au fil des jours,  souvenir,  vie personnelle

J’aime bien les enterrements.

Hier, nous nous sommes retrouvés pour dire à notre tante combien nous l’aimions, et combien elle avait été importante dans nos vies.

En contemplant dans son cercueil son visage blanc et émacié, je me disais qu’elle réussissait encore une fois à nous réunir autour d’elle. Selon les mots de son frère, Tante Mo était celle qui, allant chez tous, savait un peu de la vie de chacun ; et elle faisait circuler les nouvelles, les bonnes, les mauvaises, les réussites, les amours, les soucis et les changements.

Nous nous sommes donc retrouvés ; cousines que je n’avais pas revues depuis très longtemps, oncles et tantes qui avancent dans la vieillesse mais sont toujours aussi jeunes de cœur, tous des trésors que je découvre un peu plus, en vieillissant, moi aussi.

Certes nous avions du chagrin de sa disparition, mais aussi dans nos cœurs, la certitude de la savoir désormais apaisée, et puisque c’est notre Espérance à tous, comblée dans le bonheur de Celui qu’elle a cherché sa vie durant, dans la beauté des fleurs, des animaux et des visages d’enfants qu’elle photographiait avec tant de passion.

Nous avons pu échanger nos souvenirs d’elle, admirer ses aquarelles – car presque jusqu’au bout, elle peignit -, feuilleter ses photos – un énorme classeur remplis des visages de ses frères, de ses neveux et nièces -, et nous rendre compte, un peu plus et un peu mieux, de l’affection qu’elle avait pour nous, nous qui étions sa famille ; ses frères, mais un peu plus que ses frères ; ses neveux et nièces, mais un peu plus que des neveux et nièces, puisque tante Mo était célibataire.

Durant ces moments précieux vécus en famille, dans la chaleur et la tendresse retrouvées, entre les larmes et les éclats de rire, chacun a dit un peu de sa relation à elle.

Non pour dresser d’elle un portrait idéal, sublimé par le seul fait héroïque de sa mort ; Tante Mo avait ses défauts, nous faisait parfois râler. Mais que reste-t-il de ces agaceries, de ces petits accrochages ? Rien. En revanche son sourire, ses habitudes, ce qu’elle a aimé, découvert, raconté, partagé avec chacun de nous au gré de voyages, demeurera dans nos mémoires. Loin de l’image de son visage dans le cercueil, je garderai le souvenir d’une petite femme au sourire malicieux et au caractère entier, pleine de vie et d’audace.

Alors oui, j’aime bien les enterrements, et j’ai bien aimé le tien, ma chère petite tante.

PS du 07/12/2017 : Je me réjouis de te savoir entourée de Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday. Il va y avoir de l’ambiance là-haut !

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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