Grossesse,  marmots,  maternité

Aimer plusieurs enfants

Au cours de ma vie, je suis passée de une à deux, quand j’ai construit une vie de couple. Puis de deux à trois, lors de la naissance de mon premier enfant. Puis de trois à deux, lorsque j’ai divorcé ; et enfin de deux à quatre, lorsque j’ai rencontré mon mari, papa d’un enfant.

Devenir mère, est sans nul doute à mes yeux le plus grand bouleversement qui puisse surgir dans une vie. Bouleversement incroyable, inconfortable parfois, épuisant souvent, mais heureux, toujours : Devenir en un instant responsable pour toujours d’un petit être qui comptera toujours sur moi, et ce de manière particulièrement intense les premières années de sa vie. Il s’agit d’une véritable révélation, au sens où un pan entier de ma vie, soudainement éclairé, a surgi pour changer totalement mon regard sur mes désirs et mes priorités.

J’ai vécu les premières années de la vie de ma fille aînée de manière très fusionnelle, dans la joie permanente de la voir s’éveiller, grandir, communiquer et réfléchir. Tout m’émerveillait dans les échanges que j’avais avec elle.

Puis la vie m’a fait le cadeau d’une rencontre, et nous avons voulu que de cet amour naisse un nouvel enfant. Cet enfant était déjà dans mon cœur depuis de nombreuses années, tant il me paraissait évident que ma famille était destinée à grandir.

Et malgré cela, les mois précédant cette naissance attendue avec tant de joie, ont été occupés par cette question : Ce nouvel enfant, allais-je l’aimer autant que mon aînée ? Avais-je assez de place dans mon cœur, pour en céder une petite partie à ce bébé inconnu ? Cet amour pour lui pourrait-il grandir ou allait-il rester atrophié, comme une petite plante qui ne parvient pas à croître car elle est à côté d’un grand arbre vigoureux ?

Rétrospectivement je souris de ce questionnement. Pourtant cela a réellement été une préoccupation constante, et inconfortable de vivre cet oxymore affectif :

je  désire profondément ta venue, mais je ne sais pas si je t’aimerai assez.

Et puis mon fils est né, et ce questionnement s’est évanoui.

Ce jour-là, j’ai compris. J’ai compris que ce n’était pas moi qui accordais de l’amour à un nouvel enfant, comme si je partageais un gâteau en plusieurs parts à chaque fois plus minces ; mais que l’amour naissait en même temps que mon fils arrivait à la vie. Ce que je lui ai donné, ou ce que nous avons tissé ensemble, n’a rien enlevé à son aînée. Ma peur de mal aimer, de ne pas assez aimer, de ne pas être capable d’aimer un enfant de plus, s’est définitivement envolée.

Et nous avons eu un autre enfant !

Je suis sûre que tu as plein de choses à me dire :

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