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	<title>marmots Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>La soirée pyjama</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2023 16:04:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis longtemps, Chaton voulait inviter un copain à une soirée pyjama. Son choix s’est porté sur Roberto. Roberto, je n’étais pas certaine de le vouloir chez moi toute une soirée, plus une nuit, plus une matinée. Car de ce que j’en savais,  Roberto se rapprochait davantage de la pile électrique que de l’être humain, il faut bien le dire. Mais Chaton m’a dit : “Maman, je te promets, Roberto il est devenu super sage.” J’ai eu une moue dubitative. Les récits de récré me paraissaient toujours mouvementés quand Roberto en était un des personnages principaux, et je l’avais vu à l&#8217;œuvre lors des célébrations d’anniversaire de Chaton. “Super sage” n’était pas le qualificatif qui me paraissait le plus approprié, le concernant. Mais Chaton a asséné l’argument final, d’un ton professoral : “En plus, il a été élu délégué de classe.” Voilà qui m’a cloué le bec, et j’ai donc envoyé illico un message à la maman de Roberto pour l’inviter. Roberto est arrivé un vendredi soir, avec son petit sac en plus de son gros cartable, sa mèche brune sur le front, et ses jambes maigrichonnes de garçon de huit ans. J’ai ramené la petite troupe à la maison, Chaton lui donnait du “mon pote” en lui collant des grandes claques dans le dos et Lapin, surexcité, piaillait en leur tournicotant autour comme un petit moucheron. La première étape, âprement négociée par Chaton, fut d’aller engraisser cet usurier de buraliste, en achetant des boosters Pokémon. Un par enfant, plus un en bonus pour Chaton, pour une obscure histoire de promesse très ancienne que je lui avais faite, paraît-il, il y a longtemps et que j’aurais, paraît-il, oublié de tenir. “Mais si maman, je te promets que c’est vrai !” me dit-il avec des hochements de tête convaincus et convaincants. De retour à la maison, je vaquais à mes distractions du soir &#8211; préparation du dîner, lancement de lessive, pliage de linge, vidage du lave-vaisselle et autres amusements. Dans un silence solennel, les garçons ouvraient leurs pochettes. J’entendis alors une sorte de râle, comme si l’un d’eux s’était coincé les doigts dans une porte et glapissait de douleur sans pouvoir crier vraiment, le souffle coupé par la souffrance. Mais non, pas du tout. Comme à son habitude, Chaton avait découvert une carte super rare dans son paquet et manifestait par ses grognements une extrême satisfaction. Roberto semblait, lui aussi, parvenu à l’acmé de la félicité et se laissait tomber sur le tapis comme un joueur de foot qui a marqué un but. Et comme à son habitude, Lapin n’eut que des cartes pourries, mais il s’en moquait un peu car ce qu’il aime, c’est ouvrir le paquet. C’est l’instant où, l’enveloppe déchirée, il retire les cartes toutes en même temps, coincées entre son pouce et son index, les sourcils froncés, puis amorce un éventail pour en voir chaque coin. Après, il s’en fiche et les donne à son frère, qui lui, les utilise fructueusement pour des échanges pas très réglos avec des CP innocents ignorant la véritable valeur des cartes. Business is business, même à l&#8217;école primaire. C’était pas tout ça, mais c’est qu’on était vendredi soir et qu’ils avaient tous faim. Une fois, il y a longtemps, je m’étais fait épingler pour mon menu de soirée pyjama. Poupette avait invité une copine à dormir. J’avais voulu jouer à la mère modèle, et servi un repas équilibré et sain, plus proche du poisson vapeur-brocolis que du burger-frites. La copine avait regardé son assiette, puis Poupette, et lui avait dit : “Moi, ma mère, quand j’ai une copine qui vient à la maison, elle fait des bonnes choses à dîner.”  J’ai donc bien retenu la leçon, et j’avais mis le paquet sur les bonnes choses : cordon-bleu artisanal, pommes dauphines et glaces. Après tout, qui m’a désignée comme gardienne de l’équilibre diététique des gosses des autres, hein ? Je m’en tape de leurs artères. Tout en mangeant, ils conversaient entre eux. « Pourquoi ta soeur elle est pas là ? Je l&#8217;ai jamais vue » demanda Roberto. Chaton lui expliqua que Poupette n&#8217;avait pas le même papa que lui, et que ce soir, elle était dans son autre maison. Roberto en fut bouche bée et je vis bien que Chaton était un rien fiérot de cette spécificité qui rehaussait son prestige. Une fois la glace engloutie, vint le moment du film. Chez nous, le vendredi soir, c’est dessin animé. J’impose une ascèse télévisuelle stricte à mes enfants la semaine, mais le vendredi, c’est relâche. Mes propositions de dessins animés enfantins estampillés TTT par Télérama eurent peu de succès et je dus me rabattre sur les aventures de Paddington l&#8217;ourson, le choix de Roberto &#8211; qui visiblement malgré ses exploits dans la cour de récréation, n&#8217;a pas des goûts de brutasse, bon point pour lui. C&#8217;était un peu chiant comme film, il faut bien l&#8217;avouer, et devant la mine morne et résignée de Chaton et Lapin, nous avons fini par écourter le visionnage.  A l&#8217;heure de la douche, pendant que je préparais les affaires de Roberto, j&#8217;ouvris son sac et trouvais dedans une petite trousse de toilette adorablement mignonne, avec le dentifrice, la brosse à dents, un paquet de mouchoirs neufs et une dosette de doliprane. Et il y avait dans cette minutie et cette anticipation d&#8217;un petit rhume ou d&#8217;un 38°2 quelque chose qui m&#8217;a émue et qui était tout l&#8217;amour d&#8217;une maman. Le clou de la soirée pyjama, c&#8217;est évidemment de papoter et de rire entre copains, et d&#8217;éteindre la lumière assez tard. Chaton et Roberto étaient bien installés au chaud dans leurs petits lits et causaient joueurs de foot ou évolutions Pokemon, je ne sais plus, Lapin avait sombré depuis longtemps dans le sommeil du juste, avec ses joues veloutées et sa respiration calme sur son oreiller fleuri. Je me retirais donc au salon. Une demi-heure plus tard, Chaton arriva sur la pointe des pieds et chuchota à mon oreille : « Maman, viens, Roberto il va pas très bien. » Roberto était assis sur son lit, il hoquetait et de grosses larmes roulaient sur ses joues. « Sa maman lui manque » me dit Chaton d&#8217;un air compatissant. « Eh bien Roberto, c&#8217;est la première fois que tu dors ailleurs que chez toi ? » « Non-on-on, c&#8217;est la deu-eu-xième » me dit-il en reniflant. Pauvre Roberto, malgré ses airs d&#8217;intrépidité, il reste un petit garçon au coeur tendre qui a encore besoin de sa maman le soir pour s&#8217;endormir. « Tu vas la revoir ta maman, ça va vite passer, tu vas voir » a ajouté Chaton, plein d&#8217;empathie, en lui tapotant gentiment le dos. Nous avons fait des câlins, discuté un moment et amené quelques doudous pour lui tenir compagnie durant cette longue nuit qui le séparait des retrouvailles avec sa mère. Le lendemain matin, Roberto a retrouvé sa maman, l&#8217;air de rien, après avoir survécu à cette épreuve initiatique de la soirée pyjama. Depuis, je vois Roberto d&#8217;un autre oeil et j&#8217;ai davantage d&#8217;affection pour lui. Et puis en vrai, il a été super sage. &#160;</p>
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		<title>Chasseur Cueilleur Parent, de Michaeleen Doucleff</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2022 04:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[marmots]]></category>
		<category><![CDATA[autres cultures]]></category>
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		<category><![CDATA[éducation positive]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CHASSEUR CUEILLEUR PARENT, LE LIVRE PHENOMENE clame le bandeau vert au bas de l&#8217;ouvrage. LES CULTURES ANCESTRALES EXCELLENT DANS L&#8217;ART D&#8217;ELEVER DES HUMAINS HEUREUX. QU&#8217;ONT-ELLES A NOUS APPRENDRE  ? Telle est la question. Je ne pouvais pas ne pas lire cet ouvrage, qui plus est préfacé par l&#8217;incontournable Isabelle Filliozat. Ce qui, une fois que j&#8217;ai lu l&#8217;ouvrage, me fait doucement marrer mais bref, je ne vais pas spoiler trop vite. Donc, Michaeleen Doucleff est une jeune maman dotée d&#8217;une enfant atroce qu&#8217;elle ne peut plus supporter, au point de faire des crises d&#8217;angoisse à l&#8217;aube, à l&#8217;idée d&#8217;affronter Rosy, 3 ans, colérique, violente. Michaeleen est une mère concernée, présente, anxieuse et désireuse de bien faire. Mais visiblement, il y a un os dans le potage. Rien de ce qu&#8217;elle ne tente ne fonctionne avec cette petite fille irascible. Michaeleen est journaliste scientifique pour une radio américaine et amenée à se déplacer fréquemment sur tous les continents. Un jour, elle prend sa fille son le bras et part pour un long périple qui la mènera en Amérique Centrale chez les Mayas (Petite musique d&#8217;ambiance sur l&#8217;air de el condor pasa), puis chez les Inuits à Kugaaruk (Humez-moi cette bonne odeur de hareng fumé) et enfin, chez les Hadza en Tanzanie (Sur fond de girafe broutant des acacias.) Elle y découvrira les secrets séculaires de l&#8217;éducation telle qu&#8217;elle est pratiquée Depuis La Nuit Des Temps Par Les Tribus Les Plus Authentiques Et Proches De La Nature, les Chasseurs Cueilleurs (paraît-il, parce que pour certains, ce n&#8217;est pas vraiment flagrant). Bon. Alors en préambule, il y a des choses que j&#8217;ai appréciées dans « Chasseur Cueilleur Parent » : Michaeleen est touchante, elle avoue qu&#8217;elle se trouve dans une merde complète. On perçoit, au fur et à mesure du livre, qu&#8217;elle est une mère dite « hélicoptère », c&#8217;est à dire en permanence sur le dos de son enfant : fais ci, fais pas ça, attention, ne va pas là, bravo c&#8217;est génial ma chérie, waouh, amazing, great ! Attends-moi, reviens, mais que se passe-t-il, raconte-moi ce que tu ressens, tu es en colère car tu veux décider toi-même, que préfères-tu ma chérie, un cookie au chocolat ou un muffin aux myrtilles ? Aller à la piscine ou faire du vélo ? Et on imagine son grand sourire carré hyperpositif plein de dents, bref, une mère chiante, étouffante, insupportable à force d&#8217;être présente. La pauvre. Et c&#8217;est émouvant de voir qu&#8217;elle en est pleinement (devenue) consciente, et qu&#8217;elle reconnaît avoir été, au fond, involontairement toxique pour son enfant. Elle a également l&#8217;honnêteté intellectuelle de prévenir, en préambule, que les recettes qu&#8217;elles donnent ne sont pas miraculeuses, et que les parents chasseurs cueilleurs font des boulettes aussi et ratent des trucs avec leur gamins. On apprécie ce sain rappel que la perfection parentale n&#8217;existe nulle part sur ce globe et qu&#8217;aucune méthode n&#8217;est infaillible. Là-bas aussi, il existe aussi sûrement des sales gosses. MAIS il faut bien prendre cet ouvrage pour ce qu&#8217;il est : le livre d&#8217;une Américaine, très Américaine. C&#8217;est-à-dire, focalisée de manière étouffante sur son enfant, ce qui ne peut pas manquer de produire des résultats catastrophiques. À ce titre, je trouve que la majorité des Secrets Ancestraux qu&#8217;elle découvre avec émerveillement sont du bon sens élémentaire, un peu comme mamie Georgette qui te dirait « mais fiche-z-y donc la paix à ce gamin et laisse-le courir, même s&#8217;il tombe et se fait mal ça s&#8217;ra pas ben grave. » Etait-il nécessaire de se farcir des milliers de kilomètres pour entendre des trucs que sa grand-mère aurait pu lui dire ? Ensuite, le livre est TRÈS long, il y a beaucoup de redites et il pourrait faire 200 pages de moins. Mais au moins, le message rentre car il est martelé de face, de dos et de profil. Pourquoi pas. Enfin, je n&#8217;ai pas vu en quoi ces Secrets Ancestraux étaient réellement spécifiques des ethnies de chasseurs-cueilleurs, et cela sent quand même le coup de marketing exotique et proche de la natûûûre qui va bien pour faire prendre la mayonnaise : une sorte de green-washing de la parentalité. L&#8217;appel à la nature et au retour aux traditions de ces peuplades sauvages, grrrr, est très tendance en ce moment, particulièrement dans le milieu de la parentalité. Beaucoup se basent là-dessus pour prôner le retour à l&#8217;accouchement à l&#8217;ancienne, dans les bois, sans péridurale, et en bouffant son placenta tout cru pour se requinquer après, faute de steack, car l&#8217;homo modernicus ne sait plus chasser. Oui, c&#8217;est hors sujet mais j&#8217;avais envie de le dire quand même. Cela étant dit, je vais vous faire un petit retour sur les différentes parties du bouquin, que je dois rendre incessamment sous peu à la bibliothèque (il y a une semaine ou deux, quoi), donc je me magne de le finir. Michaeleen Doucleff commence par une introduction assez intéressante. l&#8217;essentiel de la littérature en psychologie (96% d&#8217;après elle) concerne des études réalisées sur des populations d&#8217;ascendance européenne, qui ne représentent pourtant que 12% de la population mondiale. Cela pose forcément question sur l&#8217;universalité desdits mécanismes psychologiques démontrés. Elle cite l&#8217;exemple de cette fameuse illusion d&#8217;optique (ci-dessous). A la question « Quelle flèche est la plus longue ? », vous comme moi répondons d&#8217;un seul coeur, avec l&#8217;immense majorité de nos semblables : « celle du haut bien sûr ! » Alors qu&#8217;en fait, elles sont de longueur identique. Sauf que si on montre ce dessin à un