérés comme enfants contrôles non maltraités. Si vous trouvez une référence, par pitié, envoyez-la-moi. Je parle d’une revue scientifique, pas d’une revue féminine ou d’un compte d’influenceuse instagram. VEO, Cortisol, Stress chronique et Stress aigu Les études scientifiques montrent l&#8217;effet délétère d&#8217;un stress chronique : le stress chronique, qui par définition est durable, répétitif, d&#8217;intensité à peu près constante, induit de manière soutenue et prolongée une élévation importante du taux de cortisol au-delà des taux physiologiques, qui va par la suite entraîner des dommages au niveau du cerveau et une atténuation des émotions à long terme. En revanche, un stress aigu, c&#8217;est-à-dire transitoire, va entraîner une augmentation éphémère du cortisol et permettre une réponse adaptée à la situation, qui sera suivie d’un retour à la normale (par exemple, avoir peur lors d&#8217;une prise de risque, ce qui permettra ultérieurement de ne pas se remettre en situation de danger). Concrètement, cela veut dire quoi ? Si le mode éducatif habituel est de battre son enfant à chaque incartade, pendant une longue durée, il s&#8217;agit d&#8217;un stress chronique. Si on ne parle à son enfant qu&#8217;en criant et qu&#8217;en l&#8217;insultant, c&#8217;est un stress chronique. Si on n&#8217;adresse jamais la parole à son enfant, sauf pour l&#8217;humilier, c&#8217;est un stress chronique. Si l&#8217;enfant est privé de contact physique et de démonstrations d&#8217;affection, c&#8217;est un stress chronique. Si on bride son enfant en permanence dans le but de le « mater », c’est un stress chronique. En revanche, une fessée exceptionnelle un jour de dérapage (même si ce n&#8217;est évidemment pas une « technique » éducative recommandable), une période où l&#8217;on crie davantage, un ordre sensé que l’on force l’enfant à exécuter même s&#8217;il le conteste, ne vont pas générer un stress chronique. Cela n&#8217;aura pas de conséquences en terme de dommages neurocognitifs. On voit bien que stress aigu et stress chronique sont souvent confondus (ou même, carrément indifférenciés), alors qu&#8217;ils ne sont absolument pas comparables. Toute situation de stress n&#8217;aura pas un impact négatif sur le cerveau de l&#8217;enfant. Le stress est un mécanisme qui permet à l’organisme de mobiliser des défenses, il a donc aussi un rôle positif, s’il n’est pas constant. Études scientifiques et VEO Sur le site de l&#8217;Observatoire des VEO (OVEO), j&#8217;ai trouvé une page sur les études scientifiques prouvant les dommages des VEO. Je passe sur les études relatives à l&#8217;effet de la fessée routinière sur l&#8217;agressivité des enfants : On est tous d&#8217;accord sur le fait qu&#8217;éduquer ses enfants à coup de torgnoles ne donnera pas de bons résultats. Je me suis donc intéressée aux items suivants, parmi lesquels une thèse de médecine. Elle est ainsi titrée : « Violence éducative ordinaire et troubles psychiatriques à l’âge adulte : État des lieux de nos connaissances actuelles et implications cliniques ». Sauf que la thèse (disponible ici) s&#8217;intéresse à l&#8217;effet des fessées / gifles / coups / brutalités physiques. Pas à l&#8217;effet de « Maintenant va dans ta chambre » ou « Tu regarderas Tchoupi si tu es sage » (Notez l&#8217;atroce combinaison du chantage et de l&#8217;exposition aux écrans : de la VEO au carré) On nous parle ensuite des effets du harcèlement scolaire entre enfants (qui n’est pas une violence éducative puisqu’elle est le fait des pairs) On nous parle également de...</p>
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		<title>Mon avis sur « L&#8217;Education Approximative » d&#8217;Agnès Labbé.</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 05:30:15 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous allez vous dire : Oh, non, encore une chronique de livre ! On en a marre ! Remboursez ! Ce blog est une escroquerie ! Bon, alors d&#8217;abord, calmez-vous, ici c&#8217;est chez moi et je fais ce que je veux parce que c&#8217;est gratuit, alors, hein, faut pas pousser mémé dans les orties. Ensuite parce qu&#8217;il m&#8217;est arrivé mille mésaventures au sujet de ce livre, et que j&#8217;ai failli en avoir un ulcère. (Pour ceux qui ne sont intéressés que par la chronique du livre et non par mes malheurs, bande d&#8217;ingrats, scrollez vers le bas). Bon alors celui-là, il m’a donné du fil à retordre. Comprenons-nous : pas par sa lecture, non. Par la difficulté à l’obtenir. Figurez-vous que la Fnac, à qui je l’avais commandé, m’a facétieusement envoyé : « Sous le drapeau noir. Enquête sur Daesh » d’un certain Joby Warrick, certainement très aimable, mais dont je n’avais pas l’intention de découvrir la littérature. Je n&#8217;ai déjà pas beaucoup de temps, alors ce n’est pas pour passer des soirées lugubres à me documenter sur des organisations sinistres. J&#8217;ai donc fait une recherche fouillée sur internet pour trouver le numéro secret de la Fnac, et j&#8217;ai signalé à Jean-Claude de la plateforme téléphonique, l&#8217;objet de mon désappointement. Jean-Claude a eu l&#8217;air également