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	<title>et je choisis de vivre Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>Le smoothie culturel de Juin : A la mort, à l’amour.</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Jun 2019 04:10:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ces dernières semaines j’ai lu des textes qui m’ont vraiment touchée. Leur point commun : ces romans parlent de la mort et de l’amour. (Non, ne partez pas.) Je sais, j&#8217;aurais plus de succès si je vous parlais de mon dernier achat chez Zara. Mais il remonte à si loin que je ne m&#8217;en souviens pas. Faute de mieux, je vous raconterai donc mes lectures. L’homme qui partage ma vie, aussi sensible qu’un jeune papillon fraîchement sorti de sa chrysalide, me demande à chaque fois avec horreur : « Mais pourquoi lis-tu ce roman si c’est triste ? », l&#8217;air vaguement scandalisé, presque comme s&#8217;il m&#8217;avait découvert des penchants inavouables. Je vous laisse imaginer lesquels, cela vous occupera quelques instants. Néanmoins, il pose là une question tout à fait pertinente. Pourquoi lis-je ces romans, je vous le demande ? Je ne suis pourtant pas gothique et ne me promène pas la nuit avec délectation dans les cimetières, les soirs de pleine lune. Pour la faire courte, depuis que je suis en âge de lire des « vrais » livres de grande personne, j’ai toujours aimé les romans qui analysent la complexité des relations humaines. Et comme nous n&#8217;avons pas (fort heureusement) l’occasion de tout connaître au court de notre existence, les romans sont un bon moyen d’approcher le ressenti de situations que nous ne vivrons jamais. Voilà pourquoi je préfère, aux essais ou aux ouvrages historiques, les romans, fussent-ils dramatiques. Cela me permet de me préparer virtuellement à affronter des drames, de savoir me comporter avec grâce et distinction si je devais dîner avec la reine d’Angleterre, voire même de pouvoir pratiquer une trachéotomie d’urgence avec un couteau de cuisine et un bic, puisque j’ai lu tout cela, donc je l’ai vécu. Vous comprenez ? Bien. Revenons à nos moutons. Donc, dernièrement, j’ai lu des romans qui traitaient de mort et d’amour. « Avec toutes mes sympathies », Olivia de Lamberterie, Éditions Stock, 2018. Alexandre, frère de l&#8217;auteure, a mis fin à ses jours en 2015, après des années à lutter contre sa maladie -la dysthymie-, une sorte de dépression chronique difficile à traiter. Olivia se remémore leur vie familiale, leurs souvenirs d’enfance, la personnalité flamboyante mais fragile de son frère, la complicité qui les unissait depuis toujours, et le combat de toute une famille pour garder en vie cet enfant terrible. En arrière-plan, cette question qui flotte : aurait-il été possible de sauver Alexandre, qui a fait plusieurs tentatives de suicide ? On comprend que non, que nul amour, pas même celui de son épouse ni de ses enfants, n’aurait pu le retenir à la vie, cette vie trop angoissante et épuisante pour lui. Et c’est aussi un cheminement vers la paix pour l’auteure, de comprendre que tout le possible a été tenté. « Avec toutes mes sympathies » n’est pas du tout triste, bien au contraire. Il est un récit drolatique, humble et introspectif de sa vie, d’une famille, écrit avec un regard tendre et ironique. Ironie sur son milieu social, ironie sur elle-même, et sur le milieu professionnel où évolue Olivia – elle est journaliste à Elle avec tout ce que cela comporte, parfois, de futilité et de snobisme. Elle raconte l’hospitalisation en psychiatrie d’Alexandre, le vide et le dénuement qui s’y trouvent et le sécurisent. Il y rencontre le soulagement de ne plus penser et de n’avoir rien à décider, la paix de regarder un mur blanc dans une chambre vide. Elle raconte aussi tous ces petits souvenirs précieux, les derniers rires, les derniers mots échangés, les dernières fêtes, décrits avec acuité, comme si la mort d’Alexandre avait donné une saveur particulière à chaque petit instant de vie. Rien ne dure, tout peut basculer d’un instant à l’autre. C’est un panthéon du bonheur où chaque parcelle de souvenir est puissamment chérie. Trop souvent, on sait que c’est le bonheur quand il nous est ôté.  Ce texte est porté par un amour puissant, qui n’élude pas les fragilités familiales, ni la joie qu’il peut y avoir à se retrouver autour de celui qui souffre. La vie et la mort, les larmes et les rires sont intimement liés. Si nous souffrons, c’est parce que nous aimons et que nous restons sensibles et vivants. C’est un magnifique témoignage sur l’amour et la traversée du deuil, de la colère à un certain apaisement.  « Puisque rien ne dure », Laurence Tardieu, Éditions Stock, 2006. Également en Poche. Il est question d’amour et d’absence encore, chez Laurence Tardieu. Dans « Puisque rien ne dure », un roman qui a déjà plusieurs années, (mais comme j’étais occupée à changer –déjà ! &#8211; des couches, je l’avais raté, et puis je ne connaissais pas l’auteure, étant encore jeune et insouciante), elle raconte le drame qui a fait basculer la vie d’un couple, brisant leur relation sous le poids du chagrin. Geneviève et Vincent s’aiment et sont heureux. Mais un jour, leur fille Clara disparaît sur le chemin de l’école, sans laisser de trace. Comment rester unis dans une pareille épreuve ? Ils s’éloignent inexorablement l’un de l’autre, engloutis par l’immensité de leur souffrance. Pour survivre, Vincent oblitère tout souvenir de sa fille de sa mémoire,  jusqu’aux traits de son visage. Geneviève, elle, écrit chaque jour pour ne pas sombrer dans la folie et rester en vie. Jour après jour, ces mots la sauvent. Quinze ans plus tard, Vincent est appelé au chevet de Geneviève qui se sait mourante. Elle désire évoquer avec lui Clara, pour la dernière fois. Ces quelques jours de retrouvailles leur permettront de retrouver la paix, enfin. La paix dans la mort, pour elle, et la paix dans la vie pour lui qui était hanté par cette absence, et à qui sera enfin rendu le visage de sa fille. « Puisque rien ne dure » est un roman qui, de par son thème, prend forcément aux tripes, et d’autant plus que l’on est parent ; L’extrême délicatesse avec laquelle Laurence Tardieu décrit les affres endurées par ses deux personnages, en fait un texte profondément subtil et doux, sans excès de style ni pathos. Peut-on survivre à la disparition d’un enfant ? L’une a choisi d’écrire son chagrin, et de se souvenir pour garder son enfant vivante, mais en se retirant du monde ; l’autre a préféré tout oublier et emmurer la petite disparue au fond de son cœur, pour poursuivre sa vie, même si c&#8217;est une vie atténuée désormais. Chacun fait comme il peut, il n&#8217;y a pas de fort ni de faible, juste des personnes qui s’efforcent de traverser leur chagrin, et de continuer à vivre en dépit de tout. Il est difficile de parler de ce livre pour en dire autre chose que cela : il est profondément bouleversant, et c’est un livre qui compte dans une vie. Peu d’écrivains possèdent cette puissance d’évocation, sans sombrer dans le larmoiement. « Puisque rien ne dure » est le roman d’un amour qui ne meurt pas, et qui est plus fort que le chagrin. Les enfants dans les étoiles Enfin je voulais évoquer deux beaux articles touchants, celui de Marie du blog « petits pots et mojitos », et celui de EM du blog « un brin de maman ». Marie a perdu un petit garçon à la naissance il y a huit ans. Elle a eu depuis deux petites filles, et évoque son chemin depuis ces huit années. Je vous laisse lire son beau texte. EM attendait des jumeaux, et son petit garçon est décédé quelques heures avant le terme. Elle a écrit un article pour affirmer son droit à aimer et se souvenir de son fils, et surtout ne pas taire ce drame dans sa vie, ni subir les réflexions de ceux qui incitent à tourner la page. Dernièrement, une autre maman endeuillée, Amande Marty, a raconté son histoire et sa démarche pour trouver un sens à cette épreuve, si cela est possible. Cela a donné naissance au film « Et je choisis de vivre ». Ce film a eu le plus grand mal à trouver des producteurs, et pourtant il rencontre un vif succès. Même Télérama s&#8217;est fendu d&#8217;une critique élogieuse, ce qui n&#8217;est pas peu dire. &#160; Toutes ces textes évoquent, chacun à leur manière et dans des circonstances diverses, la puissance infinie de l’amour. Par leur amour ces femmes sauvent de l’oubli un frère ou un enfant. Aimer, c&#8217;est toujours prendre le risque de souffrir. Mais aimer et être aimé, c&#8217;est aussi la seule manière de survivre à la mort. Parler d’un être aimé disparu, ce n’est pas triste finalement : c’est aimer par-delà l’absence. Et puis redonner sa place au deuil et au chagrin dans les relations sociales, c&#8217;est permettre d&#8217;accélérer le processus de guérison. Vous allez me dire : Oui, tu nous déprimes avec tes bouquins sur la mort, on vient ici pour s’amuser, pas pour pleurer. Peut-être même que vous pensez à vous désabonner de ce blog. Je vous signale donc, à toutes fins utiles, qu&#8217;appuyer sur le bouton « se désabonner » entraînera la mort de trois bébés phoques quelque part dans le monde et provoquera une éruption de boutons sur votre nez. À chaque fois, parfaitement. N&#8217;essayez pas, je vous aurais prévenus. Et puis si vous réfléchissez un peu, après avoir lu ces textes, vous vous sentirez heureux d&#8217;être en vie, (si vous me lisez, c&#8217;est déjà que vous n&#8217;êtes pas morts ! ha ha !), heureux d&#8217;avoir compris vos amis qui traversent un deuil, et heureux d&#8217;avoir évité un claquage neuronal par abus de vidéo de chatons. Je vous souhaite donc une bonne lecture ! Smoothie précédent : c&#8217;est ici PS : Après moults atermoiements, j&#8217;ai enfin tranché. Sur mon blog, j&#8217;écrirai auteure et non pas autrice. Autrice me fait saigner les yeux. Et sur mon blog, je n&#8217;écrirai pas « heureu-x-s-es », pour les mêmes raisons, et parce que dans mon référentiel grammatical, le neutre et le masculin se confondent. Je resterai donc sur « heureux », non pour des positions patriarcho-rétrogrades, mais parce que je trouve ça moche de coller trois tirets dans un seul mot, juste au cas-où un lecteur n&#8217;aurait pas compris que je m&#8217;adresse à toutes les gonades. Je fais pleine confiance à votre intelligence, et plutôt que d&#8217;esquinter la langue française, je préfère mettre des polos roses à mes fils.</p>
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