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	<title>équilibre Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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	<description>La vraie vie d&#039;une famille recomposée et nombreuse ! Humeurs, désastres, humour, élucubrations et lectures en vrac.</description>
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		<title>Travail – Famille – Épanouissement – La quadrature du cercle</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Nov 2018 05:30:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui attention, nous allons (essayer de) réfléchir et non plus rigoler. Vous êtes prêts ? Question d’âge ou pas, à moins que ce ne soit la crise de la quarantaine, je m&#8217;aperçois qu’autour de moi, la majorité de mes proches comptent de moins en moins sur leur travail pour s’épanouir et être heureux dans leur vie. Il me semble que nous sommes une génération (les 35-50 ans) à laquelle on a vendu le concept du bonheur au travail, et je ne peux pas m’empêcher d’y voir, quand même, une sacrée escroquerie, surtout quand cela se fait au détriment de la vie de famille. Tout le monde n’a pas la chance, et même le privilège d’avoir un travail stimulant, intéressant, oxygénant : des millions de personnes préparent des colis, emballent des escalopes dans des usines, nettoient des bureaux à l’aube, font le piquet devant des magasins, et n’ont pas matière à y trouver un quelconque épanouissement. C’est comme si notre génération avait oublié que son travail, en définitive, lui sert à la même chose que durant la préhistoire : se nourrir, lutter contre le froid et protéger sa tribu. Les hommes préhistoriques n’allaient pas chasser le bison pour s’épanouir ou ramasser du bois pour s’amuser, mais pour ramener de la viande à la caverne, alimenter le feu et rester en vie. Ceux de la génération suivante (après nous, pas après les hommes préhistoriques), les fameux « Y », ont un rapport plus distancié et moins dévoué au travail, en partie parce qu&#8217;ils ont vu le plantage royal de leurs aînés, soumis à l’injonction « fais des études si tu veux avoir un boulot intéressant » et « si tu fais tes preuves tu vas réussir » dont on sait bien maintenant que non, justement, pas forcément. Bien sûr, c’est tant mieux si ce rapport au travail a pu évoluer. Mais le concept de « l’épanouissement au travail » demeure une invention très récente. S’épanouir au travail est la petite cerise sur le gâteau de la vie professionnelle, qui reste réservée à une petite fraction de la population, oserai-je dire une petite caste privilégiée, qui n’occupe pas forcément les emplois les plus utiles au fonctionnement de la société. Tout le monde ne peut pas être journaliste, artiste ou astronaute. La plupart des salariés n’ont pas les moyens d’entrer dans ce genre de considérations cosmétiques, et il est important d’en rester conscient. Ceux qui ont la chance (dont moi) d’avoir une profession intéressante, peuvent aussi se retrouver pris au piège de l’épanouissement professionnel obligatoire et du sacrifice horaire que cela représente. La société française n’a pas encore intégré le fait qu’on pouvait travailler efficacement sans présentéisme, et il est encore très majoritairement mal vu de partir à 17h30 pour aller chercher soi-même ses enfants à la garderie. Même ceux qui commencent très tôt afin de compenser leur ignominieusement précoce heure de départ ne sont pas réellement pardonnés de ce léger décalage. Ce qui compte, dans le monde professionnel français, c’est d’être vu, et le plus longtemps possible, sur son lieu de travail. Tant pis si ce temps n’est pas réellement consacré à des tâches productives : se montrer et brasser de l’air dans des réunions inutiles à 80%, est au moins aussi important que de travailler vraiment. Quand on aime son travail, quand on aime les « challenges professionnels », quand on veut évoluer, il faut s’investir, c’est-à-dire : négliger tout le reste pour que le travail soit la première priorité. Combien de personnes se laissent avoir par ce discours, pour se rendre compte finalement qu’elles ont été pressées comme des citrons pendant des années, pour finir par se faire remplacer par des plus jeunes, moins usés, plus ambitieux, moins coûteux ? Cet arbitrage permanent entre l’investissement au travail et la présence au sein de sa famille est un crève-cœur pour l’immense majorité des parents. Quand je vois ces témoignages de femmes pressurisées qui cavalent, angoissées par le rhume de leur enfant qui pourrait mettre en l’air toute leur organisation millimétrée, d’hommes qui n’osent pas partir plus tôt &#8211; entendons-nous ; qui n’osent pas partir avant 19h &#8211; pour profiter une petite heure de leurs enfants, j’ai un peu l’impression que nos chers employeurs nous prennent tous pour les dindons de la farce. Je suis ravie