un peu interloqué de cet envoi surprenant, et m&#8217;a indiqué la marche à suivre pour renvoyer Daesh aux oubliettes, et recevoir le Graal d&#8217;Agnès Labbé. Dix jours passent&#8230; ma boîte aux lettres demeurait vide et triste comme un vendredi de Carême. Je rappelle la Fnac, et tombe sur Marie-Christine, qui me signale que le processus prend 15 jours à compter de la date de retour de Daesh au bercail, que oui Madame, c’est la démarche qualité qui veut ça, bla bla bla&#8230;, service logistique, bla bla bla&#8230;, procédure normale, bla bla bla&#8230; etc. Une semaine passe, et là je commence à paniquer sérieusement, à quoi cela sert-il si je reçois le livre d&#8217;Agnès quand Lapin est majeur ? C’est maintenant que j&#8217;en ai besoin, que diantre ! Au téléphone, Huguette me dit que non, tout est normal, que c&#8217;est la plateforme de Wissous qui&#8230; qu&#8217;elle ne peut rien de plus que&#8230; que je vais l&#8217;avoir au plus tard le&#8230; Une autre semaine passe&#8230; Toujours rien. Alors là, le dragon qui sommeille en moi s&#8217;est subitement réveillé, et j&#8217;ai rappelé, furibarde : manque de bol, c&#8217;est le pauvre Anthony qui s&#8217;est pris le feu de mes naseaux dans la figure, Anthony l&#8217;innocent (bien que je sois restée polie, évidemment, et que j&#8217;aie pris soin de lui dire que je ne lui en voulais pas personnellement). Je lui ai dit que leurs processus de m&#8230; à la noix me cassaient les bonbons, que c&#8217;était un scandale de mettre 3 semaines à enregistrer un retour pour un livre coûtant la modique somme de 15€90, que plus jamais je n&#8217;achèterais à la Fnac même si cela me brisait le cœur, que je haïssais les dirigeants de cette société qui mettent des salariés sous-payés en première ligne de front pour essuyer les ires des clients alors qu&#8217;ils n&#8217;y étaient pour rien, que c&#8217;était du niveau de Pétain envoyant les soldats de la première guerre mondiale au casse-pipe, que la France était foutue, que je votais Mélenchon aux prochaines élections et que je descendais sur le rond-point le plus proche avec mon gilet jaune, et je vous souhaite une bonne soirée quand même, croyez-bien que je suis désolée mon cher Anthony, avec mes sentiments les meilleurs, bonsoir. Et bien croyez-le ou non : le lendemain même, mon livre était envoyé comme par magie. C’est pas triste, de devoir à en arriver à de pareilles extrémités pour lire le livre d&#8217;Agnès Labbé ? En même temps, c&#8217;est quand même le livre d&#8217;Agnès Labbé, hein, on ne parle pas d&#8217;un obscur Zola de quatrième zone. Bref, merci Anthony, si tu passes par là, la Fnac a de la chance de te compter dans ses rangs. Sauf qu’entre-temps, Tout le monde a sorti sa chronique sur ce fameux livre, et vas-y que Picou-Bulle écrit sa critique (Picou-Bulle, celle que l&#8217;on surnomme dans le milieu, « la femme qui blogue plus vite que son ombre »), et qu’une Chambre à Moi se fend d’une tartine excellente sur le sujet, etc… Elles ne m&#8217;ont pas laissé un miette. Que me reste-t-il à dire sur ce fameux livre, hein ? Faire une critique des critiques, comme me le suggérait 3kleinegrenouilles ? En dire du mal ? J’y ai pensé, je ne vous le cache pas. Je me suis demandé si pour me démarquer, je n&#8217;allais pas sortir un article féroce sur « l&#8217;Éducation Approximative ». Comme quand un film est encensé par le public, et que paf, Libération, ou Le Monde, ou Télérama, te le descend à grands coups de scuds perfides et condescendants. Mais pour de vrai, non, je ne peux pas faire une chose pareille. Je n’ai rien trouvé à critiquer. Je suis bassement jalouse, même. J’aimerais rayer « Agnès Labbé » sur la couverture et écrire mon nom à sa place. Ou alors usurper son identité, avec une perruque blonde (et un verre de Chardonnay à la main), tout le monde n’y verrait que du feu. Parce que le bouquin d&#8217;Agnès Labbé, c&#8217;est juste ma vie au quotidien. Agnès est en couple, elle a quatre enfants dont des jumeaux, un chat, un boulot, un blog, et elle arrive avec tout ça à sortir ses enfants un peu plus loin que le square surpeuplé et rempli de crottes du bout de sa rue (Je le sais, parce que je l&#8217;espionne sur Instagram). J&#8217;aurais pu l&#8217;écrire, ce bouquin, en fait. Si j&#8217;en avais eu l&#8217;idée. Avant elle. Et si j&#8217;avais commencé à bloguer plus tôt. Si j&#8217;avais eu des jumeaux. Et si&#8230; Bon non, d&#8217;accord, en fait je n&#8217;aurais pas pu écrire le bouquin d&#8217;Agnès, même si je me reconnais à chaque ligne, dans les gueulantes poussées qui font du bien même si on en a un peu honte après, dans les petits lâchages pour avoir la paix (un sachet de fraises tagada à 18h30 n&#8217;a jamais tué personne, mais ça épargne mes tympans, parfois), dans le relativisme (mesuré) qui s&#8217;installe au fur et à mesure des années et des enfants supplémentaires, et dans les apéros salvateurs. J&#8217;ai beaucoup ri quand Agnès parle de ses échanges avec la crèche. Pas plus tard que la semaine dernière, l&#8217;éducatrice du collège m&#8217;a appelée, d&#8217;une voie sépulcrale, à propos de ma fille : « Elle a mal au ventre, elle a des nausées, elle a mal à la tête et de la fièvre, Madame. Il faut venir la chercher, elle ne se sent pas bien du tout ». Après avoir scanné les pathologies les plus probables (péritonite / méningite / tumeur du cerveau ou de l&#8217;intestin grêle / combo des 4, ne soyons pas rat), j&#8217;ai quand même demandé à parler à la mourante. « Ma chérie, il neige, ma voiture est chez le garagiste. Pour de vrai, t&#8217;es super malade, ou tu peux rentrer seule ? » Petit soupir à l&#8217;autre bout du fil, puis « bon, ok, je rentre en bus ». Et voilà ! guérie ! Je me suis souvenue aussi qu&#8217;il y a deux semaines, l&#8217;école m&#8217;a appelée pour récupérer Lapin, fiévreux et à l&#8217;agonie, lequel à peine le pied posé dans l&#8217;appartement, roulait des mécaniques d&#8217;un air conquérant et cherchait du regard ce qu&#8217;il pouvait faire comme co&#8230; comme expérience inattendue. Donc oui en effet, quand on a plusieurs enfants, on ne s&#8217;affole plus pour un petit 38.5°C. On réserve son énergie et les négociations de départ anticipé avec le boss, pour les crises d&#8217;asthme sévère et un vrai bon 39°C qui tient la route. J&#8217;ai beaucoup ri aussi (et j&#8217;ai été soulagée) de constater que je n&#8217;étais pas la seule à nourrir mes enfants, certains soirs, de biscuits apéros, et à compter sur l&#8217;école pour qu&#8217;ils aient leur ration de légumes verts. Et je pousse la confession intime jusqu&#8217;à avouer que je leur donne des cacahuètes entières et des olives non dénoyautées, depuis l&#8217;âge de 2 ans. Ne me flagellez pas : ils adorent cela, et je ne vois pas comment leur reprocher : franchement, c&#8217;est plus sympa que du brocolis vapeur. Ce qui me plaît dans ce livre, c&#8217;est la conceptualisation du foutoir éducatif qui est le lot de beaucoup de parents. En gros l&#8217;éducation approximative selon Agnès Labbé (et moi, et moi, et moi), c&#8217;est le fluctuat nec mergitur (pour les parisiens), la gradualité de la loi (pour les théologiens), le « si ton gosse est vivant et heureux, peu importe que tu aies braillé ce matin, et qu&#8217;il parte à l&#8217;école avec une moustache de chocolat et un épi sur la tête » (pour tout le monde). Le parent approximatif est doté de bon sens, de réalisme, et il exerce la bienveillance envers lui-même comme envers ses enfants, car il sait qu&#8217;il n&#8217;est pas un super-héros et que s&#8217;il craque, tout le monde sera in a very deep shit : Qui veut aller loin ménage sa monture, donc. L&#8217;éducation bienveillante et positive nous montre le droit chemin pour élever nos enfants de manière responsable et respectueuse. Mais avec plusieurs enfants, force est de constater que ce n&#8217;est pas d&#8217;une pratique évidente, surtout quand il faut amener chaque enfant à accepter en conscience de mettre ses chaussures pour aller à l&#8217;école le matin (et qu&#8217;il a deux pieds). L&#8217;éducation approximative nous montre que l&#8217;on peut tourner, virer, revenir en arrière, partir plus à droite ou plus à gauche, en gardant en tête l&#8217;azimut qui nous guide, mais elle ne nous culpabilisera jamais de ne pas être parfaits à tous les coups. Le parent a sa sensibilité, son passé, ses mauvaises journées, sa fatigue et ses limites nerveuses. Car oui ! Le parent n&#8217;est pas un robot au sourire figé et à la voix d&#8217;une douceur exaspérante. Constater que son parent n&#8217;est pas parfait, est une bonne école de vie pour nos enfants. Parent trop parfait = enfant parfaitement névrosé à l&#8217;âge adulte, rentrez-vous bien cela dans le crâne. Ce qui compte, c&#8217;est de dire et de montrer à son enfant qu&#8217;on l&#8217;aime plus que tout, et il pardonnera volontiers les petits cafouillis parentaux. Car, il est écrit : « il lui sera beaucoup pardonné, car elle a beaucoup aimé » (Luc, 7:47). Et toc. Ce matin-même, avec ma moitié, nous regardions Lapin qui poussait des hurlements et se tordait au sol, la bave aux lèvres et les yeux révulsés, des pustules violettes poussant sur son dos et des cornes pointant de manière inquiétante sur son crâne. Il était exaspéré que nous n&#8217;accédions point à son souhait de reconstruire le grand château playmobil dans les dix minutes qui nous restaient avant de partir pour l&#8217;école. « Bon, selon l&#8217;Éducation Approximative, on fait quoi ? » Me dit mon époux d&#8217;un air désabusé. « On le laisse brailler, et on attend qu&#8217;il se calme tout seul », répondis-je après avoir consulté rapidement ce qui est devenu notre ouvrage de référence en matière éducative, moi qui n&#8217;ai jamais ouvert ceux de Laurence Pernoud. Et bien devinez quoi ? en deux minutes, il était calmé, sans argumentations positives et bienveillantes (qu&#8217;il n&#8217;avait aucune intention d&#8217;écouter), et sans VEO (bien évidemment !). On lui a fait un gros câlin, et l&#8217;harmonie est revenue parmi nous tandis que des paillettes scintillantes tombaient du plafond.  Alors, si : Tu ne réussis pas à cuisiner le soir pour tes angelots un curry de légumes bio maison, décoré de violettes fraîches et présenté sur une assiette de faïence japonaise ? Tes enfants ne fleurent pas le savon à l&#8217;églantine sauvage et ne sont pas en pyjama repassé à 19h ? Ils n&#8217;écoutent pas sagement leur histoire à la douce lueur de bougies parfumées, mais courent tout nus en hurlant ? Tu te demandes si cet échec massif est bien normal ? Tu as déjà eu envie de te suicider en t&#8217;immolant par le feu avec tes côtes de porc dans le four ? Plus grave encore, ta vie familiale n&#8217;est pas très instagrammable ? &#160; Ce livre...</p>
