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	<title>éducation positive Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>Eduquer sans s&#8217;épuiser ! la méthode Kazdin enfin traduite en français.</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 08:45:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai le grand plaisir de vous annoncer la parution de la méthode Kazdin, « The Everyday Parenting Toolkit », en français, sous le titre « Eduquer sans s&#8217;épuiser ! Les outils pour une éducation positive qui pose des limites ». Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Alan Kazdin est professeur de psychologie à l&#8217;Université de Yale, aux Etats-Unis. Spécialisé en thérapie comportementale et cognitive, il a fondé le « Yale Parenting Center », au sein duquel il aide des parents à résoudre des problématiques de comportement tout à fait banales que vous avez, j&#8217;en suis certaine, déjà rencontrées : Marius, se roule par terre de colère car vous avez osé lui demander d&#8217;aller au bain pour la huitième fois. Leïla et Kamel passent leur temps à faire les clowns à table, ce qui rend l&#8217;ambiance des repas éminement électrique. Manon, qui traverse la phase critique de l&#8217;adolescence, ne parle à ses parents que par des borborygmes dédaigneux. Ethan rechigne chaque jour à faire ses devoirs, ce qui aboutit inévitablement à de sombres prédictions quant à son avenir, assénées par ses parents exaspérés et révoltés par tant d&#8217;ingratitude. Vous vous dites :  » La méthode d&#8217;Alan Kazdin peut-elle réellement faire quelque chose pour moi, qui vis peu ou prou (ou pas encore mais bientôt) ces diverses situations ?  » Eh bien oui, elle le peut. Pourquoi je vous en parle ? Parce que je co-préface cet ouvrage avec le Docteur Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS et chercheur en sciences cognitives, et que je suis très heureuse d&#8217;avoir proposé ce projet de traduction à Solar, ma maison d&#8217;édition. Je suis convaincue que ce livre sera réellement utile aux parents qui se sentent démunis et ont l&#8217;impression d&#8217;avoir tout tenté sans que rien ne marche vraiment longtemps. Des preuves, vous me demandez des preuves ? Sachez que grâce à la méthode Kazdin, j&#8217;ai pu obtenir de Lapin qu&#8217;il arrête de roter à table, entre autres, ce qui le faisait beaucoup rire (nous, beaucoup moins car il n&#8217;a pas encore compris que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures). Afin de vous donner un avant-goût de cette méthode, vous pouvez découvrir ci-dessous ma préface, et celle de Franck Ramus sur son propre blog, en cliquant sur ce lien. « Eduquer sans s&#8217;épuiser » d&#8217;Alan Kazdin est disponible en vente chez votre libraire habituel ou en ligne, ce jeudi 31 août 2023. Bonne lecture ! « Comme toute maman soucieuse du bien-être de ses enfants, je m’efforce d’éduquer les miens en privilégiant la douceur et la coopération. Et comme toute maman, je me rends bien compte que parfois, il n’y a rien à faire : j’arrive au bout de toutes les solutions diplomatiques. Malgré mes demandes, malgré mon désir profond de laisser une grande latitude à mes enfants, malgré ma raisonnable flexibilité, je ne rencontre pas toujours le succès escompté. Pour parler vrai : je ne le rencontre que rarement. Et c’est alors que bien malgré moi, et bien trop souvent à mon goût, il m’arrive de hurler des phrases du type « ça suffit maintenant, tu vas au bain tout de suite ! » ou « combien de fois je t’ai dit de ne pas manger avec tes doigts ! » L’efficacité de cette technique ? Evidemment, elle est nulle sur le long terme. Même si j’observe sur le coup un petit effet booster, les habitudes reviennent au grand galop, et quelques jours plus tard, rebelote : mes enfants semblent de nouveau atteints de surdité. La tentation est grande de monter le volume à nouveau. Quel soulagement ce serait de pouvoir ancrer en eux ces habitudes que je considère comme importantes ! Chaque famille a ses propres standards éducatifs, en fonction de sa structure, sa culture familiale, son milieu social et son origine géographique. Au-delà de l’amour et du respect partagé qui forment le socle de toute éducation, chaque famille est unique et considérera qu’il est important de respecter certaines règles. Apprendre à ranger ses affaires, participer aux tâches ménagères, bien se tenir à table, converser paisiblement avec ses frères et sœurs… Nous avons tous notre top 3 des incontournables valeurs éducatives. Comment parvenir à y faire adhérer nos enfants ? Il y a bientôt deux ans, je discutais avec mon amie Camille, psychologue spécialisée en thérapie comportementale et cognitive. Elle me parlait des outils qu’elle utilise quotidiennement dans sa pratique clinique, auprès d’enfants atteints de troubles du comportement. Ces mêmes outils sont entièrement applicables à des enfants sans problème particulier : ce sont ceux explicités dans la méthode Kazdin, qui était alors publiée dans à peu près toutes les langues, sauf le français. Toutes les deux très actives sur les réseaux sociaux et en particulier dans le domaine de la parentalité, nous recevions de nombreux messages de femmes découragées, vivant de grandes difficultés avec leur enfant, et en recherche de solutions réellement efficaces. Une bonne part d’entre elles avaient scrupuleusement suivi les préceptes de l’éducation positive. Malheureusement, elles peinaient à trouver dans leurs lectures des solutions concrètes pour faire disparaître des comportements inadaptés, en dehors de vagues « ça passera, son cerveau est immature » et autres « il extériorise ses émotions, c’est normal ».  