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	<title>avoir du temps Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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		<title>De ma fenêtre</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 05:30:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’automne est arrivé, brutalement et sans prévenir. Par la fenêtre le ciel est voilé de gris, les étourneaux virevoltent en masse tournoyante et imprévisible, et les rares passants pressent le pas, les poings serrés dans leurs poches et le cou rentré dans leurs épaules. Il fait froid et dimanche matin le vent glacé nous a dissuadés d’aller faire un tour au marché (Je le regrette d’ailleurs un peu car de jolis pulls jaunes comme le soleil me faisaient de l’œil; Vous m&#8217;objecterez que j&#8217;en ai déjà toute une collection, mais un pull jaune me ferait autant de bien qu&#8217;une cure de luminothérapie). Si j’étais une blogueuse sérieuse, Je ferais un article sur « Les vingt choses qu’il faut dire à sa bouillotte en automne pour qu&#8217;elle garde le moral » ou « Comment je me muscle au chaud et sans efforts affalée sur mon canapé avec une tasse de chocolat chaud et des biscuits à la cannelle ». Je pourrais aussi aborder avec passion les raisons pour lesquelles je suis pour ou contre Halloween (Spoiler 1 : je suis contre. Spoiler 2 : les enfants sont pour. Je vais donc me farcir des gnomes hideusement déguisés, les molaires matelassées de bonbons chimiques). Ou même, soyons fous, je pondrais un article décrivant en long, en large et en travers les effets du passage à l&#8217;heure d&#8217;hiver sur mes enfants : sujet passionnant s’il en est.  Je me disais aussi, pourquoi ne pas faire un bilan de ce blog, autre sujet consacré de la blogueuse sérieuse ? Mais si cela fait un an que j’ai ouvert mon compte WordPress, cela fait dix mois que j’ai commencé à en partager parcimonieusement quelques extraits, et je me suis inscrite sur la plateforme Hellocoton le 25 février. Bref, cela ne tombe pas rond, j’ai du mal à définir une date d’anniversaire de ce blog, et franchement, on s’en fout car ça n’a pas grand intérêt (Sauf si vous bloguez vous-même et vous demandez si je peux vous faire une concurrence sérieuse. Spoiler 3 : la réponse est non). Si j’aime l’automne, c’est surtout parce qu’il me rapproche de mon anniversaire (Faites-moi penser à vous donner la date, et mon RIB). Dans ma tête j’élabore une liste de cadeaux, dont certains me prouvent que j’ai passé un point de non-retour : je rêve d’un robot Magimix, qui me permette de râper les carottes sans me faire une tendinite, et de faire des gâteaux sans que mon évier ne déborde de vaisselle sale. Pour faire bonne mesure et moins mémère, je rêve également d’un manteau chaud dans lequel je n’aie pas l’air d’un pingouin engoncé dans une peau d’ours : la quadrature du cercle de la mode. Je rêve également de bijoux car je suis vénale et superficielle juste ce qu’il faut, et d&#8217;un nouveau sac à main en cuir. En même temps j’ai conscience de l’absolue vacuité de tout cela. On ne mange presque jamais de carottes râpées, je n’ai pas assez de doigts ni de trous dans mes oreilles pour y rajouter encore des bagues et des boucles, et il est bien moins drôle pour les enfants de faire des gâteaux proprement, sans patouiller jusqu’aux coudes dans la farine et le beurre. Maintenant que je suis presque arrivée à la moitié de ma vie, ce pourrait être une raison valable et suffisante pour détester l’automne. Je pourrais écrire mon spleen de l&#8217;automne, mon mal-être diffus de la quarantaine, du temps qui s&#8217;enfuit, de la pendule qui inéluctablement dévore le temps. Mais suis-je vraiment si malheureuse ? A l&#8217;évidence, non. Et c&#8217;est bien ennuyeux car cela m&#8217;enlève des occasions de me lamenter et de noircir des pages.  