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		<title>Les livres du mois de Janvier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2019 10:59:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attention les amis, mon blog est en train de devenir un blog multi-thématique généraliste, y compris un blog culture, je deviens une annexe de France 5 et d&#8217;Arte… Oh, mais qu&#8217;est-ce-que ce gros melon que je vois soudain à la place de ma figure dans le miroir ? Je disais donc, je vais vous parler des bouquins qui, dernièrement, ont suffisamment tenu en éveil mon intérêt pour que je parvienne à ne pas roupiller dessus. Et oui : c&#8217;est que je relis. Ouais ouais ouais. On a passé un cap, ici. Finie, l&#8217;époque des couchers à rallonge : je suis désormais intraitable sur les horaires chatounou-lapinesque, une main de fer dans un gant d&#8217;acier, jointe à un cœur de glace : 20h15, dernier carat, ils ont débarrassé le plancher et nul verre d&#8217;eau, nul pipi, nulle terreur nocturne ne me fera revenir sur mon implacable décision (aheummm). Avant cela, une information de grrrrande importance : j&#8217;ai ouvert ma page facebook, yeah. Vous pouvez donc m&#8217;y retrouver si le cœur vous en dit. Paraît-il que Facebook, maintenant, c&#8217;est pour les vieux. À vous de voir ! L&#8217;avantage, ce sera que parfois je partagerai sur ma page des articles écrits par d&#8217;autres blogueuses. Ça leur fera de la pub (mais surtout, cela me fera un peu moins de boulot). &#160; Bien, entrons dans le vif du sujet. Bienvenue dans mon émission littéraire, au programme aujourd&#8217;hui : Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu, éditions Mazarine On ne présente plus Baptiste Beaulieu. Si ? on le présente ? Bon d’accord. Baptiste Beaulieu est médecin, et durant son internat alimente un blog (Alors Voilà) de ses chroniques médicales toujours humaines et touchantes, parfois tristes, parfois comiques. Le succès de ces chroniques est tel qu’un jour, Baptiste est publié. Et ouais. De quoi donner de l’espoir à tous les blogueurs. Bref, Baptiste n’entend pas en rester là et signe un premier roman (Alors vous ne serez plus jamais triste) puis un deuxième (La balade de l&#8217;enfant gris). Gros gros succès, le Baptiste. Il devient même chroniqueur à France Inter. Rentrez vos langues qui tombent sur vos genoux. Dans ce nouveau roman, Denis, le père de Jean, retrouve dans une vieille malle poussiéreuse, dont la clé est dans un coffre caché au fond d’un puits, des carnets écrits de la main de son père, Moïse, décédé quelques mois plus tôt. Ces carnets contiennent des lettres, jamais envoyées et adressées à une certaine Anne-Lise Schmidt, inconnue de toute la famille. Denis tombe dans une profonde mélancolie suite à cette découverte, blessé par l&#8217;amour manifesté par son père à cette femme, père qui s&#8217;est toujours montré lointain et comme détaché de lui. Il va demander à Jean de l&#8217;aide pour tirer au clair ce mystère familial. Et c’est là que l’histoire commence… N&#8217;insistez pas et ne comptez pas sur moi pour spoiler l’histoire. Vous vous en doutez, la quête de Jean sera de comprendre qui est Anne-Lise et pourquoi Moïse leur a toujours caché l’existence de cette femme. Moïse, le grand-père mutique et distant, s’avère être un homme dont le cœur à vif n’aura jamais cessé d’aimer ni de souffrir. La quête autour de cet homme énigmatique donnera un nouveau souffle à la relation de Jean et Denis. Ce roman raconte, vue de l’intérieur, la vie de Moïse, qui a vécu la première guerre mondiale comme enfant, la deuxième comme prisonnier de guerre, et qui, entre les deux, a connu la pauvreté et une vie familiale aride, à une époque où le bonheur et l’épanouissement étaient bien loin dans la liste des préoccupations. Moïse fait partie de cette génération sacrifiée qui a payé un si lourd tribut aux politiques sanguinaires des dirigeants des pays européens. Chacun pourra y retrouver la vie de ses (arrière-)grands-parents. J&#8217;ai été au départ un peu déroutée par la structure du roman, puis très vite je me suis laissée prendre. Par-delà le contexte historique, c’est surtout la beauté et la fidélité de ce cœur que je retiendrai. C&#8217;est aussi une belle réflexion sur la mémoire, le souvenir, et la manière dont ils s&#8217;incarnent (ou non) dans les lieux&#8230; Ensuite Baptiste Beaulieu livre beaucoup de lui-même dans cette histoire (même s’il s’agit d’un roman, le socle en est très largement autobiographique). Il nous montre les bonheurs et malheurs qui agitent une famille, et la toxicité d’un secret sur les