de travailler, et (au sortir de deux jours à soigner mon dernier chérubin d&#8217;une petite bronchiolite) je crois que je m’ennuierais mortellement si je n’avais pas d’activité professionnelle à côté de mon job de mère de famille. Malgré cela, je sais que mon bonheur véritable vient de la qualité de mes relations avec mon mari et nos enfants. Un dossier bien ficelé, un financement de projet accepté, aussi gratifiant que ce soit, ne m’apportera jamais le dixième du bonheur que celui que je reçois de ma famille. Je n’envisage pas d’arrêter de travailler. Mon métier m&#8217;intéresse et je ne le pourrais pas de toute façon car mon salaire est indispensable à l’équilibre financier de notre famille, comme beaucoup (peut-être aurais-je du envisager d&#8217;aller draguer un émir qatari à Ibiza cet été afin de régler ce problème). Mais pour autant je crois que les années à m’investir affectivement dans mon activité professionnelle sont définitivement derrière moi. À la place de cette relation affective avec mon travail, j’ai développé d’autres capacités : la rapidité d’analyse, l’anticipation des problèmes, l’optimisation des projets, le recul et la réflexion à froid, le discernement de ce qui est important, et de ce qui ne l’est pas. Sans compter ces compétences développées par l’exercice même de la maternité. Finalement, je crois que l’investissement massif de certains au travail, pourrait être davantage dicté par un besoin de reconnaissance qu’ils ne trouveraient pas, ou pas encore, dans leur vie affective. Le système économique actuel exploite à merveille cette fragilité qui existe chez beaucoup, en leur faisant miroiter une reconnaissance qui serait donnée par l’entreprise, en pouvoir ou en argent. La désillusion doit être sévère quand on y a consacré ses années de jeune adulte au détriment de sa vie personnelle, surtout pour les femmes qui ont vu leur stock ovarien fondre comme neige au soleil. Certains arguments du féminisme « à l’ancienne » ont sans doute une part de responsabilité là-dedans, car la fonction maternelle biologique a parfois été rabaissée au niveau d’un esclavage dont il fallait absolument s’émanciper. Je ne plaide pas pour un retour de la femme à la maison – l’indépendance financière des femmes est essentielle &#8211; mais plutôt pour un recentrage de la vie sur ce qui, en définitive, est réellement la chose la plus importante : l’amour que l’on donne et celui qu’on reçoit. Car non, le travail n&#8217;est pas forcément épanouissant. Ce n&#8217;est pas son but premier. La trace que nous laisserons dans le monde du travail, à moins d&#8217;être prix Nobel de Médecine ou Kim Kardashian (et encore) sera fugace. Quand nous quittons notre vie professionnelle, nous sommes remplacés (ou pas) par un autre, et notre nom et notre visage sont, la plupart du temps, rapidement effacés des mémoires. Tout ce temps et toute cette énergie auront été donnés en vain, et nous disparaissons comme l’onde du caillou jeté à l’eau s’efface doucement sans y laisser de traces. Jamais votre boss ne vous fera un gros câlin pour vous remercier du temps passé avec lui (si oui, c&#8217;est qu&#8217;il y a un problème), ni ne viendra vous porter des chocolats quand vous partirez à la retraite (il sera décédé de crise cardiaque bien avant, voyons). Peut-être qu&#8217;il faut admettre que notre travail est avant tout un moyen de subsistance, un service rendu à la société, qui peut se dérouler dans des conditions de convivialité et d&#8217;émulation positive, mais que ce n’est, finalement, rien de plus pour la plupart d&#8217;entre nous, et que ce n’est pas honteux de le concevoir ainsi. Parce que subir l&#8217;injonction de l&#8217;épanouissement professionnel, en plus de l&#8217;injonction à être une mère parfaite, sexy et bien dans sa peau, et de l&#8217;injonction à trier ses déchets et à ne mange que bio, vegan et sans gluten, cela commence à faire vraiment beaucoup à noter sur la do-to list.  Ceci était mon cri à pousser du jour. Et vous, comment envisagez-vous votre rapport au travail ? &#160; Et les copines, elles en disent quoi ? Working Mutti, Conciliation vie pro et vie perso Hélène Bonhomme des Fabuleuses au Foyer : Travail et Foyer, la fin de la schizophrénie et aussi Femme au travail ou femme au foyer : la peste ou le choléra ? Maman BCBG : C&#8217;est « juste » un rhume ! Maman Nouille : Bio, Fait Maison, Zéro Déchet…. et ma charge mentale dans tout ça? Sophie Pourny, coach : Garder son métier et tout reconstruire autour. Agnès, du blog Quatre enfants : Equilibre vie pro / vie perso : mes astuces pour s’en sortir Urbanie, du blog La Marmotteuse : Les cases à cocher (ou pas) Si vous avez un article intéressant sur la thématique à proposer, qu&#8217;il soit le vôtre ou non, n’hésitez pas à me le communiquer ! &#160;</p>
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