membre de l&#8217;ethnie Hadza, il ne va pas dire que celle du haut est la plus longue. Il va dire qu&#8217;elles sont pareilles, et il a raison. Cela illustre les biais psychologiques qui sont à l&#8217;oeuvre chez les Occidentaux, mais pas chez des personnes ayant un mode de vie bien différent du nôtre : nos modes de pensées sont radicalement différents. Par conséquent, nos manières d&#8217;appréhender les relations en général, et la parentalité en particulier, n&#8217;ont pas grand chose à voir. Sur certains aspects, Michaeleen Doucleff établit des constats que je partage (d&#8217;ailleurs à certains endroits nous avons cité les mêmes anthropologues dans nos livres respectifs) sur la manière de concevoir la cellule familiale en Occident : nucléaire, réduite aux parents et aux enfants, en excluant progressivement les autres membres de la famille, grands-parents, tantes, oncles, cousins et cousines plus ou moins éloignés. La charge familiale est devenue écrasante, puisque reposant uniquement sur les épaules des parents biologiques, au lieu d&#8217;être répartie entre les parents et co-parents (alloparents comme elle les nomme, autres adultes proches ou grands enfants pouvant assumer quelques responsabilités). Conséquence : les parents pètent un câble. Autre constat juste qu&#8217;elle pose : l&#8217;obligation faite aux parents de nourrir l&#8217;ego de leur enfant en le complimentant. C&#8217;est très vrai aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où certes, les enfants sont encouragés et valorisés, mais à un point qui frise l&#8217;excès. « La culture occidentale est sans doute la seule à exiger des parents qu&#8217;ils l&#8217;entretiennent et la cultivent (l&#8217;estime de soi, sous-entendu) chez leurs enfants. » L&#8217;effet positif des avalanches de compliments, à tout bout de champ et pour n&#8217;importe quoi, sur l&#8217;estime de soi, n&#8217;est absolument pas prouvé. La nuance entre encourager intelligemment et s&#8217;extasier bêtement n&#8217;est pas forcément facile à trouver. Elle aborde également la question des études scientifiques qui démontrent que&#8230;. ici, remplir avec l&#8217;item de votre choix : laisser choisir votre enfant le rend plus sûr de lui / pratiquer la motricité libre donne des enfants plus dégourdis / lui donner beaucoup d&#8217;affection le rendra plus coopératif. Sa question étant : la science peut-elle m&#8217;aider à être une meilleure mère ? Pour les scientifiques qu&#8217;elle a interrogés, « les questions éducatives comptent parmi les problèmes les plus complexes de la science. Il est plus facile d&#8217;envoyer une fusée sur Mars que de répondre à ces questions. [&#8230;] Les parents en attendent trop de la science. » Ah ah ! le fameux « les neurosciences l&#8217;ont prouvé » en prend un petit coup dans le pif, puisqu&#8217;en fait non, la science ne le peut pas. D&#8217;autant plus que la plupart des études sont de faible puissance, réalisées sur des petits effectifs. Et même s&#8217;ils sont réalisés sur des effectifs considérables, cela ne signifie pas que cela marchera dans tous les cas.  C&#8217;est une réalité biologique : par exemple dans mon domaine, on observe parfois que certains traitements sont très efficaces chez 25% des patients. Ce qui signifie qu&#8217;ils ne marchent pas chez 75% des patients. Est-ce que cela veut dire qu&#8217;on peut tout jeter à la poubelle ? Non, pas du tout. Tant mieux pour les 25% pour qui ça marche. Mais pour les 75% chez qui ça ne fonctionne pas, cela ne sert à rien de s&#8217;acharner : il faut tester autre chose. C&#8217;est pareil dans le domaine éducatif. Si la super recette d&#8217;éducation positive marche avec votre enfant, c&#8217;est tant mieux. Mais si ça ne marche pas avec l&#8217;enfant de votre voisine, inutile de la pourrir et de lui dire qu&#8217;elle utilise mal la méthode. Ce n&#8217;est sans doute pas la bonne méthode pour elle, voilà tout ! Michaeleen conclut son prologue par cette phrase : « Dans le domaine scientifique, l&#8217;humilité est essentielle » et je crois que certains adeptes de l&#8217;éducation positive à la sauce neurosciences feraient bien de s&#8217;en inspirer. Entrons maintenant dans le vif du sujet : les recettes secrètes des peuplades exotiques. On commence avec les Mayas. Chasseur cueilleur parent au Mexique Michaeleen file avec sa Rosy chez les Mayas, dans un petit village proche de Cancún. Là, elle découvre, éberluée, que les enfants sont serviables. Unbelivable. Par quel miracle ? Elle cite une étude démontrant que chez les Mayas, les enfants, dès l&#8217;âge de 7-8 ans, rendent service spontanément à leurs parents. Tu as bien lu : spon-ta-né-ment. Genre vraiment, quoi : ils font la vaisselle, plient le linge, passent le balai, préparent à manger, sans qu&#8217;on le leur demande. Sans récompense ni promesse de privilège. La drogue, je ne vois pas d&#8217;autre solution. Dites-moi vite laquelle, que je m&#8217;en fournisse. Alors, là j&#8217;émets une réserve sur les observations de Michaeleen : tout au long du chapitre des Mayas, les enfants rendant service sont très majoritairement&#8230; des filles. Je me demande s&#8217;il n&#8217;y a pas un léger biais d&#8217;éducation genrée dans ces observations&#8230; Néanmoins, les observations de Michaeleen (et d&#8217;autres psychologues) pointent bien un effet lié à la communauté, et pas à la génétique, puisque des mères séparées de la communauté indigène, installées dans un contexte occidentalisé, voient leurs enfants devenir de sales gosses infoutus de se servir de leurs 10 doigts. Quelque part, ça me rassure. La véritable question est : comment font ces mères et ces pères indigènes pour développer un tel sens du service chez leurs enfants ?  Tout simplement, en les laissant participer, dès qu&#8217;ils le souhaitent, aux activités familiales. Plutôt que de se taper une session de dînette avec son enfant, la mère maya va le laisser faire la vaisselle avec elle. Certes, les assiettes seront approximativement briquées, ça sera davantage une activité piscine que cuisine, mais l&#8217;enfant apprend ainsi, par imprégnation. Logique, me diras-tu, et très montessorien comme approche. Quand il en a assez, il cesse de participer. Autre secret maya : pour des tâches complexes, le parent va d&#8217;abord rejeter la demande de participation de l&#8217;enfant, et l&#8217;inviter à se contenter d&#8217;observer attentivement. Il va même exclure son enfant s&#8217;il travaille comme un gougnafier. Ce faisant, le désir de participer augmente, mécaniquement, puisque comme l&#8217;a écrit le grand auteur maya Pierre Corneille, « le désir s&#8217;accroit quand l&#8217;effet se recule ». Mais&#8230; attends&#8230; Ne serait-ce pas ce qui est décrit par certains anti-veo comme de la manipulation odieusement perfide ? Et Isabelle Fifi cautionnerait ça ? Je rêve, je suis outrée, choquée, scandalisée. Bref, le truc maya, c&#8217;est que l&#8217;enfant se sente membre de la communauté en participant, et que sa participation soit vraiment utile à la communauté. Donc, plutôt que de le laisser faire de la patouille dans son coin, filons-lui un concombre à éplucher ou des patates à laver. Je trouve que c&#8217;est une approche intelligente. Se...</p>
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		<title>La classe découverte</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Mar 2022 17:16:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui est un grand jour. Lapin est parti en classe découverte. On en parlait depuis septembre, de cette classe découverte. Au-début, il ne voulait pas y aller. « Et si je fais pipi au lit ? » « Et si j’ai peur la nuit ? » « Et si je bouche les toilettes en faisant caca ? » « Je veux pas que les autres me voient tout nu à la douche. » Toutes questions fort légitimes que nous avons abordées successivement, et plusieurs fois si nécessaire. Et puis l’agrément de la classe découverte a fini par l’emporter sur l’appréhension. Les séances de poney, de jardinage, de découverte des petites bêtes dans la forêt, la chambre avec les copains, la fabrication du pain : autant il n’avait pas voulu y aller, autant il était désormais hyper-motivé. Il y a quinze jours, j’ai acheté une nouvelle valise pour lui. Jaune comme un soleil. Quand on la voit, on a l’impression d’être en Provence. Une valise qui fait quasiment office de luminothérapie. Et puis une valise jaune, c&#8217;est plus facile à retrouver. On a fait la valise ensemble. Ton slip, tes chaussettes et ton t-shirt, où les mets-tu le soir ? Oui, dans le sac à linge sale. Pour aller à la douche, tu prends quoi ? La serviette de bain, le gel douche et le pyjama. Tu veux emmener un doudou ? Oui, doudou bonhomme de neige. Et la veilleuse aussi. A la douche, tu n’oublies pas de ? Bien rincer le savon pour pas que ça me gratte après. Et à table on mange comment ? On mange proprement. Hier soir, la valise trônait dans le couloir, signe de l’imminence du grand événement. Ce matin, Lapin s’est habillé tout seul. Il a mangé un tout petit peu, il avait l’estomac serré. Un dernier pipi. Il s’est brossé les dents en même temps que Chaton, et ils en ont profité pour se filer encore quelques coups de pieds en douce, dernier petit tabassage fraternel pour les 4 jours à venir. Puis Lapin a enfilé son petit coupe-vent jaune (là encore ; j’aime bien que mes enfants soient visibles de loin, on ne sait jamais, ça peut servir à la maîtresse), il a mis ses bottes, et nous sommes partis. Pas loin à vrai dire, devant le supermarché à côté de la maison, c’était le point de rendez-vous. Il y avait des valises partout, les maîtresses avec leurs listes d’enfants, les parents qui donnaient aux maîtresses des ordonnances ou des instructions de dernière minute. Chaton nous suivait, cartable au dos, un peu jaloux de voir tout ce monde et le brouhaha des enfants surexcités. Mais comme il m’a dit avec un sourire en coin et les sourcils levés, « Je vais être tout seul avec toi pendant quatre joooours ! » et toutes ses taches de rousseur souriaient avec lui. Lapin se tenait tout calme, légèrement pâle, et il frissonnait un peu. C’est qu’on a beau être un joyeux luron à la maison, c’est pas la même chose que de partir en classe découverte avec les maîtresses et les copains, de devoir se débrouiller seul pour la douche, les vêtements, le rangement du linge sale. Ah ah ! tu vas voir ce que c’est, mon petit bonhomme, le concept de charge mentale. Pendant 4 jours, elle va peser un tout petit peu sur tes frêles épaules de 6 ans. Penser à recharger ta veilleuse. Mettre le pyjama sous l’oreiller. Rincer la brosse à dents. Changer de chaussettes. Regarder seul le petit livre le soir. Le poids des responsabilités lui a dégringolé d’un coup sur la tête. Il y a de quoi être un peu pâle. Il m’a dit « Maman, je me sens pas bien. J&#8217;ai mal au ventre. » Je l’ai pris dans mes bras mais bon, c’était un peu la honte devant les copains alors il gardait les jambes droites, donc je l’ai reposé. Je lui ai dit que c’était normal d’être un peu inquiet avant un départ en classe découverte, que moi ça me faisait pareil quand j’étais petite, que j’étais contente mais que j’avais un peu peur, moi aussi. Bon, en vrai je n’ai jamais fait de classe découverte mais ce n’était pas le moment de finasser, dans l’esprit c’était la vérité, encore maintenant je suis toujours un peu angoissée avant d’arriver à un rendez-vous, sauf si c’est chez l’esthéticienne pour me faire papouiller. Je lui ai remontré la gourde d’eau dans le petit sac à dos, les sachets plastiques en cas de mal au cœur, et le mouchoir à la menthe à renifler pour ne pas re-décorer le bus et son voisin. Et puis le car est arrivé, les enfants ont tous pépié « Le car, il arrive, voilà le car ! » Le chauffeur est descendu et a ouvert les soutes, on y a glissé la valise jaune, et puis j’ai dit « Ça y est mon Lapin, tu peux monter ! » Je lui ai fait un gros bisou, et il est grimpé dans le bus. Chaton qui était parti faire un peu de relations publiques à droite à gauche sur le trottoir s’est pointé, il m’a dit « Il est où Lapin ? » « Dans le car », ai-je répondu, et je l’ai refilé à une voisine qui partait à l’école avec ses enfants pour éviter qu’il ne grimpe dans le bus à la poursuite de son frère, avec lequel il se disputait pourtant encore ce matin. Décidément, les enfants sont un insondable mystère. A ce moment-là, je ne voyais plus Lapin qui était assis quelque part dans le bus aux vitres fumées, j&#8217;arpentais le trottoir en me dévissant le cou, je me disais que si ça se trouve, il me cherchait du regard avec des yeux débordants de larmes et les coins de la bouche qui tombent, une petite fille sanglotait « Je veux papaaaa, je veux papaaa », une maman qui laissait son enfant partir pour la première fois reniflait un peu, et slalomant entre les parents émus et les voitures qui amenaient les autres enfants à l’école, j&#8217;ai traversé la rue pour apercevoir mon petit Lapin, collé au carreau opposé, qui s’est mis à me faire de vigoureux coucous réconfortants. J’ai fait des cœurs avec les doigts, des sourires et des bisous, sa petite tête dépassait à peine de la fenêtre, puis la porte a claqué, le bus a démarré, toutes les petites mains dans le bus se sont agitées et tous les petits nez se sont collés aux vitres, et ils sont partis, et les parents ont regardé encore quelques instants en direction du bus disparu avant de partir chacun vers leur journée. Depuis, j’appuie sur la touche F5 pour rafraichir la page du blog de l’école et avoir des nouvelles.</p>