Au quotidien, ces explications n’étaient d’aucune aide pour rendre l’atmosphère familiale plus paisible; l’épuisement et l’exaspération de ces femmes grandissaient, avec à la clé, l’altération de leur relation avec leur enfant. En voyant à quel point ces parents se trouvaient démunis, nous avons regretté, encore une fois, que la méthode Kazdin ne soit toujours pas traduite en français. Car vraiment, ce livre recèle des trésors pour guider les enfants et enraciner en eux des comportements bénéfiques à leur insertion dans la société. C’est alors que j’ai envoyé un petit message à Bérénice, mon éditrice, pour lui proposer de travailler à ce projet, avec le secret espoir que peut-être… Et voilà ! Nous y sommes. La boîte à outils du Docteur Alan Kazdin est enfin à disposition des parents francophones. J’ai relu cet ouvrage avec toujours autant d’intérêt, et apprécié ses outils très concrets. Des outils que j’utilise, occasionnellement, quand je note que certains comportements peu souhaitables reviennent subrepticement chez mes enfants. Certains s’offusqueront du fait que les outils d’Alan Kazdin, issus de la psychologie comportementale, sont du conditionnement, voire du « dressage » comme le prétendent les plus indignés. C’est oublier qu’un enfant ne grandit pas tout seul. Que nous, parents, en soyons conscients ou non, chacun de nos gestes, chacune de nos paroles et de nos attitudes, va conditionner le comportement de nos enfants. La différence est que les outils proposés par le Docteur Kazdin vont permettre aux parents d’utiliser à bon escient ces leviers de conditionnement, dans le but d’encourager les comportements prosociaux de nos enfants, afin d’instaurer un climat familial serein.  Renforcement positif et retrait de renforcement positif, tels sont les deux balanciers explorés dans la méthode Kazdin et déclinés en plusieurs outils. L’un est à visée de prévention et d’encouragement (le renforcement positif), l’autre est à visée de sanction et d&#8217;extinction des comportements non souhaitables (le retrait de renforcement positif). Utiliser l’un sans l’autre n’a pas de sens. Tout comme, compter uniquement sur les panneaux de limitation de vitesse et l’appel au sens civique; ou au contraire, se contenter de fleurir les routes de radars et assommer les conducteurs d‘amendes, ne règlera pas la question de la sécurité sur les routes : les deux sont nécessaires. Vous trouverez donc dans ce livre des conseils concrets pour favoriser la survenue de comportements souhaités chez votre enfant, et pour diminuer la probabilité de survenue de comportements indésirables. Comment vous y prendre, comment le dire, pendant combien de temps… à vous de choisir dans votre boîte à outils celui qui vous semble le plus adapté, pour passer d’une atmosphère électrique remplie de décibels, à une ambiance familiale sereine propice aux câlins et aux doux moments partagés, beaucoup plus intéressants et gratifiants que des ordres cent fois répétés ! Merci à Camille Masegosa pour sa relecture attentive du manuscrit final et son soutien lors des différentes étapes de ce projet. Merci à Bérénice Taveau d’y avoir cru et de l’avoir défendu ! » Marie Chetrit « Eduquer sans s&#8217;épuiser ! Les outils pour une éducation positive qui pose des limites », d&#8217;Alan Kazdin, préfaces de Franck Ramus et Marie Chetrit, éditions Solar, 2023. 18€90.</p>
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		<title>Chasseur Cueilleur Parent, de Michaeleen Doucleff</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2022 04:30:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>CHASSEUR CUEILLEUR PARENT, LE LIVRE PHENOMENE clame le bandeau vert au bas de l&#8217;ouvrage. LES CULTURES ANCESTRALES EXCELLENT DANS L&#8217;ART D&#8217;ELEVER DES HUMAINS HEUREUX. QU&#8217;ONT-ELLES A NOUS APPRENDRE  ? Telle est la question. Je ne pouvais pas ne pas lire cet ouvrage, qui plus est préfacé par l&#8217;incontournable Isabelle Filliozat. Ce qui, une fois que j&#8217;ai lu l&#8217;ouvrage, me fait doucement marrer mais bref, je ne vais pas spoiler trop vite. Donc, Michaeleen Doucleff est une jeune maman dotée d&#8217;une enfant atroce qu&#8217;elle ne peut plus supporter, au point de faire des crises d&#8217;angoisse à l&#8217;aube, à l&#8217;idée d&#8217;affronter Rosy, 3 ans, colérique, violente. Michaeleen est une mère concernée, présente, anxieuse et désireuse de bien faire. Mais visiblement, il y a un os dans le potage. Rien de ce qu&#8217;elle ne tente ne fonctionne avec cette petite fille irascible. Michaeleen est journaliste scientifique pour une radio américaine et amenée à se déplacer fréquemment sur tous les continents. Un jour, elle prend sa fille son le bras et part pour un long périple qui la mènera en Amérique Centrale chez les Mayas (Petite musique d&#8217;ambiance sur l&#8217;air de el condor pasa), puis chez les Inuits à Kugaaruk (Humez-moi cette bonne odeur de hareng fumé) et enfin, chez les Hadza en Tanzanie (Sur fond de girafe broutant des acacias.) Elle y découvrira les secrets séculaires de l&#8217;éducation telle qu&#8217;elle est pratiquée Depuis La Nuit Des Temps Par Les Tribus Les Plus Authentiques Et Proches De La Nature, les Chasseurs Cueilleurs (paraît-il, parce que pour certains, ce n&#8217;est pas vraiment flagrant). Bon. Alors en préambule, il y a des choses que j&#8217;ai appréciées dans « Chasseur Cueilleur Parent » : Michaeleen est touchante, elle avoue qu&#8217;elle se trouve dans une merde complète. On perçoit, au fur et à mesure du livre, qu&#8217;elle est une mère dite « hélicoptère », c&#8217;est à dire en permanence sur le dos de son enfant : fais ci, fais pas ça, attention, ne va pas là, bravo c&#8217;est génial ma chérie, waouh, amazing, great ! Attends-moi, reviens, mais que se passe-t-il, raconte-moi ce que tu ressens, tu es en colère car tu veux décider toi-même, que préfères-tu ma chérie, un cookie au chocolat ou un muffin aux myrtilles ? Aller à la piscine ou faire du vélo ? Et on imagine son grand sourire carré hyperpositif plein de dents, bref, une mère chiante, étouffante, insupportable à force d&#8217;être présente. La pauvre. Et c&#8217;est émouvant de voir qu&#8217;elle en est pleinement (devenue) consciente, et qu&#8217;elle reconnaît avoir été, au fond, involontairement toxique pour son enfant. Elle a également l&#8217;honnêteté intellectuelle de prévenir, en préambule, que les recettes qu&#8217;elles donnent ne sont pas miraculeuses, et que les parents chasseurs cueilleurs font des boulettes aussi et ratent des trucs avec leur gamins. On apprécie ce sain rappel que la perfection parentale n&#8217;existe nulle part sur ce globe et qu&#8217;aucune méthode n&#8217;est infaillible. Là-bas aussi, il existe aussi sûrement des sales gosses. MAIS il faut bien prendre cet ouvrage pour ce qu&#8217;il est : le