Je me creuse la tête pour trouver une vraie idée d’article. Mais les enfants grandissent, et font moins de bêtises. Je m’en réjouis (pour ma tranquillité) et je le déplore (pour mon inspiration). Chaton sort de sa crise des quatre ans, Lapin de celle des deux ans. Bon, ils nous ont refilé la gastro à tous, et alors ? Ce n&#8217;est certes pas drôle d&#8217;être cramponnée aux toilettes alors que les petits ont recouvré toute leur niaque habituelle, mais c&#8217;est surmontable. Du côté des grands, Loulou est fort gentil et a mis plusieurs fois spontanément le couvert cette semaine. Poupette a la maturité et les conversations d’une grande, sans être encore pleinement rentrée dans la période délicate et sensible de l&#8217;adolescence. Il semblerait donc que nous soyons dans l’œil du cyclone. L’envie d’un autre bébé à la peau de soie et au parfum de lait s’estompe, alors que les nuits se font plus calmes, les soirs plus faciles et les matins plus sereins. Le frigo ronronne, les petits font la sieste, le nuage errant des étourneaux passe et repasse au-dessus des toits. De la fumée s’échappe des cheminées par petits moutons blancs et vaporeux. J’essaye d’attraper une idée, une ébauche, comme je tirerais sur une corde pour ramener à moi mes songes qui auraient dérivé trop loin. La barque de mes pensées a filé sur une mer étale, elle n’est plus qu’un petit point noir presque invisible dans le lointain. Mes injonctions personnelles &#8211; écrire quelque chose de drôle, écrire chaque semaine (vous avez vu, j&#8217;ai pris des libertés avec mon « planning éditorial », comme on dit pompeusement)- commencent elles aussi à prendre la poudre d&#8217;escampette, envolées avec les étourneaux. Je jette un œil par la fenêtre, les nuages gris glissent doucement sur le ciel blanchâtre. Cela fait du bien parfois de ne pas penser, de juste regarder le ciel, assise bien au chaud à ma table. Je vagabonde encore un peu, Verlaine et Cabrel s’entremêlent, les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone, et sans doute on verra apparaître  quelques dessins sur la buée des fenêtres. C’est cela le bonheur, écouter le silence, regarder le paysage immobile, et voir passer encore, le nuage des étourneaux.</p>
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		<title>Mon shopping sans prise de tête</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Aug 2018 04:30:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La semaine dernière, je me suis offert une petite virée shopping. Il faut dire que les grands étaient en vacances, les petits en semi-vacances et moi, en pré-vacances. En fin d&#8217;après-midi, j&#8217;ai donc posé un acte féministe militant : je me suis dirigée vers Monoprix, avec en tête le secret projet d&#8217;y trouver des lunettes de soleil qui m&#8217;évitent de cassez mon PEL (vide, d&#8217;ailleurs) en achetant la paire de Ray-Ban sur laquelle je salive depuis des mois. Monoprix, temple de perdition pour les working-mums qui sortent du boulot. Cela n&#8217;a l&#8217;air de rien comme cela, Mais en fait le processus qui m&#8217;a menée chez Monoprix a été infiniment plus complexe qu&#8217;il n&#8217;y paraît. Pour y parvenir, il a d&#8217;abord fallu que je fasse taire en moi la culpabilité naissante qui me susurrait à l&#8217;oreille de rester au travail jusqu&#8217;au dernier instant, dans l&#8217;air chaud brassé par le ventilateur poussif, même si j&#8217;avais fini tout ce que j&#8217;avais à faire. Avais-je vraiment le droit de partir 28 minutes plus tôt que d&#8217;habitude ? N&#8217;était-ce pas malhonnête vis-à-vis de mon employeur ? En même temps, quelle était l&#8217;utilité pour la France et pour la société que je fisse du présentéisme et que je restasse 27 minutes (Et oui, l&#8217;heure tourne) à tapoter sur mon clavier ? Je pris donc courageusement la décision de partir. Une fois installée au volant, le doute me reprit : Était-ce licite d&#8217;utiliser ces 27 minutes de rab pour mon égoïste bénéfice personnel ? Ou me fallait-il retourner illico presto à la maison pour aller chercher les enfants 27 minutes plus tôt ? Les extraire du centre de loisirs et de la crèche, où ils m&#8217;attendraient, accrochés à la grille d&#8217;entrée (c&#8217;est faux), avec le regard mélancolique de l&#8217;orang-outan du jardin de Plantes (c&#8217;est faux), pour voir leurs visages s&#8217;éclairer et leurs petites jambes courir vers moi (c&#8217;est faux) ? Un peu de réflexion me permit de maîtriser mes émotions maternelles parfois promptes à