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	<title>touriste Archives - Les petits ruisseaux font les grandes rivières</title>
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		<title>Retour au charbon</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2020 04:16:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce blog est toujours vivant, je répète : ce blog est toujours vivant. C&#8217;est vous qui êtes partis en août, moi j&#8217;étais là à fond, comme toujours. Vous savez bien, je ne pars qu&#8217;en juillet. Je vous attendais ici de pied ferme, depuis le 1er août. Et puis raconter mes vacances dans le vide aux deux plumés et trois tondus qui sont ici (ne vous sentez pas visés, c&#8217;est une expression), hein, c&#8217;est bien du travail pour un maigre retour. Me revoici donc, avec mon calepin dans lequel j&#8217;ai noté nos passionnantes aventures : Les vacances ont commencé à merveille, par une panne de Scénic aux alentours de Vierzon, riante cité du Centre-Ouest de la France. On ne voulait pas voir Vierzon, ben on a vu Vierzon quand même. Ça s&#8217;est fini en taxi (parce qu&#8217;on n&#8217;allait pas passer les vacances à Vierzon, naturellement), l&#8217;essentiel étant que l&#8217;on soit arrivés à l&#8217;heure pour l&#8217;apéro. Pour une fois, nous avions réservé tôt -dès janvier- avec beaucoup de flair, deux semaines en club en pension complète, oui, deux semaines messieurs dames. EN PENSION COMPLÈTE. You see what I mean ? Deux semaines à ne pas cuisiner, à ne pas faire la vaisselle. Le suspense a été long puisque nous avons appris fin juin seulement que les séjours étaient maintenus. Partira, partira pas ? Sera remboursé, ou l&#8217;aura dans l&#8217;os ? Finalement, on s&#8217;en sort plutôt bien. Donc nous sommes d&#8217;abord partis en Charente-Maritime. Comme l&#8217;an dernier. Gagnons du temps : je vous mets le lien de l&#8217;article de l&#8217;année passée, vous pouvez reprendre les photos, c&#8217;était aussi beau cette année. Pour la deuxième semaine, nous étions à Volvic. L&#8217;ambiance y était plus déambulateur-tisane que zumba-spritz, mais c&#8217;était bien quand même. Les points positifs On n&#8217;a pas cuisiné, on n&#8217;a pas fait la vaisselle (je crois que je l&#8217;ai déjà dit). Les enfants ont passé un certain temps au mini-club, midi-club, maxi-club. Nous avions un principe : déposer les enfants au club cinq minutes en avance, et venir les chercher un quart d&#8217;heure en retard.  Nous avons essayé de &#8211; et réussi à &#8211; nous y tenir avec fermeté (le temps de prendre l&#8217;apéro tranquillou, avec les cacahuètes pour nous seuls). Pour tout vous dire, nous n&#8217;avons quasiment pas vu les ados pendant deux semaines. Ont-ils seulement dormi, mangé, vécu là ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je suppose. Moi, je ne suis pas une mère envahissante. Je lâche la grappe à nos grands. Qu&#8217;est-ce que tu dis ma chérie ? Sauf pour ranger ta chambre, naturellement. Sinon, ça serait le syndrome de Diogène à la maison, je ne tiens pas à retrouver mon mari décédé d&#8217;étouffement sous un écroulement de tas de linge sale. C&#8217;est arrivé à un gars figure-toi, un gardien de zoo qui a été enseveli sous une bouse d&#8217;éléphant : il en est mort, parfaitement. Non, je ne suis pas mytho petite insolente, c&#8217;est comme ça que tu parles à ta mère espèce de mijaurée ?  Cultive-toi, et va donc te renseigner sur le gagnant du Darwin Awards 1998, au lieu de regarder des tutos sur Youtube, tutos de quoi d&#8217;ailleurs, hein ? Cuisine ? Aaaah, je comprends, c&#8217;est pour préparer le dîner à ma place après la rentrée ? Oui, je parlais donc des points positifs. Il faisait beau, il faisait chaud, le ciel était bleu, la mer vert-marron (estuaire de la Gironde oblige) mais très jolie quand même, les pins altiers et parfumés. Les gens semblaient heureux d&#8217;être déconfinés, libérés, délivrés. Nous nous sommes goinfrés de lecture et de soleil. Les points négatifs On a mangé comme des gorets et engraissé comme des canards du Gers. Bonjour Covid, adieu bar à salade en self service : c&#8217;était pas vraiment léger, sans doute pour compenser la frustration liée aux mesures anti-Covid. Eh oui, il a fallu s&#8217;adapter. J&#8217;étais à deux doigts, en rentrant, de devenir végétalienne, de la branche qui ne mange que du pamplemousse et du jus de concombre. Peut-on discuter deux minutes des mesures anti-Covid ? Parce que me demander si je veux du beurre doux ou salé, une petite confiture, un croissant ou un pain, un yaourt ou une faisselle, un sucre ou un canderel, une petite coupe de salade de fruits ou du raisin, pour que je ne touche à rien, c&#8217;est bien, mais cela prend BEAUCOUP de temps. Surtout quand après moi il y a Chéri, Poupette, Loulou, Chaton, Lapin; ces deux derniers ayant certaines difficultés à choisir ce qu&#8217;ils veulent manger, devant cette abondance surnaturelle. Et la foule amassée derrière nous qui ronge son frein pendant que nous choisissons, hésitons, revirons, est-elle réellement protégée, malgré la distanciation sociale ? Je suis dubitative. Autre point (que je n&#8217;ai pas manqué de signaler à la direction d&#8217;un ton acerbe en partant, naturellement), le papier toilette était un peu mince. Mais nous sommes malins ! Nous avons amené notre propre stock de Moltonel épaisseur triple, doux, confortable et absorbant. Sport un jour, sport toujours Cette année nous avons assidument participé aux activités sportives. C&#8217;était l&#8217;année idéale : il y avait fort peu de monde. J&#8217;ai voulu faire bon effet, style femme active qui s&#8217;entretient, ce qui n&#8217;est pas totalement usurpé notez-le bien (j&#8217;ai quand même fait du footing au moins 6 fois depuis janvier) et je suis allée faire emplette avec mon coach sportif (le gars musclé qui m&#8217;a fait deux mouflets au cours d&#8217;une séance d&#8217;entraînement au corps-à-corps dans les draps), d&#8217;un petit short noir avec un motif discret sur la cuisse. Le genre qui fait modeste, dynamique et confortable. Vous voyez ? Alors que je faisais quelques exercices respiratoires en m&#8217;échauffant avant le cours de step, avec un air concerné et des petites rotations de chevilles, la prof m&#8217;a dit : « oh, vous avez laissé une étiquette collée sur votre short !  » avec un grand sourire candide (24 ans, blonde, mince, charmante, en un mot : détestable). Le motif était autocollant, style « taille M, 100% coton respirant », et ce mufle qui partage ma vie est infoutu de le voir. A quoi cela sert d&#8217;être mariée, je vous le demande ? Remarquez, je crois bien qu&#8217;ils le font exprès dans cette famille pour me nuire : j&#8217;ai passé toute une journée avec une chemise à l&#8217;envers, l&#8217;étiquette « la Fiancée du Mékong » bien visible sur ma nuque, les coutures rebiquant sur mes épaules. Et que je me balade à la plage, et que je vais en ville, et que j&#8217;arpente les chemins : personne ne m&#8217;a rien dit. Je suis entourée d&#8217;aveugles.  Depuis je collectionne les étiquettes de prix pour les replanter en douce dans leurs vêtements à la rentrée. Pour mon mari, je réserve un gros « -50% » à lui coller dans le dos. La vengeance est un plat qui se mange froid. Par ailleurs, j&#8217;ai remis la main sur mes lunettes de vue, remisées au fond d&#8217;un tiroir depuis notre emménagement (4 ans). Au cas-où. Quels faits notables puis-je signaler à votre attention ? Nous avons observé une colonie géante de berlarmites, comme dit Lapin. Les berlarmites, ces petits crustacés qui vivent dans des coquilles tantôt trop grandes, tantôt trop petites ! Les rochers à marée basse en étaient recouverts. Le berlarmite a son caractère, avons-nous observé. Il en est des intrépides, des timides, des craintifs, des audacieux, des curieux. Celui ci-dessous était du style baladeur. Nous avons également vécu un cas de conscience : l&#8217;euthanasie d&#8217;une araignée vraiment très très grosse, très noire, très poilue, aux pattes épaisses. Nonobstant que, durant la pandémie, on a laissé mourir des vieux en EPHAD qui avaient davantage de neurones que l&#8217;araignée, et que mon époux m&#8217;a dit très sérieusement qu&#8217;elle pourrait venir me mordre la nuit et pondre dans mes blessures, nous avons opté pour l&#8217;écraser sous le poids des mots (La Vérité sur l&#8217;Affaire Harry Québert, 672 pages, 0,793 kg). Je profite de cette subtile transition pour vous informer que, si j&#8217;ai beaucoup aimé « La Vérité sur l&#8217;Affaire Harry Québert », je me suis assez emmerdée en lisant « le Livre des Baltimore » du même auteur. Dites-moi si « la Disparition de Stéphanie Mailer » et « l&#8217;Enigme de la Chambre 622 » valent le coup ou si je peux passer mon tour ? Mais revenons à nos vacances. J&#8217;ai un charme fou Durant la semaine que nous passâmes dans le Var (relativement très très calme), j&#8217;ai vécu une rencontre d&#8217;exception : figurez-vous que mon charme magnétique a atteint un tel niveau que j&#8217;attire les animaux. Les moustiques, toujours autant bien sûr, mais également une pie. Oui, une pie est venue me tenir compagnie durant mon café, un matin. Elle m&#8217;a fait un petit massage crânien avec ses petites pattes griffues, pattes qu&#8217;elle avait fort chaudes d&#8217;ailleurs. Du coup, et je suis certaine que cela vous intéresse, je vous informe que la température corporelle d&#8217;un oiseau est nettement plus élevée que la nôtre puisqu&#8217;elle se situe aux alentours de 41°C ! Incroyable mais vrai, et totalement perceptible au premier contact. La pie est restée une heure à mes côtés, est venue me palper les fesses pendant que je faisais ma gym histoire de vérifier ma tonicité musculaire, elle a essayé de me braquer mon alliance, et puis elle est partie. Quand nous avons quitté le Sud, j&#8217;ai trouvé une fiente d&#8217;oiseau sur mon pare-brise, et je me suis dit &#8211; indécrottable romantique que je suis- qu&#8217;elle était sans doute venue me dire adieu. A propos de faune locale, j&#8217;ai pu constater que l&#8217;esthéticien dont j&#8217;avais déjà parlé dans cet article, est également réflexologue plantaire &#8211; en plus de son activité de psychothérapeute  et de sophrologue. J&#8217;imagine les séances. « Rouge ou bordeaux le vernis?  