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		<title>« Qui aime bien vaccine peu » : qu&#8217;en penser ? (2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 04:15:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
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		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Qui aime bien vaccine peu » est un livre rédigé par un collectif de médecins homéopathes vaccino-sceptiques, préfacé par Michel Georget, qui suggère la modération vaccinale.  Dans l&#8217;épisode n°1, j&#8217;ai abordé l&#8217;introduction de l&#8217;ouvrage, et les vaccins contre la diphtérie et le tétanos. Je poursuis ma lecture commentée avec les vaccins obligatoires : toujours autant de raccourcis, d&#8217;informations tronquées et même, carrément mensongères. Vous avez aimé l’épisode 1 de « Qui aime bien vaccine peu », vous allez adorer l’épisode 2 ! On commence avec&#8230; LA COQUELUCHE. C&#8217;est une maladie respiratoire causée par une bactérie, Bordetella pertussis, contagieuse par voie aérienne, principalement via des micro-gouttelettes. La maladie contractée naturellement ne confère pas d&#8217;immunité à vie, la vaccination est donc nécessaire pour s&#8217;en prémunir. Vous savez, c&#8217;est un truc qu&#8217;on entend beaucoup en ce moment : « Ouais, l&#8217;immunité naturelle, c&#8217;est mieux ! moi je veux pas d&#8217;une immunité artificielle, mon corps sait se défendre, bla bla bla » mais bien sûr. Si c&#8217;était vrai, on ne mourrait pas de maladies infectieuses. Donc, la toxine produite par la bactérie Bordetella pertussis détruit les cellules de l&#8217;épithélium bronchique, ce qui explique les quintes de toux carabinées qu&#8217;elle cause. On appelle d&#8217;ailleurs la coqueluche « la toux des cent jours ». Mais les auteurs de « Qui aime bien vaccine peu », cependant, ne pensent pas que ce soit bien grave, je cite : « la 1e phase se manifeste par un rhume banal avec de la toux. Après 10 à 15 jours, la toux devient caractéristique avec des quintes violents et suffocantes. […] Cette phase peut durer 3 à 4 semaines, suivie par une toux tenace beaucoup moins dramatique. » Ça fait envie, non ? Si je compte bien, ça fait 4 à 6 semaines de toux dont 3 à 4 semaines de quintes violentes et suffocantes. Ce qui n’empêche pas Michel et sa clique de conclure : « Cette maladie est bénigne dans l’immense majorité des cas et ne justifie pas, à notre avis, un vaccin à l’efficacité incertaine (sic) et aux effets secondaires bien établis (re-sic) ». Alors je pense que je n’ai pas du tout la même définition que lui de « maladie bénigne ». Dans mon échelle de valeurs, on ne peut qualifier de bénin 4 semaines de quinte de toux suffocantes. Les parents d&#8217;enfants sujets aux bronchiolites et à l&#8217;asthme me comprendront immédiatement. Car bébé qui tousse = bébé qui ne dort pas et qui ne peut pas s&#8217;alimenter correctement = bébé qui se déshydrate et perd du poids = bébé hospitalisé. Tout d’abord, voici à quoi ressemble une quinte de toux de coqueluche chez un bébé : (Je ne peux que vous conseiller l&#8217;excellente chaîne Youtube « Primum non nocere » qui décrit de manière factuelle les différentes maladies infantiles ; mais regardez la après mon article sinon vous ne reviendrez pas ici). Sympa, non ? Ca donne très envie de laisser la maladie se dérouler naturellement, et de laisser son enfant se débrouiller avec des quintes de toux qui durent toute la journée (et toute la nuit), durant 4 à 6 semaines, tout cela pour lui épargner la maltraitance d&#8217;un vaccin. Michel Georget affirme qu&#8217; « elle est rarement grave après l&#8217;âge de trois ou quatre mois. » Si par rarement grave, il entend « pas toujours mort », il a sans doute raison mais ça ne suffit pas à me convaincre.  Alors, reprenons : « maladie bénigne dans l&#8217;immense majorité des cas ». Selon l&#8217;Institut Pasteur, ce sont quand même 160.700 enfants qui décèdent de la coqueluche chaque année dans le monde. Ah mais oui, pardon ! c&#8217;est pas des Français blancs, alors on s&#8217;en fout. Bon alors, en France, dans les années 1950, 50.000 à 80.000 cas survenaient chaque année, dont 800 à 1000 décès. De nos jours, les contaminations se font majoritairement d&#8217;adulte à enfant. C&#8217;est pourquoi les femmes enceintes (afin de transférer des anticorps à leur foetus &#8211; protection transitoire car l&#8217;efficacité des anticorps maternels dure jusqu&#8217;aux 6 mois de l&#8217;enfant s&#8217;il n&#8217;est pas allaité), et les adultes de l&#8217;entourage proche (grands-parents, nounous, personnes amenées à être en contact régulièrement avec l&#8217;enfant) sont priés de se faire vacciner contre la coqueluche afin de ne pas contaminer le bébé, qui comme vous l&#8217;avez vu plus haut, morfle sa race quand il l&#8217;attrape. En effet, la coqueluche est une maladie excessivement contagieuse : une personne en contamine 15 à 17 autres en leur crachotant dessus. De quoi faire passer le virus du covid pour un petit joueur. Les bébés sont contaminés à 63% par leurs parents, et à 27% par leur fratrie. Et comme on l&#8217;a tous compris, on ne se fait pas vacciner que pour sa gueule, mais pour les personnes fragiles qui nous entourent. Donc si vous êtes enceinte, tannez votre entourage pour qu&#8217;il se fasse vacciner, ou sinon refusez toute visite à la maternité ou chez vous avant les 4 mois de votre bébé. « Elle n&#8217;est que rarement grave après l&#8217;âge de 3 ou 4 mois ». Sans doute. Malheureusement, le réseau RenaCoq, réseau pédiatrique qui surveille les cas de coqueluche, indique que plus de la moitié des cas surviennent avant trois mois. C&#8217;est vraiment pas de chance ! Parmi les enfants non vaccinés contractant la coqueluche, 6% font des broncho-pneumonies : c&#8217;est beaucoup. 16% des enfants de moins de 2 mois atteints de la coqueluche décèdent de cette maladie « bénigne ». gloups. « [elle] ne justifie pas, à notre avis, un vaccin à l’efficacité incertaine (sic) et aux effets secondaires bien établis (re-sic) «  Parmi les enfants ayant contracté la coqueluche en 2003, seuls 4% étaient vaccinés. Donc 96% ne l&#8217;étaient pas, ce qui argue plutôt en faveur de l&#8217;efficacité du vaccin, n&#8217;en déplaise à ces brillants médecins. « Officiellement, les vaccins sont sûrs et efficaces. Mais lorsqu&#8217;apparaît sur le marché une nouvelle version d&#8217;un vaccin connu, l&#8217;ancien est accusé de tous les défauts possibles justifiant ainsi la commercialisation d&#8217;un produit généralement plus cher. » Ah ben faudrait savoir. il est efficace ou pas efficace ce premier vaccin ? Le premier vaccin contre la coqueluche était un vaccin à bactéries entières inactivées. Il était très efficace mais présentait des effets secondaires un peu cognés (fièvre, douleur, érythème). Déjà qu&#8217;on voit dans les médias des reportages entiers sur des gens geignant à n&#8217;en plus finir parce qu&#8217;ils ont un peu mal au bras et 38,2°C après le vaccin contre le covid, vous imaginez un peu l&#8217;affaire&#8230; Du coup, l&#8217;acceptabilité ce ce vaccin anti-coqueluche par la population était moyenne. Les médecins sont des gens pragmatiques : ce premier vaccin a été remplacé par un vaccin dit « a-cellulaire », contenant uniquement des protéines de la bactérie, dont les effets secondaires étaient moins prononcés. Ce vaccin est sans doute un peu moins efficace, mais mieux vaut plus de personnes vaccinées avec un vaccin légèrement moins efficace, que peu de personnes vaccinées avec un vaccin super-efficace. Et oui, en effet, fabriquer des protéines bactériennes purifiées coûte plus cher et prend plus de temps que d&#8217;inactiver des bactéries en les chauffant : que voulez-vous, il faut bien payer tous les techniciens qui bossent pour produire ces protéines, font des contrôles qualités (juste parce qu&#8217;ils sont un peu tatillons) sur des chaînes de production en salles blanches (juste parce qu&#8217;ils sont psychorigides) et veillent scrupuleusement à la qualité et la traçabilité des produits utilisés (juste parce qu&#8217;ils sont chiants).  « l&#8217;ancien vaccin a été fortement incriminé dans des affections neurologiques [&#8230;] ainsi que dans la mort subite du nourrisson. » Et voici le retour du grand méchant loup, la mort subite du nouveau-né. N&#8217;oubliez pas la technique de base des antivax : angoisser les parents, toujours, par des allégations non prouvées. Le vaccin anti-coquelucheux cellulaire (à bactéries tuées) a été mis sur le marché en 1966. La position ventrale du sommeil a été recommandée par les pédiatres en 1970. les cas de MIN sont alors montés en flèche parallèlement avec la couverture vaccinale anticoquelucheuse. Mais en 1992, la recommandation de couchage sur le dos fait son entrée ! Les cas de MIN diminuent alors drastiquement, tandis que la couverture anticoquelucheuse continue de progresser. Aucun rapport entre vaccination anti-coquelucheuse et MIN, donc. Ce serait même plutôt l&#8217;inverse, comme nous l&#8217;avons vu dans l&#8217;épisode précédent. LA POLIOMYELITE Les personnes âgées d&#8217;une soixantaine d&#8217;années ont en mémoire ces camarades partiellement paralysés d&#8217;une jambe qui clopinent. On voit encore assez fréquemment des personnes originaires d&#8217;Afrique, qui présentent cette démarche caractéristique de la poliomyélite. Pas très sympa, donc. C&#8217;est une maladie causée par le poliovirus, transmissible par voie oro-fécale ce qui explique son incidence élevée dans les pays dont les réseaux d&#8217;évacuation des eaux usées sont encore approximatifs, et sa contagiosité élevée, et ce même si très peu de cas subsistent dans un pays. Les selles restent contaminantes jusqu&#8217;à 6 semaines. 350000 cas ont été notifiés en 1998, contre 33 en 2016.  Un cas sur 200 entraîne une paralysie irréversible.  « Le vaccin contre la polio est à l&#8217;origine de l&#8217;une des plus grande bavures de l&#8217;histoire des vaccins. La présence d&#8217;un virus de singe, appelé SV40, provenant du milieu de culture des virus de la polio, a contaminé des millions d&#8217;enfants entre les années 1954 et 1963. Or ce SV40, d&#8217;abord considéré comme inoffensif, s&#8217;est révélé responsable de nombreux cancers apparus plusieurs décennies après. Il est aussi possible que le sida soit passé du singe à l&#8217;homme par la même voie. » Remarquez l&#8217;amalgame entre le sida et le vaccin de la polio : bien qu&#8217;il n&#8217;y ait aucun rapport entre les deux, cela jette une suspicion sur le vaccin, et pourquoi pas sur tous les vaccins. Sur la question de SV40 : Entre 1954 et 1962, les souches vaccinales de poliovirus ont été cultivées sur des cellules de rein de singe, dont certaines étaient porteuses, en effet, du virus SV40, spécifique du singe. Ce virus peut, chez le singe, provoquer des tumeurs. Certaines personnes (dont les auteurs de « Qui aime bien vaccine peu ») en ont déduit que ce vaccin avait sûrement causé des cancers chez l&#8217;homme. Cependant, une étude rétrospective réalisée aux Etats-Unis sur des enfants ayant reçu ce vaccin contaminé par SV40, versus des enfants ayant reçu des lots non contaminés, n&#8217;a pas montré de différence de fréquence de cancers entre les deux groupes. Par ailleurs, deux virus spécifiques de l&#8217;homme et dont nous sommes tous porteurs, le JCv et le BKv, ont 70% d&#8217;homologie avec le virus SV40 : les trois appartiennent à la même famille. Les virus BKv et JCv expriment des molécules « oncogéniques », c&#8217;est-à-dire favorisant la transformation cancéreuse des cellules. Imputer la responsabilité du vaccin contre la polio dans la survenue des cancers chez l&#8217;homme paraît donc très hasardeux : nous n&#8217;avons pas besoin des virus de singe puisque nous avons déjà les nôtres !  L&#8217;HAEMOPHILUS B Haemophilus Influenza B est une bactérie. Portée dans la gorge de manière asymptomatique et transmise par voie aérienne, elle provoque dans certains cas des infections ORL ou respiratoires. Et dans certains cas, ces infections se compliquent, principalement avant 5 ans, par une méningite (et une méningite bactérienne, ça craint grave) ou par une inflammation de l&#8217;épiglotte : l&#8217;épiglotte sert à fermer le larynx et la trachée lorsque nous déglutissons pour ne pas faire de fausse route : l&#8217;affaire est bien foutue. Or, en cas d&#8217;épiglottite, l&#8217;épiglotte enflammé gonfle comme un soufflé au fromage et finit par boucher le passage. Conséquence : on étouffe. Lol. l&#8217;épiglottite survient « dans de rares cas » dit Michel, sans trop s&#8217;avancer sur des chiffres. Voyons cela. En Suisse, avant la vaccination, 1 enfant sur 500 (soit 200 enfants par an) était victime d&#8217;une infection  sévère. Par sévère, on entend plus qu&#8217;une petite otite traitée aux antibiotiques : sévère = nécessitant une hospitalisation. Ramenons cela à la France. Il y a en France environ 4,5 millions d&#8217;enfants âgés de moins de 5 ans (chiffres INSEE 2018). 1 enfant sur 500, cela correspondrait à 9000 infections sévères annuelles. C&#8217;est quand même beaucoup. « Toutes ces affections peuvent être soignées par des antibiotiques » rajoute Michel. Euh&#8230; encore faut-il qu&#8217;ils aient le temps de faire effet. Chez les enfants traités par antibiotiques, 1 sur 10 a le temps de mourir...</p>