s&#8217;emballer. Je m&#8217;en fus donc à Monoprix. Les jours où je vais faire du shopping chez Monoprix, c’est la fête. Monoprix, c&#8217;est le paradis pour une femme de mon âge, et aussi pour les petites mamies à cheveux violets. Chez Monoprix, il y a des blouses en joli coton imprimé, des sandalettes originales, des foulards bigarrés, des paniers so chic, des centaines de flacons de vernis à ongles de toutes les couleurs que je ne mettrai jamais puisque je rachète toujours le même carmin foncé, une infinité de rouges à lèvres que je n&#8217;utiliserai pas puisque je le mange toujours dès que je l&#8217;ai posé et plein d&#8217;autres choses merveilleuses, des cartes, des livres, des pochettes de feutres, des carnets, des tasses et des bougeoirs. La caverne d&#8217;Ali-Baba, en mieux rangé et sans les quarante voleurs. Arrivée chez Monoprix, forte de 27 minutes de bonus-temps, je me dis : tiens ! Et pourquoi je ne m&#8217;achèterais pas des bijoux ? J&#8217;ai pourtant de nombreuses et excellentes raisons de m&#8217;en offrir quelques-uns : 1/ Je viens d&#8217;être payée et ne suis donc pas (encore) à découvert, cela se fête ! 2/ Cela fait à peu de choses près 437 jours que mon cher époux ne m&#8217;a pas offert de bijoux. Remettons un peu d&#8217;ordre et de justice dans notre couple. 3/ Franchement, si je bosse, n&#8217;est-ce pas pour être indépendante financièrement et m&#8217;offrir quelques babioles, moi qui n&#8217;ai pas hésité, dernièrement, à donner mon canelé à la copine de Poupette, qui se trouvait malheureusement là à l&#8217;heure du goûter, alors qu&#8217;il n&#8217;y avait que 4 canelés, que nous étions 5 et que c&#8217;est mon gâteau préféré ? Certes cela n&#8217;a rien à voir mais quand même, j&#8217;ai bien mérité une petite compensation (même si j&#8217;ai réussi à soutirer le sien, au bout d&#8217;une bouchée, à Lapin qui était parti jouer dehors. Gloups !) 4/ Il y a-t-il vraiment besoin de raisons sérieuses pour s&#8217;acheter des bijoux chez Monoprix (Ou ailleurs, si j&#8217;en avais les moyens, comme par exemple autour d&#8217;une belle place carrée parisienne ornée d&#8217;une grande colonne sculptée en son milieu qui n&#8217;en est pas le plus joli ornement, loin s&#8217;en faut) ? Trêve de tergiversations, de grands sautoirs, justement, me faisaient de l’œil. Je les essayais et m&#8217;évaluais dans le petit miroir. Je me serais bien laissée tenter, mais&#8230; Est-ce que ça m&#8217;ira ? Est-ce mon style ? Non, pas vraiment, cela fait un peu fille qui se la joue, c&#8217;est trop doré, trop clinquant, trop voyant, trop joli, trop tout. Moi je suis discrète, on va trop me voir, j&#8217;aurai l&#8217;air déguisée, je n&#8217;ai pas le look assuré de la fille à qui un sautoir pareil pourrait convenir. Non mais, attendez, il ne faudrait quand même pas qu&#8217;on me remarque dans la rue ! Ohé, je ne suis pas folle non plus. Il me manque un stage d&#8217;affirmation de soi pour oser porter ce type de sautoir. Un stage d&#8217;excentricité, ce serait encore mieux. Un truc avec Christina Cordula, mais qui serait la fille cachée de Freud. Les sautoirs sont visiblement un peu trop complexes pour ma psychologie. Et puis il faudrait que je refasse ma garde-robe pour avoir des vêtements qui aillent avec mes sautoirs, alors qu&#8217;ils sont censés être les accessoires, et non l&#8217;inverse. De toute façon, je n&#8217;ai pas une tête à sautoir. Comment font les femmes qui parviennent à porter des sautoirs ? Tournons-nous donc vers quelque chose de plus petit (12 minutes se sont déjà écoulées) : des boucles d&#8217;oreilles. Ça devrait être moins difficile. Ah ! Celles-là, elles sont trop chouettes !!! J&#8217;adore, j&#8217;ai vraiment trouvé ce que j&#8217;aimais. Mais&#8230; Est-ce qu&#8217;elles ne ressemblent pas à celles de cette fille trop cool et stylée et trop bien dans ses baskets jaunes, que je suis sur Instagram, Facebook, Internet, et tout ce que le monde a créé de réseaux sociaux ? Si, elles y ressemblent. Carrément même. Tout le monde va penser que j&#8217;ai pompé sur elle, on va croire que je n&#8217;ai pas de personnalité, que je suis une follower et pas une leader. Ça craint. En même temps, c’est pas faux. Et puis quoi, il n&#8217;y a pas de mal à rendre hommage au bon goût des autres personnes. Allez hop, personne ne le saura, je ferai semblant que je ne les avais jamais vues sur elle et si jamais je la croise, je lui dirais « Aaaah, c&#8217;est diiiiingue ! regarde, on a presque les mêmes boucles d&#8217;oreilles ! Tu les as achetées à Monoprix ? » Ça passera comme une lettre à la poste. Et j&#8217;en prends une deuxième paire, romantique et sage, qui fait mère de famille, mais pas trop, originale mais pas trop, juste ce qu&#8217;il faut.  