Hmmm&#8230; Oui&#8230;. Parlez-moi un peu de votre relation avec votre mère&#8230; je sens un point de tension sous votre gros orteil gauche. Hmmm&#8230; Imaginez que vous êtes sur une île, une île ou vous vous sentez en sécurité. Il fait bon, la brise vous caresse. Ne bougez pas, j&#8217;extrais un comédon de votre narine. » Quelle galère pour faire la liste de ses tarifs. Il doit se mélanger les pinceaux au bout d&#8217;un moment. Forfait épilation + analyse transactionnelle, 1h30, 90€. Relaxation du maillot, 1h, 65€ Séance de réflexologie semi-permanente, 30 minutes, 65€ &#160; De l&#8217;art du storytelling en charcuterie Qui dit Sud de la France, dit marché local, pittoresque et parfumé au thym et à la lavande. Flânant parmi les étals un peu avant l&#8217;heure de l&#8217;apéro, notre œil fut attiré par un stand de charcuterie corse. Il n&#8217;en fallait pas plus pour nous faire marquer l&#8217;arrêt, comme un chien de chasse à la vue d&#8217;un faisan. Le jeune vendeur, à l&#8217;accent coloré du Sud, nous fit goûter ses produits, tout en nous contant son enfance difficile, et sa revanche par les études (#ascenseursocial). Nous étions complètement sous le charme, nous réjouissant pour lui de sa revanche sur les coups du sorts, puisqu&#8217;il allait partir à l&#8217;automne faire un Master 2 de marketing à Pékin. Bref, tout en papotant habilement avec nous, il nous vendait un petit bout de ceci et un morceau de cela, et ce furent 60€ qui s&#8217;envolèrent de notre carte bleue. Mais nous étions contents, quand même, tellement il était hypnotique. Cela dit, arrivés chez nous, nous avons scruté les étiquettes de nos saucissons qui se révélèrent espagnols. Seule la bannière apposée au fond du stand était corse, en fait. Depuis, nous nous sommes remis. Comme je suis sympa, je vous donne le tuyau (que je tiens de mon beau-père qui le tient du frère du cousin d&#8217;un gars caché dans le maquis de Bonifaccio) : si vraiment toute la charcuterie vendue comme corse l&#8217;était, la Corse ne serait qu&#8217;un élevage  de cochons à perte de vue. Une immense partie est, paraît-il, fabriquée à Marseille. Voilà, de rien. Lapin prend des mesures J&#8217;ai également vécu durant ces vacances, des mesures de rétorsion assez sévères de notre dernier-né. En cause, notre souhait de le voir abandonner progressivement, à l&#8217;occasion de cette rentrée en grande section de maternelle, l&#8217;usage quelque peu excessif...</p>
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		<title>Ze voyage à Nice entre copines</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 04:30:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Je vous avais promis il y a quelques temps un article sur mon voyage à Nice entre copines. Vous savez, à l’époque où il était encore permis de partir en vacances, où l’on pouvait à loisirs prendre le train, l’avion, se promener dans des villes inconnues, aller au restaurant, claquer la bise à ses amies et se regrouper à cinq personnes n&#8217;appartenant pas à une même famille dans une seule pièce, sans risquer 15 jours de réanimation par bouteille de Chablis partagée. Le temps de revenir, d&#8217;apprendre que l&#8217;épidémie de coronavirus avait commencé dans le coin quand nous y étions (gloups) et de reprendre le travail, paf, nous entrions en confinement. Autant dire que durant quelques semaines, j&#8217;ai été un peu chamboulée et que je n&#8217;ai guère eu la tête à faire le récit de mes vacances, bien que je vous aie laissés sur des charbons extrêmement ardents, pauvres de vous. Mais voilà ! il fait beau, le ciel est bleu, et repenser à ce voyage à Nice, c&#8217;est un peu partir de nouveau, voyager dans un poème de Baudelaire, oui parfaitement, dans l&#8217;invitation au voyage par exemple, ou n&#8217;importe quel poème qui parle d&#8217;oiseau, de ciel et d&#8217;ailleurs, partir loin là-bas, ouvrez vos Lagarde et Michard volume 5, page 332, déconfiner psychiquement tout en confinant physiquement. Et comme je suis d&#8217;humeur partageuse et que je me suis fait botter le train par Marine d&#8217;Une Chambre à Moi (Niçoise de référence) pour rédiger cet article, allons-y : voici le récit de La Fameuse Semaine Tant Attendue des Vacances entre Copines. À Nice. (Je pense qu&#8217;on est OK pour le référencement Google, je le remet un coup : voyage à Nice.) Donc, nous sommes parties à Nice. (Je reprécise, des fois que cela vous ait échappé.) Ah, Nice, paradisiaque souvenir d’une époque lointaine et enfuie ! Nice, c&#8217;est d&#8217;abord la mer à perte de vue, son clapotis tranquille et apaisant, ses galets ronds et sonores, un ciel bleu et un air transparent côté face. Une ville italienne adossée aux montagnes, aux façades ocre, sable, brique, parsemée d&#8217;orangers, côté pile. Nous avions réservé un AirBnB dans la vieille ville : très pratique et sympathique, mais hyper bruyant la nuit, car à Nice, les gens sortent quelque peu avinés des bars, vers 2h du matin, toute l&#8217;année. Ce n&#8217;est plus du tout de mon âge (si tant est que cela l&#8217;ait jamais été.) Personnellement j&#8217;ai dormi comme une souche, mais mes compagnes de voyage beaucoup moins : preuve que leurs enfants sont moins épuisants que les miens, sans doute ? Donc si vous allez à Nice, ne réservez pas votre AirBnB dans la vieille ville, mais plutôt de l&#8217;autre côté de la promenade du Paillon. Nous avions un certain nombre de critères pour ce séjour niçois : &#8211; Exclure le tourisme stakhanoviste &#8211; Boire des verres en terrasses sans surveiller des petites choses remuantes, vous savez, ce truc là, vibrionnant, ah, comment ça s&#8217;appelle&#8230; Ah oui ! Les enfants. Et sans se soucier non plus de ces choses longues et molles toujours allongées, non je ne parle pas d&#8217;étrons canins, mais des&#8230; des&#8230; des adolescents, voilà. &#8211; Faire des trucs de filles, entre filles : massage, soins du visage, critiquage léger des maris et des belles-mères (juste un peu) &#8211; Regarder la mer &#8211; Cocher la case « salade niçoise » et « socca ». Parlons de choses sérieuses : la bouffe. Alors à propos de spécialités niçoises, j&#8217;ai une confession. Autant sur la salade niçoise, je n&#8217;ai que des compliments à faire : thon, radis émincé, tomates, anchois, olive, (je ne m&#8217;avancerai pas plus sur la liste des ingrédients qui reste sujette à de houleux débats de spécialistes depuis l&#8217;antiquité au moins; « vraie salade niçoise » = 72200 résultats dans google), autant je me suis délectée de la tourte sucrée aux blettes, véritable révélation papillaire, avec ses pommes et ses petits pignons (le tout, dégusté chez Le Safari, 1 cours Saleya), autant il faut que je vous parle de la socca (galette de pois chiches pour les non-initiés). Niçoises, Niçois, habitantes et habitants des Alpes-Maritimes, je vais sans doute vous vexer, mais franchement : la socca, ce n&#8217;est pas terrible. Je sens le désabonnement sudiste venir en masse, mais il faut que la vérité soit dite, quand bien même elle est cruelle. La socca est assez neutre gustativement, farineuse, alors que je m&#8217;attendais à du croustillant. Vue la situation actuelle, je m&#8217;arrêterai là sur la socca, je m&#8217;en voudrais d&#8217;aggraver par mon influence &#8211; qui est grande à n&#8217;en pas douter &#8211; la saison touristique à Nice, mais voilà. Je tenais à le dire, car sur ce blog, on est honnête, on revendique la sincérité, on n&#8217;est pas sponsorisé par un marchand de socca donc on s&#8217;en fout, on ne perd pas un kopeck à dire la vérité. EN REVANCHE, en revanche&#8230; S&#8217;il y a bien un commerce enchanteur dans Nice, c&#8217;est la confiserie Florian. C&#8217;est un peu la chocolaterie de Charlie, sans tickets d&#8217;or ni gars bizarre et inquiétant. Rentrer dans la confiserie Florian, c&#8217;est prendre un aller-simple pour le paradis du sucre, des fruits confits, des amandes