livre d&#8217;une Américaine, très Américaine. C&#8217;est-à-dire, focalisée de manière étouffante sur son enfant, ce qui ne peut pas manquer de produire des résultats catastrophiques. À ce titre, je trouve que la majorité des Secrets Ancestraux qu&#8217;elle découvre avec émerveillement sont du bon sens élémentaire, un peu comme mamie Georgette qui te dirait « mais fiche-z-y donc la paix à ce gamin et laisse-le courir, même s&#8217;il tombe et se fait mal ça s&#8217;ra pas ben grave. » Etait-il nécessaire de se farcir des milliers de kilomètres pour entendre des trucs que sa grand-mère aurait pu lui dire ? Ensuite, le livre est TRÈS long, il y a beaucoup de redites et il pourrait faire 200 pages de moins. Mais au moins, le message rentre car il est martelé de face, de dos et de profil. Pourquoi pas. Enfin, je n&#8217;ai pas vu en quoi ces Secrets Ancestraux étaient réellement spécifiques des ethnies de chasseurs-cueilleurs, et cela sent quand même le coup de marketing exotique et proche de la natûûûre qui va bien pour faire prendre la mayonnaise : une sorte de green-washing de la parentalité. L&#8217;appel à la nature et au retour aux traditions de ces peuplades sauvages, grrrr, est très tendance en ce moment, particulièrement dans le milieu de la parentalité. Beaucoup se basent là-dessus pour prôner le retour à l&#8217;accouchement à l&#8217;ancienne, dans les bois, sans péridurale, et en bouffant son placenta tout cru pour se requinquer après, faute de steack, car l&#8217;homo modernicus ne sait plus chasser. Oui, c&#8217;est hors sujet mais j&#8217;avais envie de le dire quand même. Cela étant dit, je vais vous faire un petit retour sur les différentes parties du bouquin, que je dois rendre incessamment sous peu à la bibliothèque (il y a une semaine ou deux, quoi), donc je me magne de le finir. Michaeleen Doucleff commence par une introduction assez intéressante. l&#8217;essentiel de la littérature en psychologie (96% d&#8217;après elle) concerne des études réalisées sur des populations d&#8217;ascendance européenne, qui ne représentent pourtant que 12% de la population mondiale. Cela pose forcément question sur l&#8217;universalité desdits mécanismes psychologiques démontrés. Elle cite l&#8217;exemple de cette fameuse illusion d&#8217;optique (ci-dessous). A la question « Quelle flèche est la plus longue ? », vous comme moi répondons d&#8217;un seul coeur, avec l&#8217;immense majorité de nos semblables : « celle du haut bien sûr ! » Alors qu&#8217;en fait, elles sont de longueur identique. Sauf que si on montre ce dessin à un membre de l&#8217;ethnie Hadza, il ne va pas dire que celle du haut est la plus longue. Il va dire qu&#8217;elles sont pareilles, et il a raison. Cela illustre les biais psychologiques qui sont à l&#8217;oeuvre chez les Occidentaux, mais pas chez des personnes ayant un mode de vie bien différent du nôtre : nos modes de pensées sont radicalement différents. Par conséquent, nos manières d&#8217;appréhender les relations en général, et la parentalité en particulier, n&#8217;ont pas grand chose à voir. Sur certains aspects, Michaeleen Doucleff établit des constats que je partage (d&#8217;ailleurs à certains endroits nous avons cité les mêmes anthropologues dans nos livres respectifs) sur la manière de concevoir la cellule familiale en Occident : nucléaire, réduite aux parents et aux enfants, en excluant progressivement les autres membres de la famille, grands-parents, tantes, oncles, cousins et cousines plus ou moins éloignés. La charge familiale est devenue écrasante, puisque reposant uniquement sur les épaules des parents biologiques, au lieu d&#8217;être répartie entre les parents et co-parents (alloparents comme elle les nomme, autres adultes proches ou grands enfants pouvant assumer quelques responsabilités). Conséquence : les parents pètent un câble. Autre constat juste qu&#8217;elle pose : l&#8217;obligation faite aux parents de nourrir l&#8217;ego de leur enfant en le complimentant. C&#8217;est très vrai aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où certes, les enfants sont encouragés et valorisés, mais à un point qui frise l&#8217;excès. « La culture occidentale est sans doute la seule à exiger des parents qu&#8217;ils l&#8217;entretiennent et la cultivent (l&#8217;estime de soi, sous-entendu) chez leurs enfants. » L&#8217;effet positif des avalanches de compliments, à tout bout de champ et pour n&#8217;importe quoi, sur l&#8217;estime de soi, n&#8217;est absolument pas prouvé. La nuance entre encourager intelligemment et s&#8217;extasier bêtement n&#8217;est pas forcément facile à trouver. Elle aborde également la question des études scientifiques qui démontrent que&#8230;. ici, remplir avec l&#8217;item de votre choix : laisser choisir votre enfant le rend plus sûr de lui / pratiquer la motricité libre donne des enfants plus dégourdis / lui donner beaucoup d&#8217;affection le rendra plus coopératif. Sa question étant : la science peut-elle m&#8217;aider à être une meilleure mère ? Pour les scientifiques qu&#8217;elle a interrogés, « les questions éducatives comptent parmi les problèmes les plus complexes de la science. Il est plus facile d&#8217;envoyer une fusée sur Mars que de répondre à ces questions. [&#8230;] Les parents en attendent trop de la science. » Ah ah ! le fameux « les neurosciences l&#8217;ont prouvé » en prend un petit coup dans le pif, puisqu&#8217;en fait non, la science ne le peut pas. D&#8217;autant plus que la plupart des études sont de faible puissance, réalisées sur des petits effectifs. Et même s&#8217;ils sont réalisés sur des effectifs considérables, cela ne signifie pas que cela marchera dans tous les cas.  