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	<title>musique Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>Le smoothie culturel de Mars : Eddy, Michelle et Philippe</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Apr 2019 04:20:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Smoothie, je trouve cela pas mal, non ? Un cocktail un peu bizarre mais bon quand même d&#8217;épinards, banane et chou kale. Moi je le fais plutôt avec des livres et de la musique au lieu des fruits et des légumes. Allez hop, smoothie culturel, je m&#8217;auto-valide l&#8217;appellation. Peut-être que par méprise je ferai venir des foodistas sur mon blog. C&#8217;est bon pour mes statistiques. Quand je suis partie au ski, j&#8217;avais été si occupée à compter les passe-montagnes des gnomes que j&#8217;en ai oublié de prendre un peu de lecture distrayante pour le train (comme, par exemple, la somme théologique de Saint Thomas d&#8217;Aquin, ou Tom-Tom et Nana). C&#8217;est pourquoi je me suis ruée sur le premier tabac-presse de la station pour me ravitailler. Je suis tombée sur « En finir avec Eddy Bellegueule », d’Édouard Louis, dont j&#8217;avais beaucoup entendu parler lors de sa sortie. Comme toujours, je prends connaissance des nouveautés avec un décalage de deux ans (sauf les films de Colin Firth, évidemment). « En finir avec Eddy Bellegueule », d&#8217;Edouard Louis (Seuil) « De mon enfance je n&#8217;ai aucun souvenir heureux. » Ainsi commence ce roman très largement autobiographique. Eddy Bellegueule est le troisième enfant d&#8217;une famille ouvrière. Le cadre : la Somme, les champs de colza à perte de vue, un petit village sinistré par le chômage, l&#8217;alcool et la misère. Les seules occupations proposées aux enfants sont de regarder la télé, ou de jouer au foot, puis de faire des tours en mobylette et de se bourrer la gueule quand ils sont (un peu, mais guère) plus grands. Être un homme consiste à se saouler, à se battre, et à être un dur : c&#8217;est très important, d&#8217;être un dur, de cogner et de museler ses sentiments. Il faut séduire des femmes, aussi (enfin si tant est qu&#8217;il puisse être question de séduction dans ce type de rapports). Eddy se sait, depuis tout petit, homosexuel. Enfant vif et intelligent, il est très vite stigmatisé comme le garçon efféminé et différent dans un contexte social où la seule voie et le seul modèle offerts à un homme sont l&#8217;affirmation de la virilité dans ce qu&#8217;elle a de plus brutal. Il subira le harcèlement et la persécution par ses pairs au cours de sa scolarité. Paradoxalement, c&#8217;est son homosexualité qui le sauvera puisque cette différence qu&#8217;il a tentée en vain de réprimer, le poussera à quitter sa famille et son milieu social pour devenir interne en lycée, puis normalien, et romancier. C&#8217;est à ce moment qu&#8217;il obtiendra officiellement son changement de nom et de prénom et deviendra Édouard Louis. Ce qui est incroyable dans ce livre, c&#8217;est la sensation que j&#8217;ai eue de me retrouver dans un roman de Zola, alors qu’Édouard Louis est né dans les années 90 et narre donc des événements tout à fait contemporains. La misère (sociale, économique, intellectuelle, spirituelle, affective), sue à chaque ligne du roman. Le destin de chaque enfant est tracé quasiment dès le berceau : collège jusqu&#8217;à la 3e, puis décrochage scolaire, travail en usine dans le meilleurs des cas, ou chômage et minima sociaux, et reproduction du modèle parental, sans que jamais personne ne parvienne à sortir de ce sinistre cercle vicieux. Les relations sont frustres, comme les personnalités, l&#8217;absence de dialogue règne, la pornographie pour seule éducation affective et une proximité parfois malsaine entre parents et enfants sont flagrantes. Leur vie est prédestinée à l&#8217;échec. Alors clairement, je vous déconseille cette lecture si vous êtes un peu tristoune. C&#8217;est joyeux comme une usine désaffectée