Restent les lunettes de soleil, Car à la base, c&#8217;est quand même pour cela que je venais. Les lunettes mouches sont trop grandes pour mon visage. Et puis je ressemblerai à une pseudo-starlette de banlieue. Les lunettes rondes cerclées me donnent l&#8217;air d&#8217;un flic maoïste infiltré pour surveiller les clientes suspectes du Monoprix. C&#8217;est curieux, sur les autres, ça leur donne l&#8217;air de John Lennon. Mais pas sur moi. Les lunettes aviateurs, ben&#8230; j&#8217;adore les aviateurs, surtout les pilotes de chasse, mais pas leurs lunettes. Celles-ci ne sont pas assez stylées, celles-là trop classiques, celles-ci encore trop excentriques, celles-là trop banales (Plus que 9 minutes restantes). Bref, après avoir essayé à peu près toutes les lunettes du présentoir, j&#8217;arrive à resserrer mon choix sur deux modèles : deux montures à écailles, l&#8217;une mate, l&#8217;autre polie. J&#8217;en étais presque à aller demander à l&#8217;hôtesse de caisse de choisir pour moi, mais je décide finalement dans un sursaut d&#8217;affirmation de moi-même, de prendre la paire mate. Youhouh, des lunettes à monture en écaille mate ! Quelle puissante originalité, voilà qui va me sortir du lot, et me permettre d&#8217;affirmer mon style avec force ! Plus que 2 minutes, vite vite à la caisse. Dans la voiture, lunettes sur la tête, je mets mes boucles d&#8217;oreilles tant bien que mal et je repars. &#160; Voilà, retour à la maison après avoir récupéré la petite troupe gesticulante. J&#8217;ouvre la porte. Poupette arrive, sourire aux lèvres. Sourire qui s&#8217;évanouit quand elle me regarde. -« Tu t&#8217;es acheté des nouvelles boucles d&#8217;oreilles ? » me dit-elle d&#8217;une voix sépulcrale. -« Oui, pourquoi, elles sont moches ? » demandais-je angoissée. Aurais-je fait tout cela pour rien ? Si ça se trouve, je me suis complètement plantée dans mon choix, même ma fille ado le remarque au premier coup d&#8217;oeil, je suis vraiment une handicapée du shopping, encore 39.95€ dépensés en pure perte, j&#8217;aurais mieux fait de&#8230; -« Elles sont trop belles » me répond-elle d&#8217;un air tragique, « C&#8217;est pas juste », et elle tourne les talons pour aller s&#8217;enfermer dans sa chambre, de déception. Ouf ! tout va bien, ma fille est verte de jalousie. C&#8217;est l&#8217;indice irréfutable que mon shopping chez Monoprix est une réussite magistrale. Je me sens toute guillerette, débordante d&#8217;amour envers mes rejetons boudeurs ou tonitruants, et fredonne dans ma cuisine en commençant la cuisson des savoureuses coquillettes du soir. Et c&#8217;est dans la joie, la paix et l&#8217;harmonie retrouvées que nous avons conclu cette journée, tandis qu&#8217;un chœur d&#8217;angéliques licornes fredonnait dans la douceur du soir. ♥♥♥ FIN ♥♥♥ La morale de ce shopping, C&#8217;est qu&#8217;il faut de temps en temps, se consacrer un petit moment à soi, où l&#8217;on ne dépense pas un kopeck pour les enfants, pas même pour une sucette. Tout pour moi. Une mère frustrée est une mère agressive. Une mère agressive ne peut pratiquer une éducation bienveillante. Donc pour être bienveillante envers ses enfants, il faut absolument faire du shopping, CQFD. Je m&#8217;y obligerai donc, par amour pour eux (et un peu pour moi aussi).</p>