C&#8217;est une réalité biologique : par exemple dans mon domaine, on observe parfois que certains traitements sont très efficaces chez 25% des patients. Ce qui signifie qu&#8217;ils ne marchent pas chez 75% des patients. Est-ce que cela veut dire qu&#8217;on peut tout jeter à la poubelle ? Non, pas du tout. Tant mieux pour les 25% pour qui ça marche. Mais pour les 75% chez qui ça ne fonctionne pas, cela ne sert à rien de s&#8217;acharner : il faut tester autre chose. C&#8217;est pareil dans le domaine éducatif. Si la super recette d&#8217;éducation positive marche avec votre enfant, c&#8217;est tant mieux. Mais si ça ne marche pas avec l&#8217;enfant de votre voisine, inutile de la pourrir et de lui dire qu&#8217;elle utilise mal la méthode. Ce n&#8217;est sans doute pas la bonne méthode pour elle, voilà tout ! Michaeleen conclut son prologue par cette phrase : « Dans le domaine scientifique, l&#8217;humilité est essentielle » et je crois que certains adeptes de l&#8217;éducation positive à la sauce neurosciences feraient bien de s&#8217;en inspirer. Entrons maintenant dans le vif du sujet : les recettes secrètes des peuplades exotiques. On commence avec les Mayas. Chasseur cueilleur parent au Mexique Michaeleen file avec sa Rosy chez les Mayas, dans un petit village proche de Cancún. Là, elle découvre, éberluée, que les enfants sont serviables. Unbelivable. Par quel miracle ? Elle cite une étude démontrant que chez les Mayas, les enfants, dès l&#8217;âge de 7-8 ans, rendent service spontanément à leurs parents. Tu as bien lu : spon-ta-né-ment. Genre vraiment, quoi : ils font la vaisselle, plient le linge, passent le balai, préparent à manger, sans qu&#8217;on le leur demande. Sans récompense ni promesse de privilège. La drogue, je ne vois pas d&#8217;autre solution. Dites-moi vite laquelle, que je m&#8217;en fournisse. Alors, là j&#8217;émets une réserve sur les observations de Michaeleen : tout au long du chapitre des Mayas, les enfants rendant service sont très majoritairement&#8230; des filles. Je me demande s&#8217;il n&#8217;y a pas un léger biais d&#8217;éducation genrée dans ces observations&#8230; Néanmoins, les observations de Michaeleen (et d&#8217;autres psychologues) pointent bien un effet lié à la communauté, et pas à la génétique, puisque des mères séparées de la communauté indigène, installées dans un contexte occidentalisé, voient leurs enfants devenir de sales gosses infoutus de se servir de leurs 10 doigts. Quelque part, ça me rassure. La véritable question est : comment font ces mères et ces pères indigènes pour développer un tel sens du service chez leurs enfants ?  Tout simplement, en les laissant participer, dès qu&#8217;ils le souhaitent, aux activités familiales. Plutôt que de se taper une session de dînette avec son enfant, la mère maya va le laisser faire la vaisselle avec elle. Certes, les assiettes seront approximativement briquées, ça sera davantage une activité piscine que cuisine, mais l&#8217;enfant apprend ainsi, par imprégnation. Logique, me diras-tu, et très montessorien comme approche. Quand il en a assez, il cesse de participer. Autre secret maya : pour des tâches complexes, le parent va d&#8217;abord rejeter la demande de participation de l&#8217;enfant, et l&#8217;inviter à se contenter d&#8217;observer attentivement. Il va même exclure son enfant s&#8217;il travaille comme un gougnafier. Ce faisant, le désir de participer augmente, mécaniquement, puisque comme l&#8217;a écrit le grand auteur maya Pierre Corneille, « le désir s&#8217;accroit quand l&#8217;effet se recule ». Mais&#8230; attends&#8230; Ne serait-ce pas ce qui est décrit par certains anti-veo comme de la manipulation odieusement perfide ? Et Isabelle Fifi cautionnerait ça ? Je rêve, je suis outrée, choquée, scandalisée. Bref, le truc maya, c&#8217;est que l&#8217;enfant se sente membre de la communauté en participant, et que sa participation soit vraiment utile à la communauté. Donc, plutôt que de le laisser faire de la patouille dans son coin, filons-lui un concombre à éplucher ou des patates à laver. Je trouve que c&#8217;est une approche intelligente. Se...</p>
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		<pubDate>Sat, 22 Jan 2022 14:12:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Navrée de te décevoir, mais ceci n&#8217;est pas un article. C&#8217;est une annonce, comme dans les haut-parleurs de la SNCF. C&#8217;est juste pour te dire que le samedi 29 janvier, de 10h30 à 13h, je serai en dédicace (ouais madame, parfaitement, en dédicace, comme un prix Nobel de littérature) à Villejuif, à la Librairie Points Communs. Pourquoi Villejuif, me diras-tu ? Parce que, te répondrai-je. Parce que la libraire est la copine d&#8217;un copain, qu&#8217;elle est sympa, qu&#8217;elle a un super choix de bouquins, que c&#8217;est petit, convivial, personnel, bref : idéal pour une novice de la dédicace comme moi. N&#8217;hésite pas à venir me rencontrer, me raconter ta vie, me dire si tu me lis ici ou ailleurs, et tout ça. Il faut que vous soyez au moins deux pour que le mot DédicaceS de la photo prenne tout son sens.  En plus, je me suis fait faire un super tampon trop classe pour authentifier ma précieuse signature, mon bouquin deviendra collector et tu pourras le vendre aussi cher qu&#8217;un autographe de Johnny dans quelques années. Si avec tout ça je ne t&#8217;ai pas convaincue de venir me voir, franchement, hein ! Je te dis donc à samedi prochain, à la Librairie Points Communs de Villejuif, 30 Rue Georges Lebigot, métro Villejuif Paul Vaillant-Couturier. Et je t&#8217;absous d&#8217;avance si tu ne peux pas venir, même si c&#8217;est uniquement lié à une question de radinerie, genre tu ne veux pas mettre 150€ dans un billet d&#8217;avion pour venir me rencontrer 2 minutes. Et pour un ticket de RATP à 2€ ? Oui, je t&#8217;absous également. Bisous. </p>
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		<title>J-15 avant la sortie de mon livre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Oct 2021 18:48:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[en vrac]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[éducation positive]]></category>