générations suivantes. C’est un roman touchant et addictif, que l’on lit en quelques heures, un livre qui fait se coucher tard et regretter que la dernière page arrive, déjà. Alors, prêts à aider Baptiste à retrouver Anne-Lise&#8230; et à écrire, je l&#8217;espère, une belle suite à cette histoire ? #LookingForAnneLise Tu seras un homme féministe, mon fils &#8211; Manuel d’éducation anti-sexiste pour des garçons libres et heureux. Aurélia Blanc, éditions Marabout Changement d&#8217;ambiance ! Je remercie WorkingMutti qui m’a soufflé ce titre de livre suite à mon article sur la charge mentale et l’éducation des petits gars. Aurélia Blanc, journaliste féministe alors enceinte de son premier enfant, se demande comment elle va élever son petit garçon en homme respectueux des femmes, en pleine affaire Weinstein et mouvement #metoo (À ce propos et pour faire une subtile transition, allez lire la chronique de Baptiste Beaulieu sur le comportement des patients masculins avec le personnel soignant féminin : édifiant). Au-delà des constats que nous pouvons tous faire autour de nous – injonction pour les garçons à être courageux, à ne pas exprimer leurs émotions, à renoncer à tout ce qui pourrait être « féminisant », elle met en lumière plusieurs choses qui me semblent importantes. 1/ Autant la société semble prête à accepter qu’une femme acquière des compétences « masculines » (sport, prise de responsabilités, investissement dans le travail), autant elle rechigne à ce qu’un homme acquière des compétences « féminines » (soin aux enfants, intérêt pour le travail domestique, etc…). Le constat est le suivant : la femme s’élève en se mettant au niveau de l’homme. L’homme déchoit en se mettant au niveau de la femme. C’est pour cela qu’on tolère qu’une femme parte  « tôt » du travail pour chercher ses enfants à l’école, mais qu’on ne l’accepte pas d’un homme. C’est pour cela que les hommes prenant un congé parental font face à l’incompréhension ou même au mépris de leur entourage. 2/ Les hommes sont, depuis leur toute petite enfance, conditionnés à devenir des séducteurs. Vous avez tous entendu autour de vous, je suppose, ces réflexions idiotes du style « oh, regarde, il est avec sa petite amoureuse, ils sont trop mignons, ça sera un sacré tombeur plus tard celui-là » accompagné d’un gros clin d’œil et d’un rire entendu, le tout adressé à un enfant de 2 ou 3 ans qui joue avec une petite fille. Or à cet âge, l’enfant n’éprouve pas de sentiment amoureux. Il a des camarades, garçons ou filles, et joue indifféremment avec eux. La conscience de la sexuation vient plus tard. Les petits garçons, depuis leur toute petite enfance, entendent ce style de remarques, et sont, peu à peu, conditionnés à séduire les femmes puisque la société implicitement leur dit que c’est la voie de la masculinité à laquelle ils doivent se conformer. Cette habitude sociale est profondément nuisible puisqu&#8217;elle génère des hommes tourmentés par leur capacité à séduire avec tout ce que cela suppose (attitude compulsive envers le sexe, difficulté &#8211; pour beaucoup &#8211; à entretenir des rapports dénués de séduction avec des femmes, préoccupation excessive pour la performance sexuelle supposément attendue par les femmes, etc&#8230;). Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir ce que les urologues peuvent raconter sur le « complexe du vestiaire », qui occupe une place de choix sur le podium des angoisses masculines. Comment s&#8217;en étonner, dans une société où l&#8217;accent est mis, depuis tout petit, sur la capacité et l&#8217;injonction à séduire ? L&#8217;auteur cite une phrase qui me paraît d&#8217;une très grande justesse : « la virginité des garçons est un fardeau dont il faut se défaire, et celle des filles un trésor à protéger ».  3/ Les garçons sont aussi, généralement, invités à rentrer en contact au travers de la confrontation physique (celui qui court le plus vite, saute le plus haut, gagne la bagarre) alors que les filles sont invitées à rentrer en relation par la parole. Ceci implique que les sentiments &#8211; dont l’amour &#8211; sont une histoire de filles, alors que le garçon intégrera que la relation est un rapport de force, y compris au sein de la relation amoureuse – avec toutes les conséquences catastrophiques que l’on connaît : violence sexuelle, violence sociale etc… qui concernent massivement les hommes. D’ailleurs les codes sociaux se mettent en place très tôt : les symboles de l’amour (cœurs, « love », « bisous ») sont présents en masse sur les vêtements… uniquement féminins, bien sûr. 4/ Le marketing s&#8217;est enfoncé à fond dans la brèche des jouets genrés, parce que c&#8217;est beaucoup plus lucratif de faire racheter à des parents munis d&#8217;une fille, des jouets pour leur garçon, que d&#8217;avoir des jouets mixtes. D&#8217;où les écœurants étalages rose bonbon ou bleu ciel qui colonisent les magasins de jouets, les vélos à fleurs et à chaton et ceux avec éclairs et super-héros, etc&#8230; qui renforcent les différences de comportement entre les garçons et les filles. Cette tendance n&#8217;existait pas dans les années 1970-1980 (la préhistoire), puis a connu une véritable explosion dans les années 2000, et il me semble que ça se calme un peu ces dernières années. À ce sujet, voici une série d&#8217;articles parus sur le Huffington Post: Sur l&#8217;évolution du marketing entre 1970 et aujourd&#8217;hui : Jouets garçons / filles : Comment en est-on arrivé à ces stéréotypes? Les bons et mauvais élèves du marketing genré : Cadeaux de Noël : les catalogues de jouets continuent de faire la part belle aux stéréotypes La preuve scientifique que les garçons ne naissent pas en aimant les Porsche : Jouets filles et garçons: tous les bébés préfèrent les poupées! Qu&#8217;est-ce-que je fais avec mon garçon alors ? Je n&#8217;ai pas trouvé de grandes nouveautés éducatives dans ce manuel, mais des conseils de bon sens que j&#8217;applique déjà pour la plupart. Il ne s&#8217;agit pas de « castrer » les garçons, ni les empêcher de jouer au foot et aux petites voitures, mais de les encourager à explorer un terrain habituellement réservé aux filles. Cela passe par : Les jeux traditionnellement perçus comme féminins (poupée, dînette) (et même, c&#8217;est pas grave si ton garçon joue avec les Lego Friends ou les Playmobils princesses de sa soeur, j&#8217;ai testé pour toi) (Réciproquement, c&#8217;est pas grave non plus si ta fille joue aux voitures ou fait du bricolage, car tu as l&#8217;intention de lui faire passer le permis un jour, n&#8217;est-ce-pas ? Et même qu&#8217;elle ira chez Ikea et montera son étagère PAX dans son appart d&#8217;étudiante ? Bon, tu vois bien) La verbalisation, dès tout-petits, des émotions, et l’encouragement à s&#8217;exprimer plutôt qu&#8217;à évacuer physiquement une colère; Mieux vaut apprendre à dire, « Mère, je suis fort désappointé que tu refuses cette expérimentation à base de yaourt sur le canapé », ça lui évitera plus tard de donner des coups de boule à la moindre contrariété. Une éducation à la sexualité, en intégrant la notion de respect de l&#8217;autre et du respect du consentement, la plus précoce possible, et SANS calquer des attitudes adultes sur des comportements d&#8217;enfants (genre, ne pas lui dire « ta meuf elle est bonne » en parlant de sa petite copine de classe) Le respect de la singularité de chaque enfant, y compris dans les vêtements, la coiffure, etc. Alors j&#8217;avoue, de mon côté j&#8217;ai calé sur la demande de bottes de pluie roses pour Chaton. C&#8217;est la faiblesse. J&#8217;ai conscience que ce sont des conventions sociales, relativement récentes qui plus est, mais elles sont tellement prégnantes que c&#8217;est difficile de s&#8217;en affranchir.  Pour m&#8217;amuser, j&#8217;ai regardé l&#8217;évolution du costume masculin depuis la renaissance. Voilà ce que cela donne : Et voilà, à partir de là, fini le rose, le damas, les tissus moirés, les bijoux. Du noir, du noir, du noir. Mais les gars, qu&#8217;est-ce qui s&#8217;est passé ? C&#8217;est l&#8217;industrialisation, c&#8217;était moins salissant pour pelleter le charbon, c&#8217;est ça...</p>
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		<title>Charge mentale et éducation : comment élever nos garçons ?</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2018 05:30:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre deux bottes en pâte à sel et trois guirlandes, ho ho ho, j’ai pris le temps de lire le compte instagram @taspensea qui rassemble de courts témoignages de femmes sur la charge mentale qu’elles portent dans leur couple (Non, messieurs mes lecteurs, ne fuyez pas : je sais que tous les hommes ne sont pas à mettre dans le même panier). Je suis tombée dessus grâce à un article de Maman4.0. Parmi ce florilège du machisme ordinaire, il y a parfois des perles. Attention, je décerne mon podium ! #3 : « pour moi la charge mentale c’est quand je prépare les habits de mon fils le soir pour ne pas être réveillée le matin par son papa qui ne sait toujours pas comment l’habiller. Au bout de 4 ans. » #2 : « Conversation du soir. Elle : Tu peux penser à sortir la poubelle demain soir ? Lui : tu peux m’envoyer un sms une heure avant que j’y pense ? » Et le blaireau d’or est attribué à celui-ci, que je trouve grandiose : #1 : « Pour moi la charge mentale c’est quand je suis en déplacement professionnel et que je reçois un SMS le matin de mon mec me disant : « Purée, tu ne m’as pas appelé pour me réveiller !!! Je suis en retard pour le boulot ». Et il y a également le compte twitter « charge mentale pédiatrie », dégoté dans un article de Seayouson, qui recensent les perles entendues aux urgences pédiatriques : #4 : « J&#8217;ai pas le carnet de santé, ma femme me l&#8217;avait pas préparé. » #3 : La maman : « Elle est hospitalisée ? Mais je dois aller chercher ses affaires ! » Le médecin : « Vous pouvez rester avec elle et votre mari peut rapporter tout ce qu&#8217;il faut. » La maman : « Mais il ne sait pas où sont les affaires, hein chéri ? » Il acquiesce avec un sourire gêné. #2 : Enfant de 8 ans, hémophile, épileptique sous un lourd traitement. « Il faut attendre ma femme, je connais pas son historique ni ses traitements. » #1 :  Bébé de 27 jours amené par les pompiers et papa qui accompagne : « Qu&#8217;est ce qui lui est arrivé ? &#8211; Je ne sais pas, je regardais le foot. J&#8217;appelle la maman et je vous la passe, elle va vous expliquer. » On pourrait en rire, tellement c’est clownesque. Mais hélas, je crois que c’est surtout d’une triste banalité. Et je me pose quand même plusieurs questions. Pourquoi ces femmes acceptent de continuer à vivre avec des types pareils ? Qui a éduqué ces blaireaux ? Ont-ils déjà vécu seuls, sans une esclave une femme à leurs côtés pour subvenir à leurs désirs et besoins ? Comment éduquer nos garçons pour qu’ils ne deviennent pas des pourceaux comme ces types ?  