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		<title>L&#8217;anniversaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2021 04:30:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[marmots]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors Chaton a eu 7 ans cette année. L&#8217;an dernier, son anniversaire est tombé durant le premier confinement : pas de fiesta au programme. Et cette année, rebelote : reconfinement. Il commençait à l&#8217;avoir un peu mauvaise quand même, et je lui ai donc promis d&#8217;organiser une fête au mois de juin. Voilà, c&#8217;était ce week-end. Et j&#8217;ai survécu. J&#8217;ai géré ça de main de maître (évidemment).  Tu noteras que ma régularité à commenter les anniversaires de mes enfants est assez inégale, puisque la dernière fois remonte à trois ans, dans cet article là. Et hop, je te refourgue un vieil article à découvrir. Il s&#8217;agissait du même enfant, d&#8217;ailleurs. Non, ce n&#8217;est pas parce que je le préfère, mais Poupette est grande et ne fête plus ses anniversaires entre copines, ce n&#8217;est pas trop le truc de Loulou et Lapin est encore un peu petit, et puis de toute façon, il est de fin d&#8217;année, le moment où tu n&#8217;as pas vraiment envie de fêter les anniversaires. Ben ouais je sais, fallait que la petite graine se plante plus tard, que veux-tu mon chéri, c&#8217;est toi qui a choisi d&#8217;être conçu à cette période de l&#8217;année. Fallait compter. Qu&#8217;est-ce que tu dis ?&#8230; C&#8217;est pas mon problème si tu ne savais pas compter in utero. Bon, bref, donc depuis quelques semaines, je vois fleurir sur les réseaux sociaux des préparatifs d&#8217;anniversaire tout à fait époustouflants. Chapeau, les filles. Jusqu&#8217;à ma cousine qui fait des gâteaux qui me donnent envie de lui filer des claques à cette petite impertinente, alors qu&#8217;elle a 4 enfants (mais 10 ans de moins que moi) (la garce). Je sais qui embaucher le jour où j&#8217;aurais le budget pour une birthday-planner. Quinze jours avant le sien, Chaton était invité à l&#8217;anniversaire d&#8217;un de ses meilleurs copains. Il en est revenu enthousiasmé avec un chaudron, des parchemins, un petit pot de crottes de nez de licornes, sa photo dans la gazette des sorciers : c&#8217;était thème Harry Potter cette fois, et la maman avait tout donné. Waouh ! Mazette, je me faisais un petit chiffrage horaire dans ma tête, et je voyais déjà que c&#8217;était far far away de mes possibilités. J&#8217;admirais totalement, et en même temps j&#8217;étais bien embêtée parce que je n&#8217;avais pas l&#8217;intention d&#8217;envisager d&#8217;essayer de me hisser à son niveau : on choisit ses combats, rappelle-toi, c&#8217;est mon mantra ikigaï toltèque à moi, dans le domaine de la parentalité. Donc bon, je me creusais vaguement la tête pour savoir ce que je pourrais bien faire de la meute durant trois heures. Trois heures, c&#8217;est court quand tu lis un bon bouquin, mais c&#8217;est atrocement long quand tu as la responsabilité de sept gnomes &#8211; les tiens inclus. Je suis donc partie sur un postulat résolument optimiste : 1/ il fera beau, on ira au parc 2/ il n&#8217;y aura pas trop de monde au parc et je ne perdrai aucun enfant, du moins pas les miens 3/ ils vont tous très bien s&#8217;amuser. Si. Cette année, Chaton n&#8217;a pas voulu inviter de filles, le saligaud. J&#8217;ai bien tenté de faire pression pour féminiser l&#8217;assistance, mais non, il ne voulait pas. Après l&#8217;avoir traité de masculiniste toxique, et menacé de lancer un hashtag vengeur #allmendèslecp, j&#8217;ai obtempéré. Après tout, c&#8217;est son anniversaire, pas le mien. Moi non plus, je n&#8217;invite pas de copains à mon anniversaire, remarque.  Sept gnomes de sexe mâle, tu vois le tableau (ouais, je sais, les garçons les filles c&#8217;est pareil bla bla bla la société le patriarcat, bla bla bla : NON, j&#8217;ai déjà fait des anniversaires à sept filles et c&#8217;était pas pareil). Alors chez moi, la base c&#8217;est : jamais, jamais, jamais d&#8217;anniversaire à la maison. JAMAIS. Un anniversaire, cela se fait toujours dehors. Est-ce que tu aurais l&#8217;idée d&#8217;inviter sept labradors dans ton salon ? Non, bien évidemment : c&#8217;est pareil pour les enfants. Nous avons donc donné rendez-vous DIRECTEMENT aux parents au parc du tennis (celui des marrons). Pourquoi le parc du tennis ? Parce que dans le parc du tennis, IL Y A UNE BORNE à EAU. Tu me vois venir. J&#8217;avais établi un programme d&#8217;activités très chiadé, tu n&#8217;as qu&#8217;à voir : 1/ emmener une baballe pour qu&#8217;ils courent après la baballe. 2/ emmener des pistolets à eau. 3/ faire confiance à leur génie pour gratter la terre, trouver des cailloux et jardiner un peu tout ça à leur manière. 4/ emmener de quoi faire des bulles géantes, idée de dernière minute qui a pris corps grâce à la livraison express en soirée d&#8217;Amazon, kkkkkssssss, la honte sur moi jusqu&#8217;à la 36e génération. Chaton tenait expressément à avoir une piñata. Car, à l&#8217;anniversaire de Noémie où il était invité, Noémie qui a des lunettes et qui est très intelligente (Noémie qui est sympa, surtout, et invite donc des garçons, ELLE), il y avait une piñata. Et cette piñata fut une révélation pour Chaton. Bien entendu, la maman de Noémie avait fait la piñata de ses blanches mains. Chaton voulait donc une piñata en forme de bateau pirate, il comptait naïvement sur mon talent -quel innocent-  (c&#8217;est touchant la confiance des enfants, non ?) mais il est vite revenu à la réalité en voyant ma mine, et nous avons convenu tous les deux que celle que je trouverais à Monoprix, n&#8217;importe laquelle, ferait parfaitement le job. J&#8217;y ai donc fait un petit tour (il y a tout chez Monoprix, c&#8217;est le nec plus ultra du shopping pour moi) pour acheter deux ou trois conneries, des masques qu&#8217;on met sur les yeux et non plus sur le nez, des petits bidules à donner aux enfants, et la piñata : un espèce de poney tricolore dont Chaton m&#8217;a dit plus tard, « mais Maman c&#8217;est un lama voyons« . Et le jour J, nous sommes partis en avance pour sécuriser la zone située entre les trois marronniers du parc. Un gars était assis là à chiller tranquille, le dos appuyé contre MON arbre. Je lui ai décoché un regard fielleux, et j&#8217;ai commencé ostensiblement à accrocher ma banderole J O Y E U X  A N N I V E R S A I R E ! avec la pelote de ficelle en popypropylène de 120m faite en France achetée à Bricorama, en même temps qu&#8217;un petit niveau à bulles, car mon mari a une grosse boite à outils mais pas de niveau à bulles, et après on s&#8217;engueule quand on plante des cadres dans le mur car il me dit « c&#8217;est pas droit » et je lui dis « mais si, prends le niveau à bulles » et il répond « mais j&#8217;en ai pas », alors je réponds « mais comment tu peux dire que c&#8217;est pas droit alors, on va pas les planter au doigt mouillé ces clous« , et on se dispute et je pars en lui disant « débrouille toi après tout puisque tu sais tout si bien faire », et je boude un peu. Bref, J&#8217;ai accroché les masques, la piñata, le ballon doré en forme de 7, et mis des petites couvertures par terre. Le gars adossé à mon marronnier a compris le message subtil que je lui adressais, et il a décanillé presto. Puis nous avons attendu. Chaton courait partout et venait me voir toutes les 32 secondes pour me demander « Alors, ils arrivent ? Alors, ils sont là ? Alors, tu les vois ? » Et puis ils sont arrivés. Gilbert, Axel, Roberto, Paulo et Gabriel.  à 14h30 piles, déposés par des parents ravis d&#8217;apprendre que cela durait jusqu&#8217;à 17h30. Trois heures de folie sous la couette à ronfler, les gars ! 14h31, les parents se volatilisent. 14h32, le club des Sept (avec Chaton et Lapin, qui était finalement généreusement invité par son frère) commence à vibrionner dans tous les sens. Et moi, rien qu&#8217;à les voir, je sens la fatigue poindre à l&#8217;horizon. Ah ! parce que oui, je ne vous ai pas dit. Naturellement, nous devions être à deux pour gérer cet anniversaire : moi et le géniteur de cet enfant. Je lui avais dit : « moi, je m&#8217;occupe de la logistique. Toi, tu prends en charge l&#8217;animation ».  « Bien sûr ma chérie » m&#8217;avait-il répondu. Sauf que le matin fatidique, il s&#8217;est volatilisé pour retourner travailler à l&#8217;insu de son plein gré. Il connait le tarif : un bijou. Heureusement, Loulou (15 ans désormais) est venu jouer le rôle d&#8217;animateur de colo, et c&#8217;était très chouette de sa part. Il est donc 14h37, les enfants jouent au ballon, mais Gabriel semble peu enthousiaste : il n&#8217;aime pas le foot. Afin de créer un esprit de cohésion, je sors mon arme secrète : les pistolets à eau. Cris de joie, cavalcade effrénée vers la borne à eau pour les remplir, et début des batailles d&#8217;eau. 14H43 : dans l&#8217;euphorie de la bataille, Gilbert fonce tête baissée dans un arbre à la faveur d&#8217;une esquive de Roberto. Aïe, il a l&#8217;air sonné et s&#8217;assied sans bouger dans un coin. Ça va ? lui dis-je. Non, ça va pas très bien répond-il. Tu vois bien ? Pas trop, je vois l&#8217;herbe verte, puis grise. Bigre. Fais-voir tes yeux. Je fais comme Dr House, j&#8217;allume la lumière de mon portable pour voir si ses pupilles contractent. Manque de pot, Gilbert a les yeux tellement foncés que je vois que dalle (à moins que ce soit ma presbytie).  Bon je fais quoi, j&#8217;appelle les pompiers ou les parents ? Non, les parents d&#8217;abord. Finalement, une fois ses parents là, et une fois annoncé que l&#8217;on va s&#8217;occuper de la piñata, le trauma crânien de Gilbert se résorbe miraculeusement. Ouf. Je le savais, j&#8217;aurais du faire médecine, j&#8217;ai un don pour soigner les enfants. 15h13 : l&#8217;activité phare de l&#8217;après-midi est achevée et le lama multicolore gît, éventré. Les garçons se sont bien gentiment partagé les bonbons et les pièces d&#8217;or (Notons quand même que Chaton s&#8217;est fait un petit paquet plus rondelet que les autres, mais bon). Il ont déballé tous les malabars et se sont collé des tatouages sur la figure. Il reste deux heures et quart à tenir.  15h17 :  Allez, on souffle les bougies ! et on mange le gâteau : un marbré au chocolat que j&#8217;ai eu la décence de faire, mais qui n&#8217;est pas forcément meilleur qu&#8217;un Savane. On ne peut juste pas allumer les bougies à cause du vent, mais on fait comme si. Axel n&#8217;aime pas les gâteaux au chocolat. Paulo n&#8217;aime pas le jus de fruits. Gabriel ne veut ni manger, ni boire. Et maintenant, les cadeaux ! les cadeaux ! Le mien d&#8217;abord, non le mien ! disent-ils tous en même temps. On déballe, on remercie, Chaton a été bien gâté et sourit de toutes ses dents manquantes. Mais Roberto, toujours très en forme, a envie de retourner jouer au pistolet à eau. Décidément j&#8217;ai eu raison de ne pas trop en faire sur l&#8217;aspect nourriture. L&#8217;année prochaine, je descends encore mes exigences d&#8217;un cran, il y aura des galettes Saint-Michel. Ils sont maintenant tous en train de courir en s&#8217;aspergeant d&#8217;eau. Bien, très bien. J&#8217;en profite pour monter les bacs à bulles géantes. Paulo et Axel se pointent comme par enchantement et veulent essayer. Mais forcément, Roberto et Chaton qui se poursuivent en se pistolétant, shootent malencontreusement dans les bacs puis visent dans le liquide à bulles. « Arrêtez » braillai-je, « vous allez diluer le savon et ça ne marchera plus ». Il faut dire qu&#8217;elles sont chouettes, ces bulles, énormes, molles et irisées. Ah ah ! les autres parents qui passent sont épatés et leurs gosses bavent de jalousie devant ce super anniversaire que je gère la fougère.  Oh là, mais qu&#8217;est-ce qui se passe là-bas ? il semblerait que Loulou se soit lancé avec enthousiasme dans la bataille d&#8217;eau, sauf qu&#8217;il vide des baquets de flotte sur la tête des petits. « Hi hi hi, je suis tout mouillé » vient chouiner l&#8217;un des sept nains. Ah, ben oui, c&#8217;est le principe de la bataille d&#8217;eau, mon petit. Me signes-tu un consentement éclairé pour que...</p>