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		<category><![CDATA[parentalité bienveillante]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était il y a 18 mois, en mars 2020.  Nous étions en plein confinement et comme tant d&#8217;autres, je découvrais les joies du télétravail et de la continuité pédagogique combinés. Hagarde et dépeignée, je finissais un fond de café froid. Chaton et Lapin hurlaient et couraient en slip dans l&#8217;appartement, en se jetant des oreillers à la figure. Mon ado passait, tête basse et pieds traînants, vêtue du matin au soir et du soir au matin de sa combinaison koala. Le canapé était recouvert de miettes de céréales écrasées, et un pot de flamby était tombé par terre et  répandait une traînée de caramel collant sur le sol déjà bien amoché. Il y avait des gouttes de pipi sur la lunette des toilettes. J&#8217;étais en train d&#8217;écrire la liste de ce qui allait devenir, pour plusieurs semaines, l&#8217;événement le plus vital, le plus excitant et le plus dangereux de mon existence : les courses hebdomadaires à Intermarché. Quand soudain, un mail arriva depuis le formulaire de contact de mon blog.  D&#8217;habitude, je reçois des mails en provenance de sites russes chelous, mais là, le sujet m&#8217;a tapé dans l&#8217;œil : « Prise de contact éditions Solar ». Cela ne me prit que quelque secondes pour le lire, quelques minutes dans ma tête pour décider que la réponse était oui. En revanche, il fallut quelques mois pour parvenir à achever ce projet. Et aujourd&#8217;hui, c&#8217;est le grand jour : je peux enfin vous présenter mon dernier bébé !   Bien sûr, tu te doutes qu&#8217;écrire un livre, c&#8217;était mon rêve secret. Mais jamais je n&#8217;aurais osé, si mon éditrice ne me l&#8217;avait pas proposé. Moi, écrire un livre ? Comment un vermisseau tel que moi pourrait avoir l&#8217;outrecuidance d&#8217;écrire autrement que sur ce modeste blog plongé dans les pénombres de l&#8217;anonymat ? Mais bon, visiblement mon éditrice avait l&#8217;air plutôt confiante dans le fait que j&#8217;en étais capable, alors j&#8217;ai suivi, comme un caneton derrière sa mère. OK, je vais le faire. J&#8217;ai taillé mon crayon HB, pris quelques feuilles, toussoté et remué mes épaules, fait craquer mes doigts, et j&#8217;ai écrit une proposition de sommaire. Puis je suis partie en vacances. Je suis large, je me suis dit. C&#8217;était les vacances post-covid, on était quand même là pour se reposer, se délasser, profiter de la life et de la famille. Septembre arrive. Tout va bien, j&#8217;ai le temps. Dans ma tête, le bouquin est fait. Ca n&#8217;existe pas, les brancheurs de tête pour récupérer les pensées ? Dommage, ça serait un vrai gain de temps. Octobre. Je m&#8217;attaque aux premiers chapitres. Bon bon bon. Voilà, j&#8217;ai déjà écrit une bonne trentaine de pages. C&#8217;est bien, ça avance. Et puis, il y a eu quelques échanges de mails, des « c&#8217;est pas mal, il va falloir étoffer ça, développer ceci ». Novembre passe à toute vitesse et paf : 15 décembre. Ce jour là, je me gratte la tête, et je me dis : allez ma vieille, prends ton contrat et regarde quand même quand est-ce que tu dois rendre le manuscrit, au fait.  Le&#8230; le 1er février 2021 ? WTF ? 1er février, alors que Noël est dans 10 jours et qu&#8217;il me faudra quelques semaines pour digérer le foie gras et la bûche, et descendre les papiers cadeaux à la poubelle ? Mais il faut absolument que je me mette au boulot !  Alors là, je me suis mise à turbiner à fond, non pas le jour, parce que j&#8217;ai un vrai travail en journée aux heures ouvrables, mais le soir et la nuit. Béni soit le célibat géographique qui m&#8217;a assuré des soirées disponibles sans conjoint pour écrire de 21 h à minuit, puis de 21 h à 2 h du matin, durant ces 45 jours qui me restaient. Ah, c&#8217;était vite fait, les conversations au téléphone le soir. « Tu fais quoi ma chérie ? J&#8217;écris, à plus tard mon amour ».  Cela explique l&#8217;activité drastiquement restreinte de mon blog, puisque je ne pouvais être au four, au moulin et à la machine à écrire. Bref, quelques jours après le 1er février, je rendais la première version de mon manuscrit, aussi fière qu&#8217;Usain Bolt à l&#8217;arrivée du cent mètres sprint. Bien sûr, ce n&#8217;était pas fini, puisqu&#8217;après la V1, il  y eut la V2 puis la relecture de la V2. Régulièrement, je demandais : « Alors, alors, je peux en parler ? » « Non Marie, c&#8217;est trop tôt, il faut attendre un peu. «  Et là, c&#8217;est bon, je peux en parler ? » « Toujours pas. Ça avance sinon ? » « Bon, là ça va aller, on est d&#8217;accord que c&#8217;est le bon moment ? » « Encore un peu de patience, 15 jours avant la sortie du livre. » ET VOILA NOUS Y SOMMES, LE BOUQUIN SORT DANS 15 JOURS, LE 21 OCTOBRE 2021 !!!! J&#8217;y crois pas. Alors, de quoi que ça cause donc ce livre ? Le titre complet est : « Education Positive : une question d&#8217;équilibre ? Démêler le vrai du faux de la parentalité bienveillante. » Donc logiquement, cela parle d&#8217;éducation positive et de parentalité, bien entendu. D&#8217;exagérations, de réalités scientifiques, de l&#8217;impact toxique des réseaux sociaux sur les jeunes mères. De l&#8217;évolution du rapport à l&#8217;enfant au cours des siècles, de l&#8217;individualisme dans l&#8217;éducation, de tous les concepts à la mode en parentalité positive. Est-ce qu&#8217;il faut tout le temps parler tout doucement d&#8217;une voix mélodieuse, sous peine de catastrophe ? Vais-je traumatiser à vie mon enfant si je crie, si je râle, si je lui mouche le nez ? Faire preuve d&#8217;autorité fait-il de moi une perverse sadique ? Suis-je une mauvaise mère si je décide de sevrer mon enfant / lui apprendre à s&#8217;endormir dans son lit ? Ai-je le droit de punir mon enfant ? Est-ce que je peux prendre de la hauteur face aux injonctions éducatives ? Dois-je suivre les conseils de cette Instamum trop cool qui n&#8217;est que sourires et teint de rose, pas comme moi ? Et moi dans tout cela, est-ce que j&#8217;existe encore ? Suis-je normale d&#8217;éprouver parfois des envies de meurtre sur mes propres enfants ? Pour écrire ce livre, j&#8217;ai interrogé des mamans qui en ont vécu des vertes et des pas mûres avec leurs enfants; des psychologues qui m&#8217;ont expliqué le dévoiement des théories éducatives; des professionnelles de la périnatalité et de la sphère maternelle ou conjugale avec qui j&#8217;ai parlé du poids des injonctions sur la vie des femmes. J&#8217;ai aussi développé des aspects évoqués sur ce blog, dont les effets des violences éducatives ordinaires, les limites éducatives, les sanctions, et des situations vécues avec mes propres enfants. C&#8217;est donc un livre de témoignage, de décryptage et d&#8217;analyse, dans un style que tu connais qui est celui de mon blog, donc je l&#8217;espère, à la