J’avoue que je vivrais mal le fait de voir mes fils adultes être complètement démunis dans une cuisine ou infoutus de s’occuper de leur propre descendance. Le volet éducation des filles (ne pas se laisser faire, prendre de l&#8217;assurance, etc&#8230;) est déjà largement abordé un peu partout et ce n’est que la moitié du problème. Notre seul levier d&#8217;action, à nous mamans de jeunes enfants, est donc de faire de nos fils des hommes accomplis. Un peu comme on éduquait une petite fille pour en faire une ménagère accomplie, il y a 60 ans, sachant coudre, cuisiner et faire le ménage à la perfection (oui, je caricature un peu, mais c&#8217;est mon blog et je dis ce que je veux). Moi, plus tard, je ne veux pas être maudite par mes belles-filles, qui me haïraient de leur avoir livré des pignoufs avec un petit rire sardonique du style, je te souhaite bien du plaisir ma cocotte. Et oui, je vois loin. Vous remarquerez que je renonce par là-même, et non sans une certaine noblesse d&#8217;âme, à la satisfaction future de pouvoir dire à mes fils « Mais regarde mon chéri la mauvaise épouse acariâtre que tu as, seule ta maman t&#8217;aime et te comprend VRAIMENT, viens me faire le bisou. » Alors mes petits chéris, mon Chaton fripon, mon Lapin coquin, et même toi Loulou mon beau-fils foufou, voici le programme pour les années à venir. NB : Ma réflexion vaut ce qu&#8217;elle vaut : elle est basée sur mon expérience personnelle, non représentative statistiquement, de maman de deux petits garçons d&#8217;âge rapproché et belle-maman d&#8217;un ado. (Je laisse de côté Poupette, que j&#8217;éduque à la perfection, bien entendu). Ne me lynchez pas.  Ne pas laisser ses enfants se comporter comme des parasites. J’en avais déjà parlé un peu avant. J’entendais l&#8217;autre jour Jacqueline du Finistère, dire à la radio : « Maintenant les enfants ne portent même plus leur cartable quand ils vont à l’école. Les parents les portent pour eux. Qu’ils commencent déjà par porter leurs affaires, et ce sera un premier pas vers l’autonomie. » J’ai trouvé ta réflexion pertinente, Jacqueline, et valable pour les enfants des deux sexes. Alors maintenant j&#8217;annonce la couleur franco à la bande de morpions à mes enfants (pardon, c&#8217;est la bière de Noël qui me monte à la tête) : Tu veux que tes vêtements soient lavés ? Déplace ton corps, à l&#8217;aide de tes membres inférieurs, jusqu&#8217;au panier à linge. Et puis sachez-le, mes fils : ce n’est même pas la peine de songer à vous radiner, adultes, avec votre sac de linge sale. Vous irez à la laverie, comme tout le monde. Après avoir passé des soirées et des week-ends, des années durant, à laver vos slips, c&#8217;est sans l&#8217;ombre d&#8217;une pointe de culpabilité que je consacrerai mon temps à des activités plus ludiques et plus gratifiantes. Ne pas demander systématiquement à l’enfant le plus calme (souvent la fille) de venir aider (pour ranger, mettre le couvert). Du calme, du calme, je vous vois déjà me menacer de mettre ma tête au bout d&#8217;une pique et ce serait dommage, j&#8217;étrenne tout juste une coupe de cheveux fort à mon goût, j&#8217;aimerais en profiter quelques jours : ce n&#8217;est pas une vérité absolue, il y a des filles agitées et des garçons calmes. Mais globalement, les garçons sont, assez souvent, plus dans la motricité (courir, sauter, se bagarrer), que dans la contemplation. Enfin je dis cela, me basant sur l&#8217;expérience de Lapin et Chaton, dont le passe-temps favori est de se poursuivre en hurlant et en se jetant des jouets à la tête. Quand on est parent, c&#8217;est une tentation de facilité de demander à son enfant calme de venir aider à mettre la table, et de laisser l&#8217;excité à ses transes destructrices, en se disant qu&#8217;il va tout casser et qu&#8217;il faudra répéter la demande x fois pour être obéi. C&#8217;est vrai, quand je veux que le couvert soit mis, le plus simple pour moi est de demander à Poupette de le faire. J&#8217;entends « Oui maman », et cinq minutes après, l&#8217;affaire est réglée (une fois qu&#8217;elle a sorti ses écouteurs de ses oreilles). Mais en répétant cela je lui apprendrais surtout, que ses loisirs sont moins importants que ceux de ses frères, et j&#8217;apprendrais aux petits qu&#8217;une femme peut (et doit) tout faire à leur place. Alors oui : il faut répéter la demande. Oui : c&#8217;est fatigant et pas facile. Non : il ne faut pas lâcher.  