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		<title>Comment je suis devenue du matin</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jul 2018 04:30:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jamais je n&#8217;aurais cru pouvoir un jour écrire cela : je suis devenue du matin. D&#8217;aucuns se rouleront de rire par terre en me lisant. Car vous avez devant vous une grosse dormeuse repentie. Durant des années, j&#8217;ai dormi, beaucoup, passionnément, à la folie, avec délices. Je compte sans doute, dans ma généalogie, une marmotte et un ours brun. Poupette a hérité de cette caractéristique. Là où tout a basculé, ce fut à la naissance de Chaton (un peu) et de Lapin (terriblement). Chez moi, c’est mathématique : l&#8217;heure de réveil de chacun de mes enfants est corrélée étroitement à l&#8217;heure de sa naissance. Poupette, née le soir ; adepte de la grasse matinée depuis l&#8217;âge de 2 mois. Chaton, né en début de matinée : se lève à une heure décente. Lapin, né (sans péridurale) avec le soleil levant : me pourrit mes matins avec entrain et bonne humeur, depuis sa naissance. Donc, fatalement, je suis devenue du matin, à mon corps défendant, une baïonnette dans le dos et un revolver sur la tempe, après une longue série de MAMAAAAAAAN, hurlés avec vigueur et enthousiasme dans la fin de la nuit. J&#8217;en avais déjà un peu parlé ici et là (je recycle, je recycle). Mettons-nous d&#8217;accord tout de suite : j&#8217;adorerais vous faire miroiter l&#8217;image d&#8217;une mère parfaite, qui se lèverait fraîche et dispose, la chevelure sauvage et l&#8217;eye-liner impeccable, à 4h30 du matin, après une folle nuit d&#8217;amour avec son époux, pour méditer en lotus face au soleil levant, enchaîner sur des étirements et du gainage pendant une demi-heure, puis qui écrirait son journal intime comme tous les jours pour faire le tri dans ses pensées, avant de préparer des cookies bio, chauds et parfumés les jours pairs et des pancakes moelleux les jours impairs, pour le petit-déjeuner de ses enfants : une Kate Middleton mâtinée de Bree Van de Kamp, version Madame Toutlemonde. Hélas, il n&#8217;en est rien. D&#8217;abord parce que mon mari n&#8217;est pas là la semaine et que je me couche sage et seulette; Ensuite, &#8211; et je modère mes propos -, parce que ça m&#8217;arrache grave la gueule de me réveiller le matin très tôt. Alors pourquoi le faire, me diriez-vous ? Avoir du temps pour soi le matin Si j&#8217;attends pour me lever que Chaton et Lapin se réveillent, je suis bonne pour l&#8217;hôpital psychiatrique dans les plus brefs délais. Ils sont aux taquets dès le saut du lit, batteries rechargées à bloc. Prendre ma douche tranquille ? N&#8217;y pense même pas. Déjeuner en paix ? No way. Me maquiller sans que Lapin ne récure les joints de la salle de bain avec mon crayon à paupières ? Dans mes rêves. M&#8217;habiller sans que Chaton ne me convoque pour dessiner un château, un loup et des cochons, un hélicoptère ? Non mais allô, quoi. Comme toutes les mères, j&#8217;ai essayé la tactique du « Je dors le plus tard possible pour être reposée ». Résultat : stress, course, hurlements de harpie avant que le coq ne chante trois fois. Et je ne suis pas la seule à rechercher la quadrature du cercle de l&#8217;organisation du matin. Après avoir étudié toutes les hypothèses alternatives &#8211; Calvados dans le biberon du soir, voire du matin, coup de massue sur la tête pour prolonger le temps de sommeil, dépôt  discret des enfants sous le porche d&#8217;une église &#8211; J&#8217;ai fini par me ranger à l&#8217;évidence : si ne pas péter un plomb je veux, plus tôt qu&#8217;eux je me lèverai. Ce que je fis, péniblement d&#8217;abord, puis très vite avec plaisir. Je vous zexplique pourquoi. J&#8217;ai besoin le matin, d&#8217;un petit quart d&#8217;heure minimum, seule et au calme. Et depuis que les enfants commencent à dormir un peu plus tard le matin (grâce à 5 kg de cierges brûlés devant Sainte Rita*, et sans doute aussi parce qu&#8217;ils grandissent), j&#8217;arrive à gratter jusqu&#8217;à une heure de tranquillité. UNE HEURE. Que fais-je pendant ce moment de tranquillité ? 1/ Un tête-à-tête délicieux avec mon café. Moment magique, où juste après l&#8217;avoir versé dans ma tasse, je tourne ma cuillère dedans pour le sucrer et regarde s&#8217;élever le panache de vapeur parfumée. 2/ Je regarde le soleil levant qui rosit le ciel par dessus les toits, les martinets qui reprennent leur ballet céleste, les branches des arbres qui ondulent dans le vent, les abeilles qui viennent cogner à ma vitre. 