fois marrant et rigoureux. Merci à toutes celles et ceux qui ont accepté de m&#8217;ouvrir une fenêtre sur leurs vies. Merci à Hélène Bonhomme qui a joliment préfacé mon ouvrage. Évidemment, je n&#8217;en mène pas large, et plus la date de sortie s&#8217;approche, plus mon estomac se serre. Et si c&#8217;était de la merde ? Et si j&#8217;en vendais 42, dont 23 à ma famille ? Et si subitement, tout le monde s&#8217;en foutait, de la parentalité ? Heureusement, je me dis surtout que les témoignages sont nombreux (ici, sur Instagram ou chez les Fabuleuses au Foyer) de mamans sous l&#8217;eau, désespérées, épuisées, culpabilisées par des injonctions toujours plus féroces faites aux parents. Alors ce livre est pour vous, pour elles, pour tous les parents quelle que soit leur configuration familiale, pour vous rassurer, vous aider à prendre de la hauteur, vous émanciper des diktats des réseaux sociaux, et avoir des arguments sourcés à opposer à ceux qui vous assènent « c&#8217;est prouvé par les neurosciences ».  Mon livre est d&#8217;ores et déjà disponible en précommande chez ton libraire habituel, Fnac, Amazon, Les Libraires, Mollat, Decitre, Cultura et j&#8217;en oublie certainement. J&#8217;espère que tu l&#8217;aimeras et que tu auras une folle envie de l&#8217;offrir à toutes tes copines. Je me ronge fébrilement les ongles en attendant ta réaction. Education positive : une question d&#8217;équilibre ? Démêler le vrai du faux de la parentalité bienveillante. Marie Chetrit, éditions Solar. 272 pages, 19€90.</p>
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		<title>Les marrons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2020 04:30:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[éducation bienveillante]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi matin, nous étions prêts, pour une fois, à l’heure. Tous prêts. Une performance peu commune, car autant nous sommes toujours à l&#8217;heure à l&#8217;école, autant gérer la semi-anarchie du week-end est une autre paire de manches. « Mais quoi, t&#8217;es toujours en slip, mais on part dans 10 minutes ! Où est Lapin ? Lapiiiin ? LAPIN ! » Lapin glousse, caché sous notre couette, et il pousse un petit cri pour qu&#8217;on le trouve. C&#8217;est déjà une bonne chose, mais il est toujours en pyjama et fait des prouts avec sa bouche pendant qu&#8217;il se laisse traîner en direction de son tas de vêtements. Pourtant, de manière tout à fait incompréhensible, ce jour-là, tout le monde était habillé et prêt à l&#8217;heure. Et donc, à 10h50 pétantes, nous avons accompagné en famille, fièrement, Lapin et Chaton juchés sur leurs trottinettes à leur cours de tennis. Le club était inhabituellement calme. Sûrement tous ces froussards, avec le Covid, avons-nous pensé. Mais non, en fait ! Pas du tout. C’est juste que ce samedi-là, il n’y avait pas tennis, exceptionnellement. Voilà ce qui se passe quand c’est ton mari qui reçoit les mails du club : il ne les ouvre pas, mais ce n&#8217;est pas grave. Qu’à cela ne tienne, nous en avons profité pour aller faire une petite récolte de marrons. Il faisait un froid de gueux, et évidemment, Lapin n’avait pas voulu mettre son blouson. Je ne l’ai pas forcé car je respecte le consentement de mon enfant, moi Madame, et je ne vais pas le violenter pour qu’il enfile un blouson. Non, je déconne. Pour de vrai, comme nous allions au tennis, je pensais qu’il serait en intérieur, et j’ai lâché l’affaire (et le blouson dans l&#8217;entrée), car j’économise mes nerfs. Avec un numéro pareil, j’ai plutôt intérêt. En ce moment, tu vois, je m’entraîne à chuchoter. Je parle tout doucement comme ça, « Mon chéri parle plus bas car tu n&#8217;es qu&#8217;à 2 cm de mon oreille qui fonctionne très bien merci, et maman a besoin de calme et je sais que tu es capable de parler comme un souffle de brise légère, et de marcher comme une plume de poussin virevoltante », et non pas comme un troupeau de tyrannosaures hurlants juste après une cuite au Pastis, je le dis en murmurant, genre la meuf qui contrôle ses nerfs à fond, tu vois. Scoop : ça ne marche pas. Mais ça fait bien d&#8217;essayer, et surtout de le dire. Donc, nous sommes allés aux marrons, dehors, car Scoop2 : les marronniers ne poussent pas dans les cours de tennis couverts, non non. Et qui c’est qui est devenu un peu bleuté et tremblotant ? Lapin, of course, juste en petit gilet. J&#8217;ai hésité à le laisser expérimenter la conséquence naturelle de sa décision, aka se cailler les miches. L&#8217;éventualité d&#8217;un 38°1 le lundi matin suivi d&#8217;un refoulement de l&#8217;école, en zone rouge ultra-écarlate vermillon, m&#8217;a retenue. J’ai été sympa, et je lui ai donné mon ciré jaune en retroussant 5 fois de suite les manches, il était trop craquinou, ça lui arrivait aux pieds. Et nous avons ramassé des gros marrons, bien beaux, bien luisants, encore dans les bogues pour la plupart, c’était tellement chouette de les écraser d’un bon coup de talon pour les faire jaillir, paf, comme un boulet de canon. On a fait (surtout moi) un joli cœur avec. Les marrons étaient tout doux, avec des petites vaguelettes plus foncées dessus, comme les courbes de niveau d&#8217;une carte IGN. J&#8217;en ai gardé quelques-uns dans ma poche et Lapin a fait un soleil énorme avec tous les autres marrons. Il était content mon Lapin, de cette grosse récolte. Je me suis dit que franchement, un caillou, un bâton et un marron, suffisaient à combler cet enfant. Le soir, nous sommes revenus nous balader (Oui, et alors ? La routine, c&#8217;est le bonheur). Lapin a couru vers ses marrons qu’il avait soigneusement assemblés, et là, catastrophe, les marrons étaient totalement dispersés par un foufou qui s’était amusé à shooter dedans. J’ai vu à sa petite moue qu’il trouvait que c’était une grosse injustice de la vie qui lui arrivait là. Je lui ai dit : « Mon chéri, peut-être que toi aussi, si tu avais vu un gros tas de marrons comme ça, tu te serais amusé à donner des coups de pied dedans ? » et j’ai pensé « Voilà, maintenant, tu sais ce que ressent ton père quand tu massacres en 10 secondes le château Playmobil qu’il a mis une heure et demie à te construire ! » ET TOC. &#160; Ce post était sponsorisé par l&#8217;éducation positive et bienveillante.</p>