Valoriser la sensibilité et l’expression chez les garçons. Il n&#8217;y a pas que l&#8217;exploit physique dans la vie. Courir vite, c&#8217;est bien, (un chien le fait aussi, d&#8217;ailleurs) mais lire un livre calmement, c&#8217;est très bien aussi (et le chien, hein ? Non). Parler de ses états d&#8217;âme, raconter ce que l&#8217;on a fait à l&#8217;école et faire l&#8217;effort de s&#8217;exprimer, c&#8217;est très bien (Ce qui nécessite un parent attentif et occupé à autre chose qu&#8217;à pianoter sur son portable ou à regarder les excellents programmes télévisés de la tranche 18h-21h). Jouer à la poupée ou à la dînette quand on est un petit garçon ne signifie pas qu&#8217;on va immédiatement perdre ses testicules par un inexplicable phénomène de dessiccation subite. Cela signifie juste que l&#8217;on s&#8217;entraîne à manifester de l&#8217;affection, ou à vivre en toute autonomie quand on sera un grand garçon. Exit aussi les réflexions du style « un garçon ça ne pleure pas » qui aboutit à un homme mutique et incapable de communiquer, « les poupées c&#8217;est pour les filles » pour un futur père mal à l&#8217;aise avec les bébés, etc&#8230; Je me pose aussi la question du pourquoi certaines femmes semblent avoir assimilé que la virilité est supérieure à la féminité. J&#8217;ai régulièrement entendu des femmes dire qu&#8217;elles préféreraient avoir un garçon plutôt qu’une fille. Cela m’interroge toujours, tellement je trouve cela complètement archaïque. En dehors de raisons psychologiques liées à l’histoire personnelle de chacune, garçon ou fille, quelle importance ? Qu&#8217;on ait un avis tranché sur un sac à main ou des boucles d&#8217;oreille, je le conçois aisément, il s&#8217;agit là de quelque chose de sérieux, mais sur le sexe de son futur enfant&#8230; Est-ce qu’elles ont besoin d’avoir un homme rien qu’à elles, ont-elles une revanche à prendre sur le masculin ? Peut-être qu’un petit garçon leur permet de retrouver une certaine domination sur un homme. Sinon pourquoi un garçon serait-il mieux ? Parce que c’est chouette, d’avoir un pénis ? Parce qu’il peut jouer à celui qui fait pipi le plus loin ? Parce que ce pénis est un insigne de pouvoir ? Admettons que des siècles et des siècles de patriarcat aient formaté le cerveau féminin et qu&#8217;elles aient intégré la croyance qu&#8217;elles valent moins qu&#8217;un homme. Une sorte de syndrome de Stockholm du machisme. Mais quand même, by the way, on est en 2018, non ? Réveillez-vous les filles ! L&#8217;infantilisation des hommes. Un autre aspect du problème -non, aïe, les pavés ça fait vraiment mal- est que certaines femmes semblent -parfois- infantiliser leur conjoint. « Mais il faut vite que je rentre, il ne saura pas se faire à manger ». On pense qu&#8217;elles parlent de leur petit-enfant, ou de leur chien, mais non : elles parlent de leur mari. Imaginez un peu : « Décès tragique à Trifouillis-les-Orgues. Robert, un fringant retraité de 67 ans, a été retrouvé mort dans sa cuisine, devant le frigo et le placard pleins, incapable d&#8217;ouvrir un paquet de jambon et de cuire ses coquillettes. Sa femme l&#8217;avait abandonné à l&#8217;heure du dîner. L&#8217;émotion est à son comble dans ce petit village de 517 habitants. « On ne comprend pas pourquoi elle lui a fait ça », confie Gérard, un ami d&#8217;enfance de la victime, visiblement très ému. « Elle avait pourtant l&#8217;air de tenir à lui », ajoute-t-il en étouffant un sanglot. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative d&#8217;homicide, l&#8217;épouse est actuellement en garde à vue. » Non, vraiment, aucun être humain sain d&#8217;esprit et libre de ses mouvements ne se laissera mourir de faim, c&#8217;est comme une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n&#8217;existe pas. Alors que faire ? Arrêter de penser qu&#8217;une fille, c&#8217;est bien du souci, alors qu&#8217;un garçon, c&#8217;est trop fastoche. Une réflexion qui revient souvent au détour des conversations est « Oh, un garçon, c’est mieux, parce qu’à l’adolescence comme ça, je serai plus tranquille ». Sous-entendu : ce n’est pas une fille qui se fera engrosser par le premier venu, pas de souci, on n’a pas à gérer les conséquences, qu’il fasse ce qu’il veut. A la limite, pas besoin de l’éduquer. Une fille, par contre… il faudra lui apprendre à bien se tenir, à être responsable, à ne pas provoquer, à ne pas sortir tard, à ne pas aller n&#8217;importe où, à rester vigilante, à faire attention à la manière dont elle se tient, dont elle s’habille, dont elle regarde. C’est beaucoup de tracas pour des parents. Élever un garçon serait donc le laisser pousser comme une plante folle et irresponsable, sans qu&#8217;il n&#8217;ait jamais à évaluer les conséquences de ses actes. Il y aurait, sur le chapitre de l&#8217;éducation affective et sexuelle des adolescents, des pages et des pages à écrire. Et la charge mentale ? Bref, avec tout ça, je me suis éloignée de mon histoire de charge mentale. Mais elle découle en droite ligne de tous ces comportements inculqués depuis la plus tendre enfance aux petits garçons. Et bien la...</p>
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