3/ Je lis, j&#8217;écris pour moi ou pour le blog, je prie, j&#8217;écoute le silence, je rêvasse en regardant le plafond. 4/ Je me douche, je m&#8217;habille. Ensuite, Lapin couine pour son biberon, Chaton grogne pour ses legos (au p&#8217;tit-déj, parfaitement, vous comprenez pourquoi je ne me tape pas de faire des cookies ou des pancakes) et la vie reprend son cours normal de câlins et de bisous dans des petits cous chauds qui sentent bon le sommeil. Comme cela fait 8 mois que je pratique cette routine matinale à peu près régulièrement, je peux désormais en dresser un petit bilan. Examinons les bénéfices de cette nouvelle habitude. Me concernant : je suis notablement plus cool, et ce, sans usage de drogue. J&#8217;ai eu mon temps calme le matin, et je suis vraiment disponible pour les petits  à leur réveil. Je me sens moins frustrée et moins débordée. Je m&#8217;appuie sur toute une communauté de mamans pour pratiquer ce réveil matinal, comme ça en cas de coup de mou on se remotive entre nous. Pour les adeptes du Miracle Morning version américaine pur jus selon les préceptes de Hal Elrod, il existe également des groupes Facebook pour pratiquer ensemble. Résultat objectif : Depuis que j&#8217;ai commencé, 1/ J&#8217;ai ouvert ce fantastique blog de haute qualité, 2/ La maîtresse de Chaton lui dit souvent qu&#8217;il a de la chance d&#8217;avoir une maman aussi cool que moi. Ouais ouais ouais. Être piédestalisée de la sorte par la maîtresse, ce n&#8217;est pas rien en terme de reconnaissance (même que parfois on arrive devant l&#8217;école en faisant des bulles). Concernant les enfants : comme je suis disponible pour eux, la phase au réveil se passe mieux. Je ne m&#8217;énerve pas s&#8217;ils sont de sale poil, ou ne veulent pas s&#8217;habiller. J&#8217;ai le temps de jouer avec eux le matin. Nous lisons des livres ou faisons du dessin, voire des perles à repasser les  jours de grande mansuétude maternelle. Ils sont levés largement à temps, et, eux aussi, sont moins frustrés car je ne m&#8217;énerve plus sur leur dos innocent au réveil. (Le soir si, toujours, mais personne n&#8217;a encore inventé le Miracle Evening. Je suis preneuse si vous avez des tuyaux, et je ne serai certainement pas la seule). Chaton qui n&#8217;a jamais faim au saut du lit finit par réussir à ingurgiter un yaourt et une petite croûte. Ils ont même quelques instants pour faire un peu de vélo sur le palier, nus ou en slip selon le moment auquel ils prennent la poudre d&#8217;escampette. Heureusement, nos voisins sont sympathiques et ne s&#8217;offusquent pas de trouver un petit nudiste à roulettes sur leur paillasson. A huit heures, en revanche, débarbouillage rapide et habillage ferme et déterminé. C&#8217;est moi le boss, quand même. Mais, pensez-vous sûrement, comment fais-je pour dormir suffisamment ? Car oui, le sommeil des parents et sa qualité, c&#8217;est là où le bât blesse. La bonne nouvelle, c&#8217;est que ça va en s&#8217;arrangeant : à la puberté, rares sont les enfants qui a) ne font par leur nuit, et b) se lèvent très tôt le matin. Et même, à partir de 4 ans, cela va déjà nettement mieux. Courage à vous, mères de jeunes enfants, chaque jour qui passe vous rapproche de l&#8217;instant où votre enfant aura un sommeil plus régulier. Pour le reste, comme le dit Hal Elrod, tout est dans le mental. Le réaménagement du temps de sommeil Comme j&#8217;ai (parfois) un mental d&#8217;airain et de béton armé, je suis passée de grasse-matiniste convaincue à levée-dès-potron-ministe acharnée, mon référentiel étant l&#8217;heure de l&#8217;école, c&#8217;est à dire huit heures et demie. Dans mon cas, potron-minet signifie donc  six heures. Oui, je sais : La France Qui Se Lève Tôt est souvent debout à six heures pour aller bosser. La France Qui Est à La Retraite aussi, à cause de ses rhumatismes ou de sa prostate. Mais moi, je ne suis pas obligée, je le fais pour le plaisir. Comme Napoléon. Comme Victor Hugo (d&#8217;ailleurs, n&#8217;avez-vous pas noté quelques similitudes au niveau du style ?) Il faut dire qu&#8217;après Lapin, grand spécialiste des réveils nocturnes pour