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		<title>« Qui aime bien vaccine peu » : qu&#8217;en penser ? (1)</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 04:21:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En commentant mon article sur la vaccination, une personne sur les réseaux sociaux m’a parlé de « Qui aime bien vaccine peu », écrit collectif préfacé par Michel Georget. J’avais déjà entendu parler de cet ouvrage mais sa question m’a donné envie de me pencher plus en détail sur les arguments qui y sont développés. « Qui aime bien vaccine peu » prône la modération vaccinale, y compris au niveau des vaccins obligatoires. Cet ouvrage, apparemment, est beaucoup lu par certains parents et leur sert de caution scientifique pour refuser certains vaccins. Que raconte-t-il exactement ? Que penser de ces arguments ? Qui sont les auteurs de « Qui aime bien vaccine peu ? » Cet ouvrage est rédigé par un collectif de médecins suisses (OK) homéopathes (aïe). J’avoue que ma confiance est déjà émoussée à l’idée que ces médecins soignent donc en partie leurs patients avec des billes de sucre contenant de l’eau pure. Autant je suis parfaitement d’accord pour dire que l’alimentation est la première médecine, Autant je souscris au rôle du microbiote et à l’impact de la flore intestinale, Autant je milite à fond pour les fruits et légumes, Autant je kiffe toutes les vitamines de la création, Autant je pratique moi-même (avec discernement) l’aromathérapie pour mes enfants, Autant, vous l’aurez compris, je ne suis pas une adepte de l’homéopathie, cela heurte mon sens rationnel. Pour rappel, une dilution 1CH revient à diluer 100 fois. Prenez une demi-feuille, marquez votre nom en haut à droite, calculatrices interdites bien sûr, vous avez 10 minutes. Une dilution 9CH correspond à … ? Cela correspond à diluer un produit 1.000.000.000.000.000.000 fois, soit un milliard de milliards. Une goutte (50 µL) dans 50 milliards de mètres cubes. Une seule goutte, dans un cube de 3,7 km de côté. Donc, je suis déjà un peu chiffonnée. Michel Georget, qui a coordonné l’ouvrage « Qui aime bien vaccine peu » et écrit de nombreux textes contre ce qu’il considère être une vaccination excessive, est un agrégé de Biologie. Décédé en 2019, il a enseigné en lycée et classes prépas jusqu’en 1994. Livrons-nous à un petit calcul (sur l’autre demi-feuille): Michel Georget est né en 1935. Logiquement, il a eu son agrégation vers 1960. Et l’immunologie est une discipline qui a commencé à émerger réellement dans les années 1980, avant de se complexifier notablement à partir des années 1990/2000. Autant dire que Monsieur Georget, enseignant de SVT, n’a pas baigné dans l’immunologie tout du long de sa carrière, et que le concept de la mémoire immunitaire &#8211; principe sous-jacent à la vaccination – n’en était qu’à ses balbutiements lorsqu’il cessa d’enseigner. Qu’est-ce qui me chiffonne (encore) dans « Qui aime bien vaccine peu » ? (je répète le titre, c&#8217;est pour le référencement dans Google) L’absence totale de sources scientifiques. Aucune référence, des arguments assénés sur la tête des parents avec grande autorité, et aucun moyen de vérifier la véracité de leurs dires. Ennuyeux pour un ouvrage qui circule beaucoup de parents à parents par le biais des réseaux sociaux. Le concept rebattu que ce n’est pas la vaccination qui a fait disparaître les maladies infectieuses, mais les progrès de l’hygiène. Je crois que cet argument est gravement mis à mal par la pandémie actuelle à coronavirus : qu’on se lave ou qu’on ne se lave pas, tout le monde attrape ce virus, ce qui illustre bien le fait que les vaccins servent quand même à quelque chose, et que l’hygiène – primordiale – reste toutefois insuffisante. L’épouvantail agité devant les parents qu’ils vont empoisonner leur enfant s’ils le vaccinent et lui causer plus tard diabètes, allergies, cancers, maladies auto-immunes, bad karma, haleine de babouin, etc. Le mélange entre vraies infos, grosses approximations, et mensonges purs et simples, par omission ou non. J’ai donc repris l’ouvrage afin de soulever les points litigieux. C’est parti mon kiki. L&#8217;affirmation : « En combinant les vaccins dans la même inoculation, on ne respecte pas l&#8217;exemple de la nature qui n&#8217;inflige au malade qu&#8217;une seule maladie infectieuse aiguë à la fois. » Le but des vaccinations combinées est, rappelons-le, de limiter le nombre de piqures pour les petits. Les bébés reçoivent donc désormais, dans une seule injection, la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus, et l’hépatite B : c’est le vaccin hexavalent. Est-il exact de dire que l’on « inflige plusieurs maladies en même temps » ? Non. Ce vaccin contient uniquement des protéines immunisantes de microorganismes (Diphtérie, tétanos, Coqueluche, Haemophilus, hépatite B) et les virus INACTIVES (KO, dead, kapout, donc non pathogènes) de la poliomyélite. Aucune « maladie » n’est donc infligée au bébé. Simplement, son système immunitaire va apprendre à reconnaître les protéines des pathogènes dangereux pour les éliminer fissa s’il les rencontre un jour.  Par ailleurs, dire que « la nature n’inflige qu’une seule maladie à la fois », c’est supposer la nature bien plus gentille qu’elle n’est : les co-infections ou les sur-infections, cela existe bien souvent. &#160; L&#8217;affirmation : « Vertiges, maladresse, […] voire certains cas de délinquance et même d&#8217;autisme correspondant à des lésions invisibles pour la médecine pourraient être dûs à des traumatismes, des intoxications ou des vaccinations mal supportées. Dans notre pratique, l&#8217;amélioration fréquente de ces cas grâce au drainage homéopathique est une preuve de l&#8217;origine vaccinale de ces affections. » Po po po… fichtre ! Ce paragraphe me fait peur. « Drainage homéopathique », what the hell is that ?  Où est la preuve de l’origine vaccinale de ces divers pathologies et troubles ? La question du lien éventuel entre autisme et vaccin ROR a été moultes fois analysée, et tout autant moultes fois retoquée : non, il n&#8217;y a pas de lien. Je répète : NON, IL N&#8217;Y A PAS DE LIEN, ni aux Etats-Unis, ni au Danemark, ni ailleurs. Cette fake new médicale vient d&#8217;un médecin anglais qui avait vu en consultation 12 enfants présentant un spectre du trouble de l&#8217;autisme, vers l&#8217;âge de 2 ans, soit quelque temps après la seconde dose de ROR. On a toujours tendance, quand un enfant est malade, à chercher un coupable et c&#8217;est bien naturel. Mais pour compréhensible que soit cette réaction sur le plan émotionnel, elle n&#8217;est pas rationnelle scientifiquement. Sinon, quelqu’un a-t-il déjà fait une étude de causalité entre vaccination et délinquance ? Mais pourquoi Sarkozy n’y a pas pensé, lui qui voulait détecter les délinquants dès la maternelle ? C’aurait quand même été vachement plus simple : t’es vacciné ? hop, sous surveillance, mauvaise graine. Sérieusement, mais qu’ont-ils fumé avant d’écrire ces lignes ? On dirait un discours de mauvais gourou, comme dans le sketch des inconnus. L&#8217;affirmation : « Plus les maladies infectieuses diminuent, plus le nombre de cancers et d’allergies augmente. » …Alors, comment explique-t-on que l’espérance de vie augmente de manière régulière depuis 1945 ? C’est le retour de l’hypothèse hygiéniste : avant, on vivait les pieds dans le fumier et on buvait de l’eau croupie, et on était en bien meilleure santé. Paraît-il. L’augmentation des cancers et des allergies ne serait-elle pas plutôt liée à la pollution de l’air, des aliments, aux mutations induites dans notre ADN par des produits génotoxiques contenus dans nos meubles, parquets, emballages plastiques etc… ? Juste une idée. Et puis, le cancer est une maladie dont l’incidence augmente avec l’âge. Par exemple, le graphique ci-dessous montre l’incidence du cancer du sein en fonction de l’âge (en rose). Plus on vieillit, plus le risque de développer un cancer augmente. Par conséquent, plus on meurt tôt, plus on a de chance de ne pas mourir d’un cancer (mais on est mort quand même). Avec une espérance de vie féminine de 85 ans en 2017, contre 66 ans en 1947, le risque de développer un cancer est plus grand. Mais le lien avec les vaccins est, comment dire… inexistant. &#160; L&#8217;affirmation :  « Les grandes épidémies comme la peste, le choléra, le typhus, la malaria, la lèpre, ont disparu sous nos latitudes sans vaccination. » Il y a du vrai dans cette affirmation, et de la mauvaise foi. Du vrai : La disparition du choléra est avant tout liée à une problématique d’accès à l’eau potable, en effet. Cela dit, des vaccins anti-cholériques efficaces sont actuellement administrés dans les pays à risque (Bangladesh, Inde, Ethiopie). Mais pour un Européen, cette vaccination est sans intérêt. Elle n&#8217;est d&#8217;ailleurs conseillée à personne ici. De la mauvaise foi : mon cher Michel, la peste n’a pas disparu partout. Il y a des flambées épidémiques au Congo (2005), en Chine (2009 et 2020), au Pérou (2010), à Madagascar (2014 et 2017), en Mongolie (2020). Certes, ce n’est pas « sous nos latitudes ». Mais dans un monde où les déplacements d’un continent à l’autre sont de plus en plus fréquents, qu’ils soient commerciaux, touristiques ou migratoires, il est illusoire de tabler sur le fait que la peste reste bien sagement dans ces contrées. L’OMS considère la peste comme une maladie ré-émergente. L&#8217;affirmation : « On n’a jamais comparé des populations recevant ou non le quadruple vaccin diphtérie-tétanos-polio-coqueluche pour savoir si le vaccin ne favoriserait pas la mort subite du nouveau-né » Va être détendue, après ça. Comme si les mères ne se sentaient pas assez coupables, on leur rajoute une pointe de doute pour qu&#8217;elles s&#8217;en veuillent d&#8217;avoir fait vacciner leur bébé, si jamais il lui arrive quelque chose après. Je pense qu&#8217;on a le droit de dire qu&#8217;une telle insinuation est quand même bien dégueulasse. Mais en fait, si, cela a été étudié. Sur le principe général du lien entre vaccination et mort subite du nourrisson : Aux Etats-Unis, le vaccin contre l’hépatite B avait été accusé également de causer la mort subite du nouveau-né. Sauf que… comme l’explique le CHU de Philadelphie, « Au moment de l&#8217;introduction du vaccin contre l&#8217;hépatite B pour une utilisation systématique chez tous les nourrissons, environ 5 000 enfants décédaient chaque année du SMSN (Syndrôme de mort subite du nourrisson). Dans les 10 ans suivant l&#8217;introduction du vaccin contre l&#8217;hépatite B, l&#8217;utilisation du vaccin est passée à environ 90% de tous les nourrissons et l&#8217;incidence du SMSN dans ce groupe a considérablement diminué à environ 1 600 cas chaque année.» Si j’étais malhonnête, je vous dirais : Ah, vous voyez, le vaccin contre l’hépatite B protège de la mort-subite du nouveau-né ! Mais je ne le suis pas. « La cause de la diminution des cas de SMSN a été l&#8217;introduction de la recommandation « on dort sur le dos » par l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) ». Donc, ce vaccin n’a rien à voir avec les morts inexpliquées des nourrissons. « Cependant, étant donné que les vaccinations sont administrées à environ 90% des enfants de moins d&#8217;un an et que près de 1600 cas de SMSN surviennent chaque année, on peut s&#8217;attendre, statistiquement, à ce qu&#8217;environ 50 cas de SMSN surviennent chaque année dans les 24 heures suivant une injection de vaccin. Néanmoins, comme l&#8217;incidence du SMSN est la même chez les enfants qui reçoivent ou non des vaccins, nous savons que le SMSN n&#8217;est pas causé par les vaccins. » Voilà pour le vaccin contre l’hépatite B : il s&#8217;agit de la probabilité que deux événements indépendants arrivent de manière successive, ni plus ni moins. (et voilà ce qui, probablement, pourrait constituer un début d&#8217;explication aux cas de thromboses post-vaccinales chez les personnes ayant reçu l&#8217;injection anti-COVID AstraZeneca. RAPPEL : incidence de la thrombose, 120 cas pour 100.000 personnes, chaque année) Qu’en est-il pour le vaccin combiné Diphtérie Tétanos Polio Coqueluche ? De la même manière, des études italiennes, anglaises, américaines, françaises, ont démontré qu’il n’y avait pas plus de morts subites du nourrisson chez les enfants vaccinés que chez les enfants non vaccinés, dans des études incluant jusqu’à 130.000 enfants. Et de manière intéressante, une étude néozélandaise et une étude anglaise ont même montré que les enfants ayant reçu le vaccin combiné incluant la coqueluche étaient moins à risque de mort subite du nouveau-né. Ils l’expliquent par des coqueluches peu symptomatiques, survenant chez des nourrissons non vaccinés, fragiles, qui pourraient provoquer leur décès. Par conséquent, Michel raconte des bêtises : non, la vaccination ne provoque pas de morts subites du nouveau-né,...</p>
