<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>souvenir Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
	<atom:link href="https://prgr.fr/tag/souvenir/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://prgr.fr/tag/souvenir/</link>
	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
	<lastBuildDate>Mon, 14 Jan 2019 20:43:04 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.1</generator>

<image>
	<url>https://prgr.fr/wp-content/uploads/2019/04/cropped-PRGR-avatar-32x32.png</url>
	<title>souvenir Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
	<link>https://prgr.fr/tag/souvenir/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">149443070</site>	<item>
		<title>De l&#8217;autre côté de la terre</title>
		<link>https://prgr.fr/de-lautre-cote-de-la-terre/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=de-lautre-cote-de-la-terre</link>
					<comments>https://prgr.fr/de-lautre-cote-de-la-terre/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 04:30:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[vie personnelle]]></category>
		<category><![CDATA[aimer]]></category>
		<category><![CDATA[cambodge]]></category>
		<category><![CDATA[souvenir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://prgr.fr/?p=1150</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs mois, cet article est dans mes brouillons. Je le lis, je le retouche, et j&#8217;hésite à le publier. Parce qu&#8217;il n&#8217;est pas dans la tonalité habituelle, parce que je redoute ta réaction, cher public, parce que c&#8217;est plus facile d&#8217;écrire des textes aussi légers que des bulles de savon. Mais bon, comme c&#8217;est chez moi ici, comme je ne blogue pas pour être populaire (enfin pas que), comme il faut savoir vivre dangereusement, advienne que pourra : je lâche ce texte, et je pars, vite vite, sans me retourner. ********** Le matin il m’attendait. Les deux mains accrochées aux barreaux de la grille de la terrasse, au premier étage. Tous les matins, au même endroit. Quand il me voyait, un petit sourire se dessinait sur son joli visage. Il était arrivé quelques semaines plus tôt. Petit garçon perdu et affolé, après des semaines à être ballotté avant d&#8217;être amené ici, au milieu de cette cinquantaine d&#8217;autres enfants. Il restait toujours seul et ne parlait jamais. Je ne sais pas pourquoi lui, parmi eux tous, m’avait particulièrement touché; peut-être son visage triste et fermé d’une manière inhabituelle pour un enfant de cet âge, et sa fragilité évidente parmi cette meute bruyante. Quatre ans, c’est l’âge où un petit garçon court, saute, rit, pose mille questions, je le sais bien maintenant que je suis maman. Lui, non. Il restait là, assis, les genoux entourés de ses bras, ou caché derrière une porte. Trop malade, trop fatigué sans doute, trop triste. Trop d’épreuves déjà. Jour après jour, il s&#8217;est laissé apprivoiser. Il restait à côté de moi ou sur mes genoux, regardait les autres enfants. Je lui donnais la becquée comme à un petit oisillon fatigué. On a commencé à parler un peu, moi avec les quelques mots que je maîtrisais, lui avec les quelques mots qu’il voulait bien dire. « Tu as un papa, une maman ? » Il secoue la tête de gauche à droite. « Morts », me dit-il. « Tu as une grande sœur, des frères ? » Il me tapote la poitrine de son index. « Grande sœur » me dit-il en souriant. C’est une responsabilité, d’être la grande sœur d’un petit garçon malade de l’autre bout du monde. Mais il en avait vraiment besoin, alors je l’ai été. Nous avons joué, chanté, et fait des câlins, beaucoup de câlins. Il s&#8217;est épanoui et se comportait presque comme n&#8217;importe quel petit garçon &#8211; si ce n&#8217;est cette maladie, qui elle, continuait à le ronger. Et puis, il a fallu songer au départ. Lui annoncer, comme je le pouvais avec mon vocabulaire rudimentaire. Lui faire comprendre, à lui, un petit garçon de quatre ans, que je partais, que je rentrais dans mon pays. Que j’étais venue pour six mois, que de l&#8217;autre côté de la terre, ma vie m’attendait. Il détournait le regard quand je lui parlais. Je crois qu’il ne voulait pas entendre ce que j’avais à lui dire. Je suis donc partie, en ayant la sensation de l&#8217;abandonner. Quelques mois plus tard, j’ai appris qu’il était mort. N’est-ce pas absurde et révoltant, de mourir du sida à quatre ans ? Je crois que je m’en veux encore, d’avoir aimé ce petit garçon puis de l’avoir laissé là, lui qui avait déjà perdu ses parents. Je me suis posé mille questions. Est-ce qu’il fallait que je le laisse s’attacher à moi ? Est-ce qu’un volontaire qui est là pour un temps défini peut vraiment s’impliquer affectivement avec des enfants blessés par la vie ? Est-ce-que je lui ai fait plus de mal que de bien ? Est-ce-que j’ai agi égoïstement parce que c’était gratifiant pour moi ? Est-ce que deux mois à sourire et sembler heureux, valaient le prix du chagrin qu’il a vécu quand je suis partie ? Est-ce que je me pose trop de questions ? Et même, est-ce que je n’exagère pas l’importance que j’ai eue à ses yeux ? Nul n&#8217;est irremplaçable, et il ne manquait pas, sur place, de personnes généreuses et prêtes à donner de leur temps et de leur affection. Quinze années ont passé depuis. Je suis devenue mère par trois fois. J&#8217;ai des petits garçons, et quand je les vois jouer et rire aux éclats, je le revois, lui, avec ses petits bras si maigres et son petit sourire qu&#8217;il cachait. En tout cas ce qui est certain, c&#8217;est que du haut de sa petite vie de quatre ans, il m&#8217;a appris combien l&#8217;amour d&#8217;un enfant est ce qu&#8217;il y a de plus pur. Il m&#8217;a préparée à devenir mère et j&#8217;ai touché du doigt à quel point l&#8217;amour est indissociable de la vulnérabilité. Garder pour moi ce souvenir, serait le condamner encore davantage à l&#8217;oubli. S&#8217;il y a un sens à la brièveté de son existence, j&#8217;aimerais que ce soit de l&#8217;avoir rendu éternel dans mon cœur, et peut-être aussi maintenant, un peu dans le vôtre.   Il s&#8217;appelait Samnang, « celui qui a de la chance ». </p>
<p>L’article <a href="https://prgr.fr/de-lautre-cote-de-la-terre/">De l&rsquo;autre côté de la terre</a> est apparu en premier sur <a href="https://prgr.fr">Les petits ruisseaux font les grandes rivières</a>.</p>
]]></description>
		
					<wfw:commentRss>https://prgr.fr/de-lautre-cote-de-la-terre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>45</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1150</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