des raisons plus ou moins fallacieuses mais toujours innombrables (tétine, cauchemar, otite, câlin, verre d&#8217;eau, pipi, toux, histoire, jouer, bref la litanie habituelle que tous les parents connaissent), le simple fait d&#8217;enchaîner six heures de sommeil consécutives me paraît déjà être un truc incroyable. J&#8217;ai donc décidé que dormir six à sept heures par nuit (soit 25 à 29 % de mon existence, tout de même) était largement suffisant pour mon corps d&#8217;athlète surentraînée, traduisez, mère de famille. Et ce lever matinal m&#8217;a même incitée, parfois, à me coucher plus tôt. Ze take home message Le Miracle Morning, pour soi et sa famille, est une excellente habitude à mettre en place avec des tout-petits enfants, surtout avec des tout-petits enfants, même si cela décoiffe au début. Laisser dormir le plus tard possible des enfants le matin pour qu&#8217;ils se reposent davantage est à mon sens une fausse bonne idée, qui part d&#8217;une louable intention mais rate complètement son but. Les enfants n&#8217;aiment pas être bousculés le matin, et je les comprends. Mieux vaut un réveil plus tôt mais dans le calme, pour qu&#8217;ils aient le temps de faire ce qu&#8217;ils veulent : jouer, s&#8217;amuser et lire. Cela apporte à tout le monde sérénité et équilibre intérieur, comme les yaourts au bifidus actif, mais en mieux. N&#8217;oublions pas : le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, et je veux bien vous en laisser un petit morceau. A vos réveils ! *NDLR, Sainte Rita est la sainte que l&#8217;on invoque pour les causes désespérées. &#160; &#160; &#160; &#160; &#160;</p>
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		<title>Être mère et avoir du temps pour soi</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Nov 2017 11:11:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Être mère et avoir du temps pour soi… deux termes antinomiques ! Etre mère, c’est ne plus avoir de temps à soi, donner son temps, totalement, du lever au coucher. C’est être sollicitée, en permanence, pour changer une couche, moucher un nez, aider aux devoirs, consoler, ranger, cuisiner. Être mère, c’est remplir le tonneau des Danaïdes, pousser le rocher de Sisyphe, broder la tapisserie de Pénélope… et recommencer le jour suivant. L’accumulation des tâches s’assortit rapidement d’une lassitude, voire d’une exaspération croissante. Où suis-je dans tout cela ? Ai-je encore une identité propre de femme, quand je n’ai déjà qu’à peine le temps d’aller faire pipi, et encore moins celui de bouquiner ou me faire belle le matin ? Cette absence à soi-même me semble être l’écueil principal de la vie de mère. Or, une mère qui prend soin d’elle-même est une mère plus détendue et mieux disponible pour sa famille : sa qualité de présence sera meilleure, car elle ne fonctionnera pas en sur-régime permanent : Comme le dit l’adage, « qui veut aller loin ménage sa monture ». Prendre soin de soi est donc essentiel pour soi, et pour sa famille. Mais les journées n’ont que 24 heures, l’espace-temps n’est pas élastique, l’école commence toujours à 8h30 pétantes et mon patron m’attend de pied ferme à 9h15, ce dossier va m’occuper jusqu’à 18h, le temps de récupérer ma troupe, contraction du temps, hop, hurlements de faim &#8211; préparation d’un dîner varié et équilibré cuisson des coquillettes – bain, oh non, et zut, tant pis pour le bain – repas – brossage des dents – une histoire, deux histoires, … cinq histoires STOOOOOOP dodo – lessive débarrassage factures, zut, il est déjà 22h30 je suis crevée… Le réveil sonne, cela recommence. Est-ce aussi votre journée-type ? Et un beau jour d’automne, en scrollant sur un site de librairie en ligne, je suis tombée sur un ouvrage dont le titre m’a tapé dans l’œil : « Miracle morning, offrez-vous un supplément de vie ». La lecture du résumé m’a appris que l’auteur préconise un lever très matinal (une heure avant l’heure habituelle du lever) pour se consacrer rien qu’à soi durant ce temps. Il propose un découpage de ce temps en 6 séquences : 1/ Silence (ou méditation, ou prière selon votre sensibilité) 2/ Affirmation de soi (pensée positive) 3/ Visualisation (exercice de projection) 4/ Exercice physique 5/ Lecture (par exemple de développement personnel) 6/ Ecriture (Tenue d’un journal). Bon, quand j’ai réalisé qu’il fallait me lever très tôt, alors que je ne suis pas du tout du matin, mon enthousiasme a été fortement douché et j’ai remis aux calendes grecques cette idée saugrenue. Cependant, l’idée trottait dans ma tête, car moi, mes matins, c’est plutôt : 6h45:  réveil, allez, encore 10 minutes au lit. 6h55: réveil, allez, encore… non zut, hurlements croissants du bébé. Course jusqu’à la chambre, extraction du braillard, préparation du biberon, enfournage, passage dans la salle de bains et douche. 