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		<title>Adieu Tétine !</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2021 06:43:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ciao, bye-bye, hasta la vista, la tétine c&#8217;est finie ! Ca y est, Lapin a réussi son sevrage de tétine, sa précieuse tétine, son inséparable tétine, celle qui le suivait partout, et qui avait élu domicile dans sa petite bouche, environ 3 semaines après sa naissance, pour n&#8217;en plus ressortir jusqu&#8217;à mi-décembre 2020. NOUS AVONS RÉUSSI ! Comme je sais que le sevrage de sucette est parfois une période compliquée, je vous livre mes (non-)secrets et mes (non-)conseils pour réussir cette étape délicate. Reprenons depuis le début : Lapin naît. Dès ses premiers instants, outre des yeux qui riboulent partout, il se caractérise par un besoin de succion tout à fait dingue. Nous passons un certain temps et un temps certain à lui filer nos petits doigts, qu&#8217;il ventouse littéralement dans sa bouche et tète avec ardeur. Ici, je sens venir la question : ben pourquoi que tu lui a pas donné pas le sein, patate ? Ben parce que figure-toi que j&#8217;ai essayé, et qu&#8217;après avoir donné le sein 23h sur 24h sans qu&#8217;il prenne un gramme, j&#8217;ai décidé de tirer mon lait, plutôt. Tu vois ? Fin de la parenthèse. Donc nous nous disons, avec toute la détermination dont nous sommes capables, « Non, pas de tétine. Non, pas de tétine. La tétine ? Jamais ! Il va la perdre tout le temps, il nous réveillera tout le temps, ça sera infernal. Bon, sur ce, pourquoi tu restes planté là ? Tu vas aller les acheter ces foutues tétines à la pharmacie ? Tu veux ma mort ou quoi ? » et donc, il a eu une tétine. Dès l&#8217;instant où il sentit se poser dans sa minuscule bouche cette précieuse tototte, sa vie devint plus douce. Il faut dire que ce pauvre Lapin a eu des coliques bien cognées. Il a douillé sa race, quelque chose de bien. Le soir, vers 18h, nous préparions le plan anti-coliques : petite bouillotte gel chauffée, insérée entre le body et le pyjama; emballage du Lapin dans sa petite couverture, les pattes bien serrées contre le ventre; insertion de la tétine dans la bouche de Lapin; tapotage de fesses à travers la couverture; dîner à tour de rôle, en se refilant le Lapin emballé, tapoté, bouillotté, tétiné. Je peux vous dire que je n&#8217;ai aucun regret de cette période. Mais la tétine nous a vraiment sauvé la vie. Surtout que vers 4 mois, Lapin se plaignait toujours, et un petit reflux est venu prendre la suite des coliques, comme ça, ni vu ni connu, histoire qu&#8217;on ne s&#8217;ennuie pas trop. Parfois, dans son sommeil, on s&#8217;amusait à tirer sur la tototte, et on rigolait en voyant qu&#8217;il se remettait à téter avec ardeur pour ne jamais la perdre. Et puis Lapin a grandi. Il a marché, il a eu des dents (dans cet ordre), il a commencé à parler, il est rentré à la maternelle, toujours la tétine vissée au bec, comme Popeye avec sa pipe. Bien entendu, il n&#8217;avait plus UNE tétine, il en avait entre 5 et 7 : 3 dans le lit &#8211; une dans la bouche, et une dans chaque main pour se caresser le nez avec-, 2 dans son sac à dos, et plusieurs en réserve pour éviter tout drame vespéral &#8211; il y en eut, pourtant. Et puis, il s&#8217;est réveillé des nuits, parce qu&#8217;il avait réussi à perdre ses tétines dans le lit. Et puis, on n&#8217;entravait rien, que dalle, à ce qu&#8217;il baragouinait, et c&#8217;était un peu relou, même si c&#8217;était trop mignon. Et puis, le pédiatre lors de la visite des 4 ans a décelé un petit retard de langage et de maturité. Pas alarmant, mais présent. Et puis, on en a eu ras-le-bol de toujours se dire « Tu as vu la tétine ? Où est la tétine ? C&#8217;est toi qui as rangé la tétine ? M&#8217;enfin la tétine était LÀ, sur la bibliothèque, qui l&#8217;a prise C&#8217;EST PAS VRAI C&#8217;EST BIEN LE MOMENT ! » juste quand on partait en vacances, au travail, ou à l&#8217;instant où nous nous posions enfin pour souffler. Parallèlement, j&#8217;ai constaté que Lapin, le matin, semblait moins accro à la tototte sur le chemin de l&#8217;école. Et j&#8217;ai compris pourquoi : Il en pinçait un peu pour une de nos petites voisines, plus jeune que lui, et il n&#8217;assumait plus vraiment d&#8217;avoir une tototte, alors qu&#8217;il était en grande section, et elle en moyenne. Donc il la planquait dans sa poche sur le chemin. Je me suis alors engouffrée dans la brèche et j&#8217;ai commencé mon conditionnement. « Lapin, tu sais, tu vas avoir 5 ans bientôt. A 5 ans, tu n&#8217;auras plus de tétine car tu es grand. Tu es capable de t&#8217;endormir et te rassurer avec doudou, sans tétine ». HOU, HOU, la vilaine, VEO !!! Voyons, on se calme : on parle d&#8217;un enfant de presque 5 ans, pas d&#8217;un nouveau-né OK ? « Tu la donneras au père Noël, d&#8217;accord ? Le père Noël l&#8217;emmènera et la donnera aux lutins. » SCANDALE ! ELLE MENT A SON FILS ! C&#8217;EST DE LA MANIPULATION ! CET ENFANT VA ÊTRE DURABLEMENT TRAUMATISÉ ET VA PERDRE TOUTE CONFIANCE DANS SA MÈRE ET MÊME, DANS L&#8217;HUMANITÉ ! Mais non, mais non. Relaxe-toi. C&#8217;est pas avec ça qu&#8217;il va se dessouder le cortex à coup de cortisol, allez respire. Lapin avait donc intégré que les jours avec sa tétine étaient comptés, et il était plutôt d&#8217;accord. (Quel suspense, hein ? ) ET puis un jour, ou plutôt une nuit&#8230; « Maman, elle est où ma tétiiiiiiine ? » pas dans le lit pas sous le lit pas derrière les livres de la bibliothèque pas à la salle de bains pas au dessus de l&#8217;armoire pas à côté de la cuvette des WC JE SAIS PAS OÙ ELLE EST ET J&#8217;EN AI MARRE DE LA CHERCHER !!! Je ne cherche plus et tu dors sans.  Et vlan ! je suis partie, comme ça. Devinez quoi ? il s&#8217;est endormi comme si de rien n&#8217;était. Le Lendemain, Lapin a chuté dans la cour de l&#8217;école et s&#8217;est fait un petit bobo à la lèvre. J&#8217;avais entre temps retrouvé la tétine, et évidemment : il me la demande au moment du coucher. « Ah, non mon Lapin, il faut que ton bobo guérisse. Pas de tétine ».  Une nuit&#8230; Deux nuits&#8230; Trois nuits&#8230; « Maman, mon bobo est guéri, je peux avoir ma tétine ? » C&#8217;est là le moment crucial où il m&#8217;a fallu ne pas flancher. J&#8217;ai pris une grande inspiration, et de ma voix la plus suavement bienveillante, je lui ai dit : « Mon petit Lapin Chéri, cela fait 4 nuits que tu dors sans aucune tétine. Bravo, tu es un grand garçon. Je crois que maintenant, tu n&#8217;en as plus besoin ! Les tétines c&#8217;est fini pour toi. Tu peux être très fier de toi mon chéri. »  Et je lui ai acheté un cadeau. Nous avons annoncé la grande nouvelle urbi et orbi à toute la famille, histoire de racler quelques cadeaux supplémentaires parce que franchement, c&#8217;était mérité. Depuis, finito, il ne les a plus jamais réclamées. Alors certes, il était probablement prêt. Le fait qu&#8217;il égare perpétuellement sa tétine était sans doute le signe qu&#8217;elle ne lui était plus si indispensable. Mais quand même : si je n&#8217;avais pas secoué le joug de l&#8217;esclavage tétinesque, je serais encore en train de courir après, d&#8217;en retrouver sous les coussins du canapé, dans mon lit, dans les playmobils&#8230; C&#8217;est bon, j&#8217;ai eu ma dose. Certain(e)s considèreront sans doute que j&#8217;ai utilisé une kyrielle de VEO :  forcer mon enfant à se sevrer de la tétine au lieu d&#8217;attendre qu&#8217;il le fasse de son propre chef raconter un gros mensonge sur le père Noël ôter brutalement à mon enfant sa tétine parce que je suis assez égoïste pour vouloir bouquiner plutôt que retourner toute la maison tous les soirs pour retrouver les tétines féliciter cet enfant et lui offrir un cadeau, développant là son goût pour les récompenses au lieu de trouver sa satisfaction dans l&#8217;accomplissement de bonnes actions. Qu&#8217;il pensent. En attendant, Lapin va très bien, parle mieux, a fait plein de progrès, grandit. Et la tétine, si elle le rassurait, le maintenait aussi dans un état de petit bébé trop mignon. Mais moi, c&#8217;est un enfant que j&#8217;ai, pas un lapin nain. PS : j&#8217;ai repensé à l&#8217;allaitement de Lapin. A posteriori, je me dis que heureusement, HEUREUSEMENT que j&#8217;ai du passer au tire-allaitement. Sinon, il téterait encore sa mère 3 fois par nuit à 5 ans. Rien que d&#8217;y penser, j&#8217;ai envie de me défénestrer. Je vous le dis, on l&#8217;a échappé belle.</p>
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		<title>Au fil de l&#8217;eau #8</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 09:17:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au fil de l'eau]]></category>
		<category><![CDATA[marmots]]></category>
		<category><![CDATA[lessive]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bien le bonjour les amies ! Pardon, j&#8217;époussette un peu et j&#8217;ouvre les rideaux, hou là, ça se voit que la bicoque a été désertée quelque temps ! Allez, j&#8217;aère un peu. Tout va bien, vous êtes toujours là ? Point trop de Covid  dans vos poumons et ceux de votre entourage ? Noël à 6, masqués et à 1m d&#8217;écart, papi et mamie derrière un plexi dans la cuisine, c&#8217;était chouette ? C&#8217;est qu&#8217;il faut avoir le bras long pour trinquer désormais.  Evidemment, je vous souhaite une heu&#8230; bonne ? pas trop mauvaise ? correcte année 2021, avec tout le package habituel : bonheur, santé, réussite, etc. Les vœux, ce n&#8217;est guère mon truc, j&#8217;ai du mal à être créative à ce sujet. Ah, voilà : je vous souhaite de trouver une dose de vaccin en 2021. Vous avez sans doute plus de chance de gagner à l&#8217;Euromillions, mais sait-on jamais ? Alors, que s&#8217;est-il passé depuis mon dernier article ici, le 13 novembre 2020 ? J&#8217;ai eu beaucoup de travail, et moins de temps à consacrer par ici. J&#8217;ai beaucoup, beaucoup, beaucoup lu. Et j&#8217;ai fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de lessives. Parasito-psycho Figurez-vous que depuis quelques semaines, les deux petits se réveillaient quasiment toutes les nuits, l&#8217;un pour des cauchemars (il venait alors en douce me rejoindre dans mon lit), l&#8217;autre en raison de pipi au lit.  Je vous dis cauchemar, je vous dis pipi au lit, je vous dis sommeil perturbé, vous pensez&#8230; enfant angoissé, n&#8217;est-ce-pas ? Enfant traumatisé, mère pas assez bienveillante, violence éducative, dégât psychique etc. Eh bien j&#8217;ai pensé la même chose que vous. Je me suis dis qu&#8217;il y avait une couille dans le potage, que l&#8217;école les traumatisait, qu&#8217;ils subissaient sans doute un harcèlement scolaire, ou que je devais pratiquer un examen de conscience scrupuleux et exhaustif, qu&#8217;il me fallait redoubler d&#8217;attention, de vigilance, de CNV, de sollicitude et d&#8217;empathie. Donc pendant plusieurs semaines, en plus de brasser des draps sales et de faire tenir mes yeux ouverts avec des allumettes, j&#8217;ai redoublé d&#8217;efforts pour sécuriser mes enfants lors de leur coucher. Plus bienveillante que moi, tu meurs. Puis comme ça ne s&#8217;arrangeait pas, j&#8217;ai pensé que sans doute, il me faudrait consulter. Voilà, consulter, ce serait bien. Parce que Lapin traversait en même temps une crise de chiantite aigue, pardon, manifestait son mal-être émotionnel par un comportement d&#8217;intense rébellion. J&#8217;avais noté ça dans un petit coin de ma tête, pour la rentrée. D&#8217;autant plus que la nuit, il grinçait des dents. Pour en arriver à serrer les mâchoires à ce point, il faut forcément être angoissé, non ? Bref, nous sommes partis en vacances quelques jours nous réfugier dans une location en Bourgogne, nous rôtir les côtes devant un bon feu, en buvant un bon vin et en lisant un bon livre. J&#8217;en ai profité pour faire descendre un peu la hauteur de ma pile à lire qui atteignait une altitude dangereuse. Nous avons visité Sémur-en-Auxois, fort jolie ville médiévale, pourvue d&#8217;une charmante librairie; et Epoisses, un 30 décembre, en semi-confinement : durée de la visite, 3 minutes 30. Ah, on ne s&#8217;est pas fatigués, et nous sommes vite rentrés jouer avec notre nouveau jeu « Qui est-ce » offert aux enfants à Noël. C&#8217;est Cécilia qui m&#8217;a donné l&#8217;idée, et a activé ma fibre nostalgique, d&#8217;autant plus que comme elle, je n&#8217;avais jamais eu ce jeu durant mon enfance. Et puis la vidéo parodique et politiquement incorrecte qui en a été faite m&#8217;avait beaucoup amusée. Et là, alors que nous atteignions enfin la sérénité en contemplant les flammes &#8211; sérénité accélérée par un très bon Chablis -, un drame survint : Chaton se réveilla en hurlant, non pas de terreur, mais de douleur. Que celle qui n&#8217;a jamais eu de mycose vaginale dans la salle lève le doigt. Personne ? C&#8217;est bien ce qui me semblait. Donc, Chaton, qui n&#8217;est pas équipé de vagin pourtant, semblait en proie à une indicible douleur, aux fesses me dit-il entre deux sanglots. Ca me gratte, ça me brûle, gémissait-il. C&#8217;est là que j&#8217;ai vu, de mes yeux vu, le fascinant spectacle des femelles oxyures s&#8217;échapper du tube digestif de mon adorable petit garçon pour pondre leurs oeufs. J&#8217;eus l&#8217;impression de revivre mes cours répugnants de parasitologie de la fac. Et visiblement, il douillait grave sa race, le pauvre enfant. Les salopes ! Bref, après un petit lavement au sérum phy, un bain pour calmer la douleur et noyer les vers, une désinfection de baignoire par égard pour les occupants suivants de la location (ce que je suis bien élevée quand même), un coucher à deux heures du matin avec Chaton qui éperdu de reconnaissance, voulait absolument dormir tout serré contre moi (il partage tout avec moi, même ses oeufs d&#8217;oxyures) nous sommes rentrés chez nous, avec un plan d&#8217;attaque contre les bestioles :  traiter toute la famille au fluvermal changer les draps de tout le monde laver tout le linge, slips inclus, à 60°C. La première étape fut faite illico. Loi de Murphy Pour les deuxième et troisième, manque de bol, notre machine rendit partiellement l&#8217;âme puisqu&#8217;elle ne lave plus qu&#8217;à froid désormais. La fonction séchante est HS également. Pour couronner le tout, le chauffage et l&#8217;eau chaude sont tombés en rade. Est-ce un indice que 2021 sera une pire année que 2020 ? Ou éclusons-nous notre quotat de plans pourris dans la première quinzaine de janvier ? Toujours est-il que le lendemain, après un nouveau pipi au lit qui se soldait par une élévation de la pile de linge sale, nous décelions la présence, dans le petit cadeau déposé par Lapin aux toilettes, de ces animaux domestiques si charmants. Depuis, tout le monde est sous haute surveillance et chaque étron est fliqué. C&#8217;est moche parfois, la vie de famille.  Restait donc à faire réparer presto la machine à laver car les draps, linge de toilette, slips et pyjamas s&#8217;empilaient et menaçaient de dépasser l&#8217;altitude de la Tour Eiffel. Un Tour Eiffel remplis d&#8217;oeufs d&#8217;oxyures, une vraie bombe biologique. Je pris rendez-vous avec Electrolux : &#8211; « Bonjour, ma machine à laver ne lave plus qu&#8217;à froid, je pense que la résistance est en panne. &#8211; Très bien madame, on commande la pièce, rendez-vous le 6 janvier pour la changer. » Après deux sms de confirmation reçus, le gars se pointe le mercredi 6 janvier. &#8211; « Alors Madame, qu&#8217;est-ce qui se passe ? &#8211; Eh bien comme je l&#8217;ai déjà dit, la machine ne lave plus qu&#8217;à froid. &#8211; Ah, ça, c&#8217;est la résistance ! Ben ouais mon pote, je suis au courant, c&#8217;est ce que j&#8217;ai dit à la dame du SAV. Et donc ? &#8211; Ben je ne vais pas pouvoir vous la changer, je n&#8217;ai pas la pièce. » QUUUUOAAAAAA qu&#8217;est-ce que tu dis Kevin ? T&#8217;as pas cette fuc$ de b* de m# de pièce de mes deux alors que ça a été commandé au téléphone en ma présence ? Tu veux que je te défenestre ou quoi ? Je te signale qu&#8217;on est au 6e étage ici. Est-ce que tu sais dans quel état de nerfs est une mère dont la machine à laver est en panne alors que ses gosses ont des vers et font pipi au lit ?  Ah mais madame c&#8217;est l&#8217;informatique, désolé. Ch&#8217;comprends pas. Et Raoul au téléphone, il comprend pas non plus. Et Josette de la plateforme téléphonique, elle comprend pas non plus. Vendredi 15 janvier ? Allez, c&#8217;est la semaine prochaine, c&#8217;est pas loin. Personne ne comprend donc, en tout cas moi ce que je comprends c&#8217;est que de vendredi 15 à vendredi 22 janvier (au moins), j&#8217;aurai lessive. Ne comptez pas trop sur moi. Restons positive : depuis le traitement, comme par hasard, plus de cauchemars, plus de pipi au lit, plus de grincement de dents. Adieu, veo, traumatisme, angoisse supposée, thérapie familiale ! Conclusion : si votre gamin se met à mal dormir, à cauchemarder et à faire pipi au lit, non il n&#8217;est pas forcément angoissé et non, il ne se fait pas forcément maltraiter par sa méchante instit. Non, vous n&#8217;êtes pas forcément une mauvaise mère et ce n&#8217;est très probablement votre faute. Un bon coup d&#8217;antiparasitaire, et hop ! à 3€71 le flacon de thérapie familiale, ce serait bête de s&#8217;en priver. &#160;</p>