chocolatées, des violettes cristallisées, des confitures au pétales de roses. Ils ne sponsorisent pas mon blog non plus, et croyez bien que je le déplore. Florian fabrique des petites clémentines confites, amoureusement vernissées de sirop de sucre. Elles sont tellement jolies, tellement rondes et douces comme les joues d&#8217;un bébé, qu&#8217;un ne peut qu&#8217;avoir envie de de les croquer. Malheureusement, elles coûtent un rein. Je ne conteste pas le prix de ce met d&#8217;exception, vu le boulot que c&#8217;est de les confire 45 jours d&#8217;affilée, ces petites clémentines. Mais je me contenterai de les contempler en photo. J&#8217;ai opté pour le délicat et féérique confit de pétales de roses. &#160; Voilà pour le rayon bouffe. Passons à la culture, car je sait que c&#8217;est ce que vous désirez, bande d&#8217;estomacs sur pattes. La Cathédrale Sainte-Réparate Nous étions logées juste à côté de la cathédrale Sainte-Réparate, sise sur une petite place carrée et surmontée d&#8217;un joli dôme génois aux tuiles vernissées comme les écailles d&#8217;Arc-en-Ciel le poisson. Pardon mais c&#8217;était la lecture confinée de la semaine dernière, moyenne section. Les églises niçoises sont comme les italiennes : relativement sobres à l&#8217;extérieur, tandis que le baroque, le rococo, l&#8217;or et les colonnes torsadées foisonnent à l&#8217;intérieur. Sainte-Réparate était une innocente jeune fille de 15 ans qui fut suppliciée sous l&#8217;empereur Trajan Dèce en 250. Dans une chapelle, de grands tableaux montrent les différentes étapes de son martyre, jusqu&#8217;à la décapitation, minutieusement représentée avec plein de petits jets de sang, d&#8217;un réalisme saisissant (interdit aux mineurs de moins de 12 ans à mon avis.) Dans la chapelle controlatérale, figure un très beau triptyque contemporain qui pour une fois ressemble à quelque chose, parce que quand même le plus souvent, les tableaux modernes dans les églises sont extrêmement laids, il faut le dire. Ce tryptique donc, installé en 2019, montre la mort et la résurrection du Christ, en trois panneaux : une très belle mise au tombeau vue du ciel, point de vue rarement abordé en peinture, d&#8217;après ma maigre culture artistique mais ma fréquentation assidue des églises; la rencontre de Marie-Madeleine avec le Christ au jardin, le matin de la résurrection, et l&#8217;annonce aux disciples que le Christ a disparu de son tombeau, devant Jérusalem illuminée par le soleil levant. Ce triptyque est l&#8217;oeuvre d&#8217;Hugo Bogo, qui auparavant a signé une bande dessinée sur la sorcellerie au XIIIè siècle. C&#8217;est pas foufou ça ? Le Vieux Nice Évidemment, le plus agréable dans Nice est de déambuler dans les petites rues, de s&#8217;y perdre même, de monter des escaliers, déboucher sur les solennelles places carrées bordées de colonnades, faire le tour du port,  flâner dans le marché du cours Saleya (un marché de fleurs, de primeurs et de spécialités alimentaires), parallèle au front de mer. Les immeubles sont lumineux, les balcons en dentelle de fer forgé, et les persiennes de bois me font penser à un tableau de Matisse. Nice a appartenu à la Savoie, comme en témoignent les blasons arborés par certains édifices. La promenade des Anglais qui longe la plage est évidemment un incontournable. Vous pourrez même, si vous êtes prêts à débourser 26€ pour une coupe de champagne, aller la siroter au bar du Negresco. Nous, non. Nous nous sommes contentées d&#8217;admirer le portier, cintré dans un seyant costume constitué d&#8217;un knickers bleu et d&#8217;une petite cape. &#160; &#160; Le cimetière du Château de Nice Les courageux qui n&#8217;ont pas peur de grimper (et courageuses, nous le sommes) sur la colline du château, seront récompensés par une vue panoramique sur la baie des Anges et les toits du Vieux Nice. Derrière la colline du château se trouvent deux magnifiques cimetières romantiques à souhaits. Le cimetière juif et le cimetière chrétien sont adossés l&#8217;un à l&#8217;autre. Devant le cimetière juif se trouve le mur récemment érigé en mémoire des 3602 juifs de Nice déportés durant la seconde guerre mondiale. On trouve dans le cimetière chrétien des monuments funéraires de toute beauté, dont celui, très touchant, de la famille Grosso qui perdit deux jeunes enfants. Je ne peux pas tout développer car cet article ferait 10000 mots, mais il  y a aussi à Nice le Palais Lascaris, joyau baroque qui contient une collection d&#8217;instruments de musique des XVIe et XVIIe siècles tout à fait exceptionnelle à faire pâlir d&#8217;envie Lapin qui me réclame une flûte et un tambour, combinaison ô combien explosive entre ses mains. Nous avons fait l&#8217;impasse sur les musées Matisse et Chagall, parce que dans la vie il faut faire des choix. Au rayon beauté Le massage Kobido Évidemment, notre séjour comportait une séance de hammam avec massage. J&#8217;avais choisi le massage Kobido, qui est une sorte de modelage japonais du visage, avec malaxage et palpé-roulé des bajoues : très agréable et relaxant. Vous ne connaissez pas ? Moi non plus, mais j&#8217;ai des copines qui lisent Elle, et visiblement d&#8217;après Elle, il FAUT connaître le Kobido, c&#8217;est LE truc anti-âge qui évite la chirurgie esthétique, te redensifie le collagène et te remaille l&#8217;épiderme, pratiqué par seulement 50 personnes dans le monde authentiquement formées dans la plus pure tradition nipponne, et heureusement pour les péquenots que nous sommes, par tout un tas de pécores non certifiées. Je vous vois frétiller, derrière votre écran. Vous piaffez d&#8217;impatience et vous dites : est-ce que ça marche, est-ce que ça marche ? Faut-il prendre un rendez-vous Kobido post-confinement ? Eh bien oui, ça marche. Je suis ressortie de là totalement lissée, comme si on m&#8217;avait repassé mes rides. Je n&#8217;aime pas dire que j&#8217;ai des rides, parce que ce ne sont pas vraiment des rides, voyez-vous, ce sont des marques laissées sur mon visage par mes expressions, parce que contrairement à Victoria Beckam, je ne fais pas toujours la gueule. Donc : la bonne nouvelle, c&#8217;est que le massage Kobido détend vraiment les traits. La mauvaise, c&#8217;est qu&#8217;il faut faire une cure intensive pour commencer, puis une séance d&#8217;entretien une fois par mois. À 50€ la séance (tarif non certifié), je me suis dit que finalement, mes rides étaient plutôt jolies, et mettaient mon visage en valeur. Je n&#8217;exclus pas de changer d&#8217;avis si je venais à recevoir un petit héritage pour cause de coronavirus (c&#8217;est affreux et je n&#8217;en pense pas un mot bien entendu). l&#8217;Atelier parfum Deuxième point beauté de notre séjour, nous avons participé à un atelier-parfum à Grasse, la ville des parfumeurs. Fragonard, Molinard, Galimard avec un seul L, nous avions l&#8217;embarras du choix. Animées de basses préoccupations financières, nous allâmes chez Galimard, qui offrait le meilleur rapport temps/prix. C&#8217;était très bien, et nous nous sommes amusées comme des petites folles. Nous avons créé notre parfum, assise chacune à notre orgue à parfums, en choisissant les notes de fond, de coeur et de tête. Ce fût l&#8217;occasion de découvrir, au cours d&#8217;un marathon intensif de sniffage, des fragrances inconnues. Opoponax, je suis sûre que vous n&#8217;aviez jamais...</p>
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		<title>Souvenirs d&#8217;un lointain été (3)</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Sep 2019 04:00:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chères abonnées de fraîche date arrivées ici suite à mon précédent article, un petit mot pour vous tout d&#8217;abord. Il y a-t-il un homme dans la salle ? Qu&#8217;il se dénonce. Vu votre faible nombre, vous me pardonnerez sans peine d&#8217;écrire au féminin. Donc, merci à vous toutes d&#8217;avoir rejoint cette belle et brillante communauté de lectrices ! J&#8217;ai été prise au dépourvu par l&#8217;écho qu&#8217;a suscité cette petite gueulante chez de si nombreuses personnes. Ayant un peu hésité à le publier, par peur de la polémique, j&#8217;ai été fort soulagée de lire que cela rejoignait le ressenti de la très grande majorité de celles ayant exprimé leur opinion. Je vous remercie mille fois de vos nombreux partages et de vos gentils messages, qui ont failli me propulser au 20h de BFMTV. Il s&#8217;en est fallu de peu. Vous verrez, ici je parle un peu de tout mais surtout de rien. Mais parfois, paf ! je suis comme traversée d&#8217;une microscopique étincelle, et je ponds un article qui a plus de succès que les autres. Je vous livre mon best-of, en dehors de ce dernier article qui a explosé toutes mes statistiques (un peu d&#8217;autosatisfaction n&#8217;a jamais fait de mal à personne) : N°1 : Travail &#8211; Famille &#8211; Épanouissement N°2 : Des avantages et des inconvénients d&#8217;une famille nombreuse (qui de manière rigolote, est surtout lu en Afrique ! ) N°3 : Mon avis sur l’Éducation Approximative d&#8217;Agnès Labbé (un excellent ouvrage sur la parentalité positive dans sa version réaliste) N°4 : Charge mentale et Éducation : comment élever nos garçons Bien sûr, il y en a plein d&#8217;autres très bien. Et je ne dis pas cela parce que c&#8217;est moi qui les écris. En dehors de cela, que vous dire ? Je suis une femme banale, la quarantaine banale, habitant une banlieue banale, les cheveux banalement bruns, avec des enfants merveilleux et un époux exceptionnel. Je nourris nos rejetons de jambon et de coquillettes, et je les éduque à la perfection, du moins dans la définition que j&#8217;ai de la perfection. Sachez que ma devise favorite, dans le domaine de la parentalité, est « il faut revoir ses ambitions à la baisse ». En fait, avant de dévier sur le périlleux sujet de la parentalité positive, je racontais benoîtement mes vacances, et j&#8217;en arrivais à l&#8217;épisode trois. Rassurez-vous, rien n&#8217;est perdu : vous pouvez retrouver les épisodes un et deux. Permettez que je reprenne, mon lectorat habituel étant douloureusement resté sur sa faim : vous savez ce que c&#8217;est, il faut soigner ses fidèles clients. ****************** Nous avons appris à nos grands les joies du tarot, avec un peu plus de suspense que les 7 familles. Chaton participait à sa manière, en dévoilant à haute voix le contenu du jeu de chacun. Assis à côté de moi, il me demande : « Et ça, c’est un roi de trèfle ? Non, c’est un roi de cœur ! » « Chut ! » réponds-je. « Non, je m’ai trompé, elle a un cavalier » reprend-il en me faisant un gros clin d’œil. On repassera pour les effets de surprise. Lapin, à son habitude, s’est occupé avec des cailloux, bâtons, coquilles d’escargot, vers de terre décédés, et pommes de pin (lesquelles sont les fruits du pommier, comme l’a déduit Chaton, fort logiquement). Il a jeté des quilles Molkky dans tous les sens, arrosé les plantes de sa mère-grand, quoique « inondé » serait un terme plus exact. Et au lieu de plantes, il faudrait lire « murs et fenêtres ». Il s&#8217;est adonné avec passion à la libre expression vocale et gymnique, sous forme de hurlements poussés en courant presque nu jusqu’au crépuscule : cet enfant n’est que créativité et spontanéité. Il me fait parfois penser à un petit chien pataud : il a absolument besoin de se dégourdir les pattes et de courir après des bâtons. « Vous l’élevez très mal » nous disent, la bouche pincée, ces grands spécialistes de l’éducation que sont Poupette Dolto et Loulou Rufo, oubliant les sales gosses qu’ils étaient il y a peu de temps encore. « Pffff, ce qu’il est capricieux ! » dit Loulou, amnésique de ces années où, pour une pochette de cartes Pokemon, il se roulait par terre en hurlant comme si on lui avait coupé une jambe à la tronçonneuse sans anesthésie. « Il va falloir qu’il arrête avec sa tétine, quand même », rajoute Poupette, qui a bu des biberons et sucé ses doigts jusqu’à plus de 5 ans. Comme quoi, Alzeihmer attaque tôt. Le 14 juillet fut l&#8217;occasion de constater que nos impôts partent, effectivement, en fumée. Nous en avons eu pour notre argent : on se serait cru en Normandie, sous les bombes en juillet 1944. Cette habile transition n&#8217;a pour objet que de vous conseiller l&#8217;excellent dessin animé « les Grandes Grandes Vacances », qui raconte la deuxième guerre mondiale vue par des enfants. J&#8217;ai découvert ce dessin animé par le compte Instagram de Une chambre à moi, et c&#8217;est réellement une excellente réalisation (française, cocorico) avec de jolis dessins et un scénario très juste, touchant, réaliste et adapté aux enfants. Il a plu à toute la famille. Il présente toutes les facettes des français à cette époque : les collabos, les indécis, les maquisards, l&#8217;instituteur résistant qui prend les apparences du fidèle au maréchal pour détourner les soupçons. Nous sommes donc confrontés à un petit dommage collatéral : il arrive que Chaton et Lapin entonnent « Maréchal nous voilà », ce qui me met un peu dans l&#8217;embarras car j&#8217;ai peur que les maîtresses nous prennent pour d&#8217;odieux fascistes. Un clou chassant l&#8217;autre, ils ont subi un petit lavage de cerveau à coup de Goldorak ce week-end.  La fin des vacances fut l&#8217;occasion d&#8217;aller visiter, pour la première fois pour moi, la galerie de paléontologie du Jardin des Plantes. Les enfants ont été ravis de cette passionnante visite &#8211; quoique Lapin ait montré plus d&#8217;intérêt pour sa banane que pour les fossiles. Les dinosaures et les mammouths ont évidemment eu beaucoup de succès. Il faut  reconnaître que les tyrannosaures, même à l&#8217;état de squelette, ont vraiment une sale gueule. Et pour finir, les charmants mots d&#8217;enfants qui ont ensoleillé mon cœur ces derniers jours : Chaton, déçu par ma piètre prestation parentale (je cherche encore quoi) : « Notre famille elle est super-nulle, et toi Maman, t&#8217;es la plus nulle de tous. » Lapin, scandalisé que je l&#8217;envoie au lit à 20H30 : « Maman t&#8217;es moche et je t&#8217;aime. » (Quand même. Ouf) N&#8217;est-ce pas délicieux ? Moi aussi mes chéris, je vous aime. Allez, au lit. &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160;</p>
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		<title>Souvenirs d&#8217;un lointain été (2)</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Aug 2019 04:30:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mais où sommes-nous donc partis ?&#8230; Disais-je, à la fin de ce premier épisode de nos souvenirs de vacances d&#8217;été. En Charente-Maritime, une révélation. Océan majestueux, pins splendides, villas cossues, douceur du sable, eau céladon, petites cabanes de pêcheurs sur pilotis. J&#8217;en avais posté quelques photos ici. Une petite promenade, que nous avions évaluée, en randonneurs expérimentés, à environ une heure, nous mena en dix minutes tout au plus à une plage charmante, par un petit chemin qui serpentait sous des chênes verts. Il faut vous l&#8217;avouer : nous devenons presbytes. Un kilomètre ou cinq, on a du mal à évaluer les distances. « Moi, j&#8217;ai très envie de ne pas y aller », nous avait dit Chaton, qui finalement apprécia fort de pouvoir enrichir sa collection de bâtons et de glands (Bien que celle-ci, à l&#8217;instar de la tapisserie de Pénélope, disparaisse mystérieusement chaque nuit en allant toute seule dans la poubelle, bref. Ceci est une autre histoire). C&#8217;est un coin assez bourgeois, et ça tombe bien, car nous, on adore les coins bourgeois, les jolies villas un peu désuètes aux marquises de verre, tourelles miniatures et grilles tarabiscotées. Nous y avons aussi trouvé moults bunkers, puisque se trouve-là une portion du Mur Atlantique construit sous les ordres d&#8217;Hitler à partir du printemps 1942. D&#8217;où la photo de Lapin à côté de Tinky-Winky. Je suis calée en Télétubbies, mais une vraie bille en Histoire : si par un malheureux hasard, vous étiez aussi peu cultivés que moi, je vous partage ma découverte de cet article intéressant de Géo sur la construction du mur Atlantique. Il ne sera pas dit que je n&#8217;aurai pas contribué à élever votre niveau. Nous avons été conquis par le très beau temps, l&#8217;agréable brise et la chaleur qui n&#8217;a pas le côté étouffant de la côte d’Azur. On y voit davantage de familles et moins de grandes blondes en micro-robes, perchées sur d’extravagants talons dans lesquels elles sont aussi à l’aise que moi dans mes pantoufles, le genre de filles énervantes qui me collent un ulcère et des contractures musculaires dans la mâchoire (en même temps, elles sont sûrement stupides – je me rassure comme je peux. Imaginez qu’elles soient intelligentes, en plus, quelle angoisse). Le seul point commun entre Saint-Tropez et la Charente-Maritime, est l&#8217;incompréhensible tendance des gens à rissoler sur la plage sous un soleil au zénith, jusqu’à prendre l’appétissante couleur d’un jambon industriel. Alors que rester bien blanche comme une baguette peu cuite, c&#8217;est quand même plus classe, non ? Mais surtout, surtout, le gros avantage de cette région, est la présence en abondance de coquillages, de bernard-l’hermite (qui ne s’accorde pas au pluriel, apprends-je avec stupéfaction; Jésus Marie Joseph, dire que l&#8217;on peut vivre des émotions aussi excitantes que cela en ouvrant un dictionnaire !), et de crabes verts, au grand ravissement –teinté d’épouvante- des enfants qui ont trouvé là une raison valable de nous ravager les tympans en poussant des cris suraigus ET perçants. Heureusement, je les surveille à bonne distance et du coin de l’œil &#8211; marée basse, motricité libre et tout ça tout ça obligent. Mais je connais des mouettes qui doivent encore, à l&#8217;heure qu&#8217;il est, avoir les oreilles qui sifflent. J’ai aussi fait ma petite récolte, car j’ai eu une idée géniale : Et si j’offrais, pour ses 50 ans, un magnifique cadre photo en coquillages, bois flotté et fil de fer de bouchons de champagne, à mon mari ? Le cher homme, il mérite bien un aussi somptueux cadeau, fait avec amour et ferveur. Un beau cadre, de taille imposante, pour y mettre une photo de famille format poster. N’est-ce-pas une idée géniale et touchante ? J&#8217;imagine déjà son regard humide de reconnaissance et d&#8217;émotion. Je suis sûre qu’il adorera, mais chut, pas un mot : c’est une surprise. Comme nous étions en club, nous avons participé aux activités : une grande première pour moi, car je suis en général assez snob et aime me démarquer de la populace en me promenant avec un livre gros, ennuyeux et inintelligible sous le bras. Mais je me suis laissée tenter par les tournois de Molkky et de fléchettes, et même par la zumba en famille : une semaine de plus, et j’étais prête à faire la chenille qui redémarre. J’ai quand même un problème avec la zumba. Comment faire pour coordonner en même temps et dans différentes directions tous ces bras et toutes ces jambes ? Je ne suis pas un poulpe, moi. Ce n’est pas là où j’excelle. En revanche, j’ai atteint le summum de la grâce, un soir où nous assistions avec les enfants à un spectacle de ballons sculptés. Je scrollais mon fil Instagram distraitement, parce que c’était quand même un truc pour les gosses, hein, et je pense que ce fut en raison de cela que le gugusse officiant sur scène (au torse sculpté et aux abdominaux travaillés, notai-je incidemment au passage), dans un esprit de revanche assez mesquin, me choisit comme victime, sous les applaudissements de la foule, et sous les yeux hilares ou consternés, je ne sais trop, de mon mari et des enfants. Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à devoir danser, déguisée en Maya l’Abeille, coiffée d’antennes en ballon et affublée d’une paire d’ailes gonflables dans le dos. Comme quoi, la roche tarpéienne n&#8217;est pas loin du Capitole, et le ridicule jamais loin de la célébrité. Bien entendu, le premier qui osera diffuser ces images de moi sera menacé de divorce ou de spoliation d’héritage. Cela va de soi (mais cela va mieux en le disant). Voilà pour cet épisode, chères lectrices et quelques rares lecteurs. Je vous souhaite une belle rentrée, en douceur et sous le soleil, et m&#8217;en vais réfléchir à la suite de mon feuilleton (qu&#8217;est-ce qu&#8217;on bosse, par ici).</p>
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		<title>Souvenirs d&#8217;un lointain été (1)</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Aug 2019 04:31:51 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[coquillages et crustacés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle émotion de vous retrouver tous, là, fidèles au poste ! Vos petits clics, vos petits likes, vos petits commentaires, cela m&#8217;avait manqué. L&#8217;été, c&#8217;est vraiment le cauchemar de la blogueuse : tout le monde se barre photographier ses orteils ou ses mômes sur toutes les plages du monde, deux mois durant. Mais bonté divine, qu&#8217;attendent-ils, à l’Éducation Nationale, pour raccourcir les vacances scolaires ? Les enfants ne font plus les moissons ni les vendanges, il me semble, non ? Enfin. Nous sommes là pour que je vous parle de ce que je fis durant ces semaines passées sans vous. Ah, les vacances ! Lointain souvenir d&#8217;un mois de juillet chaud, torride, ensoleillé, qui s&#8217;efface peu à peu sous les frimas d&#8217;octobre (Nous les nordistes sommes en avance sur notre temps). Hier, par miracle, les petits ont fait la sieste ! J&#8217;ai pris bien garde de chuchoter et de me déplacer en pantoufles, afin de ne pas les réveiller, sinon, CLAC ! Ils ouvrent leurs grrrrands yeux et hurlent avec leurs grrrrandes bouches pleines de dents ! J&#8217;ai enfin pu avancer un peu sur cette série d&#8217;articles d&#8217;été. Série, car afin de distiller le suspense et de ne pas vous assommer (puisqu&#8217;il parait que mes articles sont trop longs, n&#8217;est-ce-pas Cécilia ;-D), je vais feuilletonner un peu. Il fallut faire les valises. Décider si on emmenait deux ou trois shorts par enfant, y inclure une surcote due aux accidents pipi, aux éclaboussures de sauce tomate, aux chutes dans la boue, aux circonstances non identifiées ; Dire aux grands « Débrouillez-vous, mais vos affaires doivent tenir dans ÇA » ; Penser aux indispensables, doudou, tétines, réducteur de toilette, seau, pelle, râteau, ballon, serviettes de plages, tentes anti-UV, crème solaire, chapeaux, tongs, biberon, bouquins, quelques jouets, QUELQUES, hein on a dit quelques ! Qui ont fini par occuper un énorme sac, C’est bon on a tout ? Oui, je crois, on a tout, et c’est la première année, je dis bien la première année, que les bagages ne se sont pas finis sur une engueulade. (Veuillez appuyer sur le bouton ci-dessous, je vous prie) La veille, nous avions soigneusement préparé notre trajet. « C’est par où ? » demandai-je à mon bien-aimé. « Par-là, je crois », me répondit-il, en faisant de la main un vague geste circulaire comme s’il essuyait un carreau. Et c’est ainsi qu’à 5h30 du matin, munis de petites têtes ébouriffées et de petits yeux ensommeillés (et d&#8217;un GPS, finalement), nous sommes partis. Je tiens à le dire : Lapin, qui était avec moi, a été d&#8217;une sagesse absolument remarquable. Il m&#8217;a fait mentir, moi qui prévoyais un voyage apocalyptique pour mes nerfs. Je ne sais pas qui, parmi vous, l&#8217;a prévenu qu&#8217;il fallait se tenir à carreaux, mais cela a été efficace : merci. Nous avons vu le soleil se lever sur les champs de blé d’abord argentés, puis blonds pâles, dorés et enfin incandescents. Avec parfois les épis frissonnants, parfois déjà les chaumes ras, les rouleaux de foins et leur merveilleux parfum. Des renards partaient se coucher, des chevreuils broutaient paisiblement, des buses s’éveillaient en s’ébrouant. C’était magnifique, bucolique, apaisant. Cette année, nous nous sommes offert, pour la première fois depuis 4 ans, une semaine en pension complète dans un club. Rien à faire. Zéro cuisine. Une seule lessive pendant la semaine. La dernière fois que cela m’était arrivé, c’était… c’était… non, je ne sais pas, en fait. Ça remonte à la Genèse. Nous collâmes sans aucun scrupule les petits au mini-club, autant que possible. Les grands menaient leur vie indépendante de jeunes rebelles; Les parents, leur vie de parents rincés, vidés et épuisés, c’est-à-dire : Dormir. Manger. Glander. Manger. Sieste. Lézarder. Apéro. Manger. Écouter les grillons. On pourrait penser qu’à laisser ainsi nos enfants, un soupçon de remords nous aurait saisis, étant donné que… travaillons tous les deux… grosses journées pour ces pauvres petits… cantine, garderie, centre de loisirs… peu de temps passé avec eux… conditions de la vie moderne… besoin de leurs parents… Mais en fait, le temps passé avec eux compte triple, voire quintuple, tant il est dense ! C’est de l’extrait de concentré de vie familiale. Par amour pour eux et afin que leurs parents durent le plus longtemps possible, nous les avons donc expédiés hors de nos pattes. Et ma foi, à les voir traverser le club en hurlant et courant, escortés par des animateurs plus jeunes et plus véloces que nous, ils n’avaient pas l’air de nous regretter. Ce furent des vacances sauvages : Sans sèche-cheveux, sans maquillage et même, sans déodorant !  (pour moi – nul décès par intoxication n&#8217;est à déplorer), sans mousse à raser ni rasoir (pour lui – je vous vois venir). J&#8217;opère, en effet, une tentative d&#8217;acceptation de mon enveloppe physique, sans la dénaturer par de grossiers artifices, destinés à maintenir la soumission des femmes au machisme patriarcal d&#8217;une part, et à engraisser les vils actionnaires des lobbies pharmaceutiques d&#8217;autre part. Enfin, je l&#8217;ai fait dans les bornes de certaines limites, quand même. De son côté, mon chéri a décidé de se faire pousser la barbe pour ressembler à Georges Clooney. Tous les matins, il se plantait devant le miroir et lui  demandait : « Miroir, mon beau miroir, ne suis-je pas le plus beau des hommes barbus ? » et le miroir lui répondait : « Certes tu es très beau, mais Georges, de l’autre côté de l’océan, est encore plus beau que toi &#8211; pour l&#8217;instant. » Comme il était un peu dépité, je lui ai dit « Laisse tomber, il raconte n’importe quoi, je doute que Georges Clooney soit venu dans ce club de vacances se contempler face à ce looser de miroir bigleux. Tu es infiniment beau, d’ailleurs j’ai bien vu ce matin que la jeune fille du buffet viennoiseries à volonté te reluquait.» (Photo prise lors de mon dernier dîner avec Georges, à Paris (-Match) Et voilà comment je maintiens notre amour toujours aussi vif, malgré le temps qui passe, la vie familiale qui agace, la fatigue qui lasse, la vaisselle qui casse. Si vous m’envoyez 50€, j’ai encore d’autres conseils pour vous, et la personne que vous aimez reviendra vers vous comme un chien qui court derrière son maître. (J’ai un petit cabinet de consultation vers Barbès) (C’est un peu parisien comme blague, pardonnez-moi si vous n’avez pas saisi la subtile allusion).Vous aussi, faites le vôtre sur http://www.megabambou.com/pmg/index.html Mais où sommes-nous donc partis ? Vous le saurez dans un prochain numéro de votre feuilleton d&#8217;été ! A suivre très vite (enfin, assez vite), sur votre blog favori !</p>
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		<title>Chut&#8230; ce sont les vacances !</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Jul 2019 14:14:18 +0000</pubDate>