7h10: 2e série de hurlements, mon petit garçon se réveille et a instamment besoin de mes bras alors que je tente de me sécher les cheveux. 7h20: installation des petits devant le petit-déjeuner 7h30: ils ne veulent pas manger 7h40: ils ne veulent toujours pas manger et partent jouer 7h45: je tente de les habiller 7h55: demi-succès, j’ai pu enfiler les T-shirts. Je vide le lave-vaisselle et fais partir une machine 8h10: je commence à paniquer et leur cours après pour mettre les pantalons 8h17: mais, cette odeur… oh non, la couche du petit dernier ! 8h20: ça y est ils veulent manger ! mais il faut partir et je n’ai pas eu le temps de me maquiller, encore une fois !!! 8h26: Tant pis, sortir peau nue c’est bon pour mon épiderme. Départ pour l’école, je rentre en chaussettes dans l&#8217;ascenseur et y enfile mes bottes. 8h29 ½: arrivée devant l’école, ouf ! 8h35: arrivée devant la crèche,  ouf ouf !! 8h45: tout le monde est déposé, je peux aller bosser et j’ai le sentiment d’être en vacaaaaaaaaaaances ! Et voilà, la journée de travail commence, je n’ai pas eu une minute à moi et ce soir ça sera pire. Donc finalement, tout bien pesé, après mûre réflexion : j’en suis arrivée à la conclusion que peut-être, cela valait le coup d‘essayer cette technique du Miracle Morning. Un soir, j’ai donc réglé mon réveil sur 6h00, avec un gros soupir, je ne vous le cache pas. Car quand je dis que je n’étais pas du matin, je n’étais VRAIMENT pas du matin. J’étais dans ma jeunesse, une pro des grasses matinées, une spécialiste des dodos tardifs, une amoureuse de mon oreiller. Et le lendemain, j’ai, avec le sentiment d’être Super-Woman, mis le pied par terre dès la sonnerie de 6h00. A 6h15, douchée, habillée, coiffée, j’étais seule dans le silence de mon salon. Le soleil se levait tout juste à l’horizon et là, dans le calme de ce petit matin, ma tasse de café à la main, j’ai admiré le ciel – vision époustouflante et radieuse -, j’ai réfléchi, j’ai eu des idées, je me suis autorisé des souhaits, des projets, des désirs. Au bout de deux jours seulement, je me suis sentie plus apaisée, moins tendue avec les enfants (traduire : je leur crie moins dessus), plus compréhensive et plus à l’écoute de leurs besoins. Et j’ai attendu avec impatience mon rendez-vous avec moi-même du lendemain matin. J’ai adapté la méthode à mon caractère : je n’en pratique pas les 6 étapes. Je fais toujours l’étape de Silence, souvent l’étape d’Ecriture, parfois l’étape de Visualisation (à savoir, élaborer des projets). Parfois, le bébé se réveille trop tôt et je ne peux pas faire toute ma séquence. Mais au moins, j’ai eu le temps de me doucher calmement, ce qui est déjà beaucoup ! Je ne suis pas du tout plus fatiguée qu’avant, bien au contraire, j’ai plus d’énergie. Je me suis autorisée à me retrouver, et j’en avais besoin. Depuis, tous les matins, c’est un petit miracle.* PS : à ceux et celles qui se demanderaient pourquoi c’est moi qui gère tout le matin : non, je ne suis pas mariée avec un gros macho, mais il est en déplacement toute la semaine, hélas ! *J&#8217;enjolive un peu : depuis que j&#8217;ai mis cette routine en place, le bébé, comme par hasard, se réveille 5 minutes avant moi&#8230; Il a bien compris, le futé, que c&#8217;était le créneau idéal pour avoir sa mère rien qu&#8217;à lui. Il ne perd rien pour attendre. Quand il sera ado et qu&#8217;il fera la grasse matinée, j&#8217;irai lui jouer de la trompette dans les oreilles et lui dirai, comme Clovis : « Souviens-toi du Miracle Morning ».</p>
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