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	<title>qui l&#039;eût cru Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>A vos marques, prêts, Janvier</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2020 05:00:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne sera pas dit que j&#8217;aurai laissé Janvier se finir sans un petit article ! Bien qu&#8217;on en soit passé à un poil, pour parler franchement. L’autre jour, Poupette m&#8217;annonça : « Tiens, je vais faire un tour sur ton blog ». « Laisse-tomber » répondis-je, « je n’ai rien écrit depuis décembre. C’est la loose, j’ai l’inspiration d’un vieux pruneau séché oublié au fond d’un placard. » « Tu n’as qu’à écrire sur le fait que tu ne sais pas quoi écrire », me dit-elle, « c’est un bon sujet ». (J&#8217;espère qu&#8217;elle en prendra de la graine pour ses futures dissertations) Alors je me suis mise devant mon ordinateur, et j&#8217;ai tapoté en espérant que l’inspiration naisse au fil des touches. Écrire est un cercle vertueux. Le fait d’écrire donne envie d’écrire. Mais bon&#8230; Rien ne venait vraiment. Je me sentais un peu comme une petite mare asséchée. Et qui dit mare asséchée, dit grenouilles qui se barrent. C’est vous, les grenouilles. Janvier est un mois difficile, je trouve, gris, froid et humide. Je ferme tôt les volets. Nous partons à l’école le matin quand s’échappe tout juste la nuit, et la nuit est de retour quand je marche le soir sur les trottoirs mouillés pour ramener avec moi les deux petites silhouettes encapuchonnées. La joie de Noël est passée, la fatigue de l’hiver revient en boomerang, les cadavres de sapins gisent, desséchés, sur les trottoirs, la crèche retourne dans son papier de soie au fond de la boîte à chaussures enfermée dans le placard. Le Blue Monday arrive : c&#8217;est le jour culminant, paraît-il, de la loose annuelle. Et puis, ce samedi, le soleil a brillé sans crier gare. Nous avons emmené les petits à leur cours de tennis, et pendant ce temps, nous sommes allés, Chéri et moi, courir. COURIR ? QUOI ? Je rembobine un instant le fil du temps. Depuis le mois de septembre, nous nous disons régulièrement, tous les deux, en contemplant d’un œil critique nos corps, de face, de profil et de dos, dans le miroir de la salle de bains : « pfff, il faudrait qu’on fasse du sport ensemble ». (Même si pour de vrai, nous sommes déjà beaux et musclés comme des pompiers tous les deux, mais nous ambitionnons de gagner le titre de Miss &#38; Mister Univers). Le seul créneau favorable étant le samedi matin de 11h à midi, nous avons opté pour la course à pieds : simple, efficace, bon marché. Problème : je n’avais pas de baskets. « Poupette, tu peux me prêter tes baskets ? » Mais zut, Poupette qui a le bon goût de faire ma même pointure que moi, n’est pas là ce week-end. Elle est chez son père, et elle a osé embarquer ses affaires, cette petite peste outrecuidante. Encore une dérive de l’éducation positive : elle fait preuve d’un aplomb stupéfiant, la sale gosse. Résultat : pas de jogging ce samedi de septembre. Ni le 1er d&#8217;octobre, ni le 2e de novembre, ni ce jour-ci ou il pleut des cordes, ni celui-là où j&#8217;avais vraiment trop de trucs hyper-urgents à faire. Quel dommage, mais quel dommage ! J’en pleurais. Pour me consoler, je me calais le postérieur au fond d’un canapé et tentais de relativiser ma déception avec, au choix, quelques carrés de chocolat, un livre et une tisane, Instagram, et la corbeille de linge sec sagement couchée à mes pieds comme un bon chien fidèle qui sentirait le propre. Et puis, mon mari eût l&#8217;idée saugrenue et un brin vicieuse de m&#8217;offrir, pour mon anniversaire, des baskets ET un legging ET un T-Shirt spécial pour avoir ni trop chaud, ni trop froid, ni trop transpirer. Crotte de bique, ma stratégie d’évitement s’effondre. Je n’ai plus pu y couper. Et c’est ainsi qu’il m’a remorquée à sa suite, en s’adaptant charitablement à mon rythme, tout en m’encourageant comme un bon coach sportif. N&#8217;insistez pas, il est déjà pris et a bien trop à faire avec mon propre cas. Il faut bien vous représenter que la course et moi, c’est vendre Charlie Hebdo en Corée du Nord : deux notions totalement incompatibles. Les deux premières séances furent plus de l’initiation au fait de mettre un pied devant l’autre. Nous avons fait 5 tours de stade à petites foulées. Et puis ce samedi-ci, alors que cela faisait des semaines que mon niveau d’énergie peinait à atteindre celui d’une huître anémique, un petit miracle s’est produit : Se déployant comme de tendres feuilles sous ce beau soleil, mes jambes ont pris leur rythme. J’ai fait un tour, puis deux, puis trois, puis cinq. Mon mari s’est arrêté à la fin du sixième pour jouer à la baballe avec notre grand dadais qui piaffait d&#8217;impatience dans les cages de foot. J’ai poursuivi, et à chaque passage devant lui, je voyais son regard incrédule, stupéfait, ébahi puis admiratif quand je