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		<title>Mon avis sur « L&#8217;Education Approximative » d&#8217;Agnès Labbé.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 05:30:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Agnès Labbé]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous allez vous dire : Oh, non, encore une chronique de livre ! On en a marre ! Remboursez ! Ce blog est une escroquerie ! Bon, alors d&#8217;abord, calmez-vous, ici c&#8217;est chez moi et je fais ce que je veux parce que c&#8217;est gratuit, alors, hein, faut pas pousser mémé dans les orties. Ensuite parce qu&#8217;il m&#8217;est arrivé mille mésaventures au sujet de ce livre, et que j&#8217;ai failli en avoir un ulcère. (Pour ceux qui ne sont intéressés que par la chronique du livre et non par mes malheurs, bande d&#8217;ingrats, scrollez vers le bas). Bon alors celui-là, il m’a donné du fil à retordre. Comprenons-nous : pas par sa lecture, non. Par la difficulté à l’obtenir. Figurez-vous que la Fnac, à qui je l’avais commandé, m’a facétieusement envoyé : « Sous le drapeau noir. Enquête sur Daesh » d’un certain Joby Warrick, certainement très aimable, mais dont je n’avais pas l’intention de découvrir la littérature. Je n&#8217;ai déjà pas beaucoup de temps, alors ce n’est pas pour passer des soirées lugubres à me documenter sur des organisations sinistres. J&#8217;ai donc fait une recherche fouillée sur internet pour trouver le numéro secret de la Fnac, et j&#8217;ai signalé à Jean-Claude de la plateforme téléphonique, l&#8217;objet de mon désappointement. Jean-Claude a eu l&#8217;air également un peu interloqué de cet envoi surprenant, et m&#8217;a indiqué la marche à suivre pour renvoyer Daesh aux oubliettes, et recevoir le Graal d&#8217;Agnès Labbé. Dix jours passent&#8230; ma boîte aux lettres demeurait vide et triste comme un vendredi de Carême. Je rappelle la Fnac, et tombe sur Marie-Christine, qui me signale que le processus prend 15 jours à compter de la date de retour de Daesh au bercail, que oui Madame, c’est la démarche qualité qui veut ça, bla bla bla&#8230;, service logistique, bla bla bla&#8230;, procédure normale, bla bla bla&#8230; etc. Une semaine passe, et là je commence à paniquer sérieusement, à quoi cela sert-il si je reçois le livre d&#8217;Agnès quand Lapin est majeur ? C’est maintenant que j&#8217;en ai besoin, que diantre ! Au téléphone, Huguette me dit que non, tout est normal, que c&#8217;est la plateforme de Wissous qui&#8230; qu&#8217;elle ne peut rien de plus que&#8230; que je vais l&#8217;avoir au plus tard le&#8230; Une autre semaine passe&#8230; Toujours rien. Alors là, le dragon qui sommeille en moi s&#8217;est subitement réveillé, et j&#8217;ai rappelé, furibarde : manque de bol, c&#8217;est le pauvre Anthony qui s&#8217;est pris le feu de mes naseaux dans la figure, Anthony l&#8217;innocent (bien que je sois restée polie, évidemment, et que j&#8217;aie pris soin de lui dire que je ne lui en voulais pas personnellement). Je lui ai dit que leurs processus de m&#8230; à la noix me cassaient les bonbons, que c&#8217;était un scandale de mettre 3 semaines à enregistrer un retour pour un livre coûtant la modique somme de 15€90, que plus jamais je n&#8217;achèterais à la Fnac même si cela me brisait le cœur, que je haïssais les dirigeants de cette société qui mettent des salariés sous-payés en première ligne de front pour essuyer les ires des clients alors qu&#8217;ils n&#8217;y étaient pour rien, que c&#8217;était du niveau de Pétain envoyant les soldats de la première guerre mondiale au casse-pipe, que la France était foutue, que je votais Mélenchon aux prochaines élections et que je descendais sur le rond-point le plus proche avec mon gilet jaune, et je vous souhaite une bonne soirée quand même, croyez-bien que je suis désolée mon cher Anthony, avec mes sentiments les meilleurs, bonsoir. Et bien croyez-le ou non : le lendemain même, mon livre était envoyé comme par magie. C’est pas triste, de devoir à en arriver à de pareilles extrémités pour lire le livre d&#8217;Agnès Labbé ? En même temps, c&#8217;est quand même le livre d&#8217;Agnès Labbé, hein, on ne parle pas d&#8217;un obscur Zola de quatrième zone. Bref, merci Anthony, si tu passes par là, la Fnac a de la chance de te compter dans ses rangs. Sauf qu’entre-temps, Tout le monde a sorti sa chronique sur ce fameux livre, et vas-y que Picou-Bulle écrit sa critique (Picou-Bulle, celle que l&#8217;on surnomme dans le milieu, « la femme qui blogue plus vite que son ombre »), et qu’une Chambre à Moi se fend d’une tartine excellente sur le sujet, etc… Elles ne m&#8217;ont pas laissé un miette. Que me reste-t-il à dire sur ce fameux livre, hein ? Faire une critique des critiques, comme me le suggérait 3kleinegrenouilles ? En dire du mal ? J’y ai pensé, je ne vous le cache pas. Je me suis demandé si pour me démarquer, je n&#8217;allais pas sortir un article féroce sur « l&#8217;Éducation Approximative ». Comme quand un film est encensé par le public, et que paf, Libération, ou Le Monde, ou Télérama, te le descend à grands coups de scuds perfides et condescendants. Mais pour de vrai, non, je ne peux pas faire une chose pareille. Je n’ai rien trouvé à critiquer. Je suis bassement jalouse, même. J’aimerais rayer « Agnès Labbé » sur la couverture et écrire mon nom à sa place. Ou alors usurper son identité, avec une perruque blonde (et un verre de Chardonnay à la main), tout le monde n’y verrait que du feu. Parce que le bouquin d&#8217;Agnès Labbé, c&#8217;est juste ma vie au quotidien. Agnès est en couple, elle a quatre enfants dont des jumeaux, un chat, un boulot, un blog, et elle arrive avec tout ça à sortir ses enfants un peu plus loin que le square surpeuplé et rempli de crottes du bout de sa rue (Je le sais, parce que je l&#8217;espionne sur Instagram). J&#8217;aurais pu l&#8217;écrire, ce bouquin, en fait. Si j&#8217;en avais eu l&#8217;idée. Avant elle. Et si j&#8217;avais commencé à bloguer plus tôt. Si j&#8217;avais eu des jumeaux. Et si&#8230; Bon non, d&#8217;accord, en fait je n&#8217;aurais pas pu écrire le bouquin d&#8217;Agnès, même si je me reconnais à chaque ligne, dans les gueulantes poussées qui font du bien même si