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		<title>Je suis venue vous dire, que je m’en vais…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Petitsruisseauxgrandesrivières]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jul 2019 04:11:08 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[vie personnelle]]></category>
		<category><![CDATA[été]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Juste pour les vacances, calmez-vous, juste pour les vacances ! Demain, je pars&#8230; Enfin, si j&#8217;ai réussi à finir tout le boulot que j&#8217;ai à faire avant. Mais en théorie : je pars. Je fais partie du camp des juillettistes. C’est trop bien de partir en juillet. D’abord, parce qu’à cause du réchauffement climatique, ou du refroidissement, on ne sait plus trop, il fait beau du 20 juin au 29 juillet uniquement. L’automne commence le premier août désormais. Vous ne saviez pas ? Mince alors, pas de bol. Donc moi, je pars vraiment en été. Mais je vous raconterai comment c’était, promis. Ensuite parce que quand je reviens, Paris est désert, et ce sont encore plus les vacances qu&#8217;en juillet, même si je travaille. À moi le boulevard Saint-Germain, les Parisiens détendus (parce qu&#8217;en fait ce ne sont pas des Parisiens, ce sont des touristes), les terrasses sous les platanes, presque comme en Provence. Comme il faut bien une justice en ce bas monde, la contrepartie de ces vacances, c’est que je vais m&#8217;enquiller 6 heures de route avec 50% des enfants. Ben oui, nous n&#8217;avons pas de grosse voiture familiale, nous avons décrété que c&#8217;était un investissement inutile pour ne servir que quelques fois par an. Nous partons donc à deux voitures. C&#8217;est mal, mais nous ne sommes pas Bill Gates et n&#8217;avons pas les moyens de nous offrir le luxe inouï de billets de train en famille, désormais aussi chers que du caviar. Et puis de toute façon, on se ferait défenestrer par nos voisins de wagon, à cause de qui vous savez et de ses brillantes inventions. Donc, il va falloir occuper l&#8217;énergumène dont je serai chargée. Je pense qu&#8217;on va tirer à la courte paille pour choisir qui ira avec qui. Mais que ce soit Chaton ou Lapin (les grands ayant passé l’âge de demander « quand est-ce-qu’on arriiiive ?» dès la porte du garage franchie), il va falloir les occuper. Je tenterai donc l’exploit digne d’un triathlon de 1/ conduire, tout en 2/ filant des biscuits et des compotes et en 3/ racontant des histoires mais aussi en 4/ faisant des petits câlinous, et en 5/ ramassant les jouets tombés à terre, le coude tordu derrière mon siège, le tout assistée de mon fidèle homme de main, Poupette. Je tenterai également de juguler les pulsions de meurtre et autres tentatives d’abandon sur aire d’autoroute qui ne manqueront pas de me traverser l’esprit. Je penserai à vous, au cours de ces jours de « repos », passés en compagnie des enfants. Jour et nuit. Peut-on vraiment parler de vacances, en fait ? Je vais essayer de les ramener vivants, en espérant que nulle marque au charbon ardent (de barbecue), nul point de suture (à coup de pelle de jardinage), nulle piqûre d’oursin ou de méduse n’ornera leur peau de soie. Souhaitez-moi bonne chance. Que vais-je faire pendant mes vacances ? Lire des piles de romans ? Oui, j’en ai déjà emprunté quelques-uns à la bibliothèque. A ce propos, je vous recommande « la papeterie Tsubaki » de Ito Ogawa (ou Ogawa Ito, mince, je ne sais plus), un très joli roman japonais, qui conte les aventures d’une jeune femme calligraphe et écrivain public, ses rencontres, les amitiés qu’elle lie grâce aux missives qu’elle écrit pour les autres… un roman délicat comme un cerisier du Japon en fleurs, pour rester dans le thème. Et également, Manifesto, de Leonor de Recondo, un adieu au père, dans la chaleur du sud, et une conversation imaginaire avec Hemingway… Beau, vibrant et chaud. L’an dernier à la même époque, je vous avais recommandé une liste de bouquins. Si vous ne les avez pas tous lus, vous pouvez vous en inspirer pour votre play-livres de l’été. Sinon, je vais aussi me mettre les pieds sous la table, et dans l’eau, les deux en même temps si je peux, avec un verre de rosé entre les doigts, voire même un Spritz avec quelques glaçons tintinnabulants. Et un grand chapeau de paille aux larges bords sur la tête. Et une revue futile entre les mains. Je me ressourcerai face aux éléments afin de puiser dans leur beauté sauvage un souffle digne de celui qui inspira Chateaubriand, ou Rousseau. Rien que cela. Contempler la mer, chercher des coquillages, de jolis cailloux, prononcer des phrases qui passeront à la postérité, telles que : « oui mon chéri il est beau ton château » (le « mon chéri » ne désignant pas forcément un enfant), « viens là, que je te remette de la crème solaire », « ne partez pas trop loin », « d’accord mais tu rentres pour 18H », « ne touche pas à ces plantes s’il te plaît », « bière ou rosé pour l&#8217;apéro ? », « ARRÊTEZ de faire des oreilles de lapin à mamie, ça fait quatre fois que je reprends la photo ! », « non, vraiment, on ne montre pas ses fesses à l&#8217;église », « freine, attention, freine, FREINE JE TE DIS », et toutes ces petites choses. Et à dans 3 semaines ! Hagarde ou reposée, l&#8217;avenir le dira. N&#8217;oubliez pas que mon blog reste ouvert jour et nuit. Venez-y entre amis, à la bonne franquette. Je vous bise.</p>
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		<title>Carte postale des bords de Seine</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Jun 2019 04:10:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des enfants qui courent et crient, cheveux au vent et petites dents de perle, des amoureux qui s’embrassent langoureusement, des jeunes femmes rêveuses, assises au bord des quais, qui balancent leurs jambes au-dessus de l’eau verte, des musiciens qui répètent, guitare à la main, des amis qui boivent des bières et mordent dans des sandwichs. Puis la fraîcheur subite, au passage d’un pont. Des touristes sympathiques, des retraités bruyants, des dormeurs au soleil sur la rive, des drapeaux qui flottent et claquent au vent, la coupole de la bibliothèque Mazarine. Amarrées, de vieilles péniches en bois aux jardinières fleuries, le linge qui sèche sur le ponton ; des pakistanais à la tête enturbannée, les volées d’escaliers qui grimpent vers les avenues, des poubelles éventrées, puis le Pont Neuf, sa blancheur qui enjambe la Seine, l’obscurité, et l’éblouissement du soleil. Les boîtes vert sombre des bouquinistes, les platanes d’un vert plus clair qui agitent doucement leurs branches, Notre-Dame surmontée de l’entrelacs d’échafaudages soudés par l’incendie, les smartphones qui se lèvent pour l’immortaliser, les commentaires des touristes, le vent dans mes cheveux. Les gens qui font coucou depuis le bateau, ceux qui répondent depuis les quais, lancent des baisers parfois, ou font semblant de ne rien voir, car c’est le dixième bateau-mouche qu’ils voient passer depuis leur arrivée. Encore un pont, Sainte Geneviève qui veille sur la Seine. Les jardins au bord de l’eau de l’Institut du Monde Arabe, des couples qui dansent le tango, l’odeur des sardines grillées d’un barbecue clandestin. Le virage au bout de l’Ile Saint-Louis, les remous écumeux dans la Seine, la devanture de Berthillon entraperçue et ses souvenirs de glace chocolat-mendiants. Le pimpon des sirènes de police. Les palmiers en caisse devant l’Hôtel de Ville, les trottinettes qui filent, les cyclistes aux cuisses nues ou en pantalon, les chapeaux en paille, les lunettes de soleil, en écaille, ou aux reflets métallisés. Des livres qui cachent des visages, des journaux déployés, les restaurants de plein air sur les quais de Seine, les badauds qui flânent, les tractopelles et les engins de travaux publics un peu partout. Les peupliers frissonnants des bords de Seine. La plus petite maison de Paris, serrée entre une grande façade blanche et une demeure cossue de briques rouges. La silhouette majestueuse du Musée d’Orsay, l’immense verrière du Grand Palais, la pointe dorée de l’Obélisque de la Concorde et la voûte noire du pont de l’Assemblée Nationale. Les chevaux triomphants du Pont Alexandre III qui s’élancent vers le ciel, l’eau sombre et verte qui tournoie, les coupoles étincelantes de Saint Vladimir le Grand, comme des œufs de Pâques posés devant la Tour Eiffel solidement campée sur ses quatre jambes de fer, une mariée chinoise dans une robe de princesse qui prend la pose sur le quai. Papi et ses deux fils, en chemise, accoudés au bastingage, Chaton et Lapin sur le ponton inférieur qui martyrisent les audioguides en tirant sur l’espèce de tuyau de douche qui les relie au banquettes, l’embarcadère qui se rapproche, le bateau qui freine, vire, et s’amarre. J’avais oublié à quel point ce Paris de carte postale était magnifique, et combien il est agréable de jouer à la touriste, parfois.</p>