me suis arrêtée à la fin du dixième tour, même pas fatiguée. Même moi, je n’en revenais pas. C&#8217;est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. Il y a quelques années, j’avais participé à des sessions jogging avec une bande de copains, autour du champ de Mars. Pour de vrai, j&#8217;étais davantage motivée par les solides apéros qui se déroulaient après les tours de course, et aussi par la possibilité de pécho un beau gosse rencontrer du monde, voilà, vous savez tout (j’ai rencontré du monde mais jamais pécho personne, puisque vous vous posez sûrement la question. Comment pécho quelqu&#8217;un quand on est rouge et suante d&#8217;ailleurs ? Mystère. Sans doute parce qu&#8217;il paraît qu&#8217;on tombe plus facilement amoureux quand le rythme cardiaque augmente à l&#8217;unisson). Mais s’il y a bien une chose que je n’avais jamais trouvée au pied de la tour Eiffel, c’est la notion ésotérique du plaisir ressenti après avoir couru. What ? Comment peut-on sécréter des endorphines en courant alors qu’on crache ses poumons, qu’on agonise de douleur et qu’on gémit, « Quand est-ce que ça s’arrête, quand est-ce que ça s’arrête ? » Pour moi, une personne qui prenait plaisir à courir avait une pathologie mentale, ou aimait se faire tenir en laisse et muselière, le soir, dans des cabarets peu recommandables. Il est vrai cependant, que certains parmi mes proches aiment courir, et semblent, pourtant, assez sains d&#8217;esprit. En plus d’aimer avaler des kilomètres et des kilomètres, ils ont moins de graisse dans tout leur corps qu’un pot de yaourt allégé n&#8217;en contient : des gens sympathiques, et un peu agaçants. Donc, tandis que je tentais d’analyser les sensations qui me parcouraient, j’ai ressenti non pas du plaisir, n’exagérons pas non plus, mais une sorte de circulation d’énergie qui me réchauffait. Et puis, chose incroyable, DING ! J’ai eu une idée. Elle est arrivée, comme ça, comme une petite bulle d’oxygène qui montait de mes jambes à mon cerveau, amenant dans son sillage plein d’autres petites idées qui s’éparpillaient dans tous les coins de ma tête. Cette découverte m’a fait le même effet qu’à quelqu’un qui, après avoir doctement lu tout un tas de bouquins sur la physiologie, la sexualité et le désir, découvrirait vingt ans plus tard ce qu’est un orgasme et se dirait « Aaaaaah, mais c’est donc de ÇA qu’ils parlaient tous ! » (Je ne suis absolument pas concernée par ce point bien évidemment) Ce fut une véritable révélation. J&#8217;en retire comme moralité que : 1/ L&#8217;expérience personnelle, dans tous les domaines, est totalement irremplaçable. On m&#8217;avait pourtant dit des dizaines de fois « Mais courir, cela fait tellement du bien, ça donne de l&#8217;énergie » (j&#8217;avais plutôt l&#8217;impression que cela m&#8217;en pompait), et « On se sent tellement bien après » (alors que je n&#8217;étais que douleur et courbatures pendant une semaine). Qu&#8217;est-ce qui motive le passage à l&#8217;acte, le franchissement du Rubicon du jogging ? Un alignement de planètes sans doute. Mais aussi la conviction que ces gens qui courent ne sont sans doute pas totalement stupides et qu&#8217;ils pourraient posséder une part de la vérité, autant que moi : humilité, donc. 2/ Rien ne sert de courir trop vite, il vaut mieux brider son ambition pour arriver loin. 3/ Quand on ressent le vide, la fatigue et le manque d’envie, se botter le train pour mettre son corps en mouvement, a un effet bénéfique immédiat sur la créativité. Mais vraiment. Je l&#8217;ai entendu, plus qu&#8217;écouté, venant de personnes très différentes, mon poing remontant la peau de ma joue en plis sur ma pommette, comme un sharpei dubitatif, et je pensais en moi-même « Mais bien sûûûûûr, cause mon gars, vas-y donc ». Moi, courir et bouger mon corps ? Et pourquoi pas me prostituer, tant qu&#8217;on y est ? Et là, j&#8217;en ai enfin eu l&#8217;illustration, la révélation concrète. De là à dire qu&#8217;il me faut courir aussi souvent que je veux publier un article&#8230; Bon, on dira qu&#8217;une fois par semaine suffira dans un premier temps. 4/ Le temps fait son œuvre. Ce qui me semblait impossible hier est possible aujourd&#8217;hui, et ce qui est impossible maintenant, ne le restera probablement pas. 5/ Dois-je vraiment publier cet article ? C&#8217;est la question que je me pose en le terminant. Peut-être qu&#8217;il n&#8217;est pas excellent. Peut-être qu&#8217;il ne vous évoquera pas grand-chose. Mais pour moi, c&#8217;est une petite révolution, cette prise de conscience du lien étroit entre le mouvement physique et l&#8217;émergence d&#8217;idées, surtout que j&#8217;ai tendance à cloisonner ce qui se passe dans ma tête, et ce qui se passe dans mon corps. Donc à tout hasard, si cela faisait écho chez vous, je vous le pose-là, assorti de mes voeux les meilleurs et les plus beaux, près de la ligne de départ. &#160;</p>
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