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	<title>Accouchement Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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		<title>L’héroïsme inutile</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Jan 2018 07:06:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Âmes sensibles, hommes délicats, primipares sur le point d’accoucher, abstenez-vous de lire ces lignes, et tremblez… Bon, tant pis, je vous aurai prévenus. Vous allez lire un récit extrêmement gore. Car nous allons parler d’accouchement. Et plus précisément, d’accouchement sans péridurale, comme ça, à froid, à l’ancienne, à la dure. J’ai pensé à ce croustillant sujet en voyant le questionnaire partagé par ma super sage-femme, que j’ai transmis à mes connaissances ayant subi, comme moi, les rites initiatiques de la maternité. Je passe sur mes deux premiers accouchements, idylliques, périduralés juste ce qu’il faut pour me vanter ensuite « Oui, les contractions, ça fait mal quand même » lors de mes conversations avec mes copines : c’était de la roupie de sansonnet comme dirait ma mère (oui, elle a de jolies expressions ornithologiques). Mon maquillage n’avait pas bougé, et en dehors &#8211; si je puis me permettre &#8211;  de la sensation étrange d’avoir reçu les hommages d’un régiment entier de légionnaires, j’étais fraîche comme la rose au soleil du matin. Non, je parle du troisième accouchement, celui censé passer comme une lettre à la poste. Parce que là, c’était plutôt comme un carton de déménagement qui passerait au fax. Voyez-vous ? En fait, voilà le problème : j’ai voulu crâner. Je m’étais dit « bon, les deux premiers, trop fastoche. Essayons un challenge un poil plus ardu : testons l’accouchement sans péridurale ! ma mère, mes grands-mères et mes aïeules, depuis Neandertal, ont accouché sans péridurale, que diantre ! Serai-je une poule mouillée ? Mettons un peu de fun dans ma vie ! » Et hop, 6 jours avant le terme, avec des contractions régulières depuis 2 heures environ, nous partîmes tranquillou à la maternité. Un peu déçue de n’être qu’à 2.5 cm à mon arrivée, je passais le temps en arpentant les couloirs. Puis vint le premier monitoring– non Madame, ce n’est pas encore pour tout de suite. Bon. Je patiente. Quelque temps plus tard, deuxième monitoring, et là, avec un gentil sourire, la sage-femme me demande si je souhaite une péridurale ?  Heu, oui, en fait, tout bien réfléchi, j&#8217;ai reconsidéré ma position initiale, c&#8217;est un peu dommage, mais pourquoi pas, il est vrai que cela commence à piquer un peu. Allez, zou, on y va ! En route pour la salle de naissance. Et là, le cauchemar commence… L’anesthésiste et son infirmière-anesthésiste ont mis 3 plombes à arriver ; l&#8217;infirmière semblait assez fatiguée, ce qui peut se comprendre à 5h30 du matin (Et en plus, elle avait mauvaise haleine ! bouh ! je vous avais prévenus que c’était un article gore), elle était désagréable et passait son temps à me dire « Faites le dos rond Madame, et ne bougez pas ! » Ben voyons ! Je voudrais bien t’y voir, rester immobile quand tu as l’impression de te faire poignarder le ventre. Bref, après 45 minutes d’attente, la péridurale était posée, sauf que, sauf que… C’était trop taaaaaard !!!! Hé ouiiiiii ! Désolée Madame, vous êtes à 9 cm ! et crac, elles ont coupé la péridurale 😵. Mon chéri, derrière la porte, m’entendait depuis quelques instants crier avec délicatesse. Il est rentré à ce moment, et m’a tendu une main secourable et compatissante, que j’aurais broyée avec plaisir et déchiquetée à belles dents comme une hyène enragée, si je n’avais été trop occupée à hurler en me tortillant de douleur. Un