un soir de novembre. Mais je trouve ce roman réellement remarquable par le témoignage social qu&#8217;il donne sur un pan de la réalité que je (et sans doute la plupart de nous) ne côtoie strictement jamais, comme deux couches étanches dans le monde qui glisseraient l&#8217;une sur l&#8217;autre sans jamais interagir ensemble. C&#8217;est cela aussi la France, cette réalité à laquelle sont confrontés les enseignants, le personnel hospitalier et les forces de l&#8217;ordre. A côté de cela, il parait qu&#8217;après la parution du roman, le village d&#8217;origine d&#8217;Edouard Louis a vu défiler des hordes de journalistes venus les inspecter comme des bêtes exotiques. Il semblerait que ce ne soit pas si la zone que cela. Ouf, ai-je pensé, tant mieux parce que cela faisait vraiment peur. Rendez-vous compte, à 150 km seulement de Paris, il y a de quoi avoir la frousse. Mais totalement factuel ou non, ce livre est la manifestation du manque profond vécu par un enfant affamé affectivement et intellectuellement. Il apporte de l&#8217;eau au moulin, si besoin était, que ce qui sauve est l&#8217;éducation et que l&#8217;enfant a besoin au moins autant de nourritures intellectuelles que de légumes sans pesticides. « Devenir », de Michelle Obama (Fayard) Après avoir fini ce roman, j&#8217;avais bien besoin d&#8217;un lecture un peu plus optimiste. J&#8217;attendais Poupette à la gare pour la ramener sur les pistes enneigées, et ayant une heure à tuer, je me suis naturellement dirigée vers la librairie. Sur qui tombai-je ? Sur le beau visage intelligent de Michelle Obama. Enfin, pas en chair et en os dans la gare de Grenoble, non, sur la couverture de son livre « Devenir », déjà talentueusement chroniqué par notre coach nationale Sophie. Un bouquin tout à fait adéquat pour accompagner mon grand café, mon croissant et mon jus d&#8217;orange. Et ouais ! C&#8217;était matinée de fête seule dans la gare, sans nain hyperactif à surveiller. Et ça, je vous prie de croire que ça fait du bien par où ça passe. Michelle Robinson vient d&#8217;un milieu simple : son père était technicien en entretien de stations d&#8217;épuration. Sa mère était mère au foyer. Comme tous les afro-américains, les ancêtres de Michelle étaient esclaves et leurs descendants se sont heurtés au plafond de verre (semi-opaque) de la ségrégation, qui a limité leurs ambitions. Mais la grande chance de Michelle, ce fut ses parents,  convaincus que le savoir et la culture étaient le sésame qui permettrait à leurs enfants de s&#8217;élever socialement. C&#8217;est la chance que n&#8217;a pas eue Eddy Bellegueule et qu&#8217;il a du aller chercher ailleurs dans le sang et dans les larmes. Michelle était amie avec la fille du pasteur Jesse Jackson, un activiste politique qui défendait les droits des Afro-Américains défavorisés et faisait de l&#8217;éducation son cheval de bataille. Un de ses slogans était « Personne n&#8217;est trop pauvre pour éteindre la télévision deux heures tous les soirs ! » A l&#8217;heure où la télévision débite des hectolitres de merde en continu, on aurait bien besoin d&#8217;entendre une personnalité politique le crier haut et fort. On découvre donc ici une femme qui bien avant d&#8217;être la First Lady du très charmant Barack, s&#8217;est battue contre les préjugés des américains blancs et a lutté pour rentrer dans des universités où les Noirs n&#8217;étaient pas vraiment bienvenus; Elle explique très bien d&#8217;ailleurs à quel point la spirale de l&#8217;échec peut arriver à dissuader les Afro-Américains de tenter de s&#8217;en sortir -exactement comme les habitants du village d&#8217;Eddy Bellegueule. C&#8217;est un autre point de vue qui vient de nouveau me démontrer combien moi, blanche issue d&#8217;une famille cultivée où l&#8217;éducation a une place évidente, je ne pourrai jamais vraiment saisir les efforts demandés à un enfant issu d&#8217;un milieu défavorisé et/ou de l&#8217;immigration, qui part avec un handicap considérable alors que je n&#8217;aurais sans doute même pas conscience de l&#8217;avance considérable que me confère ma seule condition sociale.  « A Princeton, j&#8217;avais besoin de mes amis noirs. Nous nous apportions réconfort et soutien. [&#8230;] Ça pompe de l&#8217;énergie d&#8217;être le seul Noir dans une salle de cours ou l&#8217;un des rares non-Blancs à passer une audition pour une pièce ou à être admis dans une équipe de sport. Prendre la parole dans ces conditions et imposer sa présence exige un effort supplémentaire et une solide confiance en soi. Voilà pourquoi, quand nous nous retrouvions, mes amis et moi, pour dîner ensemble tous les soirs, nous éprouvions un certain soulagement. » (page 99) Cela me fait également penser à l&#8217;excellent blog « Merci maîtresse », dans lequel une institutrice de REP relate son quotidien auprès d&#8217;enfants qui partent dans la vie scolaire avec un nombre impressionnant de boulets au pied. Comment trouver la force de surmonter de telles difficultés si les parents ne sont pas derrière pour épauler leur enfant ? Les parcours contrastés d&#8217;Eddy et de Michelle m&#8217;amènent à un troisième point : Édouard Louis a vécu une enfance dénuée de beauté et de sentiments, sans rien autour de lui qui puisse l&#8217;élever, sauf son envie de fuir. Michelle Obama a eu la chance d&#8217;avoir des parents attirés par la culture et l&#8217;ouverture, et un grand-père amateur de musique. Et pour faire le pont entre les deux, il y a&#8230; Philippe Jaroussky, le contre-ténor à la voix d&#8217;ange. Vous le connaissez ? Écouter chanter Jaroussky, c&#8217;est prendre un aller simple pour le Paradis. Échantillon de poudre d&#8217;ange dans les oreilles, garanti sans effet secondaire nocif à long terme (le morceau ci-dessous est le Pie Jesu de Fauré, rien à voir avec les cantates de Vivaldi. Mais il est plutôt beau gosse sur cette pochette CD, non ?):  &#160; Et donc cet homme (car oui, c&#8217;est vraiment un homme qui est doté de cette voix) a fondé il y a deux ans une académie de musique, destinée à offrir aux enfants culturellement éloignés de la musique classique la possibilité d&#8217;étudier et de faire éclore leur talent pour un instrument. C&#8217;est ainsi que l&#8217;on peut admirer sur son site, les mignonnes frimousses de tout un tas de petits gamins qui sans cela n&#8217;alimenteraient leur vie artistique qu&#8217;avec la musique de générique de TPMP et les couacs nasillards du soprano Hanouna. Ce qui, vous en conviendrez, suffirait à faire succomber n&#8217;importe quel jeune aux attraits de la drogue et de la délinquance. Et puis c&#8217;est prouvé scientifiquement : à chaque mot prononcé par Hanouna, un neurone meurt quelque part dans le monde. Alors que là, ces petits choupinous vont pouvoir s&#8217;immerger durant trois ans dans le baroque et l&#8217;opéra, apprendre un instrument, travailler en orchestre, et cette expérience &#8211; quand bien même ils n&#8217;en feraient pas un métier plus tard &#8211; changera sans doute radicalement le cours de leur vie par l&#8217;ouverture sur la beauté qu&#8217;ils auront entrevue. Puisque nous en sommes à la musique classique, je ne saurais trop vous recommander de voir si ce n&#8217;est déjà fait, le film « Au bout des doigts ». Il raconte l&#8217;histoire d&#8217;un jeune à la dérive, sauvé par la musique. Une véritable splendeur d&#8217;émotion et d&#8217;espérance (Et puis il y a Lambert Wilson dedans. Il est beau Lambert, et comme Colin et Georges, il vieillit merveilleusement bien). Les livres, et la musique. Les mots qui s&#8217;envolent, les notes et les pensées qui s&#8217;égrènent, le cœur et l&#8217;âme qui s&#8217;éveillent et prennent de la hauteur, c&#8217;est ce que je retiens d&#8217;Eddy, Michelle et Philippe qui sont parvenus à s&#8217;élever, chacun par leur chemin, du plus tortueux ou plus serein.</p>
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