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		<title>Provax, Antivax</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2020 05:30:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que chacun prenne position autour de la tranchée, aujourd’hui, ça va canarder sec. On va causer vaccins, antivax, antibiotiques et autres sujets hautement polémiques. Je m’attends à des départs d’abonnés outrés, à des menaces, des injures, des acclamations, des huées. Faut-il ou non vacciner nos enfants ? Faut-il imposer ces barbares injections dès leur plus jeune âge à de tendres innocents ? Faut-il engraisser ces immondes capitalistes qui dirigent cupidement les grandes firmes pharmaceutiques inféodées aux vils actionnaires, et tissent leur toile par le biais de tous ces médecins serviles et vérolés de conflits d’intérêt, qui ne pensent qu’à leur prochaine voiture de sport et à la Rolex qui ornera très bientôt leur poignet ? Débattons mes amis, débattons. l&#8217;antibio-résistance : that&#8217;s a fucking problem Figurez-vous qu’il y a quelques temps, j’ai assisté à la présentation d’un projet qui travaillait sur la mise au point de nouveaux médicaments destinés à contourner la problématique des antibio-résistances. Vous savez, le truc horrible : papi rentre à l’hôpital pour se faire poser une prothèse de hanche, vous vous attendez à le voir sortir tout fringant, la canne au rebus, mais en fait, papi ressort entre 4 planches : infection nosocomiale antibio-résistante. Fin de l’histoire pour ce pauvre papi, requiescat in pace, amen. Parlons chiffres, plus précisément. L’antibio-résistance, c’est : Environ 10.000 décès annuels en France (de 5.500 à 15.000, selon les études). 33.000 décès en Europe. 35.000 décès aux USA. La plupart des patients décédés sont des enfants de moins d’un an, et des personnes de plus de 65 ans. L&#8217;antibiorésistance est élue première cause de décès en 2050 (si on n&#8217;est pas déjà tous morts à cause du réchauffement climatique). Gloups. Vous aimer l’Inde et son exotisme ? Dommage pour vous. 100% des touristes revenant d’Inde sont porteurs d’une souche multi-résistante. L’un d’eux, appelons-le Jean-Michel, est tout bronzé et heureux, il pète la forme après avoir mangé du curcuma pendant 3 semaines.  Tout ira bien pour lui : le nombre immense de « gentilles » bactéries colonisant son tube digestif (le microbiote) sera suffisant pour empêcher la multiplication de la bactérie dangereuse. Mais voilà : Jean-Michel va voir sa mamie, au retour de son voyage, pour lui montrer ses jolies photos et lui offrir de l’encens ramené spécialement de Goa. Mamie, elle, est un peu fatiguée, elle a eu une grosse bronchite et sort d’une bonne semaine d’antibiothérapie. Jean-Michel s’excuse, file aux toilettes (tu comprends mamie, la nourriture là-bas, pas toujours très clean !), et pressé de continuer ses explications, il en oublie de se laver les mains. Mamie a le tube digestif bien décapé par les antibiotiques. Elle va se contaminer avec la souche indienne déposée par Jean-Michel sur la poignée de la porte des toilettes. Et là, crac, Mamie fait une sale infection. Ou Tata qui sort de chimio. Ou l’adorable petit bébé un peu prématuré de la meilleure copine, qui suçote ses petits poings, qu’on lui caresse souvent car ils sont si mignons. Etc… Voilà, vous comprenez le principe. J’avais un jour assisté à une conférence sur le thème des bactéries multi-résistantes, justement. Le gars qui parlait, un spécialiste du sujet – cernes grises, yeux rouges, rictus amer, cheveux en bataille- ne respirait pas franchement la joie de vivre. Il nous montre ses données : « Alors là, la souche x, vous voyez qu’elle n’est plus sensible qu’à un seul antibiotique, qui n’est pas très efficace. Et la souche z, qui a acquis la totalité des gènes de résistance. » Silence de mort dans la salle. Au bout de quelques instants, quelqu’un toussote et ose demander : « Et alors… que peut-on proposer aux patients pour les soigner ? » « Rien. » Fin de l’exposé. Rien, voilà ce que l’on peut proposer actuellement pour les infections à souches multi-résistantes. Tout cela pour dire que quand on va consulter son médecin parce qu’on tousse un peu gras, et qu’on sort déçu car « le médecin ne m’a même pas prescrit d’antibiotiques, tu te rends compte ! Il est vraiment nul ce médecin, il le fait pour que je retourne la consulter dans quelques jours, pour s’en mettre plein les poches (rapport au golf et à la Rolex) », eh bien non : le médecin fait son job, et il le fait bien. « Oui mais moi j’m’en fous, je ne suis pas immunodéprimé », oui mais non : les traitements aux antibiotiques s’envisagent sous un angle collectif, car les souches bactériennes circulent, de l’école, à la maison, au travail, au bus, à la poignée du caddie de supermarché. Ma bactérie multi-résistante sera très probablement la tienne et donc celle de ta mamie, d’ici quelques jours. CE QUI NOUS AMÈNE AU POINT SUIVANT : les vaccins. Il y aura donc de moins en moins de traitements contre les bactéries. Et rappelons qu&#8217;il n&#8217;existe pas de traitement contre de nombreux virus. Les virus, on vit avec. Plus ou moins bien, mais on vit avec : EBV (mononucléose infectieuse), CMV, herpès, VIH&#8230; une fois qu&#8217;ils ont élu domicile dans notre organisme, ils y restent très souvent. Comme vous le savez, nous avons la chance immense de vivre dans le pays de Pasteur. Et par une entourloupe assez dingue, dans notre pays, les gens ne veulent plus trop se faire vacciner. Ailleurs, ils font la queue pour se faire vacciner, mais chez nous, non, bof, c’est trop nul les vaccins, j’aime pas les piqures, mon enfant est traumatisé et je ne peux pas lui imposer ça, c’est une VEO, ça fait gagner de l’argent aux big pharmas et moi je ne suis pas d’accord, je conteste, c&#8217;est ma liberté, et puis les vaccins ça sert à rien, la preuve, personne n’a jamais eu les oreillons ou le tétanos autour de moi. On l’a bien vu lors de l’épisode de délire collectif, fin août 2020, où des pétitions circulaient pour protester contre un hypothétique vaccin anti-covid qu’on aurait administré de force à la porte des écoles à des enfants hurlants, plaqués au sol par des CRS armés jusqu’aux dents, tandis que des snipers ricanants, postés sur les toits environnants (mais portant une blouse blanche), leur auraient envoyé des doses de vaccins dans les fesses, PIF PIF PIF ! grâce à des fusils équipés de lunettes infrarouges. D’ailleurs, sur le site d’un de ces groupes extrêmement clairvoyants, on lit les phrases suivantes, dont j’apprécie la saveur (sans le nommer, il s&#8217;agit du site leslignesbougent): « D’après le Pr Jean-François Toussaint, la pandémie de coronavirus est TERMINÉE depuis le mois de juin 2020. » « L’épidémie est terminée et la 2e vague n’a pas eu lieu. » Toi, on peut dire que tu as eu le nez creux, mon gars. C’est toujours rigolo de lire cela, quelques mois plus tard. Contre le vaccin, il cite des sources fiables et sérieuses, comme youtube et RTL. Aaaah, mais à quoi bon se casser le cul à faire de la recherche, je vous le demande ? Les vaccins, inutiles ? Allez voir cette ravissante jeune femme : Pernelle Marcon. Grande sportive, elle a été amputée des 2 jambes et de presque tous les doigts suite à une méningite foudroyante. (Je vous laisse aller taper «purpura fulminans» dans google image, pour voir ce à quoi ça peut ressembler) (c&#8217;est assez affreux, je vous préviens). Il s’agit d’une infection gravissime causée par plusieurs souches bactériennes, dont le méningocoque C qui est couvert par le nouveau vaccin devenu obligatoire depuis le 1er janvier 2018, ce qui avait suscité des réactions courroucées des antivax. Chez certaines personnes, et on ne sait pas pourquoi, le méningocoque C cause une méningite ou un purpura, alors qu&#8217;il est porté de manière asymptomatique chez d&#8217;autres personnes. « Depuis le 1er janvier 2018, huit vaccinations, auparavant recommandées sont devenues obligatoires : il s’agit des vaccinations contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole ; soit un total de 11 vaccinations obligatoires (en plus de la diphtérie, du tétanos, et de la poliomyélite). » Que n’a-t-on pas entendu à cette occasion ! Atteinte à la liberté, Buzyn qui veut empoisonner de nos enfants et favoriser ses potes de l’industrie pharma, et j’en passe. Moi mon opinion, c’est surtout que nous vivons dans un pays dont certains habitants ignorent leur chance de ne pas mourir de maladies infectieuses durant l’enfance. Et l’aluminium dans les vaccins ? Un des arguments des antivax est « oui mais les adjuvants c’est hyper dangereux, il y a de l’aluminium dedans et ça a été montré que ça cause des maladies ». Hou là. HOU LA LA. On respire un coup et on se calme. Une (et une seule) équipe française, celle du Professeur Romain Gherardi,  a fait l’hypothèse (et ils le disent bien : c&#8217;est une hypothèse) que l’aluminium contenu dans les vaccins serait responsable d’une maladie, la myofasciite à macrophages. Personne, nulle part dans le monde, n’a jamais retrouvé ces résultats. Notons bien d’ailleurs que de l’aluminium, nous en mangeons tous (95% de l’aluminium présent dans le corps humain provient d’une ingestion), nos bébés en avalent dans le lait de leur biberon, nous nous en tartinons la peau avec nos déodorants, et nous en respirons également. Or la quantité d’aluminium contenue dans une dose de vaccin contre l’hépatite B par exemple, est très faible : 250 µg. Quand bien même on multiplierait cette micro-dose par le nombre d’injections vaccinales reçues au cours d’une vie, ça ne pèse pas lourd. Et justement, les adversaires de la vaccination devraient se réjouir de voir regrouper plusieurs vaccinations dans une seule injection, puisque cela réduit la quantité d’adjuvant administrée. Au sujet de la myofasciite à macrophages : une cinquantaine de cas donc, vaccinés 11 mois en moyenne auparavant, ce qui est assez long et ne permet pas de prouver un quelconque lien. 11 mois plus tôt, ils ont également bu de l’eau, mangé au resto, pris le bus. Personne n’est mort, d’ailleurs. Une cinquantaine de cas DANS LE MONDE, parce qu’aucune autre équipe n’a jamais pu mettre en évidence ce même mécanisme ailleurs sur la planète. Ce qui est actuellement reconnu par l’OMS, c’est qu’en effet, de l’aluminium demeure dans le muscle au point d’injection. Ce qui est logique. En revanche, personne n’a jamais prouvé que cela était responsable d’une maladie. Et puis bon… 50 cas dans le monde, c’est un peu léger, non ? Mais cela montre bien à quel point la logique individuelle prime, en France, sur la logique collective. Oui, mais tous ces vaccins combinés, c&#8217;est dangereux ça fait un choc pour le corps de nos enfants, ils sont petits faibles fragiles c’est criminel tous des vendus ces médecins corrompus bla bla bla… Sur le plan immunologique, ces arguments n’ont absolument aucun sens : parce que ces vaccins en général ne comportent que les protéines les plus immunogènes qui vont activer quelques cellules immunitaires. Schématiquement, il faut savoir que la fréquence des cellules naïves d’un antigène donné (c’est-à-dire une cellule qui n’a jamais vu le pathogène de sa life), est de UNE sur un million de lymphocytes environ. C’est-à-dire très peu. Même si avec 10 vaccins combinés, on active 10 cellules par million, cela reste très peu : pas de quoi générer un choc immunologique. Le système immunitaire est conçu pour pouvoir doubler  (environ) son nombre total de cellules, pour arriver à plusieurs milliards de lymphocytes. Ce n’est donc pas une augmentation de quelques dizaines ou centaines, voire même milliers de cellules en tenant compte de leur prolifération, qui va le bouleverser énormément. Bien au contraire, le système immunitaire des enfants réagit moins fortement aux stimulations antigéniques, ce qui est assez protecteur pour eux. On le voit bien d&#8217;ailleurs avec le coronavirus : les enfants tolèrent mieux le virus, et font des formes plus légères, alors que le système immunitaire des adultes réagit très fortement ce qui provoque des effets toxiques, liés au système immunitaire et non au virus. Il en est de même pour la varicelle : les formes pédiatriques sont généralement légères, les formes adultes sont plus compliquées. Pourquoi donc penser qu&#8217;un vaccin...</p>