temps indéterminé s&#8217;est écoulé, puis d’un seul coup, j’ai entendu un « PPPPPPAAAAAAAAAAAF ! » et la poche des eaux a explosé comme une baudruche (NDLR : j’ai appris plus tard qu’il était à ce moment 6h39). Dans la foulée, un char d’assaut miniature m’a écrasé méthodiquement la totalité des mes organes, et mon foie, mes intestins, mes reins et mon estomac ont été arrachés hors de moi par une main de fer (Enfin c’est l’impression que j’ai eue). Pendant que je me liquéfiais totalement, que je pensais mourir, que mon cœur allait lâcher tellement je souffrais, et que jamais cette torture ne s’arrêterait, quelqu’un m’a dit (D’un seul coup il m’a semblé qu’il y avait plein de monde, j’ai dû rameuter tout l’hôpital avec mes hurlements) « Ne poussez plus, ne poussez plus ! il arrive ! » Mais je pousse pas, moi, IL SE POUSSE TOUT SEUL, TU COMPRENDS CA,  CONNASSE ? Et d&#8217;un seul coup, roulements de tambours : le bébé est né, et c’était enfin terminé (NDLR : j’ai appris plus tard qu’il était 6h41). Tout mignon, et avec pas du tout une gueule de char d’assaut, curieusement. Tous mes organes ont repris leur place initiale, miraculeusement, et je n’avais plus mal, comme si j’avais avalé un grand bol de Nesquik® avec un supplément XXL de chantilly à la morphine. L’anesthésiste est partie en me disant : « Je suis vraiment désolée, Madame » et je lui ai sottement répondu  « Oh, ce n’est pas grave ! » avec un grand sourire béat, mon petit bébé sur le cœur😍. Il n’empêche, cette expérience m’a fait passer l’envie d’accoucher sans péridurale à tout jamais (voire d&#8217;accoucher à tout jamais).  Aussi, quel besoin de frimer pour pouvoir se la péter plus tard, à la machine à café, qu’on a accouché sans péridurale :  « Si si, c’était gérable,  j’t&#8217;assuuuuure, et tellement plus dans le respect de mon corps et de sa physiologie »  En vrai, c’est dingue ce que ça fait mal ! Juste atrocement, terriblement, horriblement mal. Vous voyez les contractions très très douloureuses, quand vous vous dites que c&#8217;est trop dur et que vous allez demander la péridurale ? Bon, hé bien c&#8217;est peanuts par rapport à la suite.  J’aurais au moins appris de cette expérience que les capacités de souffrance du corps humain sont totalement PHE-NO-ME-NALES. Mais j’avoue que j’en serais volontiers restée à la théorie. Maintenant quand je regarde, rêveuse / incrédule / admirative, des vidéos d’accouchement à domicile, où la future maman respire juste un peu plus fort et a les traits un peu crispés, je me demande toujours si ce n’est pas un trucage ? Si elles sont en plastique ? Si elles se sont droguées avec des mélanges de plantes aborigènes ? Si elles ont avalé un petit cocktail Xanax-Prozac-Tramadol-Rohypnol ? ou si c&#8217;est moi qui suis mal foutue ? Conseil d&#8217;amie : la prochaine fois que vous accouchez, surtout pour un 2e, 3e…, n’attendez pas trop pour vous faire poser la péridurale. Et fuyez les pays barbares où l&#8217;on ne fait pas de péridurales dites « de confort » (c&#8217;est forcément un homme qui a inventé ce terme stupide !) parce que sinon, vous allez comprendre, dans sa vérité la plus crue et la plus entière, dans tous les sens et sous tous les angles, le concept de « tu accoucheras dans la douleur ». Et deux minutes de douleur, c&#8217;est vachement plus long que deux minutes de Nutella. PS1 : S&#8217;il y a des témoignages de super-héroïnes ou de robotes ayant vécu cette expérience sans sensation désagréable, je veux bien les lire ci-dessous, avec respect et émotion. PS2 : J&#8217;espère que ce récit n&#8217;aura pas d&#8217;impact sur la natalité en 2018. PS3 : ouf, je me sens mieux d&#8217;avoir déballé tout ça.</p>