on en a un peu honte après, dans les petits lâchages pour avoir la paix (un sachet de fraises tagada à 18h30 n&#8217;a jamais tué personne, mais ça épargne mes tympans, parfois), dans le relativisme (mesuré) qui s&#8217;installe au fur et à mesure des années et des enfants supplémentaires, et dans les apéros salvateurs. J&#8217;ai beaucoup ri quand Agnès parle de ses échanges avec la crèche. Pas plus tard que la semaine dernière, l&#8217;éducatrice du collège m&#8217;a appelée, d&#8217;une voie sépulcrale, à propos de ma fille : « Elle a mal au ventre, elle a des nausées, elle a mal à la tête et de la fièvre, Madame. Il faut venir la chercher, elle ne se sent pas bien du tout ». Après avoir scanné les pathologies les plus probables (péritonite / méningite / tumeur du cerveau ou de l&#8217;intestin grêle / combo des 4, ne soyons pas rat), j&#8217;ai quand même demandé à parler à la mourante. « Ma chérie, il neige, ma voiture est chez le garagiste. Pour de vrai, t&#8217;es super malade, ou tu peux rentrer seule ? » Petit soupir à l&#8217;autre bout du fil, puis « bon, ok, je rentre en bus ». Et voilà ! guérie ! Je me suis souvenue aussi qu&#8217;il y a deux semaines, l&#8217;école m&#8217;a appelée pour récupérer Lapin, fiévreux et à l&#8217;agonie, lequel à peine le pied posé dans l&#8217;appartement, roulait des mécaniques d&#8217;un air conquérant et cherchait du regard ce qu&#8217;il pouvait faire comme co&#8230; comme expérience inattendue. Donc oui en effet, quand on a plusieurs enfants, on ne s&#8217;affole plus pour un petit 38.5°C. On réserve son énergie et les négociations de départ anticipé avec le boss, pour les crises d&#8217;asthme sévère et un vrai bon 39°C qui tient la route. J&#8217;ai beaucoup ri aussi (et j&#8217;ai été soulagée) de constater que je n&#8217;étais pas la seule à nourrir mes enfants, certains soirs, de biscuits apéros, et à compter sur l&#8217;école pour qu&#8217;ils aient leur ration de légumes verts. Et je pousse la confession intime jusqu&#8217;à avouer que je leur donne des cacahuètes entières et des olives non dénoyautées, depuis l&#8217;âge de 2 ans. Ne me flagellez pas : ils adorent cela, et je ne vois pas comment leur reprocher : franchement, c&#8217;est plus sympa que du brocolis vapeur. Ce qui me plaît dans ce livre, c&#8217;est la conceptualisation du foutoir éducatif qui est le lot de beaucoup de parents. En gros l&#8217;éducation approximative selon Agnès Labbé (et moi, et moi, et moi), c&#8217;est le fluctuat nec mergitur (pour les parisiens), la gradualité de la loi (pour les théologiens), le « si ton gosse est vivant et heureux, peu importe que tu aies braillé ce matin, et qu&#8217;il parte à l&#8217;école avec une moustache de chocolat et un épi sur la tête » (pour tout le monde). Le parent approximatif est doté de bon sens, de réalisme, et il exerce la bienveillance envers lui-même comme envers ses enfants, car il sait qu&#8217;il n&#8217;est pas un super-héros et que s&#8217;il craque, tout le monde sera in a very deep shit : Qui veut aller loin ménage sa monture, donc. L&#8217;éducation bienveillante et positive nous montre le droit chemin pour élever nos enfants de manière responsable et respectueuse. Mais avec plusieurs enfants, force est de constater que ce n&#8217;est pas d&#8217;une pratique évidente, surtout quand il faut amener chaque enfant à accepter en conscience de mettre ses chaussures pour aller à l&#8217;école le matin (et qu&#8217;il a deux pieds). L&#8217;éducation approximative nous montre que l&#8217;on peut tourner, virer, revenir en arrière, partir plus à droite ou plus à gauche, en gardant en tête l&#8217;azimut qui nous guide, mais elle ne nous culpabilisera jamais de ne pas être parfaits à tous les coups. Le parent a sa sensibilité, son passé, ses mauvaises journées, sa fatigue et ses limites nerveuses. Car oui ! Le parent n&#8217;est pas un robot au sourire figé et à la voix d&#8217;une douceur exaspérante. Constater que son parent n&#8217;est pas parfait, est une bonne école de vie pour nos enfants. Parent trop parfait = enfant parfaitement névrosé à l&#8217;âge adulte, rentrez-vous bien cela dans le crâne. Ce qui compte, c&#8217;est de dire et de montrer à son enfant qu&#8217;on l&#8217;aime plus que tout, et il pardonnera volontiers les petits cafouillis parentaux. Car, il est écrit : « il lui sera beaucoup pardonné, car elle a beaucoup aimé » (Luc, 7:47). Et toc. Ce matin-même, avec ma moitié, nous regardions Lapin qui poussait des hurlements et se tordait au sol, la bave aux lèvres et les yeux révulsés, des pustules violettes poussant sur son dos et des cornes pointant de manière inquiétante sur son crâne. Il était exaspéré que nous n&#8217;accédions point à son souhait de reconstruire le grand château playmobil dans les dix minutes qui nous restaient avant de partir pour l&#8217;école. « Bon, selon l&#8217;Éducation Approximative, on fait quoi ? » Me dit mon époux d&#8217;un air désabusé. « On le laisse brailler, et on attend qu&#8217;il se calme tout seul », répondis-je après avoir consulté rapidement ce qui est devenu notre ouvrage de référence en matière éducative, moi qui n&#8217;ai jamais ouvert ceux de Laurence Pernoud. Et bien devinez quoi ? en deux minutes, il était calmé, sans argumentations positives et bienveillantes (qu&#8217;il n&#8217;avait aucune intention d&#8217;écouter), et sans VEO (bien évidemment !). On lui a fait un gros câlin, et l&#8217;harmonie est revenue parmi nous tandis que des paillettes scintillantes tombaient du plafond.  Alors, si : Tu ne réussis pas à cuisiner le soir pour tes angelots un curry de légumes bio maison, décoré de violettes fraîches et présenté sur une assiette de faïence japonaise ? Tes enfants ne fleurent pas le savon à l&#8217;églantine sauvage et ne sont pas en pyjama repassé à 19h ? Ils n&#8217;écoutent pas sagement leur histoire à la douce lueur de bougies parfumées, mais courent tout nus en hurlant ? Tu te demandes si cet échec massif est bien normal ? Tu as déjà eu envie de te suicider en t&#8217;immolant par le feu avec tes côtes de porc dans le four ? Plus grave encore, ta vie familiale n&#8217;est pas très instagrammable ? &#160; Ce livre...</p>
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