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		<title>Brossage de dents : VEO ou pas ?</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2020 04:27:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je sais, je sais, je n&#8217;écris plus assez, fouettez-moi, lancez-moi des pierres, pendez-moi par les pieds si cela vous fait du bien. (pour ceux qui veulent lire directement l&#8217;article sur le brossage des dents, scrollez vers le bas) J&#8217;ai des excuses, en fait. J&#8217;ai été confinée 2 mois durant avec deux petits bidules hurlant, vibrionnant, tournoyant, sautillant. Il y a de quoi être sur le carreau, je vous assure. Puis en déconfinant, il y a eu du mouvement dans ma vie. Non, j&#8217;ai gardé le même mari à l&#8217;issue du confinement : il s&#8217;agit de changements professionnels. Je n&#8217;ai pas changé de travail à proprement parler, mais mon travail et moi avons déménagé ensemble. Vous imaginez ce que cela signifie, en to-do-list longue comme le bras : et t&#8217;as pensé à ci, et t&#8217;as pas oublié ça, et il est urgent de, et ça doit être fini avant la fin de l&#8217;année. (Ben voyons) Par là-dessus, comme chaque année, par un phénomène paranormal totalement inexpliqué, j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;on réalise toujours, une semaine avant que je parte, que je vais partir en vacances. Tous les ans. « Ah bon tu pars en vacances ? DÉJÀ ? Mais c&#8217;est dans 15 jours ? » Oui, Juillet, c&#8217;est dans 15 jours à partir du 15 Juin, comme tous les ans en fait. Non, Juin n&#8217;a pas 67 jours, je t&#8217;assure. Oui, cette année Mars a duré 90 jours, mais c&#8217;était vraiment exceptionnel. « Mais tu auras fini tout avant de partir ? » Tout le boulot jusqu&#8217;à Décembre tu veux dire ? Navrée de te décevoir, mais non. Non non non. C&#8217;est pas possible.  En même temps, si on réfléchit bien : c&#8217;est pas grave, hein. Je pars en vacances, je ne pars pas à la retraite. Tout cela pour vous dire que j&#8217;ai donc été fort occupée ce dernier mois. Je n&#8217;ai pas eu assez de temps pour me creuser le ciboulot pour vous conter la suite de mon déconfinement. Mais peut vous chaut (du verbe chaloir). Car tout comme le vôtre, mon déconfinement était absolument inintéressant. On peut le résumer par une succession de moments aussi variés qu&#8217;un circuit de montagnes russes, avec les premiers pas sans ausweis dehors (Aaaaaah), les premières journées libéréééééée, délivréééée, les enfants étant à l&#8217;école (Hiiiiiiiiii), la déprime profonde parce que finalement ils iront moins (Ooooooooooh&#8230;) mais finalement si, ils iront plus (Aaaaaaah !) sauf s&#8217;ils sont grands (pfffff) au gré des interventions de Manu, Jean-Mimi, le préfet, le maire, la boulangère. Ça vous rappelle quelque chose ? Normal, nous communions tous dans la grande fraternité de la loose coronavirale. Voilà, mon introduction qui n&#8217;a rien à voir étant terminée, nous pouvons nous consacrer au vif du sujet: Brossage des dents : VEO ou pas ? Durant le confinement, nous avons du annuler, forcément, un rendez-vous chez le dentiste pour Chaton, 6 ans. Simple rendez-vous de routine. Je vais donc vous causer molaires, ratiches, brossage, VEO et bienveillance. C&#8217;est pas un bon sujet, ça ? Depuis quelques jours, Chaton, se plaignait de douleurs de dents. Or 6 ans, c&#8217;est l&#8217;âge de la sortie de la molaire justement nommée « molaire de 6 ans » que j&#8217;apercevais au fond de sa bouche, du côté douloureux. Après tout, une molaire qui perce, c&#8217;est quand même du costaud. Sauf que&#8230; Il avait vraiment mal. Et de la fièvre. J&#8217;ai d&#8217;abord donné du paracétamol : aucun effet. Puis, il a commencé à se réveiller la nuit. Il gémissait en me disant « j&#8217;ai mal, j&#8217;ai mal », le pauvre chou. Comment voulez-vous que je dorme avec un enfant qui couine dans mes oreilles, hein ? Je lui ai donc donné de l&#8217;ibuprofène, à contrecœur parce que l&#8217;ibuprofène par les temps qui courent&#8230; bof bof. Les rares fois où il oubliait sa douleur, il mangeait sur sa dent qui se rappelait brutalement à son bon souvenir. Mon pauvre Chaton souffrait vraiment beaucoup, et nous avons pu avoir rendez-vous en urgence chez notre copain le dentiste, déguisé en cosmonaute. Bilan : Quatre caries bien cachées entre les prémolaires, et un abcès dentaire. Deux semaines d&#8217;antibiotiques. Quatre rendez-vous chez le dentiste. 272€. C&#8217;est foutu pour les soldes, cette fois encore. Comment en sommes-nous arrivés à une aussi terrible situation ? Pour vous aujourd&#8217;hui, Fabrice Drouelle mène l&#8217;enquête, dans une nouvel épisode d&#8217; « Affaires Sensibles« . ******** Nous sommes le 18 janvier 2018, quelque part en région parisienne. PRGR, mère de famille au bout du rouleau, vient encore de batailler dur avec son dernier-né, un gaillard remuant de 2 ans, pour parvenir à lui brosser les quenottes. Elle en fait même un article de blog, au nom pas du tout évocateur ni SEO-friendly, ce qui explique pourquoi jamais personne ne va le lire, car franchement il faut le vouloir. Mais cela importe peu : dans son psychisme de mère épuisée, le brossage des dents prend toute la place. Le soir, à la tombée de la nuit, elle sent une bouffée d&#8217;angoisse monter, à l&#8217;idée de la bataille qui s&#8217;annonce. Car ce n&#8217;est pas un seul enfant avec qui elle doit lutter, non : c&#8217;est avec deux. Le deuxième (qui est né avant le premier, faut suivre) est certes moins coriace, mais pas très coopératif non plus. Que va-t-elle faire ? Tiloulou. (ça, c&#8217;est le bruit bizarre dans le générique de Drouelle). Elle va taper dans Google, comme tous les parents du 3e millénaire, « enfant veut pas brosser dents ». Et c&#8217;est là, à cet instant précis, que tout bascule. De clic en clic, elle tombe sur des sites qui racontent que forcer un enfant à se brosser les dents, c&#8217;est mal. C&#8217;est violent. C&#8217;est de la VEO ++++. Et là, le doute s&#8217;installe ( et la flemme aussi, un peu). La fatigue obscurcit sa capacité à discerner, et amoindrit son bon sens (pourtant légendaire). Est-il vraiment nécessaire d&#8217;infliger le supplice du brossage bi-quotidien à ses enfants et à ses oreilles ? Un seul brossage quotidien ne pourrait-il suffire ? Dans le fond, ça l&#8217;arrange un peu. C&#8217;est plus facile comme ça. Ne serait-elle pas une bonne mère d&#8217;entendre le besoin de possession de leur corps de ses deux enfants, au lieu d&#8217;agir en perverse sadique qui passe outre le consentement, qui le piétine même, qui les prépare à être des victimes toutes trouvées de harcèlement scolaire, de prédateurs sexuels, parce que oui, ça commence par le brossage des dents, c&#8217;est bien connu ? Oui, mais alors, si on brosse moins, que faire ? Eh bien, mes bons amis, si l&#8217;on brosse moins, on mange mieux. Paraît-il que si tu mange moins d&#8217;aliments cariogènes, tu as moins de risques de caries. Quelle idée brillante ! Bien sûr, mangeons sain. C&#8217;est tout simple la vie en fait, il suffit de bien manger et basta. C&#8217;est donc le cœur léger qu&#8217;elle s&#8217;accommode avec l&#8217;idée qu&#8217;un brossage quotidien, supervisé par elle, suffira certainement à assurer une bonne santé dentaire à ses enfants, et lui accordera l&#8217;auréole de la bonne mère estampillée « bienveillante » sur la fesse gauche. Tiloulou. ******** Voilà. J&#8217;avoue. J&#8217;ai trop baissé la garde. En même temps, je me farcis quand même 10 sprints par semaine pour attraper les deux martyrs, puis 10 matchs de catch pour assurer le brossage. A la longue, ça lasse. J&#8217;ai molli, je le reconnais. Du coup, j&#8217;ai accepté de ne brosser les dents qu&#8217;une fois par jour, en me disant que, vu qu&#8217;on ne boit jamais sucré, que les bonbecs sont limités à la maison, le régime alimentaire aiderait à garder une bonne santé dentaire. Je me suis même dit que j&#8217;étais une mère super trop bienveillante qui prenait en compte le consentement de ses enfants afin de ne point les traumatiser en prenant possession avec brutalité de leur propre corps ce qui est gravement délétère pour leur futur développement psychique et leur relation aux autres mais que moi je faisais mieux parce que je les amenais avec douceur et compréhension et bienveillance à adhérer de leur plein gré au brossage bi-quotidien recommandé par les dentistes (sûrement bourrés de conflits d&#8217;intérêts avec Fluocaril et OralB qui leur payent des vacances aux Seychelles pour faire du golf en bermuda Ralph Lauren). Alors, comment le dire ? Je cherche une manière diplomate. Voilà, j&#8217;ai trouvé : conseiller de ne pas imposer à un enfant de se brosser les dents deux fois par jour, au nom de la libre disposition de son corps : c&#8217;est vraiment un bon gros conseil irresponsable de merde. Si mon enfant a tiré le ticket gagnant à la loterie génétique des dents solides, bingo pour lui : je peux en effet continuer à croire qu&#8217;une alimentation équilibrée jointe à un pseudo-nettoyage à l&#8217;huile de coco bienveillante et positive suffit à une bonne santé dentaire. Par contre, s&#8217;il a hérité de dents fragiles&#8230;. ça ne suffira pas. Pas du tout. Le nettoyage à la cool à l&#8217;huile de coco D&#8217;ailleurs, à propos de l&#8217;huile de coco, j&#8217;ai lu un truc très drôle. Ces dernières années, l&#8217;huile de coco était super à la mode. « Stériliser » sa cup menstruelle, se démaquiller, faire sa cuisine, nettoyer ses dents : l&#8217;huile de coco fait tout. Et il se racontait que le bain de bouche à l&#8217;huile de coco était ZE remède pour avoir la bouche saine. Même que Gwyneth le faisait. Mais oui, Gwyneth, celle qui vend une bougie parfumée, paraît-il, comme ses sécrétions intimes (géranium, bergamote citronnée, cèdre et rose de Damas ? Mais c&#8217;est une extraterrestre, pas une femme). Donc le concept, c&#8217;est qu&#8217;au lieu de te brosser les dents 2&#215;3 minutes par jour, tu fais un bain de bouche à l&#8217;huile de coco, 20 minutes par jour. Ça rend tes dents belles (paraît-il), blanches (parait-il) et ton haleine parfumée (à la noix de coco. Pas aux sécrétions de Gwyneth). Tu me diras, « 20 minutes de bain de bouche au lieu de 4 minutes de brossage ? Mais c&#8217;est débile ! » Je te l&#8217;accorde, c&#8217;est complètement débile. Mais c&#8217;est Gwyneth qui le dit. Perso, j&#8217;ai déjà du mal à tenir mes enfants une petite minute d&#8217;affilée pour leur brosser les dents, alors 20 minutes la bouche pleine d&#8217;huile, je doute. Je t&#8217;invite à aller lire ce petit article pour voir à quel point ça ne sera jamais aussi efficace qu&#8217;un vrai brossage de dents. Le régime alimentaire teeth-friendly Concernant les régimes alimentaires, éviter sodas et bonbons sera évidemment bénéfique pour les dents. Mais c&#8217;est loin d&#8217;être suffisant. Les fruits, acides et sucrés, même sans sucre ni Chantilly, attaquent l&#8217;émail. Le pain, les céréales, tout ce qui contient de l&#8217;amidon, sera décomposé en sucre et attaquera les dents. Les protéines protègeraient les dents. Mais pas en trop grande, ni en trop faible quantité. Mis à part dire qu&#8217;il faut un régime alimentaire équilibré&#8230; Grande nouveauté, donc, rien ne garantit qu&#8217;on échappera aux caries en mangeant « bien ». La flore buccale trop sympatoche Enfin, on parle aussi de la flore buccale. Genre, comme si la flore buccale allait s&#8217;équilibrer en un claquement de doigts, en mangeant un yaourt au bifidus actif &#8211; à la noix de coco tant qu&#8217;à faire. Mais pour de vrai, si l&#8217;on sait qu&#8217;il existe un microbiote buccal, comme un microbiote intestinal, et un microbiote vaginal, on ne sait pas précisément quelles souches sont mauvaises pour la santé bucco-dentaire. La recherche sur le sujet est trop récente (depuis 2005, en gros), et comme le dit Nicole, « the golden standard for the prevention of caries, gingivitis and periodontitis is the mechanical removal of this biofilms from teeth, restorations or dental prosthesis by regular toothbrushing. » Et malheureusement pour les aficionados du microbiote, ce dernier n&#8217;est pas près de nous révéler ses secrets car, nous confie Jørn, qui a courageusement analysé 141 souches bactériennes orales, « Species typically associated with periodontitis and caries were not detected« . Autrement dit : on n&#8217;en sait foutrement rien, et nos enfants ont le temps d&#8217;avoir les dents bouffées jusqu&#8217;à l&#8217;os, le temps que le microbiote oral consente à les desserrer, les dents. Conclusion Si votre enfant ne se brosse pas les dents, même en mangeant peu sucré, il peut tout...</p>
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