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		<title>Devenir mère</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Nov 2017 15:52:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vous l’avez désiré, vous l’avez conçu, et vous exultez de joie dans votre salle de bains, votre test de grossesse à la main et la culotte encore aux chevilles : Félicitations, vous êtes enceinte ! Je me souviens de ces moments d’appréhension mêlée de joie, ou de joie mêlée d’appréhension, à chaque test de grossesse, réalisé dès la première heure de retard de règles ; déception parfois, quand le test s’avérait être négatif. Exultation à deux, dans la salle de bain, le nez collé à la bande bleue ténue, qui attestait qu’un petit habitant faisait sa place au creux de mon ventre. Puis vite vite, la prise de sang b-HCG pour confirmer la grossesse, et l’appel illico presto à la maternité pour s’inscrire : « -mais Madame, vos dernières règles datent de 29 jours, vous êtes sûre que vous êtes enceinte ? &#8211; Oui oui certaine, regardez ma prise de sang ! » Puis la longue attente de 8 semaines pour arriver au choc, à la première rencontre de la première échographie des 12 semaines ; ce jour où l’on aperçoit enfin le bouleversant petit profil, ce petit nez charmant, ces petites mains flottantes et ces gambettes maigrichonnes mais ô combien attendrissantes; la prise de conscience que ce petit œuf, cet embryon est réellement là. Mon bébé. Puis les mois passent, longs, très longs. Certaines femmes adorent cette sensation d’être enceinte. J’ai toujours trouvé cela interminable et ennuyeux. J’avalais le temps entre les échographies, les rendez-vous avec mon bébé. Le dernier mois, épuisant, sans fin ; comme quand l’horizon recule sans cesse. Et puis un jour, aux premières contractions régulières ou à la rupture de la poche des eaux, nous sommes partis  à la maternité, avec la valise depuis longtemps préparée. L’accouchement s’est bien passé, en douceur. Et puis… Voilà, il est là. Passés le choc et la stupeur d’avoir vu ce nouvel être si attendu, si désiré, tant imaginé, surgir de mon ventre avec son petit minois fripé, ses petits cheveux noirs collés sur sa minuscule tête, passés les moments à le regarder au fond des yeux pendant qu’il me regardait sérieusement au fond des yeux aussi &#8211; avec ce regard si intense du nouveau-né qui plonge ses yeux dans ceux de sa mère &#8211; nous sommes remontés dans notre chambre. Je suis reposée, le bébé est nettoyé, pyjamaté, endormi. Je le prends dans mes bras, je le soupèse, je le retourne, je le renifle un peu dans le cou, je palpe ses petites jambes de grenouille, je déplie son petit poing serré ; c’est mon bébé, et en même temps… c’est un petit inconnu. Ce bébé est différent de ce que j’avais imaginé. Il est lui, alors que je vivais depuis plusieurs mois avec l’image que je me faisais de lui. Je dois apprendre à le connaître, à le comprendre, à décrypter ce qu’il me dit dans son langage de nouveau-né. Il est un peu gonflé, son nez est un peu plus gros que ce que je pensais ; il a une oreille biscornue, c’est quoi cette petite tache rouge sur sa nuque ? Est-il aussi beau que je le souhaitais ? C’est presque un peu déconcertant, un peu pénible de le voir différent de mon bébé imaginaire. Comment apprendre à le connaitre, comment le comprendre, ce bébé si proche et si lointain en même temps ? est-ce-que je vais y arriver ? Et soudain, au bout de 48 heures, après un échange de regard, après l’avoir vu apaisé dans mes bras, endormi et repu, l’évidence qui gonfle mon cœur : Ça y est, je t’ai rencontré. Tu m’as faite mère, tu es mon enfant et je t’aime, pour toujours.</p>
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