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		<title>Chroniques d&#8217;Aoûtembre (vol. 2)</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2018 04:30:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai été brutalement interrompue par Lapin réclamant avec vigueur sa pitance matinale, alors que j&#8217;étais partie pour vous raconter d&#8217;une traite mes affriolantes aventures d&#8217;été. Reprenons. Chuuuut, là-bas au fond, silence. tss tss tss. Où mon fantasme le plus fou a été assouvi Car oui, j’ai assouvi un fantasme pendant ces vacances : je suis partie. Seule. Sans mari. Ni enfants. Entre femmes. Trois précieux jours. Hiiiiiiiiiiiiiiii ! Je suis partie de bon matin d’un pas preste et agile, refermant sans remords la porte de notre appartement sur mon époux, abandonné (décidément, le pauvre) dans la cage aux fauves et aux petits pois surgelés. Quoi de plus beau que de tirer sa valise sans se retourner tous les trois pas pour géolocaliser ses rejetons, aussi insouciante qu&#8217;une jouvencelle ? Je m&#8217;en fus dans la belle ville de Bordeaux. Par une conjoncture astrale favorable, j’ai rencontré deux blogueuses de grande envergure, Maman Délire et Virginie Ne Le Dites à Personne. Je ne vous cache pas qu&#8217;en tant que blogueuse débutante, j&#8217;étais impressionnée de les rencontrer, elles qui ont commencé au paléolithique. Elles sont restées d&#8217;une grande simplicité et sont venues sans verres fumés, sans limousine, sans garde du corps. Nous sommes allées dans un endroit top-branchouille, style bureau-resto-coworking où ne viennent des gens hype, sérieux, importants, mais fun et cool. Après un point-presse sur l&#8217;actualité blogosphérique, nous avons discuté des tendances que nous allons lancer, et des idées-marketing novatrices de Virginie. J&#8217;ai juste noté que Maman Délire avait l&#8217;air complètement jetlaguée, elle avait un chapeau de cow-boy sur la tête et a insisté pour mettre du ketchup dans sa salade vegan ultra-biologique. Je ne peux vous dévoiler tout le contenu de nos conversations, mais je vais quand même vous en livrer quelques bribes, bande de chanceu(x)ses. On a causé 1/ enfants, 2/ maris, comme toute femme qui vit un week-end de rêve sans enfants ni mari, 3/ reconversion, car la blogueuse est un être qui se cherche et qui cherche un sens à sa vie et 4/ bicarbonate de soude pour faire le ménage. On a aussi un peu médit sur le dos de nos époux, évidemment, quelle question ! Mais juste un peu. Mais pourquoi suis-je partie à Bordeaux ? Pour picoler. Non, hélas, je n&#8217;ai pas bu une goutte de vin durant ce séjour. En réalité, j’ai poursuivi ma route pour rencontrer l’équipe du site des Fabuleuses au Foyer, auquel je collabore. Comment ? Tu ne sais pas qui sont les Fabuleuses au Foyer et tu n&#8217;y es pas encore inscrite ??? Je t&#8217;explique : Si tu es une maman, si tu en baves avec tes sales mouflets, si tu as envie de les passer à la moulinette, ou de les coller à l’assistance publique; si tu as un nourrisson qui braille non-stop, un terrible-two qui se roule par terre ou un ado énergique comme une huître anémique; si des envies de meurtres te prennent quand tu arrives au boulot le matin, si tu cavales toute la journée comme un chat maigre entre le boulot et la garderie; si tu es au bord de la crise de nerfs, ou même si tu as coché une seule de ces cases, alors, tu es une Fabuleuse toi aussi ! Va voir ce site. Son but est de te tapoter dans le dos si tu bois la tasse, et de te donner un mouchoir si tu pleures, puis de te tirer par la main pour te remettre debout : en un mot, de te soutenir et t&#8217;encourager dans ta vie de mère. Car nous le savons bien toutes : en dehors des quelques minutes où nous posons fraîches et pimpantes pour un selfie instagram, nous courons échevelées et hagardes, derrière un marmot hilare en lui hurlant « ENFILE TON SLIIIIIIP PAR PITIÉ, IL EST 8h20 ! » (Dites-moi que je ne suis pas la seule à qui cela arrive). Si tu arrives à enfiler dans les temps le slip de ton enfant, et même le reste de ses vêtements, mais que la belle-soeur de ta cousine court tous les matins après son enfant pour lui enfiler son slip, transmets-lui ce lien.  Si tu es un homme et que tu souhaites comprendre ta femme (et l&#8217;aider à courir après votre enfant pour enfiler le slip), vas-y aussi : tu vivras la troublante expérience d&#8217;être dans l&#8217;esprit d&#8217;une femme. Si tu es plombier-chauffagiste et que tu cherches des tuyaux en cuivre diamètre 18 mm, je suis au regret de t’annoncer que tu es tombé sur la mauvaise page. Néanmoins, tu peux toujours transférer ce lien à une de tes clientes (surtout si cela fait 3 mois que tu la fais poireauter pour remettre en état sa salle de bains; ça la détendra, tu verras). Bref, j&#8217;ai reçu une invitation aux Team Days des Chroniqueuses des Fabuleuses au Foyer. Pourquoi ai-je, moi, reçu une invitation ? Un instant, j&#8217;ai cru qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une erreur d&#8217;aiguillage mail. Et puis, je me suis souvenue que wesh, j&#8217;y suis chroniqueuse. Chroniqueuse depuis peu, chroniqueuse en carton, mais chroniqueuse quand même. Ça claque, non ? Et en lisant ce mail, j&#8217;eus la sensation d&#8217;avoir trouvé le ticket d&#8217;or dans ma plaque de chocolat Wonka. Et ça, c&#8217;était absolument fabuleux. C&#8217;est pourquoi, après avoir quitté Maman Délire et Virginie NLDAP, je me hâtais, le coeur battant et les joues rosies, dans les petites rues pavées du vieux Bordeaux, à la rencontre d&#8217;Hélène et de sa fabuleuse équipe. Hélène, elle s&#8217;appelle Hélène, et c&#8217;est une fille comme les autres (Je sais, c&#8217;est facile). Nous avons passé un week-end entre filles, à nous brosser les dents entre filles, nous maquiller entre filles, aller à la plage entre filles, faire la cuisine entre filles, parler de trucs de filles entre filles, et élaborer des trucs de filles pour les filles : le Nirvana des vacances. Bref, sur le pourquoi, le comment, le quoi, et le où, je te laisse aller te documenter sur le site, qui raconte tout.  Ces moments idylliques entre filles m&#8217;ont plus reposée que 3 semaines de vacances avec mes nains. C&#8217;est donc flottant sur un petit nuage, reboostée comme si j&#8217;avais avalé un smoothie ACE assaisonné au Redbull et remplie des meilleures intentions du monde que j&#8217;ai retrouvé mon époux. Il m&#8217;a accueillie le sourire au lèvres, détendu et serein, avec tous les enfants, vivants et intacts. Il avait même fait des lessives, c&#8217;est dire à quel point c&#8217;est un homme exceptionnel. Je sais, c&#8217;est une perle. Oui, c&#8217;est trop tard, il est à moi et il a signé. Non, je ne vous donnerai pas son 06.  Pensez-vous qu&#8217;un reproche a franchi la barrière de ses dents ? Non point. Pas même le plus petit soupir de soulagement. Preuve que je peux repartir bientôt, plus souvent, plus longtemps, plus loin. Il est mûr, je le sens. Comme je ne suis pas une ingrate, il a donc gagné le droit de passer un week-end entre garçons, à se brosser les dents entre garçons, à se maq&#8230; enfin, un week-end de garçons, quoi. Libérée, délivréeeeee ! Je n’ai pas échappé non plus au phénomène de la rentrée, mais je n’ai guère de choses à en dire. Enfin, si ! YEEEEEEAH !!!! ENFIN !!!! danse de la joie, claquettes et cheveux aux vents. A moi le doux repos de l’année scolaire, la détente au travail, la bienfaisante séquence sortie d’école – coquillettes – bain – histoire – dents et dodo ! C’est avec enthousiasme (surtout de ma part) que Poupette, Loulou, Chaton et Lapin ont pris le chemin du collège ou de la maternelle, afin d&#8217;étancher leur soif intense de connaissances intellectuelles sur les bancs de l&#8217;école républicaine, laïque, gratuite et obligatoire. (Oui, encore) &#160; Les grands sont rentrés au collège (4e et 5e). Autant dire qu&#8217;à cet âge-là, c&#8217;est trop la honte de se faire accompagner par ses parents. Et puis ce sont des vieux briscards de la scolarité : affaire classée, au suivant. (n&#8217;est-ce pas délicieusement désuet, cette ardoise et ce cartable en cuir ?) Pour Chaton aussi, la moyenne section est passée comme une lettre à la poste. Il est arrivé les bras chargés d&#8217;une boîte contenant de merveilleux trésors, dont un nid de merle, des bourdons morts de taille et espèces diverses, une coquille d’œuf d&#8217;oiseau, des bédégars d&#8217;églantiers (vous vous demandez ce que c&#8217;est ? ha ha !), et une tête de cardère. C&#8217;est qu&#8217;on avait bossé dur pendant les vacances, histoire de se faire bien voir de la maîtresse et de récolter un maximum de smileys rigolards dans son livret d&#8217;évaluation de compétences.  Lapin inaugurait sa rentrée en petite section, extrêmement motivé. Le premier jour, levé dès 4h30 du matin, et déçu que je lui signifie fermement qu’il devait encore dormir, c’est son sac sur le dos, à pieds, qu’il se rendit fièrement à l’école. Il ne pleura même pas quand je partis, trop occupé à écrabouiller de la pâte à modeler. Le deuxième jour, c’est très décidé qu’il signifia à la maîtresse son désir de commencer la journée en donnant libre cours, et sur le champ, à son inspiration artistique. Et le troisième jour, c’est sans aucune ambiguïté qu’il m’annonça, par des cris déchirants, sa décision ferme et définitive de mettre un terme prématuré à ses études. Décision qui, dans le respect de sa sensibilité, de sa personnalité et des principes d’éducation bienveillante (#stopVEO), reçut un veto non moins ferme et non moins définitif. Hier matin était le premier jour où j&#8217;ai du le déposer à la grille de l&#8217;école. Il est parti en vivante personnification du désespoir, mugissant luette et molaires au vent, remorqué par sa gentille maîtresse. Nous en sommes là. En mère de famille nombreuse débordée et dénaturée, et connaissant ses talents de tragédien, j&#8217;avoue que cela ne m&#8217;a pas outre mesure bouleversée. Au pire, il fera comme tout le monde : il se paiera une thérapie quand il sera grand et ira déblatérer sur sa mère et le traumatisme subi en petite section de maternelle. Mais pour de vrai, j&#8217;ai plus de peine pour les oreilles de son institutrice. Et aussi pour moi, car c&#8217;est mon tout petit dernier bébé qui rentre à l&#8217;école : j&#8217;ai fait le premier pas vers la ménopause et les bouffées de chaleur, sans espoir de retour. Je suis en phase avec les saisons, je rentre dans l&#8217;automne de ma vie. Allez, soyez sympas, plaignez-moi un peu. &#160;</p>
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		<title>Chroniques d&#8217;Aoûtembre (vol.1)</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Sep 2018 04:30:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai décidé de laisser passer le flot de récits de vacances fin août, puis de rentrée début septembre. La pertinence de ce pari audacieux est sans doute contestable. Car qui s&#8217;intéresse aux récits de vacances et de petite section de maternelle, lors des premiers frimas, une fois les tongs remisées au vestiaire, les derniers grains de sable époussetés et la doudoune ressortie du placard ? Tant pis, je prends le risque. Voilà donc un article qui s&#8217;adresse à un public hautement select et dénué de tendances panurgéennes, comme toi, toi, toi, toi, toi, et toi aussi qui fais ta pause-pipi du matin en scrollant sur ton portable, la culotte aux chevilles. Le bilan du complot  Mi-juillet, j&#8217;avais ourdi un plan machiavélique : prendre le contrôle de la blogosphère durant l&#8217;absence du dessus du panier, c&#8217;est-à-dire de celles qui sont suffisamment sûres de leur audience pour se permettre de coller un post-it sur leur blog : « Je suis en congés, laissez-moi un message, bises, biiiip ». Ce n&#8217;est pas notre cas à nous, petits commerçants de la blogosphère qui vivotons chichement d&#8217;expédients et de rapines. Bref, après avoir publié quelques articles afin d&#8217;appâter lectrices et lecteurs qui se faisaient aussi rares en ce mois d&#8217;août que merlu en Atlantique Nord-Est, je me suis résolue, la mort dans l&#8217;âme, à partir en vacances. Oui, parfaitement : la mort dans l&#8217;âme. Mais je n’ai pas perdu totalement espoir ! Colbert planta des chênes pour bâtir des navires de guerre deux siècles plus tard, et sans doute que mes arrière-petits enfants verront, eux, le fruit de mon labeur estival. Le départ en vacances Je remplis donc ma cahotante guimbarde des turbulents Chaton et Lapin dûment pourvus de totottes, doudous, feutres, livres, cahiers, compotes, biscuits, playmobils, lunettes de soleil, petites voitures, bâtons, cailloux, bouteilles d&#8217;eau, legos et autres indispensables. Mon mari éclopé du genou gisait, seul, abandonné, dans notre appartement torride, un sac de petits pois surgelés sur la jambe. Seul, mais au calme ! Attendant d’avoir récupéré de son opération, et d’une semaine avec ses plus jeunes fils. On ne saurait dire laquelle des deux fut la plus éprouvante. Donc nous partîmes, trois. Car chez nous, avec Poupette et Loulou, les plannings de vacances tiennent de la haute voltige, et que je te le pose ici, et que je te la récupère là. Nous partîmes pour une contrée sauvage, où les flancs des volcans sont verdoyants et les autochtones accueillants, chaussés de curieux souliers en bois au bout pointu. Bali pensez-vous ? L&#8217;Islande ? Pas du tout, l&#8217;Auvergne. Après la cure thermale à Belle-Île, ce fut la cure de Saint-Nectaire. Saint-Nectaire à midi, à l&#8217;apéro, au dîner, car le Saint-Nectaire, c&#8217;est bien connu, est fait avec du lait de vaches qui broutent les bonnes petites fleurs des prairies auvergnates, donc manger du Saint-Nectaire revient à se soigner par aromathérapie.  Là, entre deux lichettes de ce délicieux fromage, Lapin et Chaton purent s’initier à la chasse aux escargots, au tir à l’arc (fabriqué à l&#8217;ancienne par mes soins), et au jardinage approximatif -traduire : au massacre de plates-bandes sous l’œil stoïque de leur bienveillante aïeule. Avec sa créativité sans limite, Lapin développa une technique destinée, certainement, je le subodore, à faire rougir les roses et les géraniums, en les fouettant vivement avec un bâton afin de leur faire monter le sang aux joues. Enfin je crois. Il n’a pas été très clair sur son cheminement intellectuel. Bref, mi-août, par un prompt renfort, nous étions six : Poupette récupérée au vol, Loulou arrivé avec son père et les petits pois surgelés. Le re-départ en vacances Après un long voyage, dans une voiture sans climatisation, sous un soleil radieux, nous arrivâmes à bon port dans un charmant petit village du sud de la France, fleuri de bougainvillées, d’agapanthes, de laurier-roses et de cactus. Baignés de soleil, et envoûtés par le chant des cigales cachées dans les micocouliers, nous ouvrîmes la lourde grille verte de la maison de Papi. Le sourire aux lèvres, poussant un soupir de soulagement, nous nous apprêtions à prendre nos quartiers d&#8217;été, accueillis par un parfum, des effluves, … un relent… Mais qu’est-ce donc ? Une puanteur immonde, digne d’un cadavre de coyote nourri de vautours charognards s’exhalait du réfrigérateur, rempli de bouffe pourrie, de jus de fruits fermentés et de pâtés avariés. Une nuée de grosses mouches vertes s’empressa de venir nous aider à réparer les dégâts, consécutifs à un orage qui avait tout fait disjoncter. S’ensuivirent de longues heures d’autopsie d’extraction du contenu avarié, de nettoyage, désinfection, javellisation avec les pastilles low-cost de Papi qui ne se dissolvent jamais (ou si lentement que j’aurais eu le temps d’emmener le frigo à la déchetterie et d’en racheter un autre), désodorisation, rinçage, deuxième tournée avant de pouvoir enfin, fourbus et hébétés, nous poser sur notre lit, non sans nous être nous-mêmes consciencieusement nettoyés, désinfectés, désodorisés, rincés, etc, etc. Après cette arrivée idyllique, nous avons flemmardé, et fait… pas grand-chose, ma plus grande balade étant le tour du village pour vous poster des images alléchantes. La particularité la plus saillante de ce village, à mon sens, est la présence d&#8217;UN esthéticien, qui exerce également la profession de sophrologue et de psychothérapeute. Je ne vous cache pas qu&#8217;imaginer me faire poser du vernis semi-permanent sur les orteils tout en lui confiant les tourments de mon âme, me fait frétiller d&#8217;aise. Bien que les enfants aient manifesté leur souhait d&#8217;étancher leur soif intellectuelle intense en consacrant de longues heures à l&#8217;étude poussée de Gulli et des Zouzous, nous les avons quand même sortis un peu, histoire de justifier tout le gasoil par nos soins vaporisé dans l&#8217;atmosphère. Nous les avons menés à Saint-Tropez pour leur montrer que s&#8217;ils travaillaient bien à l&#8217;école (il fallait bien les motiver pour la rentrée), ils pourraient s&#8217;offrir un yacht quand ils seraient grands : pas comme leurs ratés de parents qui n&#8217;avaient qu&#8217;une pauvre liasse de billets de 5€ en poche. Nous avons également cavalé pour satisfaire les grands, trotté pour contenter les petits, affronté des plages bondées de touristes cuits comme des homards (chose inhabituelle pour nous qui partons d’habitude en juillet), cherché des places de parking aussi rares que celles du boulevard Haussmann une veille de Noël, passé le balai, mis le couvert, fait des lessives, et lutté contre des moustiques à la voracité de piranhas. Le pauvre Lapin nous servit fort efficacement de paratonnerre et termina les vacances aussi marqué que s’il avait contracté la variole. C’est donc sur les rotules (je parle pour moi, mon époux n’étant pas encore en capacité de poser son genou à terre) que nous remontâmes vers le Nord le 29 août, croisant des vols de cigognes qui partaient au Sud (Cela faisait belle lurette que je n&#8217;avais pas vu de vols de cigognes, d&#8217;ailleurs. Comme quoi on voit des choses merveilleuses une fois franchi le périphérique. J&#8217;adore l&#8217;idée que des oiseaux migrateurs partent au soleil en hiver, comme les retraités ou les tuberculeux au XIXe siècle, ou Sissi. So chic !). Mais en ce qui me concerne, ce n’était que pour mieux repartir… En effet, je&#8230; Ah zut, le petit vient d&#8217;arriver et réclame son biberon. Bon, ben salut, je vous dis à la semaine prochaine pour